Chodzko, Inn. polon. Ms
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Secondement, dans le moment actuel, une publicité donnée à mes intentions sur la Pologncjcttcrait complètement l'Autriche et la Prusse dans les bras de la France, résultat qu'il est trèsessentiel d'empéclier d'autant plus que ces deux puissances me témoignent déjà les meilleures dispositions.
Ces difficultés, avec la sagesse et la prudence, seraient vaincues; mais, pour y parvenir, il faut que vous et vos compatriotes me secondent; il faut que vous m'aidiez vous-môme h faire goûter mes plans aux Russes, et que vous justifiiez la prédilection qu'on me sait porter pour les Polonais et pour tout ce qui tient à leurs idées favorites. Ayez quelque confiance en moi, dans mon caractère, dans mes principes, et mes espérances ne seront point trompées. A mesure que les résultats militaires se développeront, vous verrez à quel point les intérêts de votre patrie me sont chers, et combien je suis fidèle à mes anciennes idées; quant aux formes, vous savez que les plus libérales sont celles que j'ai toujours préférées.
Je dois vous avertir cependant, et cela d'une manière décidée, que l'idée de mon frère Michel ne peut pas être admise. >»'oubliez pas que la Lithuanie, la Podolie et la Wolynie (notez qu'il n'est pas fait mention de l'Ukraine) se regardent jusqu'ici comme provinces russes, et qu'aucune logique au monde ne pourra persuader à la Russie de les voir sous la domination d'un autre souverain que celui qui régit toute la Russie. Quant h la dénomination sous laquelle elles se trouveront en faire partie, cette difficulté est plus facile à vaincre.
Je demande donc de vous que vous fassiez connaître ce que vous jugerez convenable aux personnes de la coopération desquelles vous croiriez devoir vous servir; que vous engagiez vos compatriotes h. témoigner aux Russes et à la Russie de bons sentiments, pour éteindre les souvenirs de cette campagne et pour faciliter par \h mon ouvrage. Moi, de mon côté, pour donner aux Polonais la preuve de la sincérité de mes intentions à leur égard, j'ai donné ordre h mes armées de ne pas occuper Varsovie; mais, pour cela, il faudrait qu'aucune troupe étrangère n'y restât, et des vôtres le moins possible, pour ôter l'inquiétude d'avoir un corps d'armée derrière soi.
Engagez de ma part les membres de la Gonfédération et du
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I gouvernement à rester tranquillement à Varsovie, leur promct- 1 tant qu'ils n'auront pas k s'en repentir.
■ Voici maintenant ce qui a trait aux opérations militaires et à
mes forces. Outre les armées actuellement en campagne, chaque régiment de toute l'armée a déjà formé sur les derrières mille hommes par régiment d'infanterie, et deux escadrons par régiment de cavalerie, complètement équipés et montés, et pourvus de compagnies d'artillerie de réserve, pour entrer dans les rangs et armées actives au printemps. Indépendamment de cette masse de réserve, un recrutement de cent quatre-vingt mille hommes s'achève dans ce moment, qui servira à recomposer les réserves des régiments aussitôt que celles-ci seront incorporées dans les armées actives. En outre, toutes les milices, tant à pied qu'à cheval et d'artillerie des différents gouvernements, restent sur pied; soixante-quinze mille hommes de celles-ci marchent sous les ordres du comte Pierre Tolstoy , pour se porter en observation en Wolynie. L'énergie de la nation est au-dessus de tout éloge, et je suis fermement décidé à pousser la guerre non-seulement pendant cet hiver, mais jusqu'à une paix générale, I stable et telle qu'il la convient à la sécurité de la Russie et de l'Europe.
Quant à vous-même, personnellement, j'aurais sans tarder rempli vos désirs pour votre démission' ; mais deux considérations me retiennent : l'une c'est qu'aux yeux de la multitude chez vous, qu'il est impossible de mettre au fait des choses, cela ne paraisse comme l'effet de ce que mes intentions sur la Pologne ont changé ; l'autre, que, dégagé de vos rapports envers moi, vous ne preniez des déterminations personnelles qui feront le plus mauvais effet en Rusie et nuiront à l'utilité immense dont vous pouvez être, pour la réussite de mes plans, pour votre patrie. Je crois absolument comme vous que votre personne, là où vous êtes, est infiniment plus utile que si vous veniez me joindre, malgré le plaisir et l'impatience extrême que j'aurais à vous revoir, surtout dans les circonstances actuelles.
