L'imprimé du tcmpj. — 2. Vimprimé de l'époqu
j ANNÉE 1013. 591
noire patrie , que vous avez tant de fois injustcinonl cnvaliie , opprimée , partagée? Croyc7.-vou3 que les gémissements et les imprécations de ceux qui survi- ( vent aux puerres précédentes, ne seront pas entendues, et ne trouveront plus
' de vengeurs? Des siècles s'écouleront, et les souvenirs des massacres de Praga
ne s'eiïaceront jamais de la mémoire des générations polonaises !
Comment jiouvez-vous admettre que nous croirons désormais à vos mensongères promesses, aux témoignages de votre perfide magnanimité, à vos fallacieuses insinuations? Mais ces promesses, ces témoignages ces insinuations, n'ont-ellcs pas été prodiguées en face de l'univers, et pendant trente ans entiers t par Callicriuc II la Grande? Oui, elle fut grande par ses crimes; elle trompait
î les cœurs faibles ou achetait les magnats pervers : et, tout en parlant de l'hu-
manité et de la bienfaisance, elle a déchiré à trois reprises, et anéanti politiquement notre infortunée patrie? Telles sont les armes avec lesquelles vous combattez : votre arsenal est la ruse; votre champ de bataille est la trahison : c'est là où vous excellez; mais ne touchez pas à l'honneur militaire des Polonais, ni aux vertus guerrières qui distinguent les défenseurs de la religion des droits de la civilisation et de l'indépendance nationale, contre l'agression de vos hordes sauvages tataro-moskovites !...
Quand la postérité redira les merveilles d'Austerlitz, de Friedland delà Hoskowa, on saura de quel côté était la gloire et qui a été vaincu? Quant à vous, est-ce la supériorité de vos chefs, est-ce la bravoure de vos troupes qui ont eu le dessus pendant la retraite de Moskou? Non! ce sont uniquement vos vastes déserts, et votre affreux climat. Ainsi, dans notre malheur actuel, nous nous sentons supérieurs à vous, et nous n'avons rien à vous envier.
Cessez donc de nous adresser vos proclamations soi-disant polonaises; vous ne nous tromperez plus, et toutes vos flatteries seront reçues avec mépris. Sachez que rien ne saura nous séparer de la France et de Napoléon le Grand. Vous, vous avez portez un coup mortel h notre patrie; lui, l'a relevée. Vous, TOUS avez apporté chez nous, le mensonge, la vénalité, la perfidie, l'insolence; ' lui, releva chez nous les antiques vertus polonaises. Vous, vous avez cherciié à nous humilier devant l'Europe, en subjuguant notre patrie par la corruption et par la trahison; lui , il nous a conduit à la gloire, il nous promettait la résurrection de la Pologne; c'est sous ses auspices que nous avions planté nos étendards sur les tours du Kremlin; notre aigle blanc planant au-dessus des flammes de Moskou, a pu déployer ses ailes sur notre terre natale, arrosée par le Dnieper, laDzwina, le Niémen, la Wistule et l'Oder. C'est sur ce territoire que se forma, l'année passée, la confédération générale du royaume de Pologne, dans laquelle nous avons juré fidélité à notre patrie, à notre grand-duc, et reconnaissance à notre libérateur Napoléon le Grand. Ces sentiments , profondément gravés dans nos cœurs, ne s'éteindront qu'avec notre vie, et seront l'héritage de nos descendants, quel que soit le sort qui est réservé à l'avenir de la Pologne.
Traité de paix, d'amitié et d'alliance, conclu entre la Russie et la Prusscy k Breslau, le 15/27 février, et à Kalish, le 16/28 février 1813'.
Article secret l. La sûreté et l'indépendance de la Prusse ne