I. Archives de la Diète
f 548 POLOGNE.
; tous nos maux; depuis un siècle elle s'avance à pas de géant vers les peuples
qui tantôt ignoraient jusqu'à son nom.
La Pologne res- enlit la première les efTets de l'accroissement de la puissanct russe ; placée au premier rang de son voisinage , elle a reçu d'elle ses premiers comme ses derniers coups. Qui pourrait les compter, depuis qu'en m* \l Russie essaya son influence par le licenciement de l'armée polonaise? Depuis cette époque, quel instant a été exempt de son influence ou de ses oulrafos* D'abord elle se mêle de l'élection de nos rois; elle attente à celui des droits dont la nation s'était toujours montrée si jalouse. Bientôt nos plus beaux domainps deviennent la récompense des favoris de ses souverains. Nos enfmis entraînés de force dans les rangs de ses armées, doivent racheter de leur sa-» celui que les Russes devaient seuls verser dans les combats. Si nos champs n couvrent de moissons c'est pour nourrir ses soldats. Chaque nouvelle guerre montre les drapeaux russes, traversant la Pologne et flottant dans toutes ses parties. C'est en foulant sans cesse le sol polonais , que la puissance russe s'approche graduellement du corps de l'Europe qu'elle aspire » dominer.
Si, revêtant d'autres formes, cette puissance astucieuse s'unit à la Pologne c'est pour lui imposer, comme en 1764, cette funeste garantie, qui allachii: l'intégrité de nos frontières à la perpétuité de l'anarchie, pour faire de celit anarchie le moyen d'accomplir ses desseins ambitieux. Le monde sait ce qu'u ont été depuis cette funeste époque. C'est dès lors que, de partage en partage, on a vu la Pologne disparaître entièrement, sans crime comme sans vengeant C'est depuis lors que les Polonais ont entendu en frémissant le langage insultant des Repnines des Sievers , qu'ils les ont contemplé, prenant en leurs maini audacieuses les rênes de leur gouvernement; c'est dès lors que cent fois Ij soldat russe s'est baigné dans le sang de leurs concitoyens, en préludant à et jour à jamais exécrable , faut-il le rappeler? dans lecjuel , au milieu des hurltments d'un vainqueur farouche, Varsovie entendit les cris de la population lit Praga, qui s'éteignait tout entière dans le meurtre et dans l'incendie. Polinais ! car il est temps de faire retentir à vos oreilles ce nom , qui est le nôtreet j que nous n'eussions jamais dû perdre, voilà les roules odieuses par lesquellti ' la Russie est parvenue à s'approprier nos plus belles provinces ; voilà les tilrei, les seuls titres des droits qu'elle exerce sur nous; la force seule a pa nous enchaîner; la force peut aussi briser les fers qu'elle seule a forgés : ctj fers seront brisés!
Si a d'autres époques tout avait conspiré notre perte, aujourd'hui tout conspire pour notre rétablissement. La Pologne existera donc : que disons-nom? clic existe déjà, ou plutôt elle n'a jamais cessé d'exister! Que font à ses droiu la perfidie, les complots, les violences sous lesquels elle a succombé? Oui, nous sommes la Pologne ; nous le sommes aux litres que nous tenons de la nature, de la société, de nos ancêtres; à ces titres sacrés, que nous reconnal; l'Univers entier, et dont le genre humain a fait sa sauvegarde. Nous le sora- ; mes, non-seulement nous, qui jouissons déjà de la régénération de ce payi, ! mais encore tous ceux qui habitent les vastes contrées qui attendent leuraiïran- l chissement.
Ces frontières tracées d'une main spoliatrice, ces barrières élevées par la de , fiance, ces gardes dont elle a hérissé toutes ses avenues, toutes ces marque» enfin des noirs pressentiments qui accompagnent l'usurpation, n'ont pu altérer I celle communauté d'origine , ni rompre les liens du sang , qui établissent entre 1
un peuple de frères un amour et une confiance réciproques. Oui, malRré une trop longue séparation, ils sont restés nos frères, les habitants de la Litvanie, ,<c la Bullienie-Dlanche, de l'Ukraine, de la Podolie, de la Wolynic; ils sont polonais comme nous, et ils ont, comme nous, le droit de l'Olre. La patrie, ccnimc une tendre mère, tient toujours ses bras ouverts à tous ses enfants, el clisque membre a toujours le droit de se rattaclier à la famille dont il fut arraché.
