Chodzko, Ann. polon., Ms. p
towarzysz, que ic grand chambellan de la Couronne, frère du roi, espéranl de devenir un jour grand général, voulait enrégimenter; mais lorsque le roi do Pologne a vu, ainsi que lui, que cela pouvait produire quelque émeute dans le pays, ils s'en sont désisté d'autant plus qu'un bruit court ici que les Tatars ont décidé de venir chercher les Russes en Pologne, ce qui mettrait en combustion tout le pays, et c'est à l'instigation et aux persuasions d'un comte Krasinski, frère de l'évêque de Kamieflieç, homme actif, qui s'est absenté d'ici, pendant tous les actes de la confédération générale.
.... M. Gurowski, favori du grand-duc de Russie et de M. Panine, est nommé maréchal de la cour de Lithuanie. La Charge de maréchal de la cour de Pologne, résignée par le comte Mniszech, vient d'être donnée au marquis Wielopolski, son neveu. Le palatinat nouveau de Gnèzne au prince Auguste Sulkowski, et la Castellanie de Mazovie à M. Szydlowski, enseigne de Varsovie. Le prince Gzartoryski, évoque de Poznanie, frère de deux oncles du Roi, vient de mourir: son évêché vient d'être conféré à l'évêque de Przemysl, grand chancelier de la Couronne; et celui de Przemysl, à M. Kierski, grand secrétaire de la Couronne, cette charge au prince-abbé Poniatowski, frère du Roi, qui reiuse constamment tous les évèchés les plus riches et les plus importants.
Je suis, etc. Baron de Jakubowshi.
Lettre confidentielle du chargé d'affaires de Fra nec en Pologne, GèrauU, au ministre des affaires étrangères^ à Paris, due de Ghoiseul.
Varsovie, ce 12 mars 1768*.
Monseigneur,
La Diète a été terminée le 5 courant, et la conlédératiou générale a été rompue en même temps. .Le Roi et les deux maréchaux de confédération ont signé seuls tous les actes, ce qui paraît illégal et contraire à l'usage. La dernière séance a fini par des supplications adressées au Roi par le sénat et les nonces pour que Sa Majesté polonaise emploie ses bons offices auprès de l'impératrice de Russie, afin de procurer la liberté des sénateurs enlevés, ce que ce Prince a promis de faire. Celle dé-
l. Cbodzko, Âtm. pol. Us. (17G8).
marche cependant ne s'est faite que du consentement du prince Repnïne, qui avait déclaré, dans une des dernières assemblées de la commission, qnii serait libre déparier sur eel article. Le primat (LubiensM) a mêlé dans son discours à ce sujet des expressions dont on lui sait fort mauvais gré, faisant entendre que les personnes en question étaient coupables , mais que l'Impératrice savait aussi bien pardonner que régner. Tous les autres, au contraire, n'en avaient parié eue comme d'innocentes victimes de ïonr zèle patriotique, qui s'étaient acquis peur jamais l'amour, l'estime et la reconnaissance de leurs concitoyens. Le mécontentement au reste est générai, et on ne parle qu'avec mépris et indignation de tout ce qui s'est fait sous le nom de la Dicte et de la confédération de Varsovie, aussi bien que de tous ceux qui y ont eu part. Le Roi surtout, par le concert qui a toujours régné entre lui, ses frères et le prince Repnine; le primat par sa basse et servile complaisance pour cet ambassadeur, et celui-ci par la hauteur inexprimable de tous ses procédés, sont devenus plus que jamais les objets du mépris et de la haine publique, et ces sentiments s'accroissent par le scandale et l'indécence de leur conduite personnelle. Jl résulte, Mgr, que cette confédération formée par les Polonais avec un empressement qui semblait tenir de l'enthousiasme, c'est la Russie qui en a tiré tout le fruit qu'elle avait en vue. Les principaux confédérés, séduits par l'espérance du détrônement, auraient tout sacrifié pour y réussir; mais à peine ontils été engagés, qu'ils ont été détrompés. Honteux alors, autant que piqués, chacun à\'cv>x a cherché à se retirer. Ainsi leurs griefs sont restés les