Kluber, IX, 44 ; Martens, NS
jesté Britannique, insérée au protocole dos conférences et qui a trait aur arrangements (les aiïaires de Pologne, a été portée à la connaissance de Sa Majesté l'Empereur de Russie.
Les soussignés, après avoir pris à cet égard les ordres de leur auguste maître, se font un devoir de communiquer la réponse suivante et prient également leurs collègues de la faire insérer dans le protocole.
La justice et la libéralité des principes consignés dans la Note anglaise, ont fait éprouver à Sa Majesté Impériale la plus vive satisfaction. Elle s'est plu à y reconnaître les sentiments généreux qui caractérisent la nation an^'laise et donnent la juste mesure des vues grandes et éclairées de son Gouvernement.
Leur conformité avec ses propres intentions, et surtout les développements que le plénipotentiaire de Sa Majesté Britannique a donnés dans cet écrit à des maximes politiques, en les appliquant à la négociation actuelle, ont été envisagés par Sa Majesté Impériale comme très-propres à favoriser les mesures conciliatrices proposées par elle à ses alliés, dans Tunique Lut de contribuer à l'amélioration du sort des Polonais, autant que le désir de proléger leur nationalilé peut se concilier avec le maintien d'un juste équilibre entre les puissances de l'Europe, qu'une nouvelle répartition de forces doit désormais (établir.
I A cette considération se joignent celles non moins importantes qui démontrent l'impossibilité de faire renaître, dans l'ensemble de ses combinaisons pri- . mitives, cet ancien système politique de l'Europe dont l'indépendance de la Pologne faisait partie.
La réunion de ces motifs a dû nécessairement borner la sollicitude de Sa Majesté Impériale en faveur de la nation polonaise, au seul désir de procurer aux Polonais, sujets respectifs des trois parties contractantes, un mode d'existence qui satisfasse leurs vœux légitimes, et qui leur assure tous les avantages compatibles avec les convenances particulières de chacun des £tats scus h souveraineté desquels ils se trouvent placés.
Tel est l'esprit de modération qui a dicté toutes les transactions réglementaires que Sa Majesté Impériale a jugé nécessaire de proposer à ses augustej alliés; en favorisant et en appuyant, par la coopération la plus amicale, l'accomplissement des mesures tendantes à améliorer le sort des Polonais, et far cela même à cimenter leur attachement pour les dominations respectives auxquelles ils sont affiliés, l'Empereur croit avoir prouvé toute la droiture et la loyauté de ses sentiments. Sa Majesté envisage ce ralliement des Polonais à leurs Gouvernements et à leurs Souverains, moyennant une équitable cocciliation de leurs intérêts les plus chers, comme l'unique garantie des rappor; permanents qu'il est si essentiel de consolider entre les trois États, tant pou: la sécurité réciproque de leurs possessions que pour le repos de l'Europe entière.
L'ambition d'un Souverain légitime ne peut tendre qu'à assurer le bonheu des peuples que la Providence lui a confiés et qui ne peuvent prospérer qu: sous l'égide d'une parfaite sécurité et par une attitude calme sans être agrès sive. Nulle force ne peut mieux garantir le repos universel de l'Europe et le vues pacifiques des États les uns à l'égard des autres que cette puissance d cohésion qui dérive de l'attachement d'un peuple pour sa terre natale, et di sentiment de la félicité.
Tels sont les liens par lesquels Sa Majesté Impériale désire âttacbu* i te:
Empire les Polonais placés sous son rrouverncment. Tels sont aussi les vœux
qu'elle forme pourvoiriez mêmes résultats se rénliscr dans les KtalsdesSouve-
■ rains ses alliés, dont elle apprécie les vues éclairées et les intentions généreuses.
En conséquence Sa Majesté se plaît à croire q\ie le système conciliatoire et adapté aux circonstances qu'elle a suivi dans la présente négociation suffit pour bannir toute inquiétude et pour en faire disparaître jusqu'au moindre prétexte, si toutefois la réunion d'une partie de la nation polonaise à son Empire, par des liens constitutionnels , avait pu y donner lieu.
Mais, indépendamment même des considérations qui résultent des principes sur lesquels vont se fonderies relations entre les parties contractantes, l'Empereur en appelle avec confiance à sa conduite passée pour répondre à tout soupçon qui se perd dans le vague <ie8 combinaisons futures. Il est dans la ferme persuasion que le seul aperçu de ce qu'il a entrepris et achevé à la tête de son peuple, dans la vue de rétablir et de consolider l'indépendance des Etats européens, présente la garantie la plus rassurante du maintien de ce système d'équilibre qui, placé désormais sous la sauvegarde des puissances du premier ordre et à l'abri de toute prépondérance, aura acquis par la politique loyale de la Russie les moyens de résister, s'il le faut, à la force même qui aura le plus contribué à l'établir.
D'ailleurs, Sa Majesté Impériale s'applaudit de la conformité d'intentions et de sentiments manifestés en cette occasion par Son Altesse Royale le Prince Régent d'Angleterre, ainsi que de l'esprit de conciliation dont le vicomte de Castlereagh est constamment animé. Elle se platt à en tirer le plus heureux présage pour l'issue des négociations actuelles.
Basoumo/J'sky. Ncssclrode.
Réponse à la Note de lord Castlereagh, présentée par M. le premier plénipotentiaire de la Prusse.
Vienne, 30 janvier ISliS'.
Le soussigné ayant pris les ordres du Roi son auguste maître sur la Note de Son Excellence mylord Castlereagh concernant les arrangements des affaires de Pologne, s'empresse de témoigner à Son Excellence que les principes qui y sont développés sur la manière d'administrer les provinces polonaises placées sous la domination des différentes puissances, sont entièrement conformes aux sentiments de Sa Majesté.
Assurer la tranquillité de ces provinces par un mode d'administration adapté aux habitudes et au génie de leurs habitants, c'est là réellement l'établir sur la base solide et libérale d'un intérêt commun. C'est en agissant ainsi qu'on montre aux peuples que leur existence nationale peut rester libre de toute atteinte, quel que soit le système politique auquel le sort les a liés; qu'on leur apprend à ne pas confondre des idées qui , lorsqu'elles ne sont pas sagement séparées, ne cessent de faire naître, dans le repos même de la vie privée, des vœux et des espérances vagues de changements futurs ; qu'on rattache fortement les sujets de nations différentes à un môme gouvernement et qu'on les réunit dans une même famille.
Guidée par ces maximes que Sa Majesté Prussienne partage entièrement avec