Chodzlco, A\n. polon. Ms
irtueux qui, ordinairement ne sail pas être soupçonneux : c'est $ qu'a éprouvé la noble nation pol inaise. C'esl à l'aide de l'art | de la tromperie qu'on lui a ravis liberté, mais l'avidité instable de domination en forgeant des chaînes h la Pologne, en i faisant et sa propriété et son .' ^rifage, a entrepris inconsidééfcnent une œuvre qui dépasj i.ii es forces, el par conséqut e devait avoir qu'i durée factice. Aussi le nom polonais était in le point de s'engloutir au milieu des ruines qui s'amoncelient de toutes | arts.
En apercevant les dangers dans lesquels Ja Pologne a été en* Éînée, le cœur sensible du citoyen a dû palpiter de douleur. Sulefois, il doit rec( nnaître, en s'iiumiliant de^ ant elle, que ta Éovidence qui dispose du sort des nations, permet encore à ia •logne, non-seulement d'exister, mais même d'espérer un venir heureux. Mais avant d'entn ; dans le chemin que nous livrons pour relever et affermir 1 1 République, ce chemin, di- ■Ds-nous, que la Proi ide nce elie- même nous indique, et que la ludence parcourt, jetons d'abord un regard sur ces sentiers ■tournés où l'on .nous conduisait perfidement, afin de non. i icer et de nous perdre.
lorsque vers 3a fin de l'année i r87, à l'Est de l'Europe el dans lotre voisinage, l'im ."joie de la i uerre comme nçait à se décla» p, les vrais 1 1 I mai i ntaient quelle conduite il convenait de Élir envers )a République ; aloi s la vérité brillait d'un vif éclat I elle réjouisi ■'■ la nation; al rs h liberté et l'intégrité de la ipubîique é( uenl le mot d'oï dr • de la nation ; à ce mot , ehatn étaiî prêt b s vii sa patrit . cha :un voulait offrir une pari ie le sa fortune pour a urei i;; bien , ublic. La nation a senti que fs tendances vg tueuses ne pouvaient contrarier p rsonne, car a nation n'aspire qu'après le bonheur et la tranquillité, et si lie devait combat ti ; , elle ne le ferai! que pour l'intégrité de son Ériloire; alors toul le monde travaillait afin d'obtenir de bons ■esuitats. C'était l'épi que du règne des lois, et comme le pou- &ir exécutif se nouvait dans un cercle légal , ii n'y avait point le cher entre la force et la liberté, Aucun pouvoir ne saurait ni Bpbjuguer ia nation, ni jetei d semences di discorde chez les ■upics voisins. A la vue de cet équilibre frén issait l'ambition ■ride d'un vaste pouvoir; capable de profiter des calamités pu-
bliques, elle se trouva féconde en expédients; armée de la perversité, de la faussi lé et de l'intrigue, elle entreprit de subjuguer les vertueux républicains à l'aide de leur propre vertu, et
la république h l'aide de sa propre force.
La nation s'étail assemblée aux diétines qui précèdent la Diète ordinaire; jamais celte nation n'avait agi plus noblement, plus dignement et plus prudemment. Les nonces, élus au milieu de la concorde générale, reçurent tous des instructions presque uniformes de leurs commettants, et plus ou moins étendues, elles tendaient toutes et avant tout à assurerja liberté des États de la République.
L'Ordre équestre, qui a été créateur de la République, qui dopais des siècles formait son essence, qui n'a jamais épargné son sang pour sa défense, mais qui jusqu'ici a été exempt de tout impôt, offrait à ces diétines et presqu'à l'unanimité, la dixième partie de ses biens, <.\fiu de défendre plus efficacement la République.
Les nonces élus si unanimemenl se réunirent donc à Varsovie au temps indiqué. Si l'esprit vraiment républicain,, vraiment patriotique qui inspirait les électeurs, avait duré chez les élus, tout se ferait, et sans une confédération, à la volonté de la nation, Alors le trésor et l'armée seraient augmentés; la liberté et l'intégrité de la République seraient assurées, la tranquillité intérieure et extérieure seraienl parfaites.