mêmes, et on s'est mis peu en peine de les satisfaire, malgré les promesses dont on les avait fl tttés. Quant au public, les nouvelles lois qu'on a faites, dent plusieurs cependant sont assez sages, ajoutent peu au bonheur et au bien réel de la nation. Les plus solides avantages sont donc pour la Russie. La garantie qu'elle s'est arrogée de Ioks les arrangements faits dans cette Dièt< . loi fait un titre pour perpétuer son influence et sa domination en Pologne. Elle s'est assurée toutes ses usurpations, par la confirmation du traité de 1686, et par la garantie réciproque dcc; possessions actuelles des deux États, stipulée dans le nouveau traité. En faisant rétablir les dissi-
ANNÉE 17<î3. '53
dents, dans tous leurs prétendus droits, elle s'est formée en Pologne un nouveau parti qui peut devenir par la suite trèsconsidérable; elle a augmenté celui qu'elle avait déjà dans la nation, par la faveur et les grâces qu'elle a obligé le Roi de répandre sur une infinité de gens de rien, qui ne doivent leur existence qu'à l'avilissement de leur patrie, auquel ils ont contribué par un dévouement sans bornes aux moindres volontés de l'ambassadeur russe. Elle a abaissé, autant qu'elle a pu le faire, les principales familles, dont le crédit et la considération eussent pu balancer son influence ; elle a fait remplir les charges vacantes par des gens sans probité et sans mérite, mais de l'attachement desquels elle est sûre, et que son ambassadeur traite dès à présent, comme ses sujets. Elle a forcé au silence et intimidé, en général, toute la nation par des violences odieuses et inouïes, commises par des personnages respectables qui défendaient la liberté publique dans l'assemblée des États où celle de parler ne pouvait leur être interdite, par Ov.s actes de violence et de tyrannie, multipliés contre tous ceux qui osaient lui montrer la moindre opposition, par la dévasta lion de terres, l'enlèvement des bestiaux, la spoliation des habitants de la campagne, à qui, dans la plupart des provinces, il ne reste pas de quoi ensemencer leurs champs. Tels sont les moyens que la Russie a employés pour subjuguer la Pologne, et pour y perpétuer le despotisme, et tels sont les fruits qu'elle a retirés delà confédération et de la Diète qui viennent de finir. Elle est bien assurée au reste que le roi de Pologne ne tournera pas contre elle, le petit nombre d'avantages que ses complaisances lui ont mérité de sa part; ce prince en est trop dépendant pour oser ■entreprendre.
Le prince Repnine , aussitôt après la clôture de la diète, a lépôché son frère à Saint Pétersbonrg , avec tous les actes qui y avaient été signés et dont sa Cour s'est portée pour garante. îl y attache sans doute une grande importance, puisqu'il lui a recommandé d'exposer et de perdre plutôt la vie que de risquer ia perle de ccrj papiers.
Il parait toujours constant, Monseigneur, que les troupes russes vont évacuer la Pologne. Le prince Repnine a déclaré mi-môme qu'elles commenceraient à déliler vers les premiers
jours du mois prochain. Mais ee qui est assez difficile à croire et., ce qui se débité cependant depuis quelque temps, c'est quea : troupes étant encore dans le royaume, il se forme une nouvelle( i aération à /kir, dans les provinces méridionales, contre toul ce qui vient d'être fait parla dei nière confédération de Varsovie. On nommemôme c< uxqu'onen suppose les auteurs et le lieu de réunion . Celle nouvelle est ma nà ■■'■■ • j i a r pi u sieurs lettres reçues d ? ces quartiers-là, par le dernier ordinaire; mais malgré cela, on a encore peine à y ajouter foi. 11 semble, en effet, que ce ne serait pas le moment de tenter la destruction d'un édifice à la construction duquel personne ne s'est opposé et pendant que ceux qui s'élèvent sont encore sur les lieux, et sont à portée de soutenu et de défendre leur ouvrage.
