Archives d'Angleterre, et Sienkiewicz, p
et, sans nulle justification de titres, démembrée par ceux qui se proclament jusqu'à ce jour s< s amis, .le ne sais en vérité si de tels actes nous causent plus de dommage et d'injure qu'à tous les autres royaumes.
Sans doute, nous Polonais, nous déplorons notre République muti'é-j dans ses plus belles provinces, notre territoire ravagé de Tond en comble par des armées étrangères, qui le parcourent sans relâche en ions sens, pillant et brigandant sur leur passage; nous déplorons les droits les plus sacrés de voisinage foulés aux pieds, et ce qui est le plus inique, les traités les plus solennels, comme celui d'Oiiva de 1000, de Wehlau de 1657, de Moskou de 168G, de Varsovie de 1767, non moins que les déclarations de 1764 et 1771, violées sans nul démérite de m ' e part. Mais l'Europe entière, si elle tarde à remédier, à temps, à ces calamités du plus funeste augure, infligées à la Pologne. l'Europe elle-même aura à se repentir, et trop tard, de tous les malheurs que son apathique indifférence permet d'appesantir sur ce pays. Â cet. égard, mon devoir est d'avertir celui de Votre Majesté de persévérer.
Votre Majesté règne sur celte même nation britannique qui, sauvegarde de l'équilibre européen pour sa défense, a, deux fois déjà dans ce siècle, risqué ses armées et ses richesses, et qui, certes, ne voudrait pas souffrir, après avoir prodigué son rang et ses trésors, que par notre ruine le danger s'approchât d'elle et des autres peuples. Or, entre tous les princes, c'est vous surtout, roi très-puissant, dont je puis ei je dois au plus juste titre implorer l'assistance, tant en mon nom qu'en celui du sénat. Votre Majesté commande à cette nation sage, qui a entretenu de tout temps avec la Pologne, son émule en liberté et en noblesse, les relations les plus affectueuses et les plus constantes. Le commerce avec la Pologne, aussi profitable que nécessaire à l'Europe, ne peu; être assuré que par l'intégrité de nos possessions et de nos droits; c'est ce que les Anglais comprennent parfaitement.
Ainsi, vous ne considérerez pas avec indifférence notre, fortune déplorable, aussi digne d'émouvoir des cœurs généreux, si vous vous souvenez des sentiments que Votre Majesté m'a témoignés et dus relations amicales et constantes de nos peu-
pies. Que l'affection unisse nos affaires, comme clic a uni si fortenu ni ii "ir- sentiments. Veuillez, roi très-puissant, en vertu de la haute sagesse et de l'autorité qui vrais rend considérable auprès des rois et des princes, daignez, en voire qualité de gardien e} de garant du traité d'Oliwa, vous montrer le protecteur bienveillant de notre cause, et persuader aux Cours de Tienne, de Saint-Pétersbourg et. de Berlin, de suivre la voii 1 1 l'équité, et d'abandonner leurs projets hostiles contre la Pologne, qui, à tant de titres, a si bien récrite de leur part,
Quant à nous, conservant religieusement et à jamais le souvenir de la bienveillance royale de Votre Majesté, nous no. cesserons d'élever nos prières vers le Très-Haut dispensateur des trônes pour la conservation des jours de Votre Majesté et pourla prospérité de son royaume.
De Voire Majesté, îe bon frère, cousin et ami,
Stanislas- Auguste, roi .
Dépêche confidentielle du roi Frédéric II, à sou ambassadeur en Russie, comte de Solms, en lui ordonnant d'obtenir de Catherine II une action immédiate et énergique pour obtenir des Polonais la cession formelle du démembrement^ sans faire attention à une intervention de toute autre puissance.
Berlin, Il novembre 17721.
Ayant réfléchi davantage sur la manière d'obtenir du roi et delà République du Pologne, la cession des provinces, dont les trois Cours se sont mises en possession, je me confirme d'autant plus dans l'idée que je vous ai communiquée par nés derniers ordres, qu'il faut agir de la plus grande fermeté visà-vis de ces gens-là, et même faire avancer nos troupes plus avant dans ce royaume.
Selon nus dernières lettres de Varsovie, on y commence, en conséquence du dernier conseil du sénat, de faire expédier des lettres à toutes les puissances de l'Europe, pour demander leur intercession et leurs efforts contre l'entière exécution de notre traité de partage. On en a adressée même une à S. M. l'impératrice de Russie, tout, comme à l'impératrice reine et à moi.