Mais autres étaient les intentions de ceux-là qui voulaient tromper la nation. Ils détournèrent son intention de ses véritables vues; ils détruisirent la conliance chez ceux qui pouvaient avertir les citoyens des dangers qu'ils couraient; ils firent croire à la nation la nécessité de l'aire des changements; ils employèrent 3o: juains trompées pour lout bouleverser, pour élever ensuite et précipitamment un édilii e de servitude tel qu'ils l'avaient conçu. Toutefois il leur était impossible en peu de temps de tromper la nation et de s'emparer de toutes les ressources de la République; aussi gagnèrenl-ils du temps et n'hésitèrent-ils pas à employer les moyens les plus illicites pour arriver à leur but.
Parlant sans cesse du bien, de la liberté et de la sincérité de la République, et ayant d'autres pensées dans le cœur, ils lurent
admis au timon des affaires. La confédération de la Diète, qui s'était faite à l'insu de la nation, leur servit en cola merveilleusement. Cependant cette même confédération promettait à la nation le respect de la forme du jouvernement républicain ; l'inamovibilité des magistratures et <h:* emplois; la sûreté de la propriété. Mais il semble que ces règles, ces conditions n'aient été indiquées que pour qu'on agît tout différemment; on voulait seulement et à. l'aide de fallacieuses promesses s'emparer des forces nationales et avec, elle : tout i enverser.
Cependant les maréchaux de cette confédération prêtèrent, devant les États assemblé-;, serment qu'ils n'introduiront rien dans le livre des lois que ce qui serait voté par la pluralité; toutefois, en cas d'opposition de la part soit d'un sénateur, soit d'un ministre, soit d'un nonce, le scrutin secret devait décider en dernier ressort. Jusqu'à quel point la sainteté de ces serments a-t -elle, été observée? on va ie voir.
D'abord on en ircba par des innovations constantes, non pas à affermir la Wè\ ublique, mais à la renverser. On effraya la nation par l'institution d'une magistrature absolue, composée d'une quarantaine de personnes; éléments avec lesquels on pouvait faire quelque chose de convenable. Enfin, on iit tout ce qui pouvait corn tiluer l'autocratie.
En attendant, la volonté nationale fut suivie et le trésor et l'armée furent augmentés. La nation croyait que ces deux éléments de force allaient être employés pour elle-même; cependant une criminelle adresse a su les faire servir à renverser la République.
On cherchait à tout bouleverser en commençant plusieurs choses à la fois; on essayait si la nation ne se laisserait pas subjuguer. Mais comme l'Ordre équestre qui goûtait encore ses privilèges et ^< s libertés, ne paraissait pas disposer à s'en dessaisir, il en est résulté que tout a été commencé et que rien ne fut terminé.
Les attributs de la commission de guerre, qui ont été discutées dès le commencement de la Diète, n'ont pas été déterminés, car le pouvoir militaire qui appartient à la Uépublique tout entière, ils ont voulu qu'elle en fût privée.
Les lois cardinales déplaisaient et on voulut en fabriquer de
■ouvelles; mais dès qu'on entendit qu'il fallait que la Pologne lestât république nobiliaire e1 élisant ses rois, comme cela s'est Iraiiqué dep s siècli s, on a tout de suite interrompu la
discussion sur ce chapitre et, malgré les réclamations de pi jâeurs nonces, on n'a pas voulu la continuer.
Ce n'était que parties, et en s'aidant des circonstances, on tapait l'édifice de la République, pour pouvoir en un seul jour h rem erser à l'improvi:
En attendant pour que ! t nation n'entrevît pas le danger intérieur, on entreprit de répandre do fausses nouvelles venant de l'étranger. Od disait que la guerre avec les voisins était imminente, que le pa 'îage de la Pologne était à redouter, que, par lonséquent, pour sauver le nom polonais d'une ruine inôvilable, si n'y avait d'autn moyen que do s'enchaîner intérim fcnent et de renoncer a la liberté.
