I. Chodzko, Uùt. popuï. de Turquie, J8«i6,p. Gïh
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aussi je l'ai fait publier en noire langue, comme également je fais traduire en langue polonaise mon manifeste aetuel, afin qu'il puisse être compris non-seulement par les citoyens de la Pologne et de la Lithuanie, mais encore par les Moskovites euxmêmei , qui mangent depuis si longtemps le pain de la Pologne, cl qui, par conséquent, ont assez de temps pour apprendre l'idiome p lonais.
Nous avons été instruits de tout de la manière la plus exacte par les Polonais les plus distingués, et nous avons voulu répondre par le présent manifeste, conformément aux ordres el au désir dv plus grand et du plus puissant des souverains, Sa Hautesse le sultan Padisçhah, dont la sagesse, r^nc sur trois parties du monde et devant l'omnipotence duquel toutes les tôles s'inclinent.
Personne n'ignore que la Russie est arrivée à un si haut degré de puissance uniquement par le mensonge, la perfidie et le mépris le plus audacieux des saintes promesses, son dernier procédé à l'égard de la Sublime-Porte-Ottomane en donne une preuve suffisante. La Russie a pareillement répandu tes mensonges les plus ooieux contre la Pologne, et cela uniquement afin de trouve) une occasion de la soumettre à son empire et de lui ravir sa liberté.
Mais ce n'est là qu'une, partie des motifs qui forcent la Sublime-Porte à déclarer la guerre à cette puissance. La Sublime- Porte n'est pas habituée aux trahisons, elle a toujours considéré une promesse faite à la face du monde comme sainte et irrévocable. Les livres de notre, saint prophète nous ont ordonné d'être fidèles à notre parole, de dire la vérité hautement et publiquement, de. la conserver toujours dans nos Notes officielles, sans l'altérer ni l' affaiblir en rien.
Mais cette nation de giaours, ce peuple d'infidèles se fait comme un plaisir de violer les traités du Prulh (1711), de Belgrade(1739) et deKariovitz(l699), principalement en ce qui regarde l'indépendance de la Pologne et la liberté d'élection du roi, article cependant garanti de commun" accord avec les puissances voi: ines, qui ont promis de ne jamais gêner la liberté de leurs délibérations ni ce!!-' de leurs cours de justice. Pui: Seigneur, qui peut tout, répandre sa bénédiction sur nos aines
et aiguiser nos sabres destinés à punir ces parjures et ces tyrans!
Jamais interrègne ne fut plus heureux et moins troublé par les factions étrange] es que celui qui suivit la mort d'Auguste III, A celte époque quelques divisions existaient parmi les Polonais, comme il arrive toujours en pareil cas; mais de quel droit la Russie s'immisça-t-elle dans les affaires d'une nation libre et la força-t-elle d'accepter un roi qu'elle leur imposa? Cette violence était une violation des traités, c'était une injustice, une usurpation, un crime; la Russie provoqua la réunion des diètes, des diétines et des contre-diètes, composées uniquement de ses créatures qu'elle appuyait de ses troupes. Nous serions bien curieux de savoir où pouvaient puiser ces créatures, en nombre si infime et se disant sages et prudentes, leur droit d'appeler un secours étranger si fatal à l'indépendance de la
Quant au deuxième point du manifeste de Galitzyne, par lequel la Moskovie prétend que c'est sur la soi-disant invitation expresse de la notion polonaise qu'elle en a reçue, qu'elle s'est mêlée des aiî'aires de la Pologne, qu'elle dise dans quelle Diète libre et vraiment nationale fut prise la i ésolution d'implorer son secours. Nous savons positivement qu'aucune partie de la nation polonaise ne peut rien faire sans une résolution formelle de ia Diète, dans laquelle ré--: h tout! ï pouvoir constituant, qu'on ne peut rien décider ni rien entreprendre ni faire aucun traité sans elle, et qu'elle doit toujours être libre de toute, pression extérieure. C'est donc unenfantillaj e et un mensonge impudent que de dire que les Moskovites oui envahi la Pologne sans y attacher ni espérance de la partager, ni intérêt propre. Tout le monde le sait, et mon molma musulman, que j'ai envoyé exprès à Berdyczew, m'annonce que depuis que les Moskovites ont envahi la Pologne, ils s'y sont engraissés comme des dogues, qu'ils se sont revêtus des costumes polonais les plus riches et qu'ils ont rempli leurs ceintures de l'or polonais.