Les uns prétendent que c'est le Roi qui fait répandre ces bruits pour avoir un prétexte de retenir ici les troupes r&ssi qui sont nécessaires à sa sûreté. D'autres pensent qu'il n'est question que de quelques mouvements, qu'ont faits quelques compagnies polonaises, répandues sur la frontière de l'Ukraine, en apprenant qu'on voulait les assujettir à un autre oi ire et à une autre discipline, ce qui en effet avait été propo; ' agité par la commission ; mais dont en a reconnu depuis la diffii • tté et auquel on a renoncé.
Mardi dernier le prince Hepnine se rendit à la Cour, suivi du primai Wladisl as-Alexandre Lubienski, du grand chan ilier André Mlodzieïjowski et du grand trésorier de la corn Pr. Wielopolski-Mysckowski, et de celui de Litvanie, Wladislas Gurowski, et il présenta ces Messieurs au roi de Pologne, comme des sujets très-affectionnés à l'Impératrice de Ri et qu'il recommandait à ce titre à Sa Majesté polonaise.
ïxttre de la tsarine Catlierim 1! au prince-primat <<'• Pol Lubienski, en lui envoyant h grand cordon de Saint- Andn^é, ci lui promettant (Vautra récompenses, s'il veut servir les intérêts de la Russie, comme par le passé.
Saint- Pétei bourg, ^ 17-28 mars 1768'.
Monsieur le prince- primat, Au moment où la Pologne commence à jouir des ayanl
1» Chodzko, Ann. pol. Sfs, (1768).
que mon amitié et le zèle des patriotes ont travaillé à lai procurer* je ne parlerai à Votre Altesse, comme au premier des citoyens, nue de H satisfaction particulière nue j'ai d'être témoin et garante de tout ce que votre nation vous doiî.
Le premier sénateur et le chef du premier ordre de l'État n'a jamais pu faire un plus digne ouvrage de ce que sa place lui donne d'autoritë. La sagesse et la fermeté de vos mesures ont aplani dos difficultés qui paraissaient insurmontables; c' beaucoup de les avoir prévues, et de vous en être point laissé ébranler; mais ce n'était qu'à vous qu'il était réservé de les vaincre. Des éloges seuls ne suffisent poini à la justice qui vous est due; l'estime et la reconnaissance de la postérité sont appelés à y suppléer. Vous devez sentir vous même combien je suis satisfaite, je me plais à vous ie dire et à le ri ndre p>;i;i;c. Je choisis une époque aussi mémorable pour vous nommer chevalier de. mon ordre de Saint-André, dont mon ministre vous remettra les marques; je la Choisis encore pour vous assurer do la confiance la plus marquée que je veux avoir en vous; j'écouterai toujours comme du citoyen le plus Instruit des besoins de sa nation, et du plus zélé pour y pourvoir, tout ce que voui aurez à me représenter dans les affaires générales, et je me porterai à tout ce qui pourra vous être personnellement avantageas, comme en faveur de celui qui a ie plus mérité de sa patrie et (ie moi.
C'est dans ces sentiments que je 'prie Dieu qu'il vous ait, Monsieur le prince primat, en sa sainte et digne garde.
Catherine.
Manifeste de Marian de Potok Potoçki, staroste de Grabo maréchal de la confédération de Halicz ai 17G7; nonce à la Diète de Varsovie de 1767-68 ; délégué plénipotenli lire près de lalzarine Catherine lieu 1767. En faisant son adhésion a la confédération de Bar et en dévoilant les m njens que Repnine avait employés pour Vattirer au parti russo-polonais.
Lalyczow, 14 mai 17C8-.
(Enrej istré au GroJ de Winniça [pal de Braclaw], le i7 mai nos.
