Archtrcs de la Pirte
ANNÉE SG3f . 803
Discours du fiêncral Laffiyritc, prouvant auihcnlujucincnl, pnr de.'i documenl.'; ofpcieJ.s, que lu, Hussic, la Fiasse el IWnliichr ciaicnt prc!cs à marcher conlrr la France, et que ccsl la ri volalion polonaise du 29 novembre J 830 qui a da(iu(/6 l'cxècuilon de celle )wuvelle Sa in' c- Alliance. Discours prononce à la Chambre des dcpulcs le 18 mars 1831.
îlfi.ssieurs, Quoifiuolu qooslion fumncière soit chan;,';c, en quelque sorte^ pnr la nouvelle prûi>osiliop. , je crois que la question poliliqnc intérieure n'est aucunement chaiigûe, et que par conscquenl il serait utile de discuter dès à présent nos motifs {lour accorde au gouvcni'jmenl de nouveaux secours. D'a'lleurs, messieurs, il est un autre point, celui de notre poliiiqua extérieure, sur lequel il me semble que des éclaircissements sont de part et d'autre ncceisaircs.
Les dédfi râlions que vous venez d'entendre sur la mii-nicre d'expliquer le système de non-inlcrvention me paraissent fort difTércntes de celles qui avaient été proclamées dès les premiers temps à propos de la r>cl:^iquo, qui , définies à cette triijuno, ont eu l'assenlinient du ministère-, qui, enfin, ont clé dernièrement consignées dans des dépêches que le rainislrc ne désavouera pas. Il me «enWe donc, jucs-iicurs, qu'à cet égard le gouvernement du Roi paraît avoir ciianpé de maxime. C'est dans ces termes que s'exprimait le cardinal de Uiclielieu à son entrée dans le conseil de Louis XIII, avec la diirérence que ce chniigement de maxi)itcs avait pour îjut d'empêcher les Autrichiens d'entier en Italie.
Il y avait aussi quelques renseignements à donner sur de^ objets pour lesquels mon témoignage a été invoqué : j'ai moi-même à me défemlre du repioche d'erreur, lorsque j'aidit à la tribune que dansTiiisurrecticn de la rJogue. Vacant- (jardc s'ctail retournée contre le corpi de hcilaille, ce qui .«ignihe on d'autres termes que la iiussie se préparait alors à nous attaquer. Ces renseignements, messieurs, sont dans mes mains; cl c'est une obligation que j'ai au •, r.md-duc Constantin qui, à son départ, a oublié chez lui be>r.!coup de papiers. La Chambre veut- elle les entendre'' (De tuutes paris : Oui! uni.']
Messieurs, je ne piarlerai pas de la singulière let're i!e l'cmpe.-cur de Ruî.<;ie en réponse à celle du l'oi dos Français, qui, sans doute, pleine des sentiments et des émotions que devait exciter dans son cœur la gloire française de la grfode .semaine, n'avait pas dû provoquer une i^areillercjionse. Je voiMirais que la Ictue de notre monarque ertt été coiiiui^, el je suis silr qu'elle rendrait celle de Temporeur ru.<;?c encore plus déplacée.
Je pourrais dire aussi qu'il n'exislail en Pologne aucun magasin d'armes cl de munitions do guerre, et que tout c qu'on y a trouvé i été transpo! lé de Russie depuis la nouvelle de noire rovohilion. Tels sont les renseignements que j'ai reçus de toutes i>aris.
Voici à présent, messieurs, l'exlrail des lellrcs qui vous feront connaître les internions de la Russsic.
Auprincc Luheçki, niinislrc des fmances de Pologne.
a Saiut-Pélersbonrg, le C/18 août 1830.
« Mon prince, Sa Mijcslé l'Kmpereur et Roi m'autorise Je voui) informer que les troupes poloiiaises pouvai.'l élre mises en marche dans les circousla:,ces présentes j vous èl"s invité d3 rechercher sans délai des fonds nécessaires sur lesquels
804 POI.OGNi:.
le Ircjsor jitil'lio fiourrait com['lcr a\i besoin pour h,appùrîcr les fiais de la inoI>'li.Mitioii de raniicc et d'une cumpagiie jtrocliaine. >-
TurhuH, conseiller d'État.
Ka répondant ;i cette lettre, 3 septembre 1830. le prince Lubeçhi rend compte de ses moyens. « La Pologne posscde dans son trésor iiuil jnillions de fiori.'is et un million d'^cns à Berlin. Elle est donc prOte h entreprendre les préjaratifs iiécci-saires. »
Voici encore les extraits des lettres adressées au prince T.ubcçki par le comte Grabowski. ministre secrétaire d'Ktnt dePûbv-neà Saint-I'étersliourg.
