Ogiaski, Mémoires, t. III, p
pas un qui ne soit pourraffimative, lorsqu'on établira la question s'il faut rétablir la Pologne ou non dans le sens que je propose....
Toute l'Europe, en général, y verrait un gage de sécurité.... La maison d'Autriche seule pourrait prendre ombrage de l'extrême augmentation des forces de la. Russie par l'acquisition de toute la Pologne, maison trouverait la possibilité de la faire consentir à rendre la Galicie , en lui assurant des indemnités.... Tout Russe qui est bon patriote, qui connaît les véritables intérêts de son pays, et qui raisonne sans préjugés et sans préventions, doit regarder le rétaldissement de la Pologne comme un moyen puissant pour terminer honorablement la guerre actuelle, et pour prévenir celles qui pourraient naître encore à l'avenir. Je n'ai pas besoin de me répéter et de faire valoir l'impulsion que la certitude du rétablissement de la Pologne dans ses frontières de 1772 donnerait aux Polonais....
i/. C. Oginski.
Projet d'une proclamation d'Alexandre I". Polonais!
Les événements extraordinaires qui se sont succédé avec rapidité depuis vingt ans, en Europe, en bouleversant l'ancien système politique, ont porté le dernier coup à l'existence de votre patrie. Les deux tiers de la Pologne passeront sous la domination de la Russie.
A mon avènement au trône, ne formant d'autres désirs que de maintenir la paix au dehors et d'assurer le bonheur des peuples que la Providence confinit à mes soins, je ne perdis pas de vue les provinces ci-devant polonaises. Elles fixèrent au contraire mon attention particulièrement, par la raison que je me croyais obligé de travailler à faire oublier aux habitants de ces provinces les pertes et les malheurs qu'ils avaient essuyés! Polonais I le succès n'a pas toujours répondu à mon attente; cependant tout ce que j'ai fait dans la partie de la Pologne réunie à mon Empire pour vous conserver vos lois, votre langue et vos privilèges, ainsi que pour perfectionner et consolider vos établissements d'instruction publique me laisse croire que j'ai acquis des droits à votre attachement et à votre reconnaissance.
Sachant apprécier les vertus civiques, le caractère national et les sentiments nobles et élevés, je n'ai pas tardé à pénétrer qu'il n'y avait qu'un seul objet capable d'enflammer et de rallier votre nation, et que c'était l'espérance du rétablissement de la Pologne. Ce rétablissement entrait d'abord dans mes vues; mais les traités conclus depuis le premier partage , mais des intérêts politiques, mais enfin des raisons d'État s'y opposaient; et lorsqu'à l'issue des dernières guerres, une partie de la Pologne fut livrée à l'influence immédiate de Napoléon, je ne pouvais plus penser à ce rétablissement, et permettre qu il y eût une Pologne dont les intérêts auraient été contraires à la Russie.
Cependant, en écartant ce projet à cette époque, je ne travaillais pas moins pour l'avantage des Polonais que pour celui de l'Empire. Napoléon n'aurait jamais rendu à la Pologne son ancienne existence et sa législation. Eh! pourraitil le faire, lui qui est si éloigné de ramener en Europe l'ancien état de choses, et de rendre à l'Italie, à l'Allemagne , à la Suisse et à la Hollande les droits, la liberté et la souveraineté qu'il leur a ravis lui-même!
Mais encore si j'avais voulu franchir tous les obstacles et seconder vos désirs en réunissant les parties éparses de la Pologne pour en former un royaume séparé, pouvais-je le faire sans déclarer la guerre et sans charger ma conscience
de toutes les horreurs et calamités qui en seraient résultées? Et n'ai-je pas toujours préféré la paix, la tranquillité et le bonheur de mort Empire à tous les avantages des conquêtes et à la gloire aclielée au prix du sang de mes sujets?
Aujourd'hui l'état des choses est changé !
Napoléon, à la tète d'une armée formidable, composée de troupes de différentes nations asservies à ses lois, est venu porter le fer et la flamme dans le sein de l'Eraiiire de Russie. Il est venu troubler son repos et son bonheur intérieur. Il a voulu la dépouiller de ses richesses, détruire sa puissance et soa commerce et lui ravir même jusqu'à son indépendance!
Avide de conquêtes, insatiable de projets d'envahissement, il a osé, sans déclaration préal.ible, commencer la guerre! Cette guerre est sacrée pour les Russes, car ils repoussent un agresseur et défendent leur sol natal. Elle est de la plus haute importance pour l'Europe entière, car elle est décisive, et c'est de ses résultats que dépendra l'affranchissement ou la servitude de tous les peuples du continent.