Dieu, juge de mes pensées, voit et sait et je. veux que tous i. Chodzko, Ann. ;.o?. Ms. (17G8).
mes concitoyens, et l'Europe, s'il se peut, sachent que je n'ai pris part à la dernière confédération de 1767, que dans le dessein de détendre les droits de la religion catholique romaine, dominante dans ma patrie depuis plus de huit siècles, contre les attaques des dissidents, réitérées plus vivement depuis ces cinq dernières années; de rétablir dans leur ancien état les libertés nationales et la constitution; de relever d'illustres citoyens opprimés et dépouillés; et enfui d'entendre et d'examiner les plaintes, griefs et prétentions des dissidents, et de leur rendre, conformément aux lois du royaume, justice sur la lésion, s'il y en avait, de leurs droits, sans exposer par des concessions nouvelles, et incompétentes ou dangereuses, l'État à de nouveaux périls, et le repos public à de nouveaux troubles.
Mon attachement à ces principes s'est montré à Hadom, où, ni l'invasion subite dans cette ville. des troupes moskovites, ni leurs préparatifs pour nous attaquer, ni les menaces du colonel Karr, commandant de ces troupes, n'ébranlèrent ma fermeté. Je n'ai donné mon seing à l'acte de la confédération générale qu'après que les paroles reçues, que les droits et ies prérogatives assurés dans l'Étal à la religion catholique romaine, ne seraient point lésés , et après que M. le prince Radziwil, élu maréchal de cette confédération, eul pourvu à l'intégrité de ces droits et prérogatives par une déclaration solennelle, explicatoire sur cet objet enregistrée dans les actes de cette confédération même; et tous les maréchaux et conseillers des confédérations particulières n'ont signé qu'ainsi, et avec des restrictions expresses jointes de plus à nos seings.
Le même attachement et la même fermeté ont paru dans la noblesse de Italie/, mes commettants à la diétine anticomitiale de celte terre. La présence des Moskovites aux ordres du major prince Scherbatoff, n'a pas empêché que dans l'instruction donnée par cette noblesse, les mêmes droits et prérogatives n'eussent été le plus fortement recommandés aux représentants de cette noblesse à la Diète prochaine.
J'ai, depuis celle diétine, vu d'un œil tranquille la dévastation de nies terres; celles de cette noblesse ont été ravagées de même. On nous punissait de notre attachement à notre religion et à notre liberté.
Je me rendis à la Diète, résolu de défendre les droits de l'une et de l'autre. Affligé des violences commises sur la personne d'un dos grands officiers de la Couronne, arrête et détenu prisonnier dans sa maison, pour n'avoir pas dissimulé les mêmes sentiments, qui, il n'en faut pas douter, sont communs à toute lanation; sur celle d'un membre do la confédération-générale, tiré de son carrosse dans les rues de la capitale, traîné dans ces rues, et détenu prisonnier dans le camp moskovite près de cette ville, affligé, dis-je, de ces attentats contre la sûreté publique, je demandai hautement la restitution de ces citoyens en liberté ; mais une entreprise plus audacieuse encore étonna tous les esprits.
Dans le sanctuaire do la liberté, au sein d'une assemblée auguste et sacrée, dans le siège de la puissance souveraine, l'ambassadeur de Russie ayant entouré et rempli Varsovie de troupes, osa enlever trois sénateurs et un nonce; et ses citoyens respectables et à jamais célèbres, victimes d'un zèle patriotique et éclairé, furent emmenés captifs en Moskovie.
Ce procédé téméraire par lequel le prince Repnine violait tous les droits, n'ayant pas encore forcé l'opposition à ses desseins, une déclaration de cet ambassadeur, par laquelle tout sénateur ou nonce qui résisterait aux volontés de l'impératrice de Russie, était .menacé de traitements plus durs encore, a été communiquée aux Etats et lue publiquement dans le Sénat , le roi séant sur le trône et les ordres rassemblés; et cette arrogance., qu'appuyait ta force présente et que tous les pouvoirs semblaient favoriser, extorqua enfin le silence qu'on demandait.
