Publication de l'époque
siècle, le Polonais cherchât l'esclavage, qu'en forgeant ses cliaîncs de ses propres mains, il voulût devenir l'auteur de ses malheurs? Et cependant, iî en estainsil... la députation nommée pour préparer les projets des lois a tout fait en faveur du roi. et rien pour la nation; tout pour étendre son pouvoir même au prix de la liberté ; renchérissant colin sur tant d'oppresi ms bette députation a mis le comble à son indignité en sanctionnai'! le trône héréditaire, et en forçant ions nos compatriotes a subir ce demie'" joug.
Quoi est Celui qui n'a pas frémi à la vue delà nouvelle forme le gouvernement, présentée par la députation? Là, au milieu d'une foule de luis, incomplètes, indifférentes, contradictoires, elle a enlacé la ïli publique dan-; d'inestimables réseaux, en déclarent lois cardinales toutes les autres lois qui constituent l'esclavage de la nation; elle a prononcé la mort de la République. Ces lois rappelleront aux Polonais ce que rappellent encore les prisons de Néron à Home, sur lesquelles personne ne peut jeter les yeux sans un tremblement de tous ses membres.
Les illustres États assemblés en Diète actuelle auront tout d'abord posé pour base, à la députation , la loi do l'élection des rois. Celte base devait servir de conduite à la députation; et cependant elle introduisit dans les nouvelles lois, V hérédité du tronc et elle outre -passe ainsi ses instructions primitives. Qui donc a donné à la députation le pu ivoir d'agir contre la loi, contre la liberté?... — On se couvrirai! en vain., en cela, de la aberté delà pensée eî de la parole, en s'écriant: Jesuis libre,et M m'est permis de vouloir en Pologne, soit l liberté, soit V esclavage!... Dans la République, personne n'a le droit de vouloir pour que fc patrie soit en esclavage. Si quelqu'un est las de la liberté, qu'il s'< xpatrie, il en est le maître; mais parce que lui prétend Itre volontairement esclave, de qu l droit voudrait-il enchaîner toute une nation? Penser ainsi, c'e: î déjà un crime, et agir de la sorte, il ne reste plus d'i k\ ressi ■■>•. \ our le qualifier. L'hérédilé royale en Pologne est aussitôt d'aï cord avec la liberté que la République peut être amie de la monarchie. Vouloir cette dernière, c'est tout bonnement vouloir l'esclavage. Jusqu'à présent, toutes tes lois polonaises déclaraient ennemi de la
trie, quiconque oserait détruire la libre élection des rois; et il ancêtres, jaloux de celle prérogative, ne s'en sont jamais re- 4és envers les rois qu'ils élevaient sur le pavois, cl le serment s liait, si jamais leurs pensées orgueilleuses concevaient cette ée.
L'univers s'est étonné et s'étonne encore de ce que presque us les Etats de l'Europe, jadis libres dans leurs origines, «une la Pologne, après avoir perdu leurs franchises se sont apsformés en monarchies; tandis que la Pologne pour ainsi re seule, après avoir conservé ses franchises, resta debout imiiiC république. Mois ce même univers cessera de s'étonner, liBqu'il réfléchira qu'en Pologne, avec le trône électif, tous les ituvais projets contre la liberté de\ aient mourir de la mort u roi. Son successeur trouvant que déjà avant l'élection tout été aboli de ce qui avait pu être fait dons l'intérêt du trône, u mépris de la liberté., a. dû s'y soumettre, ou s'il désobéissait n secre! et recommençait Tccuvre despotique, sa vie et son Igné, sans des circonstances extraordinaires et imprévues, 'ont pas laissé assez de temps pour terminer ce qu'il aurait pu ommeno.-r. C'est là qu'est la, cause de la durée de notre république; c'est là que se trouve la source de nos franchises, .'élection des rois est la vie de la. liberté; l'hérédité du trône eviendra son tombeau. Établissons-la seulement, et notre réoblique disparaît.
