‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la PologneChapitre 22 sur 61 · Chodzfco, la loi. yill. et iltust., I. ID. p · texte numérisé non relu

Chodzfco, la loi. yill. et iltust., I. ID. p

tient avec gloire, ils se sont généreusement exposés à être les victimes de la religion et de la liberté. C'est à ces illustres chefs que nous devons toutes les confédérations qui ont suivi celles de Bar. Revenue de sa consternation,. la République a cessé d'espérer de son salut» et la nation a enfin déclaré qu'elle ne regardait la dernière Constitution que comme un ouvrage dicté par la violence, et que les Polonais, ni les Lithuaniens, ni les Russiens, n'avaient aucune part à la rédaction des lois établies par cette constitution sous la pression moskovite.

Du fond de leurs tombeaux, tant de citoyens des Palatinats de Kiiovie. de Wolynie, de Braçlaw, de Podolie et de plusieurs autres provinces, crient encore à toute l'Europe, après avoir scellé ce témoignage de leur sang: Non, nous n'avons jamais fait ces 1 ois; nous n'avons jamais consenti à ces traités, et personne n'a pu s'en mêler, sans appeler les puissances garantes du traité d'Oliva.

Si nos confédérations n'ont pu agir efficacement dans noire grând-duché de Litvanie, c'est qu'environnés de tous cùlé:. par les Moskovites, il ne nous a pas été possible de nous rassembler et de fùrmèr un corps qui pût faire tête à l'ennemi; mais la soif du sang de nos frères lesayant conduits dans d'autres provinces, nous renouvelons nos plaintes devant Dieu, et nous protosions devant les puissances, que nous n'avons ni contribué ni consenti à ces nouvelles lois et à ces traités, et que nous les regardons comme nuls et illégitimes. Nous protestons di les dissidents même cl 1rs Grecs non unis, soit qu'ils soi-mlnos égaux ou d'une condition inférieure, que nous ne. leur avons jamais nul ni voulu faire aucun tort ; nous connaissons trop le véritable esprit de notre- religion, l'amour du prochain en est la seconde loi, et elle nous défend de faire injure aux seci.lt un de quoique religion que ce soit. Si quelqu'un d'eux en particulier a quelque sujet de se plaindre, les tribunaux lui sont ouverts et nous sommes prêts à lui faire rendre justice, suivant les lois du royaume. Nous protestons enfin, devant toutes les nations de l'Europe, que nous avons toujours inviolablement observé les traités faits avec l'empire de Russie ; «pue, par ménagement et pour complaire à cette puissance, nous avons patiemment souffert, pendant la dernière guerre, le passage de ses troupes

bar le royaume, quoiqu'il n'eût été ni demandé de sa part, ni pccordé de la notre, ce qui étaii à notre égard une infraction aux traités.

Convaincus de la justice- de notre cause par le témoignage Se notre conscience, attaqués dans notre honneur, blessés dans les droits de notre foi et dans les j iérogatives de notre liberté, opprimés dans noire législation, ruinés dans nos fortunes, sans lûreté dans noti i proi re pays, dépouillés de nos biens, chai ses de nos maisons, privés de tout ce qui sert à réunir un peuple Ci) corps de nation et des liens qui font la force et le maintien d'un État; ayant perdu, tout ce qui peut attacher à la vie, et pins autre ressource que notre désespoir et une mort glorieuse, nous désirons d'employer le sang qui nous anime encore à [prouver la pureté de nos intentions et notre amour pour la religion et pour la liberté de notre patrie. C'est dans cette résor Inlion que nous nous unissons par un surment inviolable, et que nous nous confédérons en accédant à la Confédération de Bar. (Suivent des milliers de signatures.)

Manifeste du sultan Mouslafa III, déclarant la guerre à Catherine 17, dans le but de défendre la Pologne et les Confédérés de Bar, et de prévenir ainsi le démembrement de la Turquie, projeté par la Peussie.

