‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la PologneChapitre 23 sur 61 · Chotlzko, Ilist.popul. (?<.' Turquie, Ï8ÛC, p, G · texte numérisé non relu

Chotlzko, Ilist.popul. (?<.' Turquie, Ï8ÛC, p, G

contestées, et dureront h jamais dans le souvenir de la nation polonaise, dont les vœux ont été remplis par l'élévation d'un Piosl à la couronne, en conséquence d'une élection unanime, enfin, la concorde, si nécessaire pour la conservation de la Constitution, a repris sa nouvelle force dans un temps où celte constitution paraissait toucher au moment d'être anéantie.

S. M. l'Impératrice, ma très-gracieuse souveraine, constamment guidée par les mêmes vues, et cédant aux instances des Polonais les plus distingués par leur amour pour la patrie et par la sagesse de leur conduite, s'est chargée de la garantie des résolutions prises par la dernière Diète, pour le redressement des abus qui s'étaient glissés dans le gouvernement, et qui affligeaient la nation entière. La seule crainte des entreprises que les étrangers pourraient tenter de faire contre ces règlements, l'a portée à cette démarche, et il n'y a point de patriote sensé et impartial qui ne soit convaincu de cette vérité.

Dans la même Diète, S. M. Impériale a rendu à la République une partie de ses membres, qu'une haine injuste et le fanatisme, couverts du manteau de la religion, avaient persécutés au point qu'à peine leur avait-on laissé la libre jouissance de l'air; et, en cela, elle n'a fait que suivre ses sentiments d'humanité, et remplir les anciens engagements contractés par son empire , de veiller à la conservation de cette portion de citoyens.

Les conventions les plus sacrées et les plus solennelles imposent également à tous les princes, qui professent la même religion que ces citoyens, le devoir de les défendre. Aussi l'onl-ils rempli de leur côté, tant en faisant les remontrances les plus pressantes, qu'en se concertant publiquement ensemble pour le soutien d'une cause si légitime, cl qui a été défendue avec tant de persévérance par S. M. l'Impératrice.

La sérénissime République de Pologne se llatiait qu'en resserrant, par la conclusion d'un traité aussi juste que nécessaire, les lions de l'amitié qui l'unit avec l'empire russe, qu'en tarissant les sources des troubles domestiques, qu'en corrigeant les vices du gouvernement, et qu'en établissant la constitution sur des fondements solides et inébranlables, elle recueillerait les fruits de sa sagesse et de son amour pour l'équité, et jouirait

d'une paix non interrompue, tant dans l'intérieur qu'au dehors du gouvernement.

Mais, tout à coup, des gens envieux du bonheur de la République, et jaloux de la gloire de S. M. l'impératrice de toutes les Russies, ont fait évanouir toutes ces espérances. La Diète avait à peine achevé ses salutaires opérations, qu'une multitude de séditieux, qui ne consultent que leurs passions, et qui se sont laissé éblouir aux attraits d'une séduction étrangère, s'est révoltée contre le pouvoir suprême et législatif dont la Diète seule est revêtue, et dont elle s'est servie avec tant de prudence. Ces rebelles, non contents d'avoir bravé la puissance suprême et d'avoir déclaré la guerre à leur patrie, ont poussé l'insolence et la témérité à laquelle ils ont joint les plus infâmes artifices, jusqu'à prendre les armes directement contre l'empire russe, en attaquant les troupes auxiliaires que S. M. l'Impératrice avait accordées à la République de Pologne, par un mouvement d'amitié, et dans la seule vue du salut de cette même République, lis se sont même efforcés de corrompre les sujets les plus iidèies de l'empire russe, elles ont excités à la révolte. Se voyant, quelque temps après, dans l'impuissance d'exécuter par euxmêmes leurs projets insensés, et n'imaginant cependant d'autres moyens de prévenir leur ruine que le bouleversement total de leur patrie, ils sont parvenus à étouffer en eux-mêmes tout sentiment d'amour pour leur patrie et pour leur religion, ainsi que toute espèce de pudeur, au point d'engager l'ennemi éternel du nom chrétien à prendre leur défense et à faire la guerre à la Russie même, dans la Pologne, et de lui proposer, de leur propre mouvement, un partage des provinces de la République dont la conservation a coûté tant de sang aux Polonais et à tous les chrétiens.