À la première nouvelle du je! de la dépu!a!ion, relativeoent a. l'hérédité du '. ..uns tout de suite parlé à la
lalion, soil par nos leltn i :<'iises, soit par un écrit spéial, intitulé : De lu sua trône. Là, nous prouvâmes
Opinent doit tomber la llépublique avec un roi héréditaire; .oinment un pareil roi abolira impunément la liberté; com- ' .
nent il se trouvera peu de personnes qui s'opposeraient aux dessins du roi, lorsqu'elles rélléchiront que le fils succédant à son )ère, sera héritier cl. du trône et de la vengeance paternelle; 'omnien! mi roi héréditaire saura introduire en Pologne les ilaisirs et la débauche, pou:- énerver les esprits etles soustraire linsi à la sauvi garde de la liberté; comment il enerebera à réjanùre le luxe, pour que personnenc puisse se passer de ses grd- :es; comment il cherchera a corrompre les mœurs, pour que
ANNÉE i700. 233
fornique ci vertueu i loyauté polonaise s'f'-'ci^i :-• dans les OpcurSj et devienne peu propre à la courageuse e1 | é1 érante volonté de défendre la pairie ; eonnnent il cherchera à hanger l'éducation publique, pour inculper à lajeunesse des idées i i (faires à la libre pensée; comment il saura {aire révolter les p; y; n? pour vaincre avec eux les nobles, mais plus tard subjue 1er les uns el les autres; eommenl il inventera d'énormes Itnpôts. afin d'appauvrir les citoyens; comme ut i1 parvieni ■ire quereller les principaux personnages et les puissantes " ; îî in?, pour que les plus forts ne puissenl s'entendre ei con- Ir au salut de la liberté; comment il saura embrouiller I îritages el les propriétés des nobles, pour que tout si11 isse 1;; loi générale; comment exercera sa prépondérance dons les tribunaux, pour que les o mts soient toujours sous le fouet ;
i lient il voudra introduire dans l'armée nationale desélranjui n'auront rien de commun avec la liberté, et qui agiront contre elle; coi unenl >! pouri t entraîner îa nation dans Bne ; . erre, pour, à l'exemple de Jean-Albert, faire périr les mécontents, el devenant soi-disant utile aux puissances belligérant» s. se servir d'elles pour étendre son pouvoir despotique. Enfin, à tout cela, loi >que nous ajouterons ic souvenii de i'affronî et le penchant pour la vengeance, dans quel état se trouve! ■■ Ici nation?
Nous avons démonli é plus loin comment un fils du roi héréditaire, ayani trouvé les chose; ii demi préparées ou faites, endra à passer outre -;ur le petit nombre d'opposants, de oi te que l'œuvre de la lestru :iion de la République , commencée par l'un, sei terminée pai l'autre : et dans le pays nifiine ne -■". lrouwra-t-i) pas des hommes assez dénaturés, assez vils qui, après \ i: vendu leur liberté et leur honte, aideront le roi h uvrv ■• à ses fins! A Home, dans ce siège de la té ei des grandes âmes, n'a-t-on pas trouvé les séides impériaux? hn Àngî erre, Henri Yiil n'a-t-il pas trouvé des maîtres? VA en l'ol .•-■•. ne s'en trouverait-il pas aussi?
Nous avons encore démontré comment ce roi héréditaire cherchera à implant ir son autorité, non pas à l'aide du glaive, mai h. l'aide des lois; non pas par sa volonté, mai?: par celle de te nation; mais avec cette partie de la nation qu'il aura d'abord
préparée à ses desseins; comment il ne touchera point à la liberté du cîtoyen/j avant qu'il ne renverse la liberté gouvernementale ; et il ne renversera pas cette dernière avant d'avoir Eté d'abord à la nation les moyens de la défendre. Tout cela, il le fera par degrés, se couvrant toujours de l'ombre des lois, et toujours plus audacieux sous l'égide de l'autorité de ces mêmes lois.