L'ambassadeur de Russie ne borna pas là sa tyrannie. J'ai été forcé par lui, ainsi que beaucoup d'autres nonces, à signer et à remettre entre ses mains un écrit portant : « Je soussigné, m'engage envers M. le prince Repnine, ambassadeur plénipotentiaire de S. M. l'impératrice de toutes les Russies, et lui promets que je n'aurai aucune liaison ni commerce, que je n'en conserverai même, à moins d'en avoir obtenu la permission dudil ambassadeur, avec aucun sénateur, ministre ou nonce, avec aucun ambassadeur ou autre ministre étranger, ni avec qui que ce soit, dont les sentiments soient contraires aux projets
prcp;'5vs par ledit ambassadeur, pour être reçus, passés en loi à la Dicte prochaine. De plus, je lui promets que je ne porterai à la Diète rien de ce qui a été enjoint et recommandé dans l'instruction a moi donnée parla noblesse de Halicz, et qu'en un mot, je ne m'opposerai en aucune façon aux volontés de c< I ambassadeur. El, au cas de contravention à ces mêmes engagements et promesses, je me soumets aux peines de mort, de dégradation de noblesse et de confiscation de mes biens, ou k telies autres peines corporelles qu'il plaira audit ambassadeur de m'infliger; en lia Je quoi j'ai signé, etc.... » Et ce n'est qu'après que la Confédéi ation eut été dissoute et la Diète terminée, le 5 mars 1768, que celte soumission extravagante m'a été représentée et déchirée.
Je fus nommé, nonobstant toutes mes défenses, pour être de la délégation au traité avec la Russie, et de la réformation de l'État; et dans ce conseil ..résumé national, j'ai va l'ambassadeur dicter toutes les lois, et sa volonté décider toutes les matières, aucune représentation n'était écoutée;... on ne pouvait entreprendre d'en faire sans s'attirer des grossièretés et des menaces — et une force toujours présente était prête à écraser quiconque eût osé résister, —C'est ainsi que par des actes que, contre notre gré ii nous a forcés de signer, l'amb i: sa l< ur de Russie a renversé notre Constitution, opprimé notre religion, détruit notre liberté.... avili l'honneur de notre noblesse.
Simulacres vains et muets, réduits m: m nue morne- silence, à la seconde et dernière séance de cette Diète, la honte et le désespoir dans l'âme, nous voyons une sanction indigne aller consacrer ce bouleversement général, sceller l'ignominie du trône, du Sénat, de l'ordre Équestre.... C'est avec la même violence qu'en ne permettant à aucun nonce de parier, ] , mbassadeur de Russie est parvenu à mettre la dernière main à son absurde législation, le 5 mars 1768.
Ayant ainsi fait publiquement cette déclaration par le devoir de ma conscience, par le molU de mon amour pour la religion et la patrie, je proleste solennellement contre tous les actes et constitutions de celte Diète, comme portanl la dépression de la religion, la destruction de li liberté, l'avilissement de la noblesse polonaise: comme mettant un État souverain dans la dépen-
dancc et une nation libre sous le joug d'une puissance étrangère; comme lesdits actes et constitutions étant extorqués par la force
et non pas consentis de notre gré ; et enfin , comme le tout étant l'ouvrage, non de la volonté générale des États, soi-disant exprimée par les représentants de la nation, mais de la volonté particulière d'un étranger, et du pouvoir arbitraire du prince Repnine, ambassadeur de Russie. Et à ces causes, faisant solennellement cette mienne protestation, et voulant que lesdits actes e! constitutions soient réputés nuls, et de nulle autorité et valeur, je suis prêt à sacrifier mes biens, mon sang et ma vie pour la défense de 3a religion et de la liberté, et pour le rétablissement de l'ancienne Constitution : En foi de quoi j'ai signé :
Marian de Poloh Peîoçki, Maréchal de la Ccnfùdcrotion de Halicz.
déclaration de la Russie faite ou nom de Catherine- H, par son ambassadeur enPologne, Repnine, contre la ConfêdcraiiondeUcr.