Après les deux as q d< vait durer la Diète, approchait, conformément eux lois, l'époque d'une nouvelle Diète. On cr; ' Hors que la nation, à la vue l'une dictature si prolongée, ne Ihoi it d'au) î représentants et que les anciens ne fussent aim brivés des instrun nts m'ils lient entre leurs mains, pour berdre la Repu ique. ilaii ils menèrent si bien les affaires, |u'an lieu de se retirer ils ; ardèrenl leurs places à côté des nouveau.-: arrivants.
Cependant la nation sentit le danger de celle usurpation de le uvoir de la part des i : ntant ; : mais l'amour de la tranquillité prévalul ; il était dil'ticile de rappeler ceux qui tenaient tant à leur usuj pation : i! était difficile de rappeler ceux qui se trouvai,!:' en pusse.' i n des forces publiques, leurraient sans cesse les citoyen? et leur promettaient monts el merveilles.
C'était la première l >is que la R ipubiique se voyait représenté» par une Diète doublée. Loj squ'on introduisit la questïo i i 2 ■uceession au trône en cas de décès du monarque régnant la nation déclara, à la majorité de neuf parties sur dix, qu'elle voulait conserver la lil r< élection de ses mis, el c'était en conséquence de p treilles instrui lions que les représentants devaient igir.
Mais les ennemis de la République, les ennemis de la lib ■éprouvaient la volonté nationale que pour s'y opposer plus
Facilement; ils voulaient voir comment et jusqu'à quoi point ils pouvaient aller pour arriver à 'cuis fins.
L'Ordre équestre sentait et appréciait les bienfaits de la liberté ; aussi chercha-t-on à l'affaiblir et l'on y parvint en ôîant aux gentilshommes non pensionnés les privilèges de la nobli et ou appela aristocrates Ils riches seigneurs, quoiqu'ils fu égaux en privilèges aux premiers. On souleva la haine contre les riches que l'on avait privés de l'appui des gentilshommes, afin de détruire plus facileme.nl leur influence.
Malgré l'affaiblissement qu'essuya l'Ordre équestre, on ne pouvaij pas cependant l'employer directement à sa propre perte ; alors on courut le projet d'appeler à cette œuvre les villes jusque-là paisibles e1 d'entraîner ainsi toute la nation dans l'esclavage. Pleins d'ambition et voulant à tout prix dominer, ces hommes semaient de toutes parts les idées démocratiques; les fatals exemples de Paris furent présentés comme des modèles à nos villes; les clubs de Paris, à la mode il est vrai, mais dangereux pour la tranquillité d< - 1< il o s, répandaient la cor,!,
Lç mal augmentait journellement; de bons citoyens, de vertueux nonees cherchaient à y remédier en travaillant en faveur de la bourgeoisie. En effet, ils obtinrent le vote d\\vie loi favorable et, si elle avait eu le temps de s'y reconnaître, cette bourgeoisie aurait vu tout ce qu'< lie devait a l'Ordre équestre.
Mais le complot, tramé en secret par quelques individus, commençai! à toucher à son déni ûment. Aussi tout ce que la tromperie peul avoir de ress iurces, tout ce que l'intrigue peut employer d'instruments, tout cela fut mis en œuvre. L'aveuglement fut poussé au point que les v,i\s. signait ut sans savoir ce qu'ils signaient, et que les autres s'armaient sans savoir contre qui. et chacun se croyait le ; auveur de la patrie.
Profitant de la prorogation de la Diète, plusieurs nonces partirent pour la province cl quand la Diète dut recommencer ses débats, les bons et ?éiés nonces ne se hâtaient pas trop de revenir, d'autant plus qu'on ne devait d'abord traiter que des affaires économiques el locales, e1 ainsi la République paraissait ne redouter aucun danger. Toutefois, tous ceux qui obéissaient à l'intrigue ou ceux qui furent entraînés dans le complot ne quittèrent point Varsovie.
