‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la PologneChapitre 27 sur 61 · Murions,*. II, p · texte numérisé non relu

Murions,*. II, p

ANNÉE ! 77 f . 93

la charge «le Bey Ukkusalé auprès del'élrier sultanique, etSeid- Omer-Effendi , qui ayanl ci-devant occupé Ja place de Bey Ukkusalé, se trouve actuellement substitué à celle de Nichangi, également auprès de l'étrier sultanique, et la Cour impériale ayant de son côté nommé pour son plénipotentiaire le sieur François-Marie de Thugut, chevalier du Saint-Empire Romain, conseiller actuel et ministre résidant de LL. MM. Impériales et Royales auprès de la Sublime-Porte; les plénipotentiaires des deux côtés, après avoir, selon l'usage, produit leurs pleins pouvoirs respectifs, ayant discuté la matière dans plusieurs conférences tenues à ce sujet, sont convenus, sous la bénédiction du Très-Haut, sur les cinq articles suivants :

Art. I. La Sublime- l'orte payera à la Cour impériale, pour frais et préparatifs de guerre, 20 mille bourses d'argent, de 500 piastres chacune, de sorte que d'abord après la signature de ta présente convention , il sera envoyé 4 mille bourses aux frontières, et les 16 mille restantes seront de même remises aux frontières avec promptitude, l'une après l'autre, en observant toujours les précautions nécessaires au secret.

Toute la somme sera livrée de cette façon en entier dans l'espace de huit mois, à raison de 8 mille bourses par chaque quatre mois; que si cependant la nécessité du secret l'exigeait, le délai d'un seul mois ne serait pas imputé à contravention ni à dommage. Et si de plus la Cour impériale, ainsi que les plénipotentiaires respectifs en sont convenu-' dans leurs conférences, jugeait à propos d'employer 2 ou 3 mille bourses à la réussite de certaines vues secrètes, elle pourra le faire, et dès qu'elle en donnera avis, elle en sera indemnisée el ladite somme sera. payée par la Sublime-Porte.

Art. II. La Sublime-Porte, pour témoigner sa gratitude et la parfaite reconnaissance des procédés généreux qui ont été manifestés do la part de LL. .MAL Impériales et Loyales, leur remettra de plein gré et leur cédera en don toutes les parties des dépendances de la province de Walaquie, qui se trouvent bornées d'un côté par les frontières de la Transylvanie et du Bannat de Temcswar, d'un autre côté parle Danube, et de l'autre côté par la rivière Othe, et la Cour impériale exercera de plus la supériorité sur la rivière Othe.

ï)'j POLOGNE.

Art. îlî. Comme les habitants de Walaquie et de la Moldavie n'ont cessé depuis plusieurs années de troubler la tranquillité de; frontières de la Transylvanie, e1 d'étendre leurs usurpations sur le territoire de LL. MM. Impériales et Royales, pour

qu'à l'avenir il ne subsiste aucun prétexte d'usurpation ni de transgression, on recherchera et distinguera à l'amiable les a iciennes bornes incontinent après la conclusion de la paix, et dans cet arrangement encore on s'appliquera à satisfaire la Cour impériale.

Le Commerce da sujets de LL. MM. Impériales et Royales jouira dans toute l'étendue de l'empire ottoman de la protection la plus décidée de la Sublime-Porte, en sorte que tous les articles de sûreté, franchise, utilité, et autres accordés aux marchands et sujets de toute autre nation quelconque, seront exécutés et observés en faveur ùi-s marchands et sujets de la Cour impériale près de la Sublime-Porte; surtout ou n'exigera rien désormais des susdits marchands ei sujets dé Mezzéterie de la douane; et si à l'avenir les ministres qui résident de la part de la Cour impériale près de la Sublime-Porte proposent quelque chose qui tende à faciliter et augmenter le commerce de leur nation, leurs représentations seront favorablement écoutées et admises d'une manière correspondante aux devoirs étroits d'amitié et d'e bienveillance qui subsistent entre les deux pires. Déplus la Sublime-Porte s'engagera et s'obligera, dans le sens qu'exige la bienveillance réciproque, à être garante et caution de ce que les rég 1' Uger , Tunis et Tripoli de Bar-

barie observent à l'avenir avec la plus scrupuleuse exactitude. les règles d'amitié vis-à-vis les bâtiments qui parcourent les mers avec pavillon et patentes de LL. MM. Impériales «et Royales, à quoi la Sublime-Porte ne leur permettra désormais de contrevenir en aucune façon, et empêchera et fera cesser absolument toute prévarication contraire.