Polonais! qu'il est pénible et douloureux d'apercevoir vos drapeaux au milieu de ces cohortes vouées à Napoléon! Vous combattiez avec répugnance en Espagne contre l'indépendance d'un peuple injustement assailli. Vous combattez encore pour un homme qui n'établit sa force et sa puissance que sur la destruction de tout ce qu'il y a de plus sacré et de plus respectable dans le monde. Mais je connais les motifs qui vous conduisent. Je les connais, et loin de condamner votre entliousiasme, je lui rends justice et l'apprécie.
Quelque part que le sort vous ait conduits, l'espérance de voir renaître votre patrie vous animait et dirigeait vos pas.
C'est pour atteindre ce but que vous n'épargnâtes jamais votre fortune, voire sang et votre vie. Cette constance, cette persévérance à conserver l'esprit national, vous a mérité l'estime universelle et m'attache à vous à jamais.
C'en est fait; Dieu a béni nos armes; la brave nation russe a déployé son courage. Les tentatives de l'ennemi ont été infructueuses. Le rétablissement de la Pologne doit être un des grands résultats de la guerre. L'intérêt de l'Empire l'exige; le bonheur de seize millions d'habitants en dépend.
Polonais! Chef d'une nation qui, comme vous, doit son origine aux vaillants Slaves, d'une nation qui a juré guerre à mort pour l'intégrité de ses frontières, pour son indépendance et sa gloire; me trouvant à la tête d'une armée connue par sa bravoure, son énergie et un dévouement héroïque; uni d'intérêt el d'amitié à la Grande-Bretagne, la Suède , l'Espagne, le Portugal et la Turquie, et pénétré du désir d'assurer voire sort et de garantir à jamais la Russie de toute invasion de l'ennemi, semblable à celle qu'elle vient d'essuyer el de tous les sacrifices qui en ont été la suite , en faisant de la Pologne le plus puissant boulevard de l'Empire , je déclare à la face du ciel et de la terre que je réintègre le royaume de Pologne, en réunissant sous ce nom tous les palatinalsel districts polonais réunis à la Russie par les trois partages successifs de 17:2, 1793 et 1796, y compris les arrondissements de Bialyslok et de Tarnopolaveclo duché de Varsovie. Qu'en invoquant l'assistance divine, je place sur ma léte U couronne royale de Pologne, distincte pour les droits de souveraineté, mais unie dans ma personne à l'Empire de Russie. Que je la prends et l'accepte pour moi et mes descendants. Que je regarde la constitution du 3 mai 1791, quant à l'organisation de la forme ilu Gouvernement et de la législation, comme loi fondamentale de la nation polonaise, et que c'est d'après ces principes que je veux régner, vous gouverner et travailler à consolider votre bonheur.
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ANNÉE iai2. 577
Que jusqu'à l'époque de la conclusion de la paix ou au moins jusqu'à ce que l'ennemi soil entièrement expulsé du territoire du Royaume de Poloj.'ne, il y aura un Gouvernement provisoire administre par des individus polonais. Qu'il y aura amnistie générale pour tous ceux qui, pendant le séjour des troupes françaises en Pologne, auraient été forcés de se soulever ou d'agir contre la Russie. Que tous ceux qui, n'ayant été conduits que d'après les principes d'un patriotisme pur et désintéressé, se sont montrés bons Polonais et dévoués à la cause de leur patrie, sans être vendus par intérêt ou ambition à Napoléon jouiront non-seulement de l'amnistie accordée à tous en général, mais, en outre, qu'ils pourront réclamer, avec plus de confiance, ma bienveillance et ma protection. Que les pertes et dommages occasionnés pendant la durée de la guerre à divers habitants de la Pologne par le passage ou le séjour do mes troupes, seront envisagés comme une dette nationale et sacrée de l'État et seront indemnisés scrupuleusement après que leur réalité aura été certifiée.
Je déclare enfin qu'ayant été forcé malgré moi à prendre les armes pour défendre mes États , je ne les déposerai que lorsque l'ennemi , cliassé de nos frontières, sera contraint d'accepter une paix glorieuse pour moi et mes armées, en garantissnnt à la Russie l'indépendance de son Gouvernementet la liberté de son commerce, et à moi ainsi qu'à vous, l'existence du Royaume de Pologne avec un Gouvernement national et constitutionnel.