Varsovie, ce 18/29 niai 17G81.
C'est avec un regret véritable que S. M. Impériale a été informée des assemblées séditieuses formées à Bar et à Trembowîa sous l'étendard du fanatisme et do la. rébellion. Elle n'a pu voir que comme perturbateurs du repos public et ennemis de leur propre patrie, ceux qui , au mépris des engagements les plus sacrés de la République . au mépris de ses lois, de sa tranquillité et de son bien-être , ont osé faire un soulèvement pareil, ne considérant que leur intérêt particulier qu'ils cherchent dans les troubles et y sacrifient le bonheur de leur patrie. Sédition criminelle, qu'ils ont tâché de colorer par des raisons apparentes qui ne sont que des prétextes pour couvrir leurs vues véritables, et ces vues nesonl qu'une ambition séditieuse, troubles, rapines, brigandages, désir de s'enrichir des dépouilles publiques et de s'élever au-dessus des lois en les foulant à leurs pieds , pour éviter par cette conduite la punition qui est due à leurs forfaits.
Ces seules raisons, jointes à ia réclamation faite le 27 mars de cette année, d'après le résultat d'un conseil du Sénat qui, dési-
i. Imprimé de l'époque.
rant le. maintien de l'ordre, de la tranquillité et des lois, a reconnu la nécessité d'éteindre et d'anéantir une entreprise
aussi criminelle, a eu recours à S. M. Impériale, comme garante des lois, des libertés et des prérogatives de la République, pour qu'elle emploie ses troupes amies et alliées, qui se trouvent dans les domaines de la République, pour étouffer et déraciner cette rébellion , en cas que les séditieux ne rentrent pas dans leur devoir et dans l'obéissance, ce qu'ils sont bien éloignés de faire, n'ayant seulement pus voulu voir jusqu'à présent le général Mokronoski, envoyé pour les y porter par les voies de la douceur , ayant môme obligé par la force un nommé M. Szuszkowski, lieutenant du régiment du grand général de la Couronne, qu'il avait envoyé en courrier, à faire serment à leur rébellion, ne voulant pas ïe relâcher autrement, et traînant les choses en longueur pour avoir le temps de répandre leur venin, comme ils l'ont fait, et de séduire ceux qui ne pénètrent pas toute la noirceur de leurs vues criminelles, employant la force aussi bien que toute sorte de moyens séditieux pour grossir leur nombre. Ces seules raisons donc, et les obligations de la haute garantie que S. M. Impériale a reçue sur elle, d'après les désirs mêmes de la République, seraient plus que suffisants pour employer ses troupes afin d'étouffer et de détruire une rébellion aussi criminelle, et l'y auraient certainement portée par son exactitude religieuse à remplir les engagements de sa couronne, et à veiller au bonheur et au repos de l'humanité. Mais ces rebelles, non content? de leur conduite criminelle fis-à-vis de. leur partrie, ont osé s'attaquer directement ù S. M. Impériale et à son empire, en publiant des écrits séditieux, peur porter à la révolte les sujets mômes de l'Impératrice, et engager leurs concitoyens à les traiter comme ennemi?, ainsi qu'ils se déclarent pour tels dans ces écrits qui sont : un Manifeste du 7 mars, et un Universal du ]G avril, publiés par deux de leurs chefs, ayant eu la témérité d'attaquer à la suite du premier les troupes de S. M. Impériale et ayant retenu chez eux le lieutenant-colonel Volkoff, qui y était envoyé pour les porter par la douceur à rentier dans leur devoir : démarche digne d'eux, et qui ne pouvait être faite que par one troupe de brigands tels qu'ils
sont. De pareils excès et nue conduite aussi criminelle ne se peuvent plus pardonn-r et éloignent tous les ménagements que le cœur compatissant de S. M. Impériale aurait pu lui
suggérer. Ses troupes, en conséquence de toutes les raisons susdites, ont reçu l'ordre d'agir contre ces rebelles et contre leurs pareils, ainsi que le mérite leur conduite criminelle, et de les traiter comme ennemis de son empire, de leur propre patrie et perturbateurs du repos commun, les poursuivant et les punissant pour leur audace téméraire ei séditieuse.