Comtantinople , 30 octobre (19 djeimnazi-uî-ewel 1182) 17681.

Quoique la Sublime-Porte ait toujours observé les conditions du traité de paix conclu entre elle e1 la Cour de Russie, on verra cependant par les faits suivants que celte dernière Cour les a manifestement enfreintes,.

D'abord la Cour de Russie n'a pat cesséde construire dan" le voisinage de nos frontières plusieurs forteresses, d'y rassembler des troupes et de les pourvoir de munitions de guerre; mais, indépendamment de celte infraction aux droits de l'annuité et Au bon voisinage, lorsqu'à la morl d'Auguste III, roi de Pologne, lu 1177 (1763), la République voulut procéder, suivant les libertés de sa Constitution, à l'élection d'un roi, la Hussie employa b violence pour faire tomber la couronne sur la tôte ô'nn des

1. Casclic de France du 10 décembre 17G8; îoubert, t. II, p. 322

officiers militaires de la nation polonaise qui ne compte aucun roi dans sa famille et qui n'était nullement digne de la royauté; et, prenant parti pour ce même officier contre la volent;'' de la République, la Cour de Russie inquiéta et vexa les Polonais dans toutes leurs affaires.

On en demanda raison au résident de cette Cour près notre Sublime-Porte : il déclara que la République de Pologne ayant demandé quelques troupes pour protéger ses libellés, on avait envoyé dans ce royaume, sans canons et sans munitions, six mille hommes d'infanterie et mille kosaks seulement, en tout sept mille hommes, pour y être employés aux ordres de la Ilepublique. Mais comme après cet envoi i! étail encore entré dans ce même royaume un plus grand nombre de troupes armées, on demanda au même résid mt pourquoi l'on avait usé de violence pour élire un fils d'un des magnats de Pologne, nommé Poniatowski. À quoi ce résident répondit que là Cour n'avait pris parti pour personne et n'avait commis aucune violence pour laire élire qui que ce lût, déclaration qu'il confirma par un. écrit signé de sa main.

Cependant, sur l'avis qu'on eut ensuite que la Russie avait successivement envoyé en Pologne divei s aul res corps de tn avec des canons et des immitions, tous commandés par ses propres généraux; et que, contre la teneur du manifeste qu'elle avait oublié, elle avait osé anéantir les libertés de la Pologne, et forcé de reconnaître pour roi un personnage qui n'était ni du sang royal ni désigné par le vœu de la nation, et qu'elle avait fait massacrer ceux qui n'avaient point voulu le reconnaître, ou piller et dévaster leurs biens et leurs terres, on requit et on somma les Moskovites de faire évacuer la Pologne, conformément aux capitulations impériales, tant anciennes que nouvelles, .attendu que leur séjour dans ce royaume occasionnait des troubles sur les frontières de l'empire ottoman.

En conséquence de celte sommation, la Cour de Russie envoya successivement plusieurs déclarations signées et scellées, portant que, tantôt dans un mois, tantôt dans autre terme, la Pologne serait entièrement évacuée. Mais, malgré ces déclarations, oji fui encore informé que la Russie avait envoyé à lïalta, sur les frontières ottomanes, des troupes pourvues de canons

et armées de fusils, lesquelles avaient attaqué h. l'improviste les musulmans et en avaient massacré plus de mille, tant hommes que femmes et enfants. La Sublime-Porte et le sérénissime khan

de Krimée ayant demandé des explications à ce sujet, elle désavoua cet acte d'hostilité, donl les bombes et les coups de canon démontraient assez la réalité, et en rejeta, contre la vérité, le tort sur une troupe de haydamaks qui, disait-elle, avaient causé quelques dommages dont ils seraient punis; mais comme il est de notoriété publique que les haydamaks ne font uéage ni de bombes ni de canons, on a insisté pour savoir quelle était la cause d'un procédé si contraire à la paix.