II y avait, en effet, une poignée de ces nonces qui, étant guiés par la fidélité et par la vertu, résolurent de braver tous tes obstacles, mais ils ne tardèrent pas à être victimes de leur patriotisme.
Le jour de l'explosion des complots avait été indiqué pour le S mai 1791 ; mais les conjurés s'apercevant que les amis de la Kpublique pourraient se réunir et augmenter leur forces, que e bon sens finirait par éclairer les dupes, précipitèrent l'explosion, et la journée du 3 mai devint l'époque du crime consommé contre la République. Les régiments se placèrent sous les arme.--, 2t le canon tiré de l'arsenal à l'insu de la commission de guerre. La populace encombra le château royal et ses environs;. On lit accroire aux uns que le roi devait prêter serment à la bourgeoisie; aux autres, que l'Ordre équestre devait tomber le sabre i la main sur les bourgeois; d'autres enfin, corrompus par de 'argent, semaient les bruits les plus contradictoires.
On voyait alors un pêle-mêle dans l'auguste sanctuaire de la Diète, dans cette demeure de nos rois, qui jadis étaient la tête et e bras de la République ; et, au milieu de la cohue de la popuace, on apercevait le trône du monarque entouré par les officiers de la garde et par les houïans royaux.
C'est sous de pareils auspices que s'ouvrit la séance de la Diète. On commença par la lecture je dépêches mensongères, forcées par les ambassadeurs polonais auprès des Cours étrangères et qui annonçaient de nouveaux projets de partage; mais le lion sens et la lexique ne pouvaient rien tirer d'effrayant de ces nouvelles, car les comploteurs croyaient devoir se servir de remèdes héroïques pour le salut du nom polonais.
C'est en vain qu'un nonce connu par sa vertu et son patriotisme dénonça l'existence du complot contre la République et pour son renversement, l'audace criminelle prenant le dessus osa abattre la vérité el insulter a la vertu de l'orateur.
En vain un nombre considérable de sénateurs el de nonces rappelèrent et les anciennes lois, et les i'oria conventa, et les serments des maréchaux de ia Diète et demandèrent le scrutin si cret, leurs avis se perdirent au milieu du bruit, et les opposants furent même menacés de l'emploi des violences parisiennes. Enfin, le. projet, qui détruisait Ja République, qui établissait
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la monarchie, sans être compris ni délibéré, l'assemblée n'éicnt pas au complet, fu! proclamé par ia cohue trompée.
Le roi fat forcé de prêter serment nu mépris des Pacta conmnta, qui seules lui laissaient accès au trône d'une république ■>re. Après tous ses actes de violence on se rendit à l'église où ces mêmes bouches qui avaient autrefois jure Odélité a la Répu- Éîiquêj jurèrent sa perte; alors r< lentircnt des salves d'artillerio qui annoncèrent le triomphe du complot'.
Pour que le coup porté à la République fût plus rude, pour que tout ï'ûl renversé de fond en comble, ou ajouta à la constitutio:' du 3 mai cette étrange el despotique déclaration : « Nous « abolissons toutes 1rs lois anciennes et nouvelles qui seront <c contraires à. la. présente constitution ou à quelqu'un de ses « articles. -&
Pour que la violence fût complète et plus garantie, on exigea le serment de l'armée et de toutes les magistratures; mais quiconque, militaire ou magistrat, resta fidèle à. la République el ne voulut point prêter serment, fui prive comme va criminel de son grade ou de sou emploi. Quiconque s'opposait à un pareil ordre de choses, établi par violence et par surprise, était mis en jugement, condamné v\ poursuivi par la force armée.
Il était facile de mettre les menaces à exécution, il riait facile de déraciner l'esprit de liberté sapé de tou'es parts. Soixante mille combattants que la République avait armés pour son salut Revinrent les instruments de la volonté absolue. La nation. effrayée succomba sous la violence, et ia tromperie, en atténuant, habituait les autres à sup] ncier le joug. Mais l'esprit républicain, cet esprit qui animait nos ancêtres, vit encore dans les coeurs de^ Polonais; un crime audacieux a pu l'étonner, il a pu pour un momi.nl succomber sous la tromperie, mais il ne veut sacrifier ni sa liberté ni ses droits, ni les lois de la République ci. i! périra plutôt que d'y renoncer.