On parle d'une alliance entre la Russie et la Pologne, mais comment s'est-elle accomplie! L'univers est témoin qu'elle ne fut arrachée que sous ia puissance des baïonnettes moskovites, que par conséquent elle est nulle et non-avenue, comme ont été
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nuls et illégaux les traités de Grzymultouski de 1G8G et celui de Dzialynski de 1703; ils n'obligent a rien la Pologne.
On parle de l'élection d'unPiast, tant prôné par la Moskovie; mais les Polonais et 1er, Turks savent bien que le Piast n'étant pas gentilhomme, mais bourgeois de Kruswiça, ne pouvait pas être élu. Quant à Stanislas Porriatowski, nous ne nions pas qu'il ne soit gentilhomme, mais encoiv. fallait-il qu'il fût élu jibrement, volontairement et d'accord. En fûl-il ainsi? Non, caria majorité des sénateurs et ihs nonces de la Diète de convocation a été obligée de manifester contre les violences moskovites; plusieurs patriotes ont été obligés de quitter même leur pays, et tout cela est si vrai que les Hongrois, nos bons voisins, nous en ont informé positivement.
Quant à la garantie nouvellement imposée dans la soi-disant dernière Diète, j'en parlerai bien peu. car notre armée ottomane su ebargera d'en prouver la validité; toutefois, il n'est pas permis de dire ici que toute autre puissance a le droit d'en demander compte. Il est parfaitement notoire qu'aucun brave el honnête Polonais n'a jamais réclamé celle garantie russe el qu'elle ne tût arrachée, aux diétines d'abord, puis àRadom et à Varsovie, que par la force des canons, des baïonnettes et des earabines chargées. Et si, par malheur, il se trouve quelque Polonais qui tut demandé volontain ment cette garantie, ce ne doit être qu'un Polonais dénaturé, ne connaissant pus la valeur de la liberté et de l'indépendance nationales, et qui, pour prix de sa trahison, préfère vivre plutôt sous le despotisme moskoviîe! Si donc la Suhlime-Portc-ûltomanc promet d'accorder un secours réel et désintéressé, il sera accordé pour les confédérés de Bar, et non pas à leurs adversaires.
Si, d'un côté, la Russie introduisit el maintint dans les dernières Diètes l'anarchie cl le désordre, tant par elle qu'à l'aide de son parti, si ceux qui semblaient créer des réformes, ruais qui plus tard renversèrent eux-mêmes leur édifice, ont couvert la République de ruines, il n'en est pas moins vrai que ceux-là mêmes doivent aujourd'hui pleurer amèrement sur le sort de leur patrie!
Le manifeste moskovite parle aussi de la grandeur d'âme, de la douceur et de l'humanité de la tzarine Catherine II ! Ce serait
se déshonorer qvn de répondre à un pareil langage 1 1 de dépenser inutilement - paroles et son en< re ! Les résultats ne se chargent-ils pas do donner à la conduite de la tzarine un éclatant démenti? Quel superbe témoignage, en effet, de votre humanité n'avez-vous pas donné en chargeant de fers les mouftis (les évoques) d'une nation libre, un grand-général d'armée, vn nonce, e! cela en pï ésence du roi et dans le lieu même où vous aviez fait accepter votre garantie !... N'avez-yous point fait p] des canons à la porte de la Diète et-des mosquées (églises)? Des milliers d'innocents n'ont-ils {tas été égorgés par vos mains encore souillées de sang? Le fer, le i'<-u, le viol, les rapines, voilà les instruments de conviction que vous avea employés; niais ce qui surtout l'ait dresser les cheveux sur la tête, c'est que vous avez excité les habitants de l'Ukraine à la révoile et au massacre, et c'est à vos diaboliques manœuvres que cent mille habitants, nobles, prêtres eu juifs, ont trouvé la mort ! Tous ces crimes ont l'ait naître dans le ( ocur des plus faibles un immense désir de vengeance, et c'esl vous qui osez appeler lis c de Bardes rebelles, des factieux et des brigands! Vous, qui avez lait révolter les paysans de l'Ukraine contre les Pol< nais! Vous, qui avez profité de cotte révolte! Vous, qui conduisez ces malheureux h la boucherie, afin d'épargner vos propres troupes! Un sauvage des déserts de la Syrie qui n'a jamais entendu prononcer le nom du saint prophète serait incapable d'une pareille cruauté et ne voudrail pas se mêler violemment des affaires de ses voisins, ravager leur pays, le mettre à. feu et à sang sous prétexte de le protégi r.