Réponse verbale de l'Empereur Alexandre I" aux projets de M. C. Oginski , du 1 9 octobre, faite à Saint-Pétersbourg le l" novembre 1812.
J'ai lu avec beaucoup d'inlérôt et d'attention votre lettre pour le prince KoutouzofT et une proclamation aux Polonais que je vous avais demandée. Vos observations sont très-justes. Je pense comme vous que nous aurons dorénavant des succès qui forceront l'ennemi à quitter nos frontières. Napoléon a fait des fautes, nous en profiterons. La Providence avant tout, et après cela la rigueur du climat, la valeur de mes troupes, le patriotisme et les eiïorts énergiques de la nation nous feront triompher.... Mais je conviens avec vous que ce n'est pas d'après l'opinion du public de Pétersbourg qu'il faut mesurer nos succès et les revers de l'ennemi. Je ne partage pas l'erreur de ceu.v qui pensent que nous n'avons plus rien à craindre, parce que Napoléon s'est retiré de Moskou. On ne peut contester les ressources immenses qu'il a à sa disposition, les talents éminents de ses généraux, l'intrépidité de ses soldats, formés et aguerris à la suite de tant de campagnes glorieuses. La Providence est venue à notre secours. Les résultats de cette guerre seront tels
que nous aurions pu les désirer.... Mais il a été aussi commis beaucoup de fautes de notre côté....
Vous savez mieux que tout autre mes bonnes intentions pour les Polonais. Ils ont beaucoup souffert dans cette guerre. Je voudrais leur faire oublier les malheurs qu'ils ont éprouvés pendant si longtemps, et qui m'ont toujours vivement affectés. Je n'ai pas perdu de vue le projet du rétablissement de la Pologne Je vous avais chargé de rédiger une proclamation aux
Polonais. Mais ne trouvez-vous pas d'inconvénient à rendre cette proclamation publique dès à présent, ou à adresser une lettre au prince KoutouzofT, telle que vous me l'avez envoyée, et qui serait à peu près la mémo chose qu'une proclamation: car, étant publiée d'après mes ordres parla voie de l'impression et paraissant dans les journaux avec la traduction polonaise, personne ne douterait de son authenticité et de ma volonté bien prononcée. Ne vous semble-t-il pas que le moment de faire cette démarche n'est pas encore venu, et qu'en la précipitant, elle ferait manquer le but que nous nous proposons d'atteindre.... Si je me déclarais roi de Pologne à l'époque où Napoléon se trouve avec ses armées aux environs de Kalouga, cela pourrait paraître une fanfaronnade qui ne me convient pas, et les Polonais supposeraient que je suis forcé par les circonstances de le faire, parce que je les crains et veux les ménager pour des vues de politique et d'intérêt, ce qui ne répond point à ma façon de penser. D'un autre côté, si, comme je le crois, il se trouvait des Polonais qui me sont dévoués et qui préféreraient de me voir leur Roi plutôt qu'un autre, ils pourraient se compromettre en manifestant leurs sentiments , et ce serait autant de malheureuses victimes qui n'échapperaient point aux persécutions de Napoléon, lors de sa retraite par la Pologne,... Je ne vous dis donc point que j'ai changé d'intention, et que j'ai abandonné le projet de rétablir la Pologne; mais je vous demande si vous ne trouvez pas que mes objections sont justes? Après tout ce qui s'est passé, il ne peut y avoir de rapprociiement et d'accommodement entre moi et Napoléon.... Cette guerre ne peut finir de sitôt. Il faut que ce soit lui ou moi qui succombe.... Dès que je le verrai aux abois, et dans l'impossibilité de faire du mal aux Polonais, je rétablirai la Pologne. Je le ferai, parce que
cela s'accorde avec ma conviction, avec les scntimcnls de mon cœur, et môme avec les intérêts de mon Empire.... Je sais queje
trouverai beaucoupdedinicultésetd'empôchementspourexécuter mon dessem ; mais, à moins que je ne meure , je le réaliserai.
Vingt-neuvième bulletin de la Grande-Armée
Molodeczno, le 3 décembre 1812.