Aussi, neiii:^ sénateurs, minisires de la République, oflieurs de la couronne, ainsi qu'officiers, dignitaires et armée de la couronne, voyanl qu'il n'y a plus pour nous de République; que la Diète actuelle n'est convoquée que pour ia durée de six Semaines, que e< tte Diète qui s'est arrogée à jamais le pouvoir législatif qu'elle exerçait depuis près de quatre uns. a renversé
toutes nos lois cardinales; qu'il n'existe plus de libertés nobiliaires; que par la révolution et le complot du 3 ruai 1791, e1 à l'aide des bourgeois, houlans et soldats, ou a établi l'hérédité du trône, que le roi a brisé le Pacta conventa; que le pouvoir royal a été étendu, et la République changée en monarchie : que la noblesse non-possessionnée se trouve repoussée de l'égalité et de la liberté; que les instructions palatinales oui été méprisées; que les opposants peuvent être poursuivis; que l'armée nationale est forcée de défendre un pareil ordre de choses; que. les starosties, ce fonds toujours sûr pour le maintien de la Ilepublique, peuvent être vendues e1 que le patrimoine de la République a été dispersé; que tous les employés sont astreints au serment contre la liberté ; que tous ceux qui n'ont pas voulu jurer ont été privés de leurs emplois; que l'ancien serment des sénateurs dequidquid nocivi scivero avertam et ne id fiai opponam, a été aboli; que les confédérations, quoique le complot se soit fait sous la protection d'une confédération, ne seront jamais permises à l'avenir; que nous sommes entraînés dans une guerre contre la Russie, notre meilleure voisine, la plus ancienne de nos amies et alliées; qu'enfin on ne saurait énumérer les violences et les coups portés à la liberté par cette Diète; n'espérant plus dans le repentir de la Diète et craignant que notre patience, en se prolongeant rende le mal irrémédiable et que la nation ne s'habitue aux chaînes qui lui sont imposées par la. constitution du 3 mai : Nous protestons, de la manière la plus solennelle, contre l'hérédité du trône, établie par la dite constitution ; contre la décision qui ôte le droit de voter aux gentilshommes non-possessionnés; contre toutes les violences qui ont accompagné la révolution du. 3 mai; contre toute espèce de serment forcé pour le maintien de cette constitution, et indigne d'un homme libre; contre l'usurpation législative; enfin contre toutes les lois et constitutions promulguées en cette Dicte. El pour arrive] à ces moyens qui nous ont été indiqués par nos ancêtres, et conformément aux instructions qui nous ont éié données par nos frères 1 1 concitoyens qui demi urent chez eux, dans les palatinats : nous nous confedérons parles liens indissolubles de la confédération libre, en professant la sainte religion catholique romaine apostolique avec l'égalité absolue de
tous les nobles sans exception; avec l'intégrité du territoire de la République, avec la forme de gouvernement républicaine; avec le maintien dos traités conclus avec le grand-duché de i.i- Biuanie; avec les privilèges do la noblesse, en conservant l'armée nationale et la cavalerie nationale ; en restituant toutes les marges civiles et militaires à tous ceux qui en ont été privés par laUiète actuelle; en garantissant la vie, l'honneur, la fortune, les biens et les privilèges attachés aux personnes et aux emplois et possédés légalement ; et en ne permettant pas le retranchement de la moindre parcelle du territoire delà République et de ses dépendances; enfin, nous poursuivrons tons ceux qui voudront, de quelque manière que ce soit, défendre la constitution du 3 mai.
A celle lin nous avons élu pour maréchal S. Exe. Stanislas, Félix Poioçki, grand maître d'artillerie de la couronne; pour conseillers, M.M ; et pour chefs des armées de la Couronne Son Exe. "Xavier Braniçki, grand-général de la Couronne et Son Exe. Séverin Rzewuok', vice-grand-général de la Couronne. Tous ces dignitaires pi *îcnl serment comme ci-dessous.