Se vanter de plaire à quelques dissidents, c'est-à-dire aux luthériens et aux calvinistes, et d'avoir satisfait par là des hommes qui ne demandaient et ne désiraient autre chose que l'exécution des prétendus traités, n'est-ce pas le combli de l'impudence et de l'h] i ri ie? La Russie, professant la religion gréi o-schismatique, parle de la garantie ô^ traités que d'autres puissances n'ont point signés. De quel droit se môie-t-elle donc dans les affaires qui ne la regardent point? Comment peut-elle évoquer le fatal et illégal traité de Moskou, signé en IG86 par Grzymultowski, lorsque ni aucun'' puissance étrangère, ni les Polonais eux-mêmes ne le reconnaissent nullement? La Pologne
s'est-elle jamais mêlée des affaires de Moskovie, comme le fait celte dernière, malgré les nombreuses révoltes el les troubles qui ont offert l'occasion aux Polonais «le s'en mêler?
La conduite de la Sublime-Porte est bien différente. Le traité de Karlovitz, conclu publiquement dans un congrès, avec les Polonais, et garanti par plusieurs autres puissances de l'Europe, est. bien autrement légal et paient, et cependant la Porte-Ottomane n'a pas fait subir la moindre altération à ce traité. Les relations amicales entre la Pologne el la Sublime-Porte son! restées les mêmes, et la guerre que le grand et l'invincible sultan Padischah entreprend aujourd'hui pour la défense des lois, de la religion et de l'indépendance de ses bons voisins en est une nouvelle preuve.
Le manifeste moskovite se complaît dans la sagesse et dans la nécessité du prétendu projet que la Russie vient de conclure, en février 1 768, avec le Roi et la République de Pologne, sous la pression des baïonnettes moskovites; mais, pour nommer les choses par leur nom, vit-on quelque chose de plus absurde? Il n'y avait aucun motif ni urgence de conclure ce traité, aucune guerre n'avait éclaté ; aussi voyez avec qui il a été conclu : avec une poignée de misérables flatteurs et de ti aîtres à leur patrie ! En vérité, c'est chose merveilleuse que de voir, sous le beau et illusoire prétexte de remédier aux abus du gouvernement et d'améliorer les lois, jeter une nation libre sous le joug du despotisme étranger le plus affreux; qu'un roi, élevé au troue par la tzarine, devienne un despote et un misérable boyard moskovite. Est-ce en cela que consiste la grandeur de la Russie et la magnanimité de sa souveraine? Certes, elle a de quoi être hère et l'éclat iVvne si belle action subsistera jusque dans les siècles les plus reculés.
Les Russes prétendent que, sous le prétexte de défendre la religion, des Polonais ont appelé à leur secours le plus moi tel ennemi delà foi chrétienne. Celte calomnie est si grossière que nous ne chercherons pas à la réfuter. Jamais nous ne nous sommes attaqués et jamais nous ne nous attaquerons, comme l'ont fait les Moskovites, à la religion de ceux qui pensent autrement que nous, mais nous combattrons ceux qui veulent détruire la religion et la liberté de nos amis. Dieu, qui est juste,
fortifiera outre bras, nous marcherons sous sa conduite, il couronnera de succès notre entreprise, et, certes, cette entreprise est plus glorieuse que celle d'aller saisir et jeter dans l'esclavage des ôvêques, des .sénateurs, des nonces désarmés et sans défi nsel
Quelle effronterie ne faut-il pas pour aller insulter encore ces braves et pauvres confédérés si cruellement opprimés, dépouillés de leurs biens, bannis, pillés, massacrés et qui voient Yioler leurs femmes s >us leurs yeux et arracher leurs enfants à leurs mères pour être conduits en esclavage? N'est-ce pas assez de toutes ces cruautés pour qu'ils aient le droit d'aller chercher du secours quelque part. Le sabre à ia main, voilà maintenant comment nous discuterons, car nous voulons détruire celte race corrompue des Moskovites !