Polonais! nous n'arrêterons pas plus longtemps l'essor des vœux et des sentiments qui s'échappent de tous nos cœurs; que notre voix le fasse relenlir avec toute sa force, et que l'existence du royaume de Pologne, solennellement proclamce dans celle enceinte , .soit reconnue dans toute la Pologne comme elle l'est ici. et au milieu des mêmes signes d'attendrissement et des mômes cris d'alléprcsse !
Mais pour donner à ce mouvement une force irrésistible, pour mieux assurer ]e> résultats qu'il doit produire, interrogeons l'iiisloire de nos ancêtres, cherchons-y ce que leur suggéra souvent l'ardent amour de la patrie; écartons seulement les dangers, qui privèrent trop souvent les confédérations des avantnges qu'elles auraient dû produire. Que leur expérience ne soit pas perdue pour nous , imprimons à celte confédération nouvelle le caractère de la plus étroite union, (îisons-en le point central auprès duquel nous nous tiendrons réunis, autour duquel pourront se rallier sans difficulté , comme sans confusion, tous ceux qui n'altendent peut-être pour se rassembler que de savoir où ils doivent le faire. Alors quelle force humaine pourra arrêter ce mouvement unanime d'une grande n.ilion, cet élan d'un peuple qui ressaisit son antique existence, et qui. pour l'assurer mieux, oublie ses souffrances passées, et s'oiïre à voler de sacrifices tn sacrifices.
0 jour mille fois heureux! jour d'allégresse et de triomphe! devant toi dispraissent tous ces jours qu'il faudrait effacer des pages de notre hisioire et du souvenir des hommes. Ce jour sera célèbre entre tous les jours. Nos neveux hériteront pour lui de nos hommages et de notre respect; c'esl à lui qu'il était réservé de faire retentir ce nom cher et sacré, ce nom de la Pologne qui vivait Jans nos cœurs, et qu'un destin cruel nous condamnait à l'y renfermer. Désormais les enfants des Piast et des Jagellon pourront se parer du nom dont >'cnorgueillissaient leurs ancêtres; ce nom devant lequel pâlissaient ceux que, (our un temps , la fraude et le crime leur avaient donné pour maîtres. Ah ! n'ep douions pas : cette terre, jadis si féconde en héros, va reprendre toute sa gloire. Elle enfantera de nouveaux Sigismond, de nouveaux Sobicski; son lustre brillera d'un éclat nouveau, et les nations revenues pour nous à la justice, reconnaîtront que, pour germer sur le sol de la Pologne, toutes les rcrlus n'avaient besoin que d'y être cultivées par les âmes libres, par les âmes disenchaînées de ses propres enfants.
Et vous, citoyen véritable , que près d'un siècle de vertus a désigné aux vœux de vos concitoyens pour présider à la scène la plus élonnaTite de leur hislùire, pour guider les premiers pas de la patrie renaissante, quel doux et toudiant prix recevez-vous aujourd'hui! Ces yeux fixés sur vous, ces larmes qu'excite voire présence, disent aux jeunes cœurs de vos compatriotes ce qui «M réservé aux services que vous avez rendus à la patrie. Placé, pour ainsi Jire, aux deux extrémités de la vie de votre patrie, vous aurez assisté au crépuicule de première vie et à l'aurore de la seconde , vous l'aurez vue tomber et Kl relever; quelle destinée pour ud citoyen tel que vous ! Elle a voulu, cette
destinée, que vous occupassiez, il y a cinquante ans, dans la dièt<; qui fit ses premiers pas vers un meilleur gouvernement, la même place que vous occupez dans celle qui est appelée à en assurer à jamais l'existence et le bonheur.... Nestor des patriotes polonais , quand vous disparûtes à leurs yeux, vous emportiez avec vous les dieux sauvés de l'embrasement de votre patrie. Ils y rentrent aujourd'hui pour y recevoir un culte éternel, pour y habiter comme dans un temple, autour duquel la nation entière, instruite par ses malheurs, formée à la vigilance par les souvenirs des surprises qu'elle a éprouvées, ne cessera de faire une garde sévère, qu'elle ornera de toutes les vertus qui de tout temps ont appartenu aux Polonais, et qu'elle jure ici de défendre avec tous les bras, au prix du sang de tous ses enfants.