Dès que ces serments seront prêtés, nous recommandons : 1° LE. Exe. MM\ les grands et vice-grands-généraux do la couronne, eu prenant le commandement des armées de la République, les ramèneront h leur devoir en cassant leur serment illégal et leur faisant prêtci serment à n >tre confédération actuelle; el tous déclarons ennemis de !a patrie tous les militaires qui ^opposeraient ù ces oi dres pi cis de la République confédérée. 2° Suivant les exemples de nos ancêtres et pour que tout citoyen puisse être entièrena nt !il re et pi ipre à agir dans le sens de notre confédération, nous i '■ i ix tribunaux et à toutes
les commissions ou judicalures de se ^pendre la gestion de leurs charges, et de ni poursuivre aucun confédéré jusqu'au retour de la complète tr< nquiilité de la République; car ce n'est pas Je moment de s'occuper des afiàin s ordinaires, lors [u'il s'agil de la liberté et du saint de te République. Toutefois les crimes d'Etat el les machinations contre la présente confédération seront jugés sans mien uption.
Quant à la Diète actuelle, nous la déclarons violente, indigne d'une nation libre, travaillante la perte de la République et la
■oumettant à l'arbitraire du roi. Tout ce qu'elle a pu faire de contraire aux lors c! à la liberté, nous ic déclarons nul. Nous ordonnons en outre que tout ministre, sénateur ; ! nonce désaïoue,dans l'e: p< ce d< 'eux mois, toute sa participation à la nouvelle constitution < '< envoie à la confédération l'acte original do son désaveu el c ipi aux li ibunaux compétents ; quiconque nous âésobéira et voudra prolonger la Diète sera déclaré ennemi de la patrie, et fraj pé p ir la i onfédération de déshonneur et d'inlapacité de remplir aucune charge.
Puisque la République subjuguée est privée des moyens qui jonl au pouvoii des usurpateurs et ne }>t^nt se relever que par ses propres forces, ii ne lui reste plus autre chose que de s'« presser avec confiance à la grande Catherine, qui règne avec tant de gloire el do justice sur un < mpire (je; est notre voisin, ami et allié; nous nous reposons sur la magnanimité de celte grand'.: princesse el sur îa foi des traités qui l'unissent à notre République.
Nous demandons que la République une, souveraine et indépendante, reste intacte dans ses frontières ; car, depuis des siècles, elle n'a été soumise à personne et n'a été la propriété héréditaire de personne; que notre liberté soit maintenue, car c'est sons son empire que nos ancêtres ont vécu heureux, car nous sommes né : îi son ombre et nous voulons y mourir. Nous demandons la tranquillité intérieure, une paix durable avec nos voisins, car nous ne cherchons ni bouleversement, ni pierre, mah le bonheurdes citoyens et le respect des propriétés. Nous désirons raffermir le gouvernemenl républicain, car nous ne saurions nous habituer à uv autre, une autre forme ne pouvant nous apporter que l'inquiétude eï la ruine.
Tels sont nos desseins, i t, pour que nous puissions parvenir à no ii'.; but, nous appelons le secours de celte grande souveraine qui sera la gloire ut ; oi nement de noire siècle. Méprifent la vile jalousie .1 les perfides pièges que sa puissance déluit si facilement, elle sait ce qui peut faire le bonheur de notre nation, el c'est pour cela qu'elle nous tend une main secourabie.
La justice de uos prières, la sainteté des traités et des alliances qui unissenl la Russie à la Pologne, et surtout la grand >ur
l'âme de l'impératrice, nous donnent un espoir fondé do son iésintéressement et de sa magnanimité, en un mot de son digne
secours pour notre rnusc.