« V)/21 octobre 1S30. Informé aujonrdbui mênic pnr Son f^.vc^lle.'icc l'aide de camp Tschemysclif-n'iiue l'ordre vient d'être rlonné à Son AHcs.'e Impériale le Césirévitsch de mettre snr le pied do f^ucr.'-e toutes les troupes qui sont sous ses ordres, sans excepter celle:, du royaume de l'oio;,'iie, et que celte mesure doit ôlrcefToctuée pourle 10 'iî du mois de décembre . j'ai l'iioinenr, mon prince, de vous en prévenir par l'ordre de Sa Majcs!é pour que les fonds nécessaires puissent être fournis sans délai au minisire de la guerre. »
« 15/'i7 octobre 1830. I.a correspondance oflicielle que par !o;dre de SaMajfisté j'ai eu l'Iionneur de vous coramuniqucr, mon prince, et qui ordonne de mettre l'armée de Pologne sur le pied de t'iicre vous a été sans doute plus sen.siblc qu'à moi-rnème.
<r 5/17 novembre 1830, Le retour du feld-niaréchal DiébilscIT décidera des mesures qu'il faudra prendre. 11 a reçu l'oidre d'aller, à son retour de Berlin, par Varsovie, pour consulter le grand-duc Constantin sur tout co qui regarde la mobilisation de l'armée et sessulisist.incos. LT-mpereurdésire que vou*; voyiez le marér.haî aussitôt qu'il arrivera .i Varsovif, et :'• col ellet il vcus autorise d'exécuter ainsi tout ce qui sera déterminé, .sans attendre des ordres ultérieurs do Sa Majesté. »
3e m'abstiens de donnera la Cbambre lt.clure du compte rendu <à la Diète de Varsovie, par le mini.stre des affaires étrangères. On y voitics plus nobles sentiments de patriotisme, de courage, de la tonflancc que les Polonais avaiciit mise dans la France et la délerminati.ju de mourir |iour la li'.ierté de l'Xurope; crir il faut le dire. mes.si'jurs. cedr.Tpeau de liberlé, qui nous mettait eu juillet à la tête de )a liberlé europée:me , il a pn^sé d«' nos mains dans celles des Poloïiais. 11 est aujourd'îiui ù Var-ovir.
Instructions de loni J'uljiurstou, iiii)ii:>tic des affaires itrangèrcs,
adressées à lord Hcyles^iiirij, ntnb'-.ssadeur (Dx/laly en lutssic, sur
la question jiolouaisc.
Ko.'ciiig-Offico, ie 12 mars 1831 '.
Milord, La dépêcbede Voire Seignciiiio du l'.'i d. rnier semble imnli.]uer qu3 si les armes de Rusiie devaient final.'ir.ent lriûmi<!icr en Pologne, l'inlent on delKmpereur est d'apporler quelques cliingemenls matériels dans le système de gouvorneinent de ce pays.
Dans un cas ordinaire de i:uerre civile cuire un souverain cl ses sujets, les puissances élrangères n'ont pas le droit d'intervenir même par un avis ou p.ir
l Archives d'yiiirilcU'rri'.
remoiUranos; mais il y aiics ciicoDstmces parliciil'cres au royaume lie Pologne oui auicneiit à cet éj^ard une excepiioîi à I;. règle.
Le loyaurne de Pologne a été créé et lié à la Russie par le traité de Vienne auquel la plupart des puisïanc3s européennes ont été parties contractant', s. Ce trnilc définit la situation que doit occuper la Pologne vis-à-vis <ic la Russie en décidant qu'elle serait altucliée à cet empire par sa constitution et jouirait d'une aduiinislralioii séparée.
]>e gouvernement de Sa .Majesté est d'avis que tout changement qui amènerait l'incorporalio!! de la Pologne à l'empire ru3.-^e et détruirait son administration séparée et sa constitution serait une infraction au traité de Vienne, infraciicn à laquelle auraient un droit indiscutable de s'opposer l'-Uigleterre et toutes les autres puissances qui ont signe au traité.
Néanmoins, le gouvernement de SaMijesté est disposé à croire que les nomicalions annoncées dans l'oukase mentioi. no dans la dépèchede Voire Seigneurie ont pour olijf t de | oui voir aux exigences du moment et sont apjdicables seulement à l'intervalle qui devra s'écouler entre l'occupation de Varsovie far les troupes russes et le complet rétibliss^ment do rajlcrilé de riim|ici- ur ccnm^.e roi de Pologne. .Mais si Votre Seigneurie trouvait qu'il existât de la part du gouvernement russe quelque intention d'apporter ries clian^'emenls matériels à la condition politique de la l'oLgne, vous êtes aveiti de surveiller ces changements avec i'altenlion la plus particulière et de faire des repi>:>entations en termes énergiques contre toute mesure de ce genre qui ne serait pas en stricte conformité avec les blipulations du traité dj Vienne.
Le gouvernement britannique ne pourrait admettre que la révolle des Polonais, en .'^ccoiiant l'autorité île l'Empereur et Roi, fût pour le gouvernement russe le motif de s'écarter des stipulations du traité de Vienne.
Celte révolte ne jieut pas délier la Russie des engagements qu'elle a contractés avec les autres puiscances, engagements qui avaient pour but non-seulement le bonîieur des Polonais, mais encore la sécurité des £tals avoisinants.