Art. A'. LL. MM. Impériales et Loyales, eu égard aux articles ci-dessus et aux sentiments qui sont dus au voisinage, s'engageront j ('.'livrer des mains de la Russie, par la voie de la négociation nu par la voie des armes, et à faire restituer comme ci-devant à la Porte les forteresses, possessions et territoires, qui se trouvant dans la possession de la Sublime-Porte,

ont été envahis par 1ns Russes depuis le commencement de la guerre, qui s'est élevée entre l'empire Oltoman et la Russie . sans que l'indépendance et les libertés de la République de Pologne, suje! de la présente guerre, souffrent la moindre altération à ce que le traité de paix, sous l'aicle du Très-Puissant, soit fait conformément aux conditions do la paix conclue avec la Russie sous Belgrade en 1739, ou que, selon que les circonstances du temj s l'exigeront, la paix soit rétablie à des conditions qui s'accordent ayee la dignité de la Sublimer-Porte, et dont l'acceptation et admission soient à son égard exemptes d'in< onvé nients majeurs De plus LL. MM. Impériales et Royales ne permettront pas que désormais la Russie mette en avant de vains prétextes tendant à retarder là conclusion de l'affaire; mais levant au plus tôt tous les obstacles contraires à cet utile dessein, et préférant à tout le rétablissement de la tranquillité générale, elles commenceront l'ouvrage salutaire de la paix.

En foi de quoi, et pour l'exacte observation des, conditions dans les articles ci -dessus, nous soussignés ministre résident. et plénipotentiaire de LL. MM. Impériales et Royales, en vertu des pî< ins pouvoirs qui nous ont été donnés par le i su ■ dites Majestés, avons signé le présent instrument, cl y avons apposélecachetde nos armes, pour êtreéchangé contre un exemplaire écrit en langue turque, signé et scellé en dueforme parle très-magnifique Vizir Mahmed -Pacha, kaïmakan de l'étrier sultanique, on vertu dosa charge ci de ses pleins pouvoirs.

F. M. de Thugut.

Réflexions du roi Frédéric, envoyées à Catherine ïl , sur le momt ;.' le 'plus favorable de démembrer la Pologne, entre la Prusse et la Russie, sans se concerter même avec l'Autriche.

Berlin ,'25 décembre 1771 '.

Je crois qu'il faut rejeter toute idée de se concerter avec la Cour de Vienne suc les acquisitions à faire en Pologne, à cause que cette cour se trouve mal disposée envers celle de Russie, el que le prince de Kaunitz, le pins lier ^'^ hommes, se croyant alors, non sans quelque raison, l'arbitre du Mord et de POi ient, se complairai! h humilier ceux qui lui feraient de telles propo-

j. Archives de Prusse

sîtions, et à décider de leur sort. Je sens que j'ai le cœur trop haut pour me soumettre au jugement de ce ministre, et je j;e (.rois pas que personne en Russie conseille à l'impératrice Catherine d'assujettir ses démarches aux fantaisies du prince deKaunitz; comme si nous ne pouvions nous mettreenposse; sion de ce que nous croyons nous convenir, sans son intervention et son approbation. Il me semble, au contraire, qu'il vaut mieux imiter îa conduite de la Cour tic Vienne, qui, sans se concerter avec personne, sans en demander la permission à aucune autre puissance, s'est mise tout uniment en possession de plusieurs starosties, se réservant à expliquer ses droits à la Diète de la pacification des troubles eu Pologne.