C'est pour accomplir ces généreuses résolutions, pour en rendre l'effet à jamais durable , que votre comité , Messieurs , a l'honneur de vous présenter l'acte de confédération suivant.
Acte de Confédération générale de la Pologne. Nous, soussignés, composant la dicte générale, réunie à Varsovie, nous trouvant assemblés dans un moment où tout ce qui nous entoure nous frappe d'étonnement et d'admiration , où tout embrase nos cœurs de l'ardent amour de la patrie, et nous avertit que la nation s'attend à des entreprises énergiques de notre part, que le monde a les yeux fixés sur nous, que la postérité, nous jugéant sur nos œuvres, bénira notre mémoire ou la char.^era de malédiction; voulantconsidérer mûrement toute l'importance des conjonctures actuelles , nous avons nommé un comité chargé de nous exposer l'état actuel des choses, ainsi que les moyens de tirer parti de l'occasion que le ciel nous offre pour arriver au but de tous nos désirs. Notre attente a été remplie. Dans le rapport que le l] comité nous a fait aujourd'hui , il a consigné avec fidélité et les sentiments qui
nous animent et les droits imprescriptibles de la nation polonaise ; il nous a indique en même temps le but vers lequel nous devons tendre et la route qu'il nous faut suivre.
Nous déclarons, en conséquence, que le rapport susmentionné est l'expression exacte de nos sentiments et de nos intentions ; nous référant à l'exposé contenu dans ledit rapport, et considérant qu'aucune autre mesure ne nous est prescrite aussi impérieusement par la plus urgente nécessité, ni ne saurait nous présenter de succès aussi assuré que celle d'établir un lien national, fonde sur l'union la plus parfaite , nous avons résolu de nous former en confédération
générale.
Pour témoigner d'une manière d'autant plus expresse et plus évidente la pureté de nos motifs et de nos intentions, nous déclarons à la face du ciel et delà terre, et devant toute la nation polonaise, que nous n'avons point d'autre vue ni d'autre désir que de récompenser notre patrie démembrée par la plus injuste violence, de lui rendre son ancienne existence et sa prospérité; que nous formant en confédération générale , sous l'approbation et sous l'autorité oe Sa Majesté le roi de Saxe Frédéric-Auguste grand-duc de Varsovie, notre trèsgracieux .souverain, et ayant à notre tête le prince Adam-Kasimir Czartoryski, staroste général de la Podolie , nonce de Varsovie , citoyen respectable par son âge, ses vertus et ses services, chéri et considéré partout où s'étend le territoire polonais, nous restons fidèles à la foi de nos pères, à la religion calholique , apostolique et romaine, que nous reconnaissons à jamais religion de l'Etal : nou» profesflons en même temps celte toléranoe de tous Ici cultes, dont oo»
ancêtres avaient donné le premier exemple dans le temps où des guerres sanglantes afili^eaient encore l'Europe; nous respectons l'autorité et les prérogatives <l»i trône, ainsi que les lois nationales, et nous consen'crons dans toute sa pureté et dans toute sa force cet esprit national qui a résisté aux orages et aux adversités et qui doit parvenir aux siècles les plus reculés, comme le trait le plus distinctif du caractère polonais.
