‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 3)Chapitre 7 sur 95 · Kluber, IX, 40; Martens, NS I · texte numérisé non relu

Kluber, IX, 40; Martens, NS I

ANNÉE lOiy. 645

pour la tranquillité du Nord et l'équilibre général de l'Europe , aucun des maux que cette mesure peut faire craindre, et qu'il est de son pénible devoir d'envisager.

Mais afin d'obvier autant que possible aux funestes conséquences qui peuvent en résulter, il est d'une haute importance d'établir la tranquillité publique dans toute l'étendue du territoire qui composait anciennement le Hmjaumc de Pologne, sur quelques hases solides et libérales qui soient con/'ormps ùl' intérêt pt'fie'ra?, et d'y introduire , quelle que soit d'ailleurs la diiïérence des inslilutions politiques qui s'y trouvent actuellement établies, un système d'administration dont les formes soient à la fois conciliantes et en rapport avec le génie de ce peuple.

L'expérience a prouvé que ce n'est pas en cherchant à anéantir les usages et les coutumes des Polonais que l'on peut espérer d'assurer le bonheur de celtu nation , et la paix de cette partie importante de l'Europe. On a tenlé vainement de leur faire oublier, par des institutions étrangères à leurs habitudes elàleura opinions, l'existence dont ils jouissent comme peuple, et même leur langage national. Ces essais, suivis avec trop de persévérance, ont été assez souvent répétés et reconnus comme infructueux. Ils n'ont servi qu'à faire naître le mécontentement et le sentiment pénible de la dégradation de ce pays , et ne produiront jamais d'autres effets que d'exciter des soulèvements et de ramener la pensée sur des malheurs passés.

D'après ces motifs, et pour se joindre cordialement à l'unanimité des sentiments que le soussigné a eu la satisfaction de voir partagés par les divers Cabinets , il désire avec ardeur que les augustes monarques auxquels ont été confiées les destinées de la nation polonaise, puissent être amenés, avant de quitter Vienne, à s'engager les uns envers les autres de traiter comme Polonais la partie de ce peuple qui pourra se trouver placée sous leur domination respective , quelles que soient d'ailleurs les institutions politiques qu'il leur plaira d'y créer.

La connaissance d'une telle détermination, en honorant ces souverains, tendra plus que toute autre chose à leur concilier l'affection de leurs sujets Polonais; et de semblables moyens paraissent être les plus directs et les moins dangereux pour les disposer à vivre tranquilles et satisfaits sous leurs Gouvernements respectifs.

Si ce résultat peut être heureusement obtenu, l'objet que Son Altesse Royale le Prince Régent a le plus à cœur, savoir le bonheur de ce peuple, se trouvera accompli; et il ne lui restera plus qu'à souhaiter que l'indépendance de l'Europe n'ait à courir aucun des dangers que l'on peut si justement appréhender pour elle, de la réunion de la puissante monarchie de Pologne à l'Empire de Jlusste, plus puissante encore, s'il arrivait que les forces militaires de ces deux États se trouvassent, par la suite des temps, entre les mains d'un prince ambitieux et guerrier.

Castlcreagh.

i Réponse à la précédente Note circulaire de lord Castlereagh, présentée par MM, les Plénipotentiaires russes.

Vienne, 19 janvier 1815'.

La Note remise par M. le vicomte de Castlereagh, secrétaire d'£lat de Sa Ua-

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