D'ailleurs, le refus constant que les Russes ont fait depuis trois ou quatre ans de retirer leurs troupes de la Pologne, ela.Vcontraire au traité de paix du Pruth de U33 (10-21 juillet 1711) et le traité de Belgrade de 1152 (7-18 septembre 1739), stipulant expressément qu'on arrêterait dès l'origine tout ce qui pourrait porter obstacle au règlement de la paix perpétuelle, çom ment la Cour de Russie osait-elle nier les torts et les dommagi s que ses troupes avaient causés à Balta? Pourquoi ne s'empressait-eile peint de châtier ouvertement les coupables? Enfin: pourquoi ne retirait-elle point du royaume oe Pologne des troupes qu'elle y tenait centre -les traités :

Ce l'ut pour être interrogé sur ces points qu'on invita à s( rendre à la Sublime-Porte, le résident conseiller et plénipotentiaire de Piussie (tels sont les titres qu'il prenait dans les mémoires signés et scellés qu'il adressait à la Sublime-Porte); mais ce ministre n'ayant absolument pu y répondre, sou silence a été pris pour un aveu de l'infraction des Piusses. On lui dcmanda ensuite quelles étaient les raisons qui avaient empêché l'évacuation des troupes russes de la Pologne? 11 répondit et déclara, que tant que ces troupes n'auraient pas tait reconnaître le roi par tous Jes Polonais, elles ne sortiraient point de ce royaume. On lui demanda de nouveau :

« La Cour Je Russie, conformément aux capitulations a :• i ciennes et nouvelles, cosse^a-t-elle d'inquiéter et de mêla Pologne et les Polonais, et abandonnera-t-elle la nouvelle constitution et sa prétention de garantie? » A cela le résident répondit : * Mes pleins pouvoirs sont limités, c'est l'affaire de

ma Cour. » Celte réponse a confirmé l'infamie dont se couvrenl Jes Moskovites parleur infraction.

Sur quoi les vénérables ulémas, ayant, par un sacré fetfa, décidé que, conformément à la loi, i! fallait déclarer contre les Moskovites la guerre impériale et victorieuse, et conséquemment la guerre contre la Russie ayant été résolue, il a été nécessaire d'arrêter Je résident. C'est pour celle raison que, conformément à l'usage ancien de la Sublime-Porte, on l'a fait conduire aux Sept-Tours ; et comme jusqu'à présent la Sublime- Porte, bien loin d'avoir jamais manqué aux lois de l'amitié et aux capitulations impériales, a bien voulu, par le désir de la paix, dissimuler et temporiser sur ce point pendant trois ans, et que cependant la Cour de Russie s'est rendue évidemment coupable d'une infraction si contraire à la paix, le présent manifeste en a été dressé pour l'information des cours étrangères, et surtout de la cour de France. Moustafa, padischah.

Manifeste de la Russie contre la Pologne et la Turquie, publié par ordre, de Catherine II, et signe par le prince Alexandre Mikha'U lovitsch GalUzyne.

Kiiow, 3/1 h mars 17C9'.

Le prince de Galitzyne, généra! en clwÀ' des armées deS. M. l'impératrice de touleslesRussies, à hais ceux qu'il appartiendra:

Ma très-gracieuse Souveraine a fait suffisamment connaître à toute l'Europe, ei en particulier à la sérénisi ime République de Pologne, par des déclarations réitérées, les vues qui l'ont déterminée à prendre pari aux affaires intérieures de cet État. La plus saine et la principale partie de la nation, considérant que les interrègnes ont toujours été funestes à la République, a cru devoir recourir à. l'assistance de l'< mpire russe, pour maintenirle droit d'élection, si sujet à être mis en danger par les puissances étrangères. S. M. l'Impératrice s'est rendue aux prières que les Polonais lui ont faites, et les a secourus avec tant d'afTection et de désintéressement, que les marques qu'elle a données de la pureté de ses intentions, de son amour pour la justice et de sa lidélité a remplir ses promesses, ne peuvent être

Page 1