1. Depuis la création du duché de Varsovie, le prince n'avait conservé que la charge de curateur de l'université de >Ki7no , il offrit sa démisaion délinitlva au commencement de la campagne. {Note de l'éditeur.}
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Voici en résumé le résultat que j'ai à vous annoncer :
La Pologne et les Polonais n'ont à craindre aucune vengeance de ma part.
Mes intentions à leur égard sont toujours les mêmes. Pour vous en donner des preuves, toutes les autorités du duché de Varsovie sont conservées partout. Le gouvernement et la Confédération sont invités à demeurer tranquillement à Varsovie.
Cette ville ne sera pas occupée par mes troupes, pourvu que toutes les troupes étrangères en sortent, et que le nombre des troupes polonaises qui y restera soit le moindre possible.
Tous les généraux russes ont reçu ordre de traiter les Polonais comme des amis et des frères.
jV mesure que les succès des armées russes seront plus grands et plus complets, à mesure aussi, la réalisation de mes intentions et de mes plans sur la Pologne sera plus certaine: comme par contre, ce n'est que des revers seuls qui pourraient m'en empêcher.
Mais ce qui pourrait le plus cimenter un lien indissoluble entre les Polonais et moi serait un traité d'alliance conclu après l'occupation du pays entre le gouvernement du duché et moi.
Dès lors, je me croirai intéressé de la part de l'empire de Russie à prendre un engagement sacré à ne pas poser les armes tant que les espérances delà Pologne ne seraient réalisées, parce que les Polonais auraient prouvé à la face de la Russie et de l'Europe qu'ils ont mis toute leur confiance en moi, et ce n'est jamais en vain qu'on s'en remet à ma loyauté.
Finalement, vous êtes certainement l'intermédiaire qui, à tous égards, me convient le mieux par la confiance entière que j'ai mise en vous. Mes sentiments d'attachement vous sont irrévocablement voués. Alexandre.
Proclamation de François Nakwaski, préfet du département de Varsovie, adressée aux habitants confiés à son administrvtion, en les remerciant des sacrifices qu'ils font pour la patrie.
Varsovie, le 26 janvier 1813 '.
Citoyens, Depuis six ans que notre existence politique s'est renouvelée, je sers raoa pays avec bonheur, et depuis trois ans j'ai l'honneur de présider le département
' 1. Chodzko, Ànn. polon. Ut. (1813.)
de Varsovie, en qualité de préfet. .Fe n'ai cessé de recevoir les preuves de vos généreux et constants sacrifices. Aujourd'inii ,(lans ces moments suprêmes pour la patrie, ses enfants se surpassent; les employés et leurs subordonnés, donnent tant de preuves de leur zèle et de leur dévouement, que je ne puis résister au besoin d'énumérer les mémorables époques, dans lesquelles, vous avez montré autant de fidélité au souverain que d'amour pour la patrie.
Outre les sacrifices faits dans les premiers moments de notre régénération, la dernière campagne de Moskou , nous offre encore de plus beaux exemples. Ainsi , quoique notre département se trouvât obéré par le passage des innombrables troupes alliées, nous avons néanmoins dépensé plus de 5000000 pour les besoins urgents, et nous avons fourni 1000 hommes équipés et armés à leurs propres frais. Presque toute notre armée nationale était réunie ici et attendait, pendant deux mois, quand le héros du siècle la conduisit à de nouvelles victoires et à, la réalisation de nos espérances nationales.... Je suis témoin de l'empressement avec lequel, vous tous, employés et particuliers, vous avez reçu et traité les défenseurs de notre chère patrie! J'ai vu avec quel dévouement vous avez accordé votre assistance désintéressée, en fournissant avec vos dernières ressources les troupes alliées commandées par l'empereur Napoléon en personne. Quand enfin ces troupes magnifiques se sont enfoncées dans les steppes lointaines de nos ennemis éternels, vous citoyens, vous tous, vous portiez le linge et la charpie nécessaires pour panser les glorieuses blessures; vous étiez toujours les premiers à fournir les hôpitaux militaires et à soigner encore les dépôts des régiments laissés pour garder le pays. N'est-ce pas notre département encore, qui a fourni gratuitement des milliers de voitures de transports militaires?
Aujourd'hui que des circonstances extrêmes, exigent des moyens extraordinaires, c'est encore à vous, que s'adresse notre infortunée patrie. Je suis heu» reux de dire que vous êtes venus au-devant de l'appel que je voulais vous faire ; que vous n'avez compté ni les sacrifices ni les témoignages de dévouement ; qu'à la première réquisition faite par les sous-préfets, vous avez fourni plusieurs soldats à pied et à cheval , sur chaque 50 fermes de campagnes ; vous avez envoyé des instructeurs militaires. Quelles larmes de reconnaissance seraient jamais capables de récompenser un dévouement sublime , parce qu'il est en disproportion avec les ressources déjà épuisées par des sacrifices précédents!
