Kluber , IX , 49 ; Martens , NS
Sa Majesté l'Empereur de Russie et Son Altesse Royale le Prince-Rcgent d'Angleterre, elle aura, constamment à cœur de prooirer à ses sujets Polonais de nation tous les avantages qui pourront former un objet de leurs vœux légitimes et qui seront compatibles avec les rapports de sa monarchie, et le premier but de chaque État de former un ensemble solide des différentes parties qui le composent.
Le soussigné éprouve une vive satisfaction d'avoir pu exposer, au nom de sa Cour, à Son Excellence mylord Castlereagh des principes aussi conformes i ceux du Gouvernement britannique. Il le prie de vouloir bien, du consentement de ses collègues, faire insérer également la Note présente au premier protocole des conférences, et a l'honneur, etc.
Ilardenberg.
Réponse à la Note de lord Castlereagh, présentée par MM. les Plénipotentiaires autrichiens.
Vienne, 21 février 1815'.
Sa Majesté Impériale et Royale Apostolique ayant pris connaissance des déclarations relatives aux affaires de Pologne des 12 et 19 janvier dernier, déposées au protocole des conférences par MM. les plénipotentiaires d'Angleterre et de Russie, a ordonné à ses plénipotentiaires de déposer également au protocole la déclaration suivante.
La marche que l'Empereur a suivie dans les importantes négociations qui viennent de fixer le sort du duché de Varsovie , ne peut avoir laissé de douteaui puissances que non-seulement le rétablissement d'un Royaume de Pologne ia* dépendant et rendu à un Gouvernement national polonais, eût complètement satisfait aux vœux de Sa Majesté Impériale, mais qu'elle n'eût pas même regretté de plus grands sacrifices pour arriver à la restauration salutaire de cet ancien ordre de choses.
Il suffit sans doute de ce fait pour prouver que l'Empereur est éloigné d'entrevoir, dans ce qui se rapporte à la nationalité polonaise, unmotif de jalousie ' ou d'inquiétude pour la généralité de son Empire. Dans aucun temps, l'Au-
triche n'avait vu dans une Pologne libre et indépendante une puissance rivale et ennemie, et les principes qui avaient guidé les augustes prédécesseurs de l'Empereur et Sa Majesté impériale elle-même, jusqu'aux époques des partages de 177.3 et 1797, n'ont été abandonnés que par un concours de circonstances il impérieuses et indépendantes de la volonté des souverains de l'Autriche.
'I Jaloux dès lors d'accomplir fidèlement ces nouveaux engagements , et lié par
des stipulations expresses au système du partage, l'Empereur ne dévia, en aucune manière, des principes adoptés par les trois Cours. Sa Majesté Impériale ne pouvant régler les formes de son gouvernement sur un ordre de chobe^ abrogé, borna ses soins à veiller au bonheur de ses sujets Polonais. L'état de ■ culture et de prospérité de la Galicie, comparé à ce qu'elle était avant sa réunion à l'Autriche, à ce qu'elle était même avant le règne de l'Empereur, prouve que ces soins n'ont pas été vains.
L'Empereur ayant de nouveau, dans le cours des présentes négociations, subordonné ses vœux en faveur de l'indépendance de la Pologne , aux grandei considérations qui ont porté les puissances à sanctionner la réunion de la ma-