CO— OK
acide acétique.
D’ailleurs, la dernière équation démontre nettement que l’aldéhyde obtenue doit être regardée comme un acétylure d’hydrogène ; le composé CH3 — CO — K étant l’acétylure de potassium.
L’aldéhyde obtenue est gazeuze ; on sait que l’acétaldéhyde ordinaire prend l’état liquide à-j-216 Or, notre aldéhyde ayant été recuellie dans un récipient refroidi avec de la glace et du sel marin, n’a éprouvé aucune condensation. Ayant fait arriver dans le même récipient un courant d’ammoniaque sèche, il s’est produit un liquide incolore, (aldéhydate d’ammonium) , par substitution de l’ammonium de l’hydrogène typique à l’aldéhyde.
CO
Pour nous, le corps en question est un isomère de l’acétaldéhyde ordinaire. En effet, nous avons constaté qu’il offre les principaux caractères qui distinguent la fonction aldéhyde. Par exemple, outre la combinaison avec l’ammoniaque, que nous avons déjà citée, il se combine aussi au bisulfite de sodium. Nous avons introduit le gaz dans une éprouvette contenant du mercure et l’avons mis en contact avec
une solution de bisulfite. Le gaz a été absorbé lentement,et la solution abandonnée à l’évaporation spontanée a fourni des cristaux, qui se sont présentés au microscope sous forme d’aiguilles groupées arête contre arête. Ces aiguilles constituent le bisulfite de [3-acétylammonium, qui traité par le nitrate d'argent, a réduit ce sel, en donnant naissance à une beau miroir métallique.
Cette propriété réductrice est caractéristique de la fonction aldéhyde. Elle peut être vérifiée d’une manière facile et éclatante, si l’on fait agir le (3-aldéhydate de potassium, obtenu par l’ébullition de l'alcool avec de la potasse caustique, sur le nitrate d'argent ammoniacal. Le miroir d’argent métallique obtenu dans ces conditions est d’un éclat superbe.
Ce qui prouve la stabilité du groupement (3-aldéhydique, c'est que cette propriété réductrice se conserve même quand l'aldéhyde est en combinaison, soit avec l’ammonium soit avec les bisulfites alcalins.
Le (3-aldéhyde n'est pas inflammable. Elle est peu soluble dans l’eau. Recueillie dans l’éther ammoniacal, elle donne naissance à une couche liquide, qui occupe le fond du vase. C’est l'aldéhydate d’ammonium, dont nous avons déjà parlé. Cet aldéhv-
date est limpide, mobile ; mais il devient à la longue légèrement jaunâtre, huileux, exhalant une odeur éthérée agréable. Cela indique sans doute une polymérisation, ce qui est l’un des caractères les plus communs des aldéhydes de la série grasse.
S’il parait hors de doute que l’aldéhyde dont nous nous occupons, soit un isomère de l’acétaldéhyde ordinaire, nous croyons pouvoir avancer quelques idées sur sa constitution, qui nous paraît élucidée par suite de sa dérivation.
Cependant, nous promettons de continuer l’étude plus approfondie de ce corps.
Les chimistes ne se trouvent pas d’accord à l’égard de la structure moléculaire des aldéhydes ; les uns les envisageant comme des hydrures, les autres comme des oxydes ou des hydrates de certains radicaux hydrocarbonés.
Nous pensons qu’il existe des aldéhydes, qui peuvent correspondre à chacune de ces constitutions, c’est-à-dire qu’il ne s’agit que de cas très-curieux d’isomérie.
Ainsi, personne ne se refusera à reconnaître dans l'aldéhyde que nous avons préparée le vrai hydrure
du radical acétyle. Le mode de son origine ainsi que sa formation le prouve suffisamment.
Nous ne pouvons pas en dire autant de l’aldéhyde acétique ordinaire. En effet, le mécanisme de sa production dénote un arrangement moléculaire bien divers du précédent.
Recourons aux formules et voyons à q.uel groupement nous pouvons parvenir.
Supposons une action oxydante sur l'alcool.
CFI3 CH3