Je manquerais à un devoir impérieux si je ne parlais pas ici de la justice due aux services rendus par M. Bachminski sous-préfet du district de Varsovie; au Conseil départemental, et à M. Jakutowicz, qui en est le chef. L'empressement avec lequel ces fonctionnaires ont organisé le service militaire et civil, est au-dessus de tout éloge. Tous les conscrits sortis des terres de S. A. le prince Joseph l'onialowski, ministre de la guerre et commandant le 5* corps de la grande armée ont été égalés en peu de temps aux vieilles troupes. D'autres conscrits, tirés des terres de S. A. le prince d'ICckmahl du district de Sochaczew, présentent le même modèle. D'autres localités prouvent le même zèle, et j'espère que le reste du pays suivra de si beaux exemples 1
Soyez persuadés, citoyens, que ces offrandes, que ce dévouement sont toujours présents aux yeux du gouvernement; qu'il apprécie tout à sa jusie valeur, et que chacun, outre la satisfaction d'avoir rempli un devoir sacré envers la patrie, obtiendra des éloges et des récompenses proportionnés.
Chers concitoyens du déparlement de Varsovie I si je vous adresse aujourd'hui cette proclamation, ce n'est point pour flatter votre amour-propre; mais
je suis si heureux Ae pouvoir exprimer ma reconnaissance pour l'honneur qui m'a été accordé de présider à un tel département, heureux, mille fois heureux son chef et ses subordonnés, qui se trouvent entourés de citoyens si dévoués et si patriotes I
François Nakwaskif préfet.
Edouard Rahiciy, secrétaire général.
I Proclamation aux militaires polonais du grand-durhc de Varsovie, adressée soi-disaiit par les Polonais, mais écrite par les Russes en vertu des ordres prives de l'empereur Alexandre I".
Varsovie, 8 février 1813'.
Soldats, L'expérience de plusieurs années nous a enseigné que Napoléon ne voulait ni notre bonheur ni notre indépendance, et que son unique dessein était d'employer nos forces et la valeur de nos troupes à asservir d'autres nations, et établir ainsi sa domination sur tous les peuples. La grande nation russe a montré de quels sacrifices est capable une nation qui a le noble orgueil de renoncer atout pour conserver sa liberté et son indépendance. Elle a vaincu, elle s'est unie à nous; elle a fait plus que si elle avait vaincu nos armées; Alexandre et ses Russes ont gagné nos cœurs.
Braves soldats qui comballez encore sous les bannières de Napoléon, qui combattez contre vos frères et contre les intérêts de l'Europe, abandonnez l'étendard du plus vil despotisme; retournez dans le sein de vos familles; revenez au milieu de vos frères armés, et prouvez que vous êtes dignes de vivre parmi nous, qui avons appris par une cruelle expérience que nous n'ai vons de bonheur à attendre que de la magnanimité du généreux Alexandre.
\ Ecoutez la voix de vos frères; accourez dans le sein de vos amis; reveDez
i cultiver les champs de vos pères, redevenez enfants de la patrie qui vous a
•[ donné le jour et le soutien de vos familles; venez recevoir le prix de votre
■I courage dans les rangs de la patrie, regagner l'affection de vos compatriotes eo
>\ ne versant plus votre sang pour servir l'ambition d'un étranger. Nous vous
ij rappelons au nom de notre sainte religion et de notre sainte patrie.
Réponse à la proclamation précédente, russo-polonaise, adressée aux
Russes par les militaires polonais du grand-duché.
Février 1813'.
Russes,
Votre proclamation, aussi basse que maladroite, ne parviendra pas à nous abuser, car nous savons de quelle source elle émane. Si nous daignons répondre, c'est pour que vous ne puissiez pas douter de notre mépris , car de braves rcilitaires combattent les armes à la main, avec la plume ils combattent ouverlenicnl et non pas par trahison. En conséquence , nous vous répondons pour la première et la dernière fois , en vous affirmant que nous ne serons jamais vos dupes.
Vous osez dire que vous parlez au nom de l'honneur de la fraternité; mais croyez-vous que les Polonais ont oublié les torts séculaires et constamment agressifs des Moskovites?Si vous les avez oubliés, nous espérons que Dieu nous permettra de vous les rappeler, et que ses justes décrets vengeront un jour