Afin de mettre Votre Si.'igneurie plus entièrement au courant de la p^n^cs du gouvernemcnl britannique en ISl^i et 181.^ au sujet des arrangements relatifs à la Pologne, de la jjart prise à cet égard par le plénipotentiaire britannique au congrès (le Vienne et du rapport de ces arrangemciits avec la sûreté des autres États j'envoie à Votre S igneurie copie de plusieurs dépêches reçues auForeign- Office en 1814 c-t l8!.^.
Votre Scigr.curie y trouvera expliquée l'iinporlance de la position railit';ire avancée que le royaume de Pologne donne à la Russie, jdacé comme il l'est entre l'Autriche et la Prusse et à une courte dislance des ca; itab-S de chacune.
11 est évideiit que celle position serait encore plus dominante si la Pologne, au lieu d'être un royaume séparé et d'être occupée, comme sa conslilution le stipule, seulement par des troupes nationales, devenait une province russe et si l'aruioc russe venait à changer ses >tntions j-crminentes du Niémen et du Mcmel pour les reporter jusqu'à la Vislid.; et à la Vv'aria, un tel ciiangement dans l'altitude militaire de la Russie tendrait nécessairement à lii d 'imer un ascendant gênant sur la Prusse el l'.Xulriche et pourrait, dans bien i!cs circonstances faciles à prévoir, donner à la politique lie ces deux pui^sancl;^ un laractèiL- différent de celui qu'elles as/uincraient, si elles clai'.nl libres de toulc inllueuce eMérieure.
Ces considérations ont été co:n[irises en IRl."), miis elles ont encore acquis un nouveau j oid:, djpuis ce temps j :ir suite do la sécuiilé que la Russie a acquise
du côté de ses frontières mérifiiounlrs et asiatiq'jes par le succè"? de ses arme» contre les Turcs et les Perses , parce qu'à nicsuro qu'elle sera dclivrcedu donger d'être attaquée dn ce côté, elle pejl concentrer ses forces en Pologne pour n'irnporlè quel projet donne.
Le gouvernement de S.i Majesté sent Ircs-bien que c'est une fn-iticrc trèsdélicate pour un ;;,ouvenicme;it de s'a:lre-sei à un autre au îujet de la façon dont il doit traiter des sujets qi'l! a soumis après une révulte sans succ«-s. mais il a une trop Inute opinion des sentiments cIcvls et généreux de l'empereur de Russie pour douter qu'il usera de la victoire avec autant de raoclérntip i et de mistricc-dj que lui perraett'-a la garantie à venir de son autorité, mais vous Confo!njcrc7. votre lanqnge ù la manicre de voir du gouveruenienl de Sa Mrjcsté aut.'u!t que vous trouverez utile oî convenrible de toucher ce sujet.
11 y a un autre point sur lequel j'apriellerai votre attention.
Par l'article I du traité de Yionii.;. il est stipulé que les l'olonais, sujets respectifs de la Russie, de l'Autricî'.c et de la Prusse, auront une représentation nationale et des institutions réj^léos d'après le genre d'existence politique que chacun des gouvernemcalsau.\qucls ils appartiennent jugera utile et convomlde de leur accorder
On sait que. quoique celte stipulation ait été cxAcuf'^e par l'Autriche cl par la Prusse, elle n'a pas encore f-lé jusqu'ici coinplcteincnl remplie jiark' t:ouvernement russe. Le gouvernement dt.- Sa Majesté a appris de ranhrissadciir français à celte Cour que des instructionsavaient été envoyéesau duc de Morteniart pour appeler l'atlention du gouvirnonicnt russe sur cet obj'.t, et le pouverucment frauçais a exprimé le désir que Voire Seigncuiie reçi!!t ordre de soulr.îiir le duc dans ses représentations.
Votre Sei^iicuvie aura natuiclIciLicuî soiij ùt rie 'aire aucuiiC déni.;rcln.' ù cet égard qui puisse amener dos discu.ssions peu amicilcs avec le gouvernc^mcnl russe, avec lequel le gouvernenicnt de Sa Majesté est plus que jimais désireut, dans les circons.aiices acluelKs, de conserver les rapports les jiius étrcils d'amitié.
Mais si celte ijuestion était anitto. Votre Seigneurie devra dire qu'autant qu'il peut on ji.gcr par ses informations, il ne paraît pas nu gouvernement de Sa Majesté que les dispositions du traité de Vienne aiiplitihîes auï provinces polonaises de la Pxussis aient été jusqu'ici mises à exécution.
Je suis, cic.
Puhncr.^ton.
Première CinvUùre diplomolifjuc ocb'cssce jiar k (joiivcrnemait itaticrnal (le Pologne^ prcsidù par A. G. Czarlorysld, ù ses ctjrnts à î'tlrongcr.
Var.-ovie, le 31 mars 18:51 '.
Les derniei-s événements militaires ayant mis la cajdtale et toute la rive gauche de la Vistule à coiivert des .iliaques de l'ennemi, je me fais un devrai de vousen.i'iper à f.iire tout votre possible pour ciionccrau gouvcrnemenî près duquel vous éles accrédité les vœux de la nation polonaise.
C'est un principe reconnu en Kurdpe, que 1 existence intlépepilaulc d»- chaque jiays doit élre fondée sui des droits qui lui ont clé une fois recnnus,