Gui'lés par de semblables considérations, ne voulant employer que des voies légales pour arriver à une fin honorable, et nous rappelant les événements désastreux que prosente le passé, nous croyons qu'il est de notre devoir de déclarer de la manière la plus solennelle, que la confédération générale , formée aujourd'hui, nb s'écartera jamais de la route qu'elle s'est tracée, pour se jeter dans les abus qui ont préparé la ruine de la patrie. Elle ne donnera jamais naissance à des édits ni à des commissions particulières, ayant pour objet de favoriser quelques individus, ou d'en persécuter d'autres aux dépens du bien public, et, tandis que le rétablissement de la pntrie est notre premier besoin et notre première volonté , tandis que la confédération n'aura d'autre soin que d'accueillir des frères revenantdans le sein de la mère commune, de réunir les contrées qui auront été affranchies, elle ne s'en détournera pas pour s'occuper des objets de législation, ou des affaires de gouvernement qui demandent une discussion calme et une exécution régulière et méthodique. En conséquence, la justice et l'administration resteront aux autorités désignées par les lois, et la confédération exerçant, dans toute leur plénitude, les pouvoirs qui appartiennent à une association générale de la nation, travaillera sans relAche au grand œuvre du recouvrement de la patrie, elle s'imposera la tâche la plus noble, celle de conserver dans toute sa pureté et de propager avec toute son énergie l'enthousiasme national.
Afin de donner ;\ cette confédération, composée de membres de la dicte, des autorités publiques, et enfin de toute la nation, plus de moyens de procéder avec activité, nous déléguons les pouvoirs dont elle est investie à un conseil général qui sera adjoint au maréchal, et qui siégera à Varsovie.
Une entreprise , dictée par des motifs aussi vertueux , fondée sur la plus évidente justice, mérite d'être honorée du nom et de l'approbation de S. M. le roi de Saxe, grand-duc de Varsovie, notre monarque bien-aimé, qui, s'il n'a pu siéger aujourd'hui en personne parmi nous, sur ce trône qu'il honore de ses vertus révérées en Europe, n'en est pas moins présent à nos cœurs; nous avons résolu en conséquence qu'il sera envoyé une députation à S. M. le roi de Saxe, pour la prier qu'elle daigne accéder à cet acte de confédération générale , et lui accorder son approbation.
La cause de l'innocence opprimée peut être envisagée comme la cause de Dieu; un acte éclatant de justice qui peut seul réparer tous les maux que l'iniquité a répandus sur l'Europe.
Nous prenons ici l'engagement solennel qu'aucun événement ne refroidira cet enthousiasme qui nous transporte et nous unit, qu'aucune force humaine n'affaiblira ce courage et ce dévouement avec lesquels nous nous élançons dans la plus noble des carrières; que nous persévérerons imperturbablement dans le dessein que nous aurons proclamé aujourd'hui jusqu'à ce que nous ayons réuni avec nous les parties dispersées de notre ancienne famille , ces frères que notre amour fut toujours chercher au delà des barrières élevées par la tyrannie qui T10U3 séparait d'eux.
Polonais 1 vous, que nos vœux appellent au milieu de nous, jugeant de vos
sentiments d'après les nôtres, nous vous invitons, au nom de notre mère commune, de réunir mutuellement toutes vos forces pour voler à son secours. Si nous jetons un regard sur le passé , c'est uniquement pour nous p6n6lrer plus vivement de ce qu'il a pu avoir d'aiïreux, pour rendre hommage aux vertus supérieures qui brillèrent au milieu d'une profonde nuit, et non pour scruter les cœurs, pour distinguer ce qui fut inévitable sous le règne de la violence, j d'avec ce qui aurait pu être évité, pour exposer par là l'innocence aux juge-
, ments arbitraires de l'erreur. Il n'y a plus de passé pour nous, sous ce dernier
rapport; la patrie renaissante presse ses enfants contre son cœur, elle leur ouvre à tous égnlemenl le chemin de la gloire et du mérite. Présentons-nous ! ' donc une main fraternelle, et la justice divine ne nous refusera pas la récom-
f; pense que nous attendons, de voir les armoiries de Lithuanie reparaître enfin
sur notre écusson, et d'entendre répéter dans les champs fertiles delà Volynie, ! ainsi que dans les vastes plaines de la Podolie et de l'Ukraine, ce cri joyeux -.
:■ Vive la Poiogne ! Vive la patrie !
; En conséquence, il est décrété ce qui suit :
iJ Art. I. La diète se constitue en confédération générale de la Pologne.
•1 Art. II. La confédération générale de la Pologne, exerçant dans toute leurpléni-
' tude les pouvoirs qui appartiennent à l'association générale de la nation, déclare
,' que le royaume de Pologne et le corps de la nation polonaise sont rétablis.