Il est vrai que jusqu'ici les confédérés rebelles ont caché à leurs concitoyens ces criminelles manœuvres, et qu'ils ont tâché découvrir du prétexte de la défense de la religion chrétienne, cette guerre, que le destructeur de la foi n'a entreprise qu'avec leur secours, et dont les prétendus succès ne peuvent être suivis que de l'esclavage le plus dur et le plus affreux de plusieurs milliers de chrétiens et de citoyens libres. Ce prétexte spécieux de religion, inventé avec tant d'artifice, et toutefois

suffisamment dévoilé par leurs actions, semblables à un poison subtil, a fait une impression si vive et si prompte sur le peuple, que la vue des dangers qui menacent les particuliers et la République entière, ne peut le guérir de son erreur. Les rapines et les passions aveugles et criminelles du grand nombre se prêtent un aliment et une force réciproque. Plus les rapines se multiplient, plus l'avidité s'augmente, et il n'y a pas en ce moment un seul endroit en Pologne où la vie, les propriétés et l'honneur des citoyens soient en sûreté. Les lois établies pour punir ces violences sont sans vigueur; le commerce est anéanti; en un mot, rien n'est à l'abri du pillage et des excès de ces brigands furieux, qui ne subsistent et ne font subsister leurs pareils que par des vols et des massacres.

S. M. Impériale, voyant l'état déplorable des affaires de Pologne, a ordonné qu'on rassemblât ses troupes dans les provinces de la République les plus voisines de l'empire ottoman, et m'en a confié le commandement, pour faire échouer, par tous les moyens possibles, les projets injustes de l'ennemi commun de la chrétienté, et ceux de ces séditieux qui, pour s'allier avec lui, n'ont pas craint de faire les plus grands sacrifices.

L'armée russe, dont j'ai été nommé le chef, commençant à marcher maintenant contre les ennemis, sous la grâce de Dieu, qui protège la justice et le christianisme, j'ai cru qu'il était de mon devoir d'exhorter tous les vrais citoyens et les amis de la patrie à seconder de tout leur pouvoir cette expédition, d'où dépend évidemment, le salut de la sérénissime République de Pologne.

Les troupes que je commande sont prêtes a marcher contre les ennemis, pour défendre les intérêts de l'empire russe, et surtout pour soutenir la nation polonaise et mettre à couvert ses États et sa liberté; et je prie tous les citoyens de Pologne de n'envisager, en secondant mes opérations, que la propre cause de leur patrie. Quoique je ne doute nullement que nies exhortations ne produisent tous les effets que je peux en attendre, je me crois cependant obligé de faire savoir à tout le monde que s'il arrivait qu'on n'y eût pas égard, les troupes que ma trèsgracieuse souveraine a résoin de faire marcher contre l'ennemi de la chrétienté, et contre les rebelles confédérés qui se sont

ligués avec lui, agiront hostilement, sans' exception,' contre tous ceux qui mettront directement ou indirectement des obstacles à. mes entréprises, e1 favoriseront ouvertemenl ou en se* ret colles des ennemis de S. M. [mpériale. Ceux qui se seront mis dans ce cas, -fcttUronfc à attribuer qu'à eux-mêmes tous les maux qu'ils s'attireront par leur imprudence, leui témérité e1 leur perfidie. Comme c'est de ces mesures que dépendra tout le succès de mes opérations militaires, ainsi que la sûreté des troupes qui m'ont été confiées, il est d'autant plus essentiel qu'elles s» suivies ponctuellem int, qu'il serait à craindre que, dans Je cas contraire, S. M. Impériale n'obtînt pas l'effet de ta ferme résolution qu'elle a prise de conserver à la République toutes les possessions dont les rebelles se sont engagés à donner une partie à l'ennemi. Le prince Galitzyne-

Réponse d-e la Turquie, par V entremise d'Ahmct-Sêlim, pacha de Bender, de Silistrie cl de la Bessarabie, au manifeste russe de Galitzyne, daté de Kiiow des 3-1 k mars 1769.

Près Bender. àKatouschai y . 30 mai (2'j raoharera 1183) 1769'

Âhmet-Sélim, aga, pacha de Bender, de Silistrie ei de toute la Bessarabie, séraskir h trois queues, commandant les armées innombrables et invincibles de la Sublime-Porte-Ottomane, destinées à défendre nos voisins et amis les confédérés polonais de Bar contre les Mosko\ iles violateurs de 1" religion, de la véi ilé et de la liberté polonaise. Que cette guerre obtienne une fin heureuse, bénie par le Tout-Puissant et. assistée des prophètes !

Tout aussitôt que j'ai appi is par nr'.. Ciùl les musulmans qu'un manifeste moskovite, daté de Kiiow le 3-U mars el signé pat le prince Galitzyne, commandant les troupes moskovites dans les Etals libres de la République | olonaise, a paru dans le public, j'ai voulu en prendre connaissance, et ce manifeste m'a été traduit par les braves confédérés polonais qui se trouvent pr( - de moi.

Je me suis convaincu que ce manifeste est un tissu de mensonges; d'un bout à l'autre il ne contient que des calomnies;

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