‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 3)Chapitre 85 sur 95 · Aichives (le l'iance · texte numérisé non relu

Aichives (le l'iance

'J. Arcliiiex lie l'oluyne.

se voit en danger ce pirir, de si{;naler l;i fausse apparence de l'cgalilé dont se couvrant ceux fiiii,pour ^aclle^el•, sr'condeiit son advrroaire? Les i'olonuisonl le dioil d'aniriiK;i que la foi des nations n'est qu'un vain norû, et (juelcs îiailc5 et les convenlions n'ont élé inventés que | our couvrir le crime du jjui.-srmt d'un simulacre de justice. Le principe de non intervention ne pourraii-il à lui seul servir de document de la po'ilique d'égo'i&me. adoptée aujourd'Jiui par les Cal^incls ? L'Autriche l'a appliqué, l'on sait comment , vis-à-vis de nous, en désarmant le torj'S du général Dwernicki, et l'Kurcpc est restée mu^tlc. Lr. Prusse viole d'une manière Lien jilus criante ce principe, qui. quel qu'i! soit, une fois reçu, devrait être ou resjiecté partout , ou ('■j,';ili/ment appliqué.

Bien des fois nous avons adressé aux C.iltincts. garants de ce principe, les réclamalions les plus instantes, et tous ont été sourds à notre voi.\; mais noi;s ne j>ouvons pas faire constater, par des emiuéles juridiques, les faits qui ont eu lieu sur le territoire prussien; ils sont cependant buflisamment démontrés par les détails les plus circonstanciés, pris sur les lieux mêmes. De toutes les preuves, la plus irréfragaliic nous est aujourd'hui fouinic par la ])Osiiion actuelle de l'armée russe et par ses Oj'éralions.

La Prusse, confiante dans notre faildesse, aura l.'cau donner des réponses évasives aux puissances qui veulent înainlenir en Kurope le principe de non intervention^ elle liC pourra plus colorer sa condu:te aux yeux dos Cabiucis incrédules, à moins qu'ils n'aient encore besoin devoir les Prussiens à Varsovie, pour croire enfin à l'action simultanée des Cours de Pélerslourg et de Berlin.

Le gouvernement national vient de recevoir un r.jpporî d\i t-'énoral en chef, qui annonce, que Tamyie commandée i)ar le juareclwl Paskévitsch est concentrée sur la Basse-Vistule et cch'^lonnée ie long de la rive droite jusqu'aux frontières prussiennes; elle s'apprête à passer la Vihtulo près de ces froul\eres. L'armée russe ayant ses communications coupées par Tinsurrection delaLitiiuanie, par les corps jetés dans les pahtinals d"Au;;ustov.' et par notre levée en niasse, ne saurait subsister, cl ne sub.sisle que ji.ir les approvisionnements de bouche et de guerre qu'elle reçoit de Danl/ig et de Thorn ; elle a perdu sa ligne naturelle d'ojiérations, mais elle li retrouve dan> la Piusse. Nos avant-postes Yicnnc.'it d'occupc-r tous les anciens points d'opéralio-i de i'o.rmée russe. Il est donc évident qu'elle les a quittés, ayant la ceriiiuile d'en trouver d'autres dans les Rtats pru.Sïiens. Il résulte encorcdu jibin d'openition .■.dcpttpar le maréchal Paskévitsch, qu'en cas d'échec, jiius ou moins con.-iiléralile, il pourra viilficilement regaj;nei' la rive droite, et doi: par con^-éqneiit. avoir la ceitilude d'une retraite assurée on Pru.sse, où la quarantaine ne l'empécliera jir.s (te pénétrer, cl où aucun de ses cor[)s n'éprouvera pas sans doute le sort du général Dwernicki.