\'. Art. III. Toutes les diétines du duché seront convoquées pour accéder à la
'■^ confédération; elles en adresseront les actes au conseil général de la confedé-
■^ ration.
tj ' Art. IV. Tous les Polonais sont invités et autorisés à se confédérer, soit col-
lectivement, soit individuellement, et à faire parvenir dans le plus bref délai, . leur adhésion au conseil général.
,i Art. V. Toutes les parties du territoire polonais sont appelées à se confédérer.
! Elles sont invitées à se former aussitôt en diétines qui enverront des députés
,ji porter leurs adhésions au conseil général. Ces déjiutés deviendront membres de
■ la diète, qui s'est formée en confédération générale.
Art. VI. Tous les officiers, soldats, employés civils et militaires, nés Polonais, ] et habitant sur le territoire de la Pologne, sont sommés d'abandonner le ser-
A vice de la Russie.
Art. VII. Tous les militaires seront replacés sous les drapeaux de la Pologne, î et les employés pourront être replacés, chacun dans une partie correspon-
' dante de l'administration polonaise.
1 Art. VIII. Toutes les autorités ecclésiastiques , civiles et militaires feront, cha-
' . cune en ce qui la concerne , connaître l'existence , l'esprit , le but de la coufe-
déralion. A cet elTet, les évêques publieront des mandements , les préfets, sous- ] préfets et maires adresseront à leurs administrés tous les actes relatifs à celle
1 confédération et propres à éclairer comme à soutenir l'esprit des contrées coq*
fiées à leurs soins, j Tous les commandants et chefs de corps dans l'armée feront de même à l'é-
^ j gard de leurs subordonnés.
,,' Art. IX. Tous les membres de la diète confédérée, qui ne font pas partie du
;.] conseil général ci-desssus désigné, sont autorisés à se retirer dans leurs foyers,
.( jusqu'à ce qu'ils soient de nouveau appelés; et la confédération attend du zèie
et du patriotisme dont ils viennent de donner des preuves, qu'ils emploieroul
> cet intervalle à étendre, chacun dans leur partie, les dispositions pairioliquet
, de leurs coacitoyens.
Art. X. La confédération, pendant son interstice , délègue tous les jiouvoirsdont elle est investie, au conseil général choisi dans son sein, résidant à Varjovie et conipoisé des membres ci-dessous désignés : MM.
Stanislas comte Zamoyski , sénateur-palatin;
Jean Colaszcmski , évèque de Wigry;
Alexandre linowskty conseiller d'État;
Antoine Ostroicshi, nonce de district de Brzeziny;
Frédéric comte Skorzki, nonce du district de Bydgos7.cz;
Joachim Oroidzowki . nonce du district de Lublin;
François Wcnzyk, nonce du district de Biala;
François comte Lubienski, député des districts de Skalmierz et de Hebdow
Charles Skorkowki, député delà ville de Krakovie.
Gaétan Koxmian, secrétaire de la confédération générale, maître des requêtes au conseil d'État.
Art. XI. Le nombre requis pour former une délibération sera de cinq membres.
Art. Xn. Le secrétaire généra! aura voix délibérative.
Art. Xin. Toutes les autorités administratives, judiciaires et militaires, continueront l'exercice de leurs fonctions.
Art. XIV. Une dépiitalion sera envoyée à S. M. le roi de Saxe, duc de Varsovie, pour lui demander d'accéder à la confédération générale de la Pologne.
Art. XV. Une députation sera aussi envoyée à S. M. l'Empereur Napoléon, roi d'Italie, pour lui présenter les actes de la confédération, et lui demander de couvrir de sa puissante protection le berceau de la Pologne renaissante.
Art. XVI. La confédération prend, k la face du ciel et de la terre, au nom de tous les Polonais, l'engagement solennel de poursuivre , jusqu'à la fin et par tous les moyens dont elle pourra disposer, l'accomplissement de la grande œuvre qu'elle entreprend aujourd'hui.
Art. XVII. La confédération déclare que dans une circonstance où tous ses travaux, tous ses vœux , ne tendent qu'au rélablissenent de la patrie , à la réunion de toutes ses parties, elle ne pourra considérer comme un véritable Polonais, comme un bon citoyen, quiconque oserait rechercher, dans le passé, des motifs de division , d'accusation , en un mot quiconque se permettrait aucune démarche propre à semer des germes de discordes, au sein d'une famille, que tout doit porter à rester réunie.