^ Jusqu'au 6 novembre le temps a été parfait et le mouvement de larmée s est exécute avec le plus grand succès. Le froid a commence le 7 • d.'.s ce mo ment, chaque nuit nous avons perdu plusieurs centaines de cl.evaux nui mourraient au Invac. Arrivés ;\ Smolensk , nous avions perdu bien des 'cl e vaux de cavalerie et d'artillerie.
rarmée russe de Wolynie était opposée à notre droite. Noire droite nuiita h ligne d opération de Minsk, et prit pour pivot de ses opérations la ii'-nc de Varsovie. L'Empereur apprit à Smolensk. le 9, ce changement de li-nc'd'oné ration, et présuma ce que ferait l'ennemi. Quelque dur qu'il lui panli de se mcdre en mouvement dans une si cruelle saison , le nouvel état des choses le nécessitait. 11 espérait arriver à Minsk, ou du moins sur la Bérézvna avant l'ennemi. Il partit le 13 de Smolensk ; le 16 il coucha à Krasnoé. Le' froid qui avait commence le 7, s'accrut subitement, et, du 14 au Ih et au IG le l'ber mometre marqua seize et dix-huit degrés au-dessous de glace ; les' chemins furent couverts de verglas; les chevaux de cavalerie, d'artillerie de train périssaient toutes les nuits, non par centaines, mais par milliers, 'surtout les chevaux de France et d'Allemagne. Plus de trente mille chevaux périrent en peu de jours; notre cavalerie se trouva toute à pied ; notre artillerie et nos transports se trouvaient sans attelage. Il fallut abandonner et détruire une bonne partie de nos pièces et de nos munitions de guerre et de bouche
Cette armée si belle le 6, était bien différente dès le 14. presque -=ans cavalerie, sans artillerie, sans transports. Sans cavalerie, nous ne pouvions ras nous éclairer à un quart de lieue; cependant sans artillerie nous ne pouvions pas risquer une bataille et attendre de pied ferme; il fallait marcher pour ne pas être contraints à une bataille que le défaut de munitions nous empêchait de désirer ; il fallait occuper un certain espace pour ne pas être tournés et cela sans cavalerie qui éclairât et liât les colonnes. Celte difficulté, jointe à un froid excessif subitement venu, rendit notre situation fâcheuse. Les hommes que la nature n'a pas trempés assez fortement pour être au-dessus de toutes les chances du sort et de 1 1 fortune , perdirent leur gaieté , leur bonne humeur et ne révèrent que malheurs et catastrophes; ceux qu'elle a créés supérieurs à tout, conservèrent leur gaieté et leurs manières ordinaires, et virent une nouvellc gloire dans les dilficultés différentes à surmonter.
L'ennemi , qui voyait sur les chemins les traces de cette affreuse calamité qui frappait l'armée française, chercha à en profiter. Il enveloppait toutes les colonnes par ses Kosaks, qui enlevaient, comme les Arabes dans le désert, les trains et les voitures qui s'ecarUienl. Cette méprisable cavalerie, qui ne'fait que du bruit et n'est pas capable d'enfoncer une compagnie de voltigeurs se rendit redoutable à la faveur des circonstances. Cependant l'ennemi eut à se repentir de toutes les tenUtives sérieuses qu'il voulut entreprendre; il fut
culbuté par le vice-roi , au-devant duquel il s'était placé, et il y perdit beaucoup de monde.
Leduc d'Klcliingen qui, avec trois mille hommes, faisait l'arrièrc-garde avait fait sauter les remparts de Smolcnsk. Il fut cerne et se trouva dans une position critique : il s'en tira avec celte intrépidité qui le distingue. Après avoir tenu l'ennemi éloigné de lui pendant tputc la journée du 18, et l'avoir coiistarnment repoussé, à la nuit il fit un mouvement par le flanc droit, passa le Borysthéne, et déjoua tous les calculs de l'ennemi. Le 19, l'armée passa le Borysthène à Orsza , et l'armée russe, fatiguée, ayant perdu beaucoup de monde cessa li ses tentatives.
L'armée de Wolynic s'était portée des le IG sur Minsk, et marchait sur Boryssow. Le général Dombrowski défendit la tùte de pont de Boryssow avec trois mille hommes. Le 23, il fut forcé et obligé d'évacuer cette position. L'ennemi passa alors la Dérézyna , marchant sur Bobr, la division Lambert faisant l'avant-garde. Le deuxième corps, commandé par le duc de Rcggio qui était à Czereya, avait reçu l'ordre de se porter sur Boryssow, pour assurera l'armée le passage de la Bérézyna. Le 24, le duc de Reggio rencontra la division Lambert à quatre lieues de Boryssow, l'attaqua, la battit, lui fit deux raille prisonniers, lui prit six pièces de canon, cinq cents voitures de bagngcs de l'armée de Wolynic, et rejeta l'ennemi sur la rive droite de la Bérezyna. Le général Bcrkeim, avec le quatrième de cuirassiers, se distingua par une belle charge. L'ennemi ne trouva son salut qu'en brûlant le pont, qui a plus de trois cents toises.