Cette conduite de ia Prusse détruit tous ne? avantages acijuis par tint de dévouement, par tant de ."^ang versé sur toute l'étendue du sol polonais. Elle rend inutile, nous osons le dire, tous les nnr.itles de notre coura;^e. Notre lutte était pourtant vu appel au jugement do Ditu; comment oser iniluencer f<?s décrets, et venir donner des armes j'jus teirihlcs au fort, pour qu'il écrase plus sûrement les f.iiblcs? Que l'on >ac!ie que ce n'e>t pas avec la Itussic seule que nous avons à combattre. Il fut un temps où, qu.unl on voyait un combit, l'on aurait cru connnellre un crime en n'aJian.t pas au secours du plus fail.le. Le monde a qualiîié ce temps i\c ha ri >nic. Aujouri''Iiiii l'un voit diux puissances conjurées contre une nation lualheureuse, cl on l'a laissé assassiner de sang-

fi'iiii! El cctic rip.liop n'a môme pa.s d'armt'S pour se ilOfcnùrc; car la Priisic, non coii lente d'avoir arrôté nos capitaux, cerne «îcpnis longtemps nos froutièies jiar une quarantaine factice, arrête tous les tra:i>ports d'objet? ijui sont indispensables à notre défense. Ce sont là les moyens dont on se .'erl pour nous réiinire, cx-st là le loyal combat que nous livre la Russie aidée de la Piuise et de l'Aulr'che !

Les princes invoquent le nom de Dieu dan.^ hurs proclanialions. Dieu . c'est la justice et l'équité, l'invoquera faux, c'est j.arjurcr. 0"' peut prévoir l'avenir? Les priuces qui veulent nous détruire, soronl peut-cire, un jour poursuivis pnr le malheur, et dans uua position diflicilc Qu'ils se rappellent alois leur conduite vis-à-vis de laPolognc. Comment ne pisgardcr le&ilence en éprouvant tant d'inju.4iueV Comment se plaindreUcsmaux dontoa veut nous accabler ? Que le monde sache partout ce qui vient d'èîrc dit, quelles sont les difficultés que nous avons à vaincre, et peut-être alors les gouvernemcyls, sourds à la voix de la justice et de 1 humanité, seront-ils forcés de reconnaître i|u'un pcupîc qui; seul, a eu le courage de tenir têle à des ennemis aussi redoutables, réunis jX'Ur l'anéantir, esli)Ourlant digne d une existence; libre et indépendante.

he président du gouvenicmont : A. C:aj-lGryski. Lcministi^e des aiïaires élrangcres : AnfJrc ITorodyshi,

Note dlplomaiiquc adressée à lord Palmersion, niinistre des afj)vrcs étrangères d'Angleterre, par le prince de Tidlcyrund, andtassnOfur de France, dans le but d'agu' cnscrnbtc en faveur de la cause polonaise.

Londic», le 2i'i juiiiei 1831'.

Le soussigné, ambassadeur de S. M. le roi des Français jirès de Sa Majesté Brit;inniquâ, a l'honneur d'adresser à lord Palm^rston, premier secrétaire d'Etat au déiartemcnt des affaires étrangères, la copie d'une dc|;ècl;e qu'il a reçue de M. la général Comte Scbastiani, relativement à la silunlion actuelle delà Pologne , et aux démarches de conciliation que le gouvernement du Uoi aurait le désir de faire de concert avec le gouvernement de Sa Majesté Britannique.

Cette commup.ication, dont le soussigné a dcjii fait connaître la sub^t.;nre à lord Palmeslon , dans plusieurs entretiens, notamment dans celui du l'i de ce mois, a pour but de satisfaire à la demande qu'il lui a faite de recevoir, à ce sujet, une pièce sur laquelle il serait à portée de fixer l'atlention spéciale du conseil de Sa Mnjaslé Britannique.

Le soussigné jirie lord Palmerslon de vouloir bien lui f.-irc part de l'opinion que le gouvernement anglais se sera formé'; sur la commuuicatlon qu'il est chargé de lui faive , et il saisit, etc.

Le l\ C. .V. de Taîieiirand.

Page 1