Je veux bien leur pardonner leur manifeste, avec lequel ils espèrent tromper, la Pologne, comme le crocodile trompe sa victime par ses larmes et qui n'a d'autre but que de faire croire que la tzarine envoie ses troupes dans ce malheureux pays par un sentiment de compassion et pour le défendre contre les entreprises des rebelles. Mais les Moskovites et leurs flatteurs apprendront bientôt de nous quels sont Jes véritables rebelles. Nous leur apprendrons à se jouer ainsi de la religion et du saint nom de Dieu, dont ils ne se servent que comme d'un manteau pour déguiser leur impiété; comment ne craignent-ils point d'implorer ce Dieu pour qu'il favorise l'accomplissemenl de leurs épouvantables desseins? N'y a-t-il point de quoi rire de la folie et de ta stupidité d éral Galitzyne, ou plutôt de celui
ou de celle qui a rédigé son manifeste, quand on le voit inviter les véritables patriotes à se réunir à lui?
Moi, qui m'appuie sur les droits les plus sacrés, qui combats non point pour la ruine <](.<■ Polonais mais pour leur indépendance, je supplie tout homme d'honneur, tout véritable enfant de la Pologne, de s'unir aux confédérés. Je laisse toute liberté à ceux qui veulent accepter le joug honteux et antinational de la Russie, de se joindre à elle; nous ne nous plaindrons point s'ils veulent augmenter le nombre déjà trop grand de nus ennemis, ce sera un bonheui et un honneur pour la nation polonaise d'être purifiée de cet infime rebut de l'humanité.
La Sublime-Porte-Ottomane déclare hautement que c'est un infâme mensonge de dire qu'en récompense des secours qu'elle accorde aux confédérés de Dar, ceux-ci lui ont promis une partie de la Pologne ; une pareille convention serait trop contraire aux procédés ordinaires de la Sublime-Porte, qui ne veut el ne désire rien autre chose que la gloire de servir ses amis el d'é raser leurs oppresseurs; le grand empereur de France (Louis XV) peut lui rendre ce témoignage ; iî sait, et là-dessus il es! d'accord avec elle, que la Sublime-Porté s'est fait un devoir de défendre la liberté des Polonais, l'inviolabilité de leur territoire, d'assurer l'indépendance de ses habitants, en expulsant l'usurpation moskovite.
Le manifeste moskovite ne cesse d'appeler rebelles ies braves confédérés polonais qui ne combattent que pour leur liberté nationale. Si les Moskovites eux-mêmes savaient connue nous apprécier l'esprit indépendant et humanitaire des Polonais, s'ils n'étaient pas sourds aux appels de ces derniers, ils auraient agi tout autrement. Ils doivent cependanl savoir que ce môme tzar Pierre-Âlexievisch, qui aravi tant de privilèges aux Moskovites fui le même qui, pendant la Diète de Varsovie de 1717, avait aussi porlé les plus graves atteintes aux Polonais. Ces' pour se débarrasser de celle fatale influence que les confédérés combattent aujourd'hui contre la tzarine, que la Sublime-Porte se bai aujourd'hui contre ces Moskovites, qui ne mériteraient pas cet honneur si la mesure du mal et de l'arrogance n'était pas arrivée au comble!
Les Moskovites calomnient les confédérés de Bar lorsqu'ils les accusent de révolte contre leur roi; mais, jusqu'à présent, noie; n'avons vu aucun écrit, aucun manifeste qui prouvât cette assertion. Toutefois, si cela arrivait, les confédérés auraient raison de se révolter contre un roi qui viole les pacla conventa jurés lors de son élection, qui s'entoure de mercenaires étrangers cl qui, par sa conduite lâche et ignoble, déchire lui-même les entrailles de la patrie en exécutant aveuglement les ordres d'une tzarine plu : ignoble encore!
Si les confédérés polonais ont fait un appel aux Pusses et à leur confraternité pour abattre leur despotisme, ils l'on! fait dans l'intérêt mutuel des deux pays; les Polonais veulent retirer la
Russie des mains d'une femme impudique qui sacrifie des milliers de Russes et qui gaspille les trésors de. ia Russie pour satisfaire à ses honteuses passions !