Cependant l'ennemi occupait tous les passages de la Bérezyna; cette rivière est large de quarante toises-, elle charriait assez de glaces, mais ses bords sont couverts de marais de cinq cents toises de long, ce qui la rend un obstacle difficile à franchir.
Le général ennemi avait placé ses quatre divisions dans différents débouchés où il présumait que l'armée française voudrait passer.
Le 26, à la pointe du jour, l'Empereur, après avoir trompé l'ennemi par divers mouvements faits dans la journée du 25 , se porta sur le village de Sludzianka, et fit aussitôt, malgré une division ennemie, et en sa présence, jeter deux ponts sur la rivière. Le duc de Reggio passa, attaqua l'ennemi et le mena battant deux heures ; l'ennemi se retira sur la tête de pont de Boryssow. Le général Lcgrand , officier du premier mérite, a été blessé grièvement, mais non dangereusement. Toute la journée du 26 au 27, l'armée passa.
Le duc de Bellune , commandant le neuvième corps , avait reçu l'ordre de suivre le mouvement du duc de Reggio, de faire l'arrière-garde et de contenir l'armée russe de la Dzwina qui le suivait. La division Partounaux faisait l'arrière-garde de ce corps. Le 27, à raidi, le duc de Bellune arriva, avec deux divisions, au pont de Studzianka.
La division Partounaux partit à la nuit de Boryssow; une brigade de celle division, qui formait l'arrière-garde et qui était chargée de brûler les ponts, partit à sept heures du soir; elle arriva entre dix et onze heures; elle chcrchi sa première brigade et son général de division , qui étaient partis deux heures avant et qu'elle n'avait pas rencontrés en route. Ses recherches furent vaincs : on conçut alors des inquiétudes. Tout ce qu'on a pu connaître depuis, c'cil que cette brigade, partie à cinq heures, s'est égarée à six, a pris à droite au lieu de prendre à gauche, et a fait deux ou trois lieues dans celle direction ; que , dans la nuit et transie de froid , elle s'est ralliée aux feux de l'ea-
nemi, qu'elle a pris pour ceux de TariHée française; entourée ainsi, elle aura cte enlevée. Cette cruelle méprise doit nous avoir fait perdre deux mille hommes d'infanterie, trois cents chevaux et trois pièces d'artillerie. Des bruits couraient que le général de division n'était pas avec sa colonne et avait marché isolement.
Toute l'armée ayant passé le 28 au matin, le duc de Rellune gardait la tète du pont sur la nve gauche; le duc de Reggio, et derrière lui toute l'armée était sur la rive droite. '
Boryssow ayant été évacué, les armées de la Dzwina et de Wolynie communiquèrent; elles concertèrent une attaque. Le 28, à la pointe du jour le duc de Reggio fit prévenir l'Empereur qu'il était attaqué; une demi-heure après le duc de Bellune le fut sur la rive gauche. L'armée prit les armes Le duc d'Elchingen se porta à la suite du duc de Reggio , et le duc de Trévise derrière le duc d'Elchingen. Le combat devint vif; l'ennemi voulut déborder notre droite; le général Doumerc, commandant la cinquième division de cuirassiers et qui faisait partie du deu.xième corps resté sur la Dzwina, ordonna une charge' de cavalerie aux 4' et b' régiments de cuirassiers, au moment où la lé'^ioQ polonaise de la Vistule s'engageait dans des bois pour percer le centre de l'ennemi, qui fut culbuté et mis en déroute. Ces braves cuirassiers enfoncèrent successivement six carrés d'infanterie, et mirent en déroute la cavalerie ennemie qui venait au secours de son infanterie; six raille prisonniers, deux drapeaux et su pièces de canon tombèrent en notre pouvoir.
De son côté, le duc de Bellune fit charger vigoureusement l'ennemi, le battit ui fit cinq a six cents prisonniers, et le tint hors la portée du canon du pont Le gênerai Fournier fit une belle charge de cavalerie.
Dans le combat de la Bérézyna, l'armée de Wolynie a beaucoup souiïert. Le duc de Reggio a été blessé; sa blessure n'est pas dangereuse, c'est une balle qu il a reçue dans le côté.