Reste encore à savoir si, pour prendre possession, il est plus avantageux d'attendre que la paix arec les Turks soit conclue, ou de frapper le coup lorsqu'une armée russe avancera sur les bords méridionaux de la YYistule. Dans le premier cas, croit-on gagner par là que les Turks, hors de jeu, ne se mêleront plus de ce qui regarde la Pologne? Pour moi, je soutiens, au contraire, qu'une entreprise pareilleaprès la pacification ferai! pli de bruit, occasionnerait plus de troubles que si elle se fait dans le moment que je détei mine, et voici mes preuves :

Excités par* les clameurs des Polonais 3 les Turks crieront que la Russie et moi voulons envahir la Pologne, et que les Russes, par un manque de foi, violent la paix aussitôt après sa conclusion. La Cour devienne, profitant de ces' avantages, soufflera au feu , augmentera le trouble , et agira avec plu : de vivacité que jamais. Or, pour ne pas embrouiller les affaires, i'! est donc plus simple de se mettre en possession de ce dont on sera convenu, des que les troupes russes seront sur la VYistule. Primo, nous ne ferons que suivre l'exemple dos Autrichiens; secundo, cette même armée sur îa Wistule, ne pouvant pas manquer de faire une forte impression sur les Autrichiens, les contiendra ; tertio, si nos ministres à Menue font alors une déclaration à cette Cour des raisons que nous avons eues de faire ce partage, 'elle sera obligée d'y consentir, et si elle n'est pas contente de sa part, qu'elle se dédommage elle-même, soit par Belgrade, ou quelques starosties polonaises à sa bienséance; quarto, quant du:: Turks, il vaut mieux que celle prise de pos-

session sefasss-avanl aucune négociation entamée, parce qu'on leur fera avaler la pilule doucement, si on leur signifie que c'est un équivalent en faveur duquel ou leur restitue la Walaquie etla Moldavie; et de plus, en leur faisant voir que les Autrichiens, de leur côté, nous ont donné l'exemple en agissant de même.

Pour ce qui est des Polonais, il faut s'attendre qu'ils jetteront les hauts cris, en quelque, temps que la prise de possession s'effectuera, car cette nation, vaine el intrigante, crie de tout ; mais l'armée sur la Vistule fera bientôt cesser les clameurs, et après la conclusion de la paix avec les Turks, ce sera elle qui paciliera la Pologne. Frédéric.

Traité du premier partage de la Pologne cuire la Russie et la Prusse. Saint-Pétersbourg, le 14/25 juillet 1772'.

Au nom de la Très-Sainte Trinité.

L'esprit de faction, les troubles et la guerre intestine dont est agité depuis tant d'années le royaume de Pologne, et l'anarchie qui chaque jour y acquiert de nouvelles forces, au point d'y anéantir toute autorité d'un gouvernement régulier, donnant de justes appréhensions de voir arriver la décomposition totale de l'État, troubler le rapport des intérêts de tous ses voisins , altérer la bonne harmonie qui subsiste entre, eux, et allumer une guerre générale , comme déjà effectivement de ces seuls troubles est provenue celle que S. M. Impériale de toutes les Russies soutient contre la Porte-Ottomane; et en même temps les puissances voisines de la République ayant à sa charge des prétentions et des droits aussi anciens que légitimes, dont elles n'ont jamais pu avoir raison, et qu'elles risquent de perdre sans retour, si elles ne prennent des moyens de les mettre à couvert et de les faire, \atoir elles-mêmes, ensemble avec le rétablissement de la tranquillité et du bon ordre dans l'intérieur de cette République, ainsi qu'en lui appréciant une existence politique plus conforme aux intérêts de leur voisinage.

A cette fin S. M. Impériale de toutes les Russies a choisi et nommé pour ses plénipotentiaires le sieur Niïdta, comte Panine, gouverneur de S. A. Impériale monseigneur le grand-duc de Russie, conseiller privé actuel de Sa Majesté Impériale, séna-

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