Le manifeste dit que l'armée moskovite est entrée en Pologne, comme auxiliaire ; mais la Pologne n'était point on guerre avec personne et par conséquent n'avait nullement besoin d'aucun secours delà Russie. Ce sont les Moskovitesteux-mêmes qui s'y .sont imposés pour maintenir le roi, leur créature, et protéger quelqut s traîtres à la patrie. Les véritables auxiliaires sont, au contraire, les troupes ottomanes qui, en bons et loyaux voisins, arrivent au secours de ceux qui sont exposés à l'arbitraire de la Russie.
Le manifeste, lusse ose encore dire que les confédérés se sentant trop faillies on! eu recoins à nous. Mais c'est encore une calomnie. Si les confédérés étaient faibles, si leur cause n'était pas juste, se seraient-ils jamais levés et auraient-ils essayé de braver les forces de laMoskoYÎe qui, par l'anéantissemenl delà Pologne, veut commander insolemment à toute l'Europe? Aussi les confédérés ont-ils parfaitement fait en s'adressant à la Sublime-Porte-Oltomane, car, désormais, la cause de la Pologne et de l'empire ottoman est identique et ils doivent toujours s'unir pour combattre leur ennemi commun.
La colère el la rage de la Russie m: nous étonnent point ; car, lorsqu'on cherche à arracher les brebis innocentes de la gueule des loups, c'est alors que ces derniers sont le plus furieux. Les Moskovites qui se disent chrétiens, le sont-ils réellement? S'ils l'étaient, Jis n'auraient ni combattu ni opprimé les Polonais, qui sont aussi chrétiens. Aussi les Moskovites, qui oui toujours passé pour barbares, semblent maintenir celte réputation, eî plus que jamais ils portent sar leur front les stigmates de la honte e1 de l'infamie qu'ils ne cherchent point à effacer.
Si les troupes de S. II. le Grand Seigneur étaient entrées plus tôt en Pologne, bien certainement pas un seul Moscovite ne s'y serait maintenu, lis savent bien comment ils étaient reçus et battus a Chocim, et ils savent ce que leur coûte le séjour dans l'Ukraine rossedu khan Kirim-Ghiraï.
iSous prions, en terminant, Dieu, la source de toute vérité, de confondre le mensonge el ia trahison, les deux plus grands pô-
chés qui puissent l'offenser et qui sont également condamnés par noire saint prophète; nous le remercions mille et mille fois de nous avoir préservés du gouvernement, des femmes; d'avoir défendu aux musulmans de leur obéir, car ce sont elles qui affaiblissent le courage; par elles, la justice est méprisée, et l'innocence et la pureté des mœurs se corrompent. Dieu est notre ami ! notre ami, c'est Dieu ! Ahmct-Sélim, aga.
DépêcJie confidentielle du roi Frédéric JI à-son ambassadeur à Saint- Pétersbourg, comte de Solms, eu pressant la Russie de suivre V exemple de l'Autriche, <jui avait déjà cnvaliie la Pologne pour la démembrer.
Potsdaui, 2 mars 1771'.
Par le contenu du passe-port que l'administration du district, dont la Cour de Vienne s'est mise en possession en Pologne, a fait expédier à M. Staroste, nommé Pelikanczyk,il parait assez clairement que cette Cour regarde déjà ce district avec ses dépendances comme un État incorporé à son royaume de Hongrie, et il n'esl pas à présumer qu'elle s'en dessaisira sans y être obligée, sans une force supérieure.
Cette idée me conduit à une autre et me fait juger nue la. meilleure sera que la Russie et moi nous profitions également de cette conjecture, et qu'en imitant l'exemple de la Cour de Vienne, nous pourvoyons nous-mêmes à nos intérêts et nous nous procurions aussi quelque avantage réel. II me semble qu'il doit être indifférent à la Russie, de quel côté lui vient le dédommagement qu'elle a raison de prétendre pour les frais de sa guerre contre les Turks. Et comme cette guerre s'origine uniquement des affaires de Pologne, je ne saurais pas pourquoi elle ne dût penser à se la procurer sur la frontière de cette même république.
Quant à ce qui me regarde, je ne veux pas Irop faire pencher la balance du côté de l'Autriche; je ne pourrais pas non plus me dispenser de me procurer de la même manière quelque partie. de la Pologne. Cela me servira en guise d'équivalent de mes subsides, ainsi que des pertes et dommages que j'ai égale-