Art. XVIII. Les ministres sont chargés de faire connaître, chacun en ce qui le concerne, soit par la voie des journaux soit autrement, tous les actes émaués de la confédération, ou qui lui seront désormais adressés.
Quatrième bulletin de la grande armée.
Extraits relatifs à la Pologne
Wilno, 30 juin 1812. Le 2T y r?',mpereur arriva aux avant-postes, à deux heures après midi, et mit en mouvement l'armée pour s'approcher de Wilno. et attaquer, le 28 à la pointe du jour, l'armée russe si elle voulait défendre Wilno ou en retarder la prise, pour sauver les immenses magasins qu'elle y avait. Une division russe occupait Troki, et une autre division était sur les hauteurs de Waka.
A la pointe du jour , le 28 , le roi de Naples se mit en mouvement avec l'avantgarde et la cavalerie légcre du général comte Bruyères. Le maréchal prince d'Kckraiihl s'appuya avec son corps. Les Russes se rcployèrcnt partout. Après avoir échangé quelques coups de canon, ils repassèrent en toute hfite la Wilia, brûlèrent le pont de bois de la Wilia, et incendièrent d'immenses magasins évalués à plusieurs millions de roubles; plus de cent cinquante quinlaux de farine, un immense approvisionnement de fourrages et d'avoine, une masse considérable d'effets d'habillement furent brûlés. Une grande quantité d'armes, dont, en général, la Russie manque, et de munitions de guerre, furent détruites et jetées dans la Wilia. A midi, l'Empereur entra dans Wiino. A trois heures, le pont de la Wilia fut rétabli. Tous les charpentiers de la ville s'y étaient portés avec empressement, et construisaient un pont en même temps que les ponliers en construisaient un autre.
Witno est une ville de vingt-cinq à trente mille âmes, ayant un grand nombre de couvents, de beaux établissements et des habitants pleins de patriotisme. Quatre ou cinq cents jeunes gens de l'Uiiiver-silc, ayant plus de dixhuit ans et appartenant aux meilleures familles, ont demandé à former uo régiment.
L'ennemi se retire sur la Dzwina. Un grand nombre d'officiers d'étal-major et d'estafettes tombent à chaque instant dans nos mains. Nous acquérons la preuve de l'exagération de tout ce que la Russie a publié sur l'immensité de ses moyens. Deux bataillons seulement par régiment sont à l'armée ; les troisièmes bataillons , dont beaucoup d'états de situation ont été interceptés dans la correspondance des officiers des dépôts avec les régiments, ne se montent pour la plupart qu'à cent vingt à deux cents hommes.
La Cour de Russie est partie de Wilno , vingt -quatre heures après avoir appris notre passage à Kowno. La Samogitie, la Lithuanie, sont presque entièrement délivrées. La centralisation de Dagratian vers le nord a fort afifaibh les troupes qui devaient défendre la Wolynie.
Le roi de Westphalie , avec le corps du prince Joseph Poniatowski, le septième et le huitième corps, doit être entré le 29 à Grodno.
Universal du Conseil général de la Confédération pour la convocation des diélincs et assemblées communales à l'effet de sanctionner Vacit de Confédération du royaume de Pologne.
Varsovie, 1" juillet 1812'.
La Confédération générale du royaume de Pologne, voulant faciliter à chacua de ses concitoyens les moyens de manifester son vœu, et voulant en même temps mettre le deuxième article de l'acte de Confédération en exécution, convoque par le présent universal les diétines et assemblées communales du royaume de Pologne, de la manière qui suit.
Art. L Les diétines et assemblées communales du royaume de Pologne seront convoquées dans l'intervalle du 13 juillet au 1" août prochain, dans l'ordre qui leur sera prescrit.
Art. II. Les diétines et assemblées communales n'ont d'autre but que de publier l'acte de Confédération tel qu'il a été adopté par les états confédérés, dans h séance tenue à Varsovie, le 28 juin 1812, d'ouvrir les livres qui sont destinés i