K2+2H20=2KH0+H
Ce qui donne, traduit en chiffres:
on bien 78+36=112+2=114.
C’est-à-dire que les forces qui se trouvaient en équilibre stable réunissant les molécules réprésentées par les deux masses 78 et 36, sont tombées, dès que ces masses se sont mises en contact, dans un équilibre instable momentané pour passer de nouveau à la forme d’équilibre stable réprésenté par les autres masses 112 et 2, dont la somme préfait la somme des masses primitives.
Pour figurer une autre exemple de l’action nommée de présence, nous rappelerons la décomposition de l’eau oxygénée en eau et oxygène par l’intermédiaire du peroxyde de manganèse, qui se trouve
inaltéré à la fin de l’expérience. L’eau oxygénée est
une corps très-instable, perdant aisément de l’oxygène. D’antre part, le peroxyde de manganèse est un bon oxydant. Au contact de l’eau oxygénée, le peroxyde, favorisé par l’instabilité de l’eau oxygénée tend à lui céder son oxygène ; mais comme elle en renferme en excès, cet ébranlement imprimé par le peroxyde ne fait que décomposer l’eau oxygénée, qui abandonne l’excès d’oxygène à l’état de liberté, en passant elle même à un état inférieur d’oxydation, c’est-à-dire, à l’état d’eau ou protoxyde d’hydrogène. La cause du phénomène est, d’après notre théorie, un mouvement moléculaire semblable à celui qui a produit le dédoublement du sucre. Il y a eu le même effort de la part du peroxyde de manganèse pour introduire son oxygène dans la molécule de l’eau oxygénée, ainsi qu’il est arrivé à l’acide dissous dans l’eau sucrée, Cet effort a été annihilé par la décomposition de l’eau oxygénée.
Quand l’action catalytique est due à des substances fort poreuses, telles que l’éponge de platine, c'est encore l’oxygène condensé dans cette éponge qui se dégageant sous forte tension, à un état voisin de l’état naissant, va employer le même effort sur les molécules en contact, lesquelles finissent pour entrer en décomposition.
Dans certaines réactions, cet oxyg’ène parvient à exercer son influence comburante. De sorte que la
réaction entre le peroxyde de manganèse et le peroxyde d'hydrogène peut être représentée parce dédoublement:
2 H203— 2 H20+02 ou numériquement:
En somme, les actions de présence ne semblent être que des dédoublements occasionnés par un corps, qui s’efforce pour faire partie de la molécule d’un des membres de la réaction, mais qui n’y parvient pas et ne produit que la décomposition constituant le dédoublement. Ce sont des actions chimiques incomplètes de la part d’un corps qui intervient comme tiers dans la réaction et se rétire inaltéré dès que les forces qu’il déploie pour entrer en combinaison sont vaincues par un nouveau groupement moléculaire stable.
Dans le cas du peroxyde de manganèse et de l’eau oxygénée, l’oxygène du peroxyde oppose deux masses pesant 16 chaque (O2), qui cherchent à déséquilibrer les deux masses de l’eau oxygénée pesant 34 chaque ; et vu que ce dernier effet ne peut pas être obtenu, les deux masses 34 se sous-divisent en deux 18 et une 32, sur lesquelles le peroxyde ne peut plus réagir. Quoiqu’il en soit, il faut toujours supposer des affinités électives, supposition qui est
d’ailleurs préalable dans tous les phénomènes d’ordre chimique. Les causes de ces attractions et rénuisions, ou, pour ainsi dire, de ces sympathies et antipathies moléculaires, tiennent probablement à des conditions structurales, qui seront un jour révélées par les progrès de la mécanique des atomes. Sous ce rapport, tous les faits chimiques se réduiraient à de pures actions catalytiques.
Nous pensons que les réflexions que nous venons de développer, démontrent nettement le parti que retire le chimiste des considérations de poids, de volume, et de nombre, lequel en est la représentation nécessaire et conventionelle. Les questions les plus délicates de la haute science ont besoin le plus souvent de ces trois guides, que ne sauraient pas nous dispenser les recherches quelles qu’elles soient.
L’importance de telles données devient encore plus frappante, dès qu’on est parvenu â réprésenter par dos nombres les volumes atomiques et moléculaires des corps. Le poids atomique d’un corps divisé par sa densité donne le volume atomique de ce corps, y compris le vide existant entre les atomes, ce qui ^altéra pas le rapport établi, car les mêmes atomes ont autour d’eux le même espace vide, toutes les choses égales d’ailleurs.
Le volume moléculaire de l’eau étant pris pour point de départ, ce volume étant donné par le rap-
port entre le poids moléculaire de l’eau et la den-
constater des faits très-intéressants, comme ceux-ci:
Que la substitution de H2 à O ne modifie pas le volume moléculaire, de même, la substitution de C à H2, bien que ce soit un élément tétratomique qui prend la place d’une molécule d’autre élément, dont l’atomicité est égale à 1 ; c’est-à-dire, tant C que O occupent le même volume qu’une molécule d’hydrogène H2.