Avant tout, nous avons dit : un ta) roi soumettra d'abord les lois cardinales aux voies de la majorité; et par là, il semblera être fort cl légal. Plus tard, toujours avec la majorité des voix, H établira une Diète permanente, pour qu'en promulguant incessamment des lois, il devienne toujours plus fort lui-même; ou, par ces changements continuels, il dégoûtera du gouvernement de plusieurs, et alors on s'adressera à lui peur qu'il n'y ail qu'un seul gouvernant. Plus tard, il établira les diétines bostcomitîales, pour que les nonces ne puissent rendre compte à leurs électeurs sur ce qu'ils feraient de cor.'.; aire eu de nuisible à l'Etat, et s'ils outre-passaient les instructions de ces poèmes électeurs. Plus tard, il changera les premières dignités viagères en temporaires, \ <e.r tenir les ans par la peur de les perdre, et les autres par l'espoir et l'appât de leui possession; et alors les uns et les autres seront nécessairement à ses ordres. Plus tard, i! s'emparera exclusivement de l'armée et du trésor, ouïes confiera aux mains de ses créatures, pour que la nation ne puisse défendre sa liberté.
Plus tard, il abolira, ou affaiblira la loi de neminem capli-vabimus nisijurc viclum.
Elus tard, il s'attribuera la faculté de conclure des traités. Plus tard il défendra les confédérations. Plus lard il abolira la loi de libéra voce.
Plus tard, il étendra le crimen liesse rnajestatis jusque sur les mots, jusqu'à, ce qu'il devienne autocrate.
Nous ayons démontré enfin comment l'établissement du Irône héréditaire, insupportable à la liberté polonaise, sera nuisible à la tranquillité de l'Europe; peut-être amènera-t-elle uni; guerre généri le qui réduirait toute la Pologne en mines et en cendres. Les puissances voisines ne le souffriront pas; témoin la Suède ; et elles emploieront tous les moyens nos-
Ébles, soit en empêchant son établissement, soit en la renversât s'il venait à être établi.
Après avoir \ la connaissance du public tontes ces
(pnsidérations, nous avons cru que la députation pour la con- Écti m des do lois s'arrêterait sur les dangers de l'in-
troduction en Pologne du trône héréditaire, et qu'elle ne voudrait pas être l'instrument des malheurs de la patrie. Mais lorsque nous voyons que ce projet est déjà classé parmi les lois cardinale?, et remis à la sanction de la Diète, et qu'il menace la République des derniers dangers, enflammés que nous sommes de l'amour de la liberté, et effrayés de la crainte qui va atteindre toute la nation, profitons des instants où il est permis encore d'élever ia voix; pour que nous n'ayons rien à nous reprocher devant Dieu et la patrie ; lorsque, à cause de la faiblesse de notre sauté, nous ne pouvons nous trouver en Pologne, nous dressons et adr ssons la présente protestation devant Dieu, la patrie, nos frères concitoyens, le^ puissances voisines et devant toute l'Europe, contre le projet de V établissement m trône héréditaire en Pologne, comme à une chose contraire à toutes nos lois; contraires aux pacta cônventa jurés par le roi, comme détruisanl n >îre liberté, renversant la République et introduisant la monarchie.
Que l'esprit le plus subtil déverse toute espèce de calomnie sur l'élection des rois en 'ol igné; qu'il menace d'orages, de bouleversements, de confusion; nous aimons beaucoup mieux Être tous les trente, quai une ou cinquante ans dans un bouleversement passager, -me vivre dans un esclavage journalier et continue1, nous préférons donner des rois à la Pologne plutôt que de les voir sortir de l'aveugle hasard de la naissance d'où ils sortiront toujours pour notre perte.
L'illustre palatinatde Wolynie, toujours si zélé du bien de la patrie, et de la liberté des Polonais, s'est déjà prononcé contre l'hérédité du trône, et a ordonné à ses nonces d'en faire autant. Son exemple nous servait de guide, nous l'avons suivi. l)ieu et le temps feront peut-être que les autres palatinats suivront la même route. Toutefois l'honneur de l'exemple, et ■ gloire de la priorité, resteront à jamais au palatinat de Wolynie.
En foi de quoi nous signons de nos propres mains la protesion présente contre l'établissement du 'jôh<- héréditaire.
Scvei in Rzewvski.
Stanislas-Félix Pclocîti.
Lettre confidentielle du roi Stanislas-Auguste , à Mazzei, son agent & ; rct à Paris.
N° '.'00. Varsovie, 30 octobre 17901.