Le lendemain, 29 novembre, nous restâmes sur le champ de bataille. Nous avions à choisir entre deux routes, celle de Minsk et celle de Wilno La route de Minsk passe au milieu d'une forêt et de marais incultes, et il eût été impossible à l'armée de s'y nourrir. La route de Wilno, au contraire, passe dans de très-bons pays. L'armée sans cavalerie, faible en munitions, horriblement fatiguée de cinquante jours de marche, traînant à sa suite ses malades et les blesses de tant de combats, avait besoin d'arriver à ses magasins Le 30 le quartier général fut à Plesaczenicé, le l" décembre à Stayki, et le 3 à Molodeczno , ou l'armée a reçu ses premiers convois de Wilno
Tous les officiers et soldats blessés, ettoutce qui est embarras, bagages, etc., ont ete diriges sur Wilno.
Dire que l'armée a besoin de rétablir sa discipline, de se refaire, de remonter sa cavalerie son artillerie et son matériel, c'est le résultat de l'exposé qui vient d être fait. Le repos est son premier besoin. Le matériel et les chevaux arrivent^ Le général Bourcier a déjà plus de vingt mille chevaux de remonte dansdifl-erents dépôts. L'artillerie a déjà réparé ses pertes. Les généraux, les officiers et les soldats ont beaucoup soufl-ert de la fatigue et de la disette Beaucoup ont perdu leurs bagages par suite de la perle de leurs chevaux; quelquesuns par le fait des embuscades des Kosaks. Ces derniers ont pris nombre d hommes isoles .d'ingénieurs-géographes qui levaient les positions, et d'officiers blesses qui inarchaient sans précaution, préférant courir de» risque. pluUit ^ue de marcher posément et dans des coûTois.
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r^^c^raîorconm a^'éc P^'l= -récâ, .„o .•,..rie, et n„far„eri. Staraér;r,o.uc.eBanU,^SaM,ç.éaa^
aides Se campe. ■c.omciersmiU.ata Je lamaiso„deremp=reuror.l.«u,o„rs
TorctlcriTSt' .cUcmeu. .Umon.ce, ,„e l'on a puroun.r les ofncicr.
, T^lTi ,n cheval pour eu lormer quatre compagnies de ccn. cm-
aoiqucls 11 restai, un cheval P""^ . . ■' , , fondions de capitainei,
l'Empereur dans tous les mouvemenls.
La santé de Sa Majesté n'a jamais été meilleure.
Lettre de M. C. Oginski à l'Empereur Alexandre I", en le suppliant d'accorder une amnistie pleine et entière aux Lithuaniens et aux nuthéniens, qui, comme Polonais, avaient embrassé la cause de ' leur patrie, espérant que Napoléon 7" la rétablira dans son ancienne et légitime intégiité.
Saint-Pétersbours, 2-14 décembre 1812 '.
Sire, ....
conformément aux ordres de Votre Majesté Impériale, qu, ^^"^ °^^^ ^^^^ muniauésparle grand maréchal comte Tolstoy, je me suis rendu lu r maUa Tec M Vawr.ecki et le prince Lubeçki , che. S. Exe. M. le secrétaire de 1 EmpK. No savons ét'é pénétrés de la plus vive reconnaissance, en apprenant pr son 0 gai^e qu votre Majesté Impériale, ayant manifesté la volonté de publier une amnistie pur les habitants de la Lithuanie et de la Russie-Blanche, avai en m^e temps gracieusement permis que nous présentassions nos idées sur a l'iè" donton'devait rédiger cet acte, qui , sous tous les rapports nousinlc-
''7:^::Z^'^^^. m. ae Schlschkc^ n-alt porté aux pieds du tr.no l'exprcssi n le no?re gratitude et de notre confiance illimitée dans les sentiments g néreux et magnanimes de Votre Majesté Impériale. Je suis persua S ment qu'il a porté à sa connaissance les observations que nous avons pr la libTrté de faire Lr une amnistie sans exception , qui est la seule qui pu., être digne d'un cœur tel que le vôtre, Sire. Toutefois je me fais un devcrdo répéter en peu de mots le résumé de nos observations sur cet objet
Le droit 'accorder l'amnistie est sans doute le plus bel attribut de la souvcraineté, et il ne sied mieux à aucune tête couronnée qu'à Votre Majesté Impériale , qui êtes le modèle de la bonté et de l'équité.
Après avoir déployé vos forces et voire puissance pour terrasser leontmi,