Si l’on sait que le volume moléculaire de CH2 est
22, on en conclut que le volume atomique du car-
boue est -^- = 1 1 , et le volume atomique de l’hy-
terminations, que l’oxygène de substitution et l’oxygène typique occupent des volumes différents. Que l’on compare le volume moléculaire d’une aldéhyde au volume moléculaire de l’hydrocarbure dont elle vient. Le volume moléculaire de l’aldéhyde acétique est réprésenté par 56,0. Qu’on en retranche le volume moléculaire de l’éthylène=44, (C2H10=C2H4-f O), le reste qui est 12, réprésente par différence le volume atomique de l’oxygène de substitution, car tel est celui qui figure dans la moléculue aldehydique par substitution dans l’hydrocarbure saturé C2HG d’un atome d’oxygène à deux d’hydrogène.
sité considérée comme unité
on a pu
Le volume d’une molécule d’hydrogène est 11,0 ; son volume atomique étant, ainsi que nous l'avons dit, égal à 5,5, Le volume moléculaire de l’eau, la détermination étant faite à la température d’ébulii • tion, est 18,8. En retranchant 11,0 de 18,8, la différence 7,8 représente évidemment le volume atomique de l’oxygène renfermé dans la molécule de l’eau
> O ; il va sans dire que cet oxygène
est typique.
Outre ce que nous avons dit, que l’on considère le service que rend le poids dans l’analyse élémentaire (et par conséquent le nombre), et dans l’établissement de la composition centésimale, premier pas nécessaire à la détermination du poids atomique et moléculaire ; que l’on considère combien de fois a-t’on recours au volume dans les procédés dosimétriques, soit pour les substances gazeuzes, soit pour les liquides, et quel est l’intérêt que trouve le chimiste à marquer numériquement les volumes observés, et l’on aura tracé une histoire générale de ces trois expressions, que notre raisonnement recherche pendant les expériences, ce que confirme cette maxime: Dieu a tout ordonné selon le nombre, la mesure et le poids ; Gott liât ailes nach Zahl, Maas und Gevicht geordnet. (1)
(1) C’est l’inscription de l’amphithéatre de Chimie de l'Université de Leipzig.
Il y a une foule de circonstances accessoires qui s’opposent à l’exactitude mathématique des déterminations volumétriques. Lorsqu’il s’agit de gaz, il est nécessaire de rapporter à une même température les résultats trouvés, car la dilatation des gaz varie selon la température. L’examen barométrique devient aussi indispensable, parceque la près sion plus ou moins grande diminue ou augmente le volume gazeux. Il n’est pas facile de tout disposer dans des conditions si avantageuses que toutes les causes d’erreur puissent être éloignées dans telles déterminations ; d’où viennent les divergences parfois notables entre les résultats obtenus par différents observateurs.
Le titrage des liqueurs d’épreuve, leur mélange avec le liquide qu’on essaie jusqu’au moment précis où le phénomène x ou y se produise, les influences atmosphériques, surtout oxydantes et d’autres tenant des conditions spéciales où l’on expérimente, constituent autant d’obstacles à un résultat d’une exactitude mathématique. Les nombres qui exprimentde tels résultats n’indiquent qu’une approximation très-vosine de la vérité, mais non des conclusions à l’abri de toute objection.
Chose singulière nous nous approchons en général beaucoup plus de la vérité, lorsque nous dosons par
l’intermédiaire des impondérables, que lorsque le dosage est fait à l’aide des liqueurs titrées, c’est-àdire, centenant un certain poids déterminé d’un réactif sous un certain volume. On a utilisé la lumière avec une immense avantage dans la volumétrie. Personne n’ignore que le procédé saccharimétrique fondé sur les modifications du plan de polarisation de la lumière est beaucoup plus expéditif et exact que le procédé par la liqueur cupro-potassique, dont l’emploi est entouré d’un grand nombre d’influences qui altèrent le résultat final ; aussi est-il rare de voir coïncider deux dosages faites par une ou par l’autre méthode.
Un jour l’électricité sera appliquée comme la lumière à la détermination pondérable des corps, et quelques essais ont été même tentés à cet ég’ard. Les secrets les plus profonds de la nature seront découverts par l’étude des forces physiques ; c’est tout l’avenir de la science, c’est tout l’espoir de la civilisotion.
L’analyse spéctrale, la transmutation pratique des forces naturelles ; les nombreuses applications de l’électricité et de l’électro-magnétisme, proclament bien haut que ma prophétie n’est pas déraisonnable.
S’il n’est pas possible d’inventer une balance qui fasse graviter les impondérables, ou une échelle
qui puisse graduer leur volume, au moins ils serviront à nous conduire à la détermination du poids et du volume de ce qui est pondérable, la conquête de ce qui est accessible â l’investigation de nos instruments. Il faut beaucoup rechercher avant d’arriver à la connaissance du mode d’être des agents physiques. Ajournons à une ère indéterminée l’établissement de cette grande question: Quel est le nombre qui exprime le poids et le volume atomique de l’éther ou de la matièro substantielle universelle et comment vibre ce corps primitif pour la production des innombrables phénomènes que se manifestent d’une manière visible ou invisible dans la nature ?
Ce sera le point final de la science, car tous les voiles seront tombés pour montrer les splendeurs les plus inconnues de la création ; l’homme aura touché pour ainsi dire avec son doigt l’idéal, il ne sera éloigné que d’un pas de la perfectibilité et pourra fermer le livre des élucubrations en se recueillant a jamais dans le sein de Dieu.