.. Oe Stanislas-Félix Potoeki, qui a résigné, il y a deux îs.sa qualité de palatin de Russie et de sénateur, pou/ devoir grand-maître d'artillerie, l'homme le plus riche de la Poigne, îrès-verlueux dai s ■ • i'ii privée, et qui s'est montré h iflérentes reprises citoyen très-généreux envers sa patrie, a udtté la Diète el la capitale, il y a environ dix-huit mois arce qu'il s( croyait menacé de la phthisie, et parce que sa ttalilé de conimandan! de ia dh ision de l'Ukraine lui imposait es devoirs à remplir clans cette province qu'il ne croyait pas ûuvoir commettre et al i ner à ses lieutenants.... Il était ans le s\ sterne russe, tu idis que tousses autres de sa famille, nembres do ia Diète présente, s'étaient ùryj déclarés pour le làrti prussien. Cela lui a o cusioi i i pendant son absence di s ; o mt j'ai tâché de lui épargner ia plus grande ilrt-'e en prenant -::v défense à la Diète.... 11 a pi oj été un \ 03 âge îi Italie après en avoir obtenu ia permission comme militaire; nais il s'est arrêté à View. s di puis un an . . Ii me semble fb'ïï poun tit revenir, et au moins il devrait aller on Italie au iou de continuer à n stei à Vienne. Outre le Lieu physique qui p résulterait p mi lui, i! c-n i ; ; < .;^ c r:;it un autre plus essenlieî, en se retirant do la société, et dos conseils du hetman Kzewuski, auquel il a résigné, pour ainsi dire, toutes ses facultés intellectuelles Or, ce Rzavuski est un visionnaire qui feinta sa passion poui la chi lie, et à la persuasion que la ; : ne ne saurait (iw heureuse si le pouvoir des hetn (ce qui res« mble aux ancien c innétables do France) ne redevidii tout-puis; nt, b d'autres préjugés contre la suc-
cession héréditaire au trône, et contre l'étendue du poiu ir
i, Chodz'nO, .'.'ic pol ri. Ms. (1790).
exécutif.... C'est dans cet esprit que le général d'artillerie Félix Potoçki, conjointement avec ce Hzcwuski, écrivent sans disconpnueret remplissent la Pologne de protestations contre tout ce que la Diète actuelle a fait jusqu'ici, et contre ce qu'elle Projette encore. Cela peut produire de très-mauvaises conséquences, et la plus dangereuse de toutes serait la formation d'une rcconfédéralion, ou, comme vous diles en France, une mmlre-rèvolution.... Je travaille autant qu'il m'est possible à ■npêcher les mauvais effets de tous ces écrits qui circulent dans le public, etc., etc. S. A. R.
Lettre du roi de Prusse an comte de, Goltz, son ministre en Pologne,
Berlin, 15 mars 17911.
Je ne puis vous donner assez ;i connaître mon étonnement de ce qu'un bruit sur le partage de la Pologne a pu y parvenir, et plus encore de ce que quand il m'attribue de pareilles vues on ait pu y ajouter la moindre croyance. Ma volonté est que vous garantissiez sur-le-champ, en mon nom, la fourberie et la fausseié d'une pareille nouvelle, et que partout et dans toutes les occasions vous déclariez (Vucia manière positive et solennelle que c'est un bruit uniquement inventé par la méchanceté pour semer la discorde entre la Dicte et moi. J'affirme hardiment que personne n'est en état d'en apporter la preuve la plus légère, et que non-seulement il n'a été question en aucune manière d'un nouveau partage de la Pologne, mais que je serai moi-môme le premier à m'y opposer.
Loi rendant aux villes leurs aru iens droits, cl rétablissant les bourgeois dans V exercice <'■. toutes les prérogatives attachées à V état de ( itoyen.
Varsovie, 18 avril 1791*.
Art. 1. La loi cardinale, ncmincm captivabimus nisijure victv.rn. qui assure la liberté personnelle des nobles, sera étendue à tous les bourgeois et citoyens des villes. Aucun bourgeois ne Éourra être emprisonné, à moins d'être pris en flagrant délit, ou dans le cas d ■ banqueroute frauduleuse.