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De sorte que, le comte de Panïne ne tardera pas d'être instruit de leur contenu. Et, quoi qu'il paraisse, par ces lettres, que l'on renonce au premier projet de convoquer l'arrière-ban, et de mourir les armes à la main plutôt que de signer ce qu'ils appellent Yopprobre de la Pologne, je crois cependant qu'on n'obtiendra jamais la signature de cette cession -qu'à moins de les obliger par la force.
Le prince Kaunitz est dan? les mêmes idées à cet égard, et on me mande de Vienne, que son avis porte, que, au lieu de dépenser inutilement des sommes dans ce royaume pour y rendre la nation plus docile, les trois Cours devraient plutôt foire déclarer en réponse, que ce n'était que par modération, qu'elles s'étaient bornées à recevoir, en compensation de leurs prétentions respectives sur la Pologne, les districts dont chacune avait à prendre possession peur sa part; mais que, vu l'éloignement qu'on marquait à Varsovie de reconnaître les justes motifs qui avaient engagé nos Cours à en agir de la sorte, elles se voyaient obligées de prendre d'autres mesures, et qu'elles ne manqueraient pas de faire valoir leurs prétentions dans toute leur étendue. Ce ministre von. irait même que les troupes respectives s'entendissent davantage dans ce royaume, et il expédiera dans peu un courrier au prince Lobkowitz à Pétersbourg, qui éclaircira plus particulièrement le parti que cette Cour veut prendre, et les modifications qu'elle jugera à propos d'apporter à ces idées.
Je crois que vous ne ferez pas mal, de prévenir de tout cela le comte Panine, afin qu'il puisse réfléchir d'avance sur le parti qu'il jugera le plus convenable de prendre, et vous n'oublierez pas de lui dire en même temps de ma part que j'étais tout prêt a me conformer à celui que ma Cour choisirai!.
Frédéric.
Réponse du roi d^ Angleterre^ Georges 111, à la lettre du roi de Pologne, Stanislas-Auguste, datée de Varsovie^ le 27 octobre 1772, Saint-James, le 17 novembre 17721.
Monsieur mon frère, Votre Majesté rend justice, dans sa lettre du 27 octobre, à 1. Archives d'Angleterre, et Sienkiewicz, p. 579.
mes sentiments, au sujet de ses malheurs et de ceux de son État. Il y a bien longtemps que j'ai vu avec la douleur la plus extrême les maux qui entourent Votre Majesté, et qui ont abîmé la Pologne. Je crains que ces malheurs soient arrivés au point de ne pouvoir être redressés que {Kir la main du Tout- Puissant, et je ne vois pas d'autre intervention qui puisse y remédier. J'exercerais volontiers la mienne, si je voyais le moment qu'elle pourrai! être utile.
La justice doit être le guide invariable des souverain.'-. Je voudrais bien supposer qu'elle ne les abandonne jamais. Mais, si malheureusement des intérêts temporels l'emportent quelquefois sur elle, il fait espérer qu'elle reprendra toujours sa place dans des conjonctures plus favorables.
La constance et la magnanimité de Votre Majesté ne peuvent que lui concilier l'estime et l'admiration universelles.
Je suis, avec les sentiments de l'amitié la plus sincère, monsieur mon frère,
de Votre Majesté, le bon frère, Georges, roi.
Dcprclic confidentielle du roi Frédéric II, à son ambassadeur en Russie, comte de Solms, pour fuîter Voccupatio?i des provinces polonaises démembrées, afin de prévenu l'intervention de la Franco
devant un fait accompli.
Berlin, [> décemifre Ï772*.
Je suis du même sentiment que le corn le de Panine,que, pour mettre les Polonais à la raison, il n'y a que la rigueur qui sera le moyen le plus court et le plus sûr pour y réussir.
Les points essentiels auxquels, selon mon avis, il faudra à la pacification de la République prêter uno. attention sérieuse et bien réfléchie, sont : primo, la cession formelle des districts que nous avons revendiqués; secundo, les finances du roi pour soutenir sa dignité; tertio, la sûreté de ce prince contre ce peuple remuant et rebelle; quarto, les principes du gouvernement qu'on voudra y établir pour donner l'exclusion du trône à tout étranger et le réserver à un Piast; quinto, enfin, l'établissement des tribunaux et des autres arrangements intérieurs, qui tous ne seront, pas d'aussi facile composition et rencontreront mille