Après que les fondateurs de cette confédération auront prèle lerment, il ne leur restera plus qu'à faire un appel à tous nos frères qui sont dans les provinces, et soit qu'ils partagent nos lonvictions, ^oit qu'il.s regrettent leur égarement, nous les appelons tous à suivre notre exemple ei à accéder à noire confédération. — Frères! nous nous adressons à vous, nous vous tendons nos bras conjointement avec cette patrie commune qui se perd et que vous pouvez sauver. 11 ne s'agit pas seulement ici de lions : vous périrez aussi lorsque la République aura péri, l'oubliez pas que là où s'établit la tyrannie, là on peut prolonger l'agonie, mais non point éviter la mort : tût ou tard, tout ce qui respire la liberté doit succomber sous le poids du despotisme.
Serment du maréchal.
Moi, Stanislas Félix Potoçki, élu maréchal de la* confédération
générale de la couronne de Pologne; je jure devant le Dieu tout-puissant et à la Suinte-Trinité, que je remplirai la charge de maréchal, pour reconquérir les libertés nationales, selon Dieu, ma conscience et les lois de la confédération actuelle. Je détruirai par tous les moyens possibles la constitution du 3 mai. comme étant le tombeau de la liberté et de la République. Je détournerai de toutes mes forces l'hérédité du trône et la monarchie. Je n'admettrai point l'augmentation de l'autorité royale. Je dénoncerai à la confédération et au public tous ceux qui agiront contre les libertés nationales, tous ceux qui travailleront pour l'hérédité du Irène ou oui intrigueront ou machineront en faveur de l'augmentation du pouvoir royal. Je ne perrnet'rai ni ne souffrirai le démembrement de la moindre parcelle du pays et de ses dépendances. Je défendrai la feinté foi catholique-romaine. Je maintiendrai et défendrai la Iberlé et l'égalité nobiliaires. Je n'aurai aucune communication avec, les adhérents de la constitution du 3 mai, et par conséquent avec ceux qui travaillent à la perte de la République et des franchises nationales. Je prononcerai dans les jugements de la confédération selon Dieu, ma conscience et la loi, en
conservant la pluralité des votes. Je n'emploierai l'armée pour l'oppression de p< i so me. Je ne quitterai point la confédération «]uc l'hérédité du trône et la constitution du 3 mai ne soient abolies, que. le gouvernement libre et républicain ne nous soit rendu et que la Diète confédérée ne soit dissoute. Je ne m'adresserai à personne pour être délivré du présent serment, et quand même une délivrance quelconque me serait offerte par qui que ce soit, je ne l'accepterai lias. Ainsi, me soient en aide l'omnipotent Dieu et la passion de son fils Jésus-Christ.
Stanislas-Félix Potoçki, général d'artillerie de la couronne, mai échal.
François-Xavier Braniçki, grand-général de la couronne.
Séverin Rz-cwwîd, vice-grand-général de la couronne.
Antoine prince Czetwcrtynski, castellan de Przemyol.
Georges Wiclhorski, ex-notaire de camp de Lithuanie.
Antoine Zlotniçld, porte-enseigne de Czerwonygrod.
Adam Moszczcnski, porte-enseigne de Braçlaw.
Jean Zagorski, échanson de Wlodzimierz.
Jean Sùehofzewski, tribun de Wschowa.
Michel Kobyleçhi, colonel de l'armée de îa couronne.
Jean Swicykoicsld, palatin de Podolie.
François Hulciticz, veneur de GzerniechôW.
Dizmas Boncza Tomaszewski, secrétaire.
Déclaration de guerre par la Russie à la Pologne. Varsovie, ce 7/18 mai 17921.
La liberté et l'indépendance de la Sérénissime République de Pologne ont, dans tous les temps, excité l'attention et l'intérêt de tous ses voisins. S. Y\. l'impératrice de toutes les Russies qui, à ce titre, joint celui de ses engagements formels et positifs avec îa République, s'est encore plus particulièrement attachée à veiller à la coi ervation intacte de ces deux attributs précieux du i'< xistence politique de ce royaume. Les soins constants et magna de Sa Majesté, effets de son amour de la justice et de l'ordre, autant que de son affection et de sabien-