Martens, Nouveau Recueil, I, 430. — Neumann, II, 3G
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Rapport diplomatique, adressé à l'Empereur Napoléon /«, p^j. Maret, duc de Bassano, ministre des affaires étrangères, sur /« ' motifs de l'ouverture de la guerre entre la France et la Russie seconde guerre de Pologne.
{Première partie.) |
Gumbinen, le 21 juin 1812'. ^
Sire, I
Lg traité de Tilsit entre la France et la Russie était un traité d'alliance of. !
fensif contre l'Angleterre. Ce fut au retour de la conférence du Niémen, où |
l'Empereur Alexandre avait dit à Votre Majesté qu'il voulait être son secorid f
contre l'Angleterre, que vous vous dcterrainâles. Sire, à sacrifier les avantages f
que vous teniez de la victoire, et à passer rapidement de l'état de guerre i
l'état d'alliance avec la Russie.
Cette alliance, qui augmentait les moyens de guerre de la France contre
l'Angleterre, devait aussi garantir la paix du Continent.
Cependant en 1809, l'Autriche fil la guerre à la France. La Russie, contrt le texte précis des traités, ne fut d'aucun secours à Votre Majesté. Au lieu dt 50 000 hommes qu'elle pouvait faire marcher et qui devaient seconder l'arisct française, l.'iOOO hommes seulement entrèrent en campagne, et lorsqu'ils dépassèrent la frontière russe, le sort de la guerre était déjà décidé.
Depuis cette époque, Sire, l'oukase du 19/31 décembre 1810, qui détruisi; nos relations commerciales avec la Russie, l'admission du commerce de l'Angleterre dans ses ports, ses armements qui menacèrent, dès le commencemeu | de 1811 , d'envahir le duché de Varsovie , enfin sa protestation sur l'Oldenbourg, anéantirent l'alliance. Elle n'existait plus lorsque de part et d'autre des arnii^ se formaient pour s'observer.
Cependant l'année 1811 tout entière fut employée à des pourparlers et à d.j négociations avec la Russie dans l'espérance de détourner, s'il était possiLl; le Cabinet de Pétersbourg de la guerre qu'il paraissait avoir résolue . et de farvenir à connaître ses véritables intentions. Il a été prouvé jusqu'à l'évidence que cette puissance se proposait, à la fois , de se soustraire aux conditions deslrailn de Tilsit, pour se mettre en état de paix avec l'Angleterre, et d'altenlcr i l'existence du duché de Varsovie, en se servant de prétexte des indemnilésré. clamées par le duc d'Oldenbourg.
Votre Majesté, décidée à soutenir par la force des armes l'honneur destraik», l'existence et l'intégrité des États de ses alliés, avait senti l'importance de s'unir plus étroitement à une puissance à laquelle elle était déjà attachée par dej liens chers à son cœur, et dont les intérêts politiques généraux étaient lu mC'mes que ceux de Votre Majesté. A cet effet. Sire, un traité a été conclu le 14 du mois de mars dernier entre Votre Majesté et l'Empereur d'Autriclie.
Tout i:arantit à cette alliance une longue durée. Elle assure le repos dura.iii de l'Europe et promet à la France qu'elle ne sera plus troublée dans ses ciïorlj pour le rétablissement de la paix maritime.
Je propose à Votre Majesté de faire donner communication au Sénat du triiu d'alliance conclu entre la France et l'Autriche, et d'ordonner qu'il soit pr>,mulgné comme loi de l'État, conformément à nos constitutions.