S. M. Impériale, toujours allentive à remplir ses engagements, à assurer le bonheur et le repos de l'humanité et à distinguer les bons patriotes, en ordonnant cette punition juste cl nécessaire, a ordonné d'un autre côté que les bons patriotes , aimant le repos et la tranquillité de leur pays, trouvent un abri sûr et une défense constante dans les troupes de S. M. Impériale qui s'emploieront à la sûreté de leurs personnes et de leurs biens, ainsi que de leurs libertés, droits et prérogatives. Sa haute protection et sa bienveillance n'auront point de bornes pour ceux qui les méritent, en remplissant avec vérité les devoirs de bons patriotes* dont le premier est de maintenir le repos et la tranquillité de la République.
C'est ce nue ie soussigné a ordre de déclarer au nom de l'Impératrice, sa souveraine, et d'y ajouter les assurances les plus fortes et les plus positives de son amitié constante et inaltérable pour S. M. le roi de Pologne et la République, amitié qui est fondée sur les engagements les plus solennels , et que S. M. Impériale ne cessera de remplir dans toute son étendue.
Nicolas prince, Bepnine.
Manifeste de Catherine,]] autorisant, en Ukraine, les massacres de la noblesse polonaise, des préires catholiques et des juifs polonais, dans VinUrtt de l'humanité, comme énonce Bepnine, dans l'acte ci-dessus.
Saint-Pétersbourg, 9/20 juin 17C8'.
Comme nous voyons clairement avec quel mépris et quelle honte nous sommes traités ainsi que nuire religion orthodoxe, par les Polonais et par les juifs; les défenseurs de notre religion
1. Wielhorskijjtfant/èstc, 1770; Sienkîewicz, Recueilde Docum., 1854, p. -'(O-
grecque étant persécutés, opprimés et punis de mort; pour ces raisons, ne pouvant plus souffrir de pareils outrages, de semblables ignominies et celte persécution, uniquement pour notre sainte religion persécutée, méprisée, nous donnons cet ordre et nous enjoignons à Maximilien Zelezniak, de la terre de Tymoszew, colonel et commandant dans nos terres du Bas-Zaporogue, d'entrer dans les terres de Pologne, prenant encore quelques troupes de nos armées russes des Kosaks du Don, pour extirper et abattre, avec l'aide de Dieu, tous les Polonais et les juifs blasphémateurs de notre sainte religion. Par ce moyen nous faisons cesser toutes les plaintes portées devant notre trône, contre ces assassins impitoyables, ces parjures, ces violateurs do la loi, ces Polonais qui, protégeant la mauvaise croyance des juifs impies, blasphèment et méprisent notre religion, oppriment un peuple fidèle et innocent. Nous ordonnons donc qu'en traversant la Pologne, l'on extirpe leur nom et que leur mémoire soit anéantie pour la postérité. Mais pour que les traités et l'amitié avec nos voisins soient observés, nous défendons, sous les plus rigoureuses peines, de, molester ou d'inquiéter les marchands turks, grecs, arméniens et ies nôtres russes qui traversent la Pologne pour sujet de commerce; nous voulons même qu'ils aient toujours un libre passage, et tous les secours qu'on peut requérir de voisins amis.
Pour plus grande foi, nous confirmons cet ordre et cette permission.
Donné à Saint-Pétersbourg, scellé de nos armes et signé de notre propre main, le 20 juin 1768. Catherine.
Pour ampliation :
L'attaman Koszowy, Pierre Kalnyscheffshoï, avec les témoins.
Proclamation de Joseph Pulaski, staroste de Warka, chef militaire des confédérés de Bar, en appelant ses compatriotes aux armes cl en développant le but de la Confédération.
30 juin! 768'.
Polonais,
Grâce à vous, les perfides alliés de la Pologne en deviennent