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ÉTUDE SUR LA PÉREIRINE

La plante qui est vulgairement connue parmi nous sous le nom de pdo perdra, probablement parceque les explorateurs portugais qui l’ont vue les premiers ont trouvé quelque ressemblance entre elle et le poirier d’Europe, appartient à la famille des apocynacèes. Son nom botanique est geissospermum Vellosü (Freire Allemâo); Taberncemontana lœvis (Velloso), Vallezia inedita (Ruiz et Pavon), M. Bâillon la nomme geissospermum lœve

Parmi nous elle est encore désignée vulgairement sous les noms de pdo colher (bois à cuiller) pdo de pente (bois à peigne), canudo amargoso, (tube amer), camard , pdo amargoso , (bois amer), pinguacib ), etc.

Le pâo pereira croit au Brésil et occupe une région comprise entre les provinces de Bahia, Espirito- ! Santo et Rio de Janeiro.

La diagnose de cette plante, d’après Martius, est la suivante:

«Arbor procera, cortice ocraceo, amaro ; Rami tortuosi , patuli , Ramuli elongati. flexiles , di-trichotomi , junior es cinereo-velutini , demum glabrescentes . Folia alterna , distiche patentia , oblongo-elliptica , utringue acuminata , mediocriter petiolata , juniora cericeo-tomentosco , adulta glaberrima , nitida , dense et prominenter venosa.

Inflorescentiœ oppositiramosa , sericect

Inflorescentiœ secus fere totam longitudinem ramorum adeo similiter sunt evolutœ et rami adeo recti ut cymas vix crederem axes totidem terminantes . Basis pseudo-dichotomiarum ramorum etiam est aphylla , amd erarnus tateralis i , e. tractu longuisculo axi adhœrens.

Similiter pedunculi ex folii génératrices axilla longuisculo tractu cumaxi cohœrentes videntur dijudicandi. Confer etiam cum Vallesia. Resipsa autem, andicholomiœ verœ , an spurice , eæ vivo , ex modo evolutionis , est accuratius exploranda. »

Flora Bras. Mart. Fasc. 26. pag. 89-90 et fig.

folia , compacte 2-3 chotome

(Note de M. le Prof. Caminhoâ, de Rio.)

Les fruits du pâo-pereira sont charnus, accumulés ou d’une forme ovale, divergents. Quand ils sont verts, ils se recourent de poils grisâtres, brillants ; quand ils sont mûrs leur coloration devient jaunâtre. Les graines sont lenticulaires, oblongues, disposées en deux rangs, reufermées dans des fausses loges, imbriquées et envelopées dans une pulpe fibreuse. (Note de M. Mello e Oliveira, pharmacien botaniste à Rio).

L’écorce du pâo pereira est regardée depuis longtemps comme un bon tonique, et appliquée comme telle contre un grand nombre de maladies. Ses propriétés anti-fébriles furent constatées par des médecins distingués, les plus anciens de Rio de Janeiro, tels que le savant Valladâo (aujourd’hui baron de Petropolis), Maia, De Simoni, Chernoviz, Silva, etc.

A titre d’anti-scrofuleux cette écorce était déjà employée avec avantage par Ildefonso Gomes.

L’action thérapeutique de l’écorce est due à la présence d’un principe alcaloïdique, isolé pour la prémière fois en 1838, par Ezequiel Correa dos Santos, chimiste distingué, père du savant professeur de notre Faculté de Médecine de Rio.

Si quelques auteurs étrangers, comme Van-Den- Corput (1), citent le nom de notre compatriote comme

(1) Van-den-Corput, Aperçu de matière médicale et thérapeutique brésiliennes Bruxellas— 1865.

ayant découvert la péreirine ; d’autres, parmi eux M. M. Wûrtz et Dorva ult, (2) la présentent comme ayant été découverte par Goos en 1839. Mais si l’on confronte les dates, on voit que les travaux de Goos furent postérieurs à ceux d’Ezéquiel.

Le Dr. Lallemand envoya à un chimiste de Kiel, le professeur Pfaff une portion d’écorce de pâo pereira ; et le même professeur fit en collaboration avec Goos, pharmacien à Hambourg’, l’analyse du pâo-pereira. Il est donc évident que lorsque Pfaff analysa le pâo-pereira, celui-ci l'avait déjà été par Ezequiel, qui avait aussi signalé l’existence du principe actif: et que Goos, qui passe aux yeux de Dorvault et d’autres comme P isolateur de l’alcadoïde, n’a été qu’un auxiliaire du professeur Pfaff.

Il est nécessaire d’entrer dans ces détails sur l’historique d’une plante tout-à-fait nôtre, et la revendication de nos droits sur la péreirine est non seulement un devoir de patriotisme, mais encore une protestation contre une usurpation d’un droit incontestable, celui de la priorité des découvertes.

(2) Wûrtz-Dictionaire de Chimie.

Article— péreirine.

Dorvault— L’officine. Pag. 605.

Huitième édition.

Le résultat des recherches de Pfaff sur l’écorce de pâo-pereira est en résumé le suivant:

Constatation de la présence : 1° de ligneux ; 2° de la péreirine, substance douée de propriétés alcalines, d'une couleur jaune sombre, incristallisable, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’étlier, se combinant aux acides ; 3° d’une matière extractive résineuse et amère soluble dans l’alcool ; 4° d’une certaine quantité de gomme; 5° d’un acide végétal existant dans l’écorce en combinaison avec la péreirine, acide dont on ne détermina pas la nature.

On obtient la péreirine en mettant en macération avec de l’eau acidulée l’écorce de pâo-pereira réduit en petits fragments. On déplace ainsi l’acide naturel et il se forme un sel avec l’acide employé. Puis on précipite le produit de la macération par l’ammoniaque.

Disons que ce procédé, généralement employé pour l’obtention de l’alcaloïde donne, un produit trés-impur, ainsique j’ai pu m’en assurer moi-même, en analysant la péreirine du commerce ; cette étude fera l'objet de ce travail.

Il faudrait recombiner la péreirine obtenue dans une première opération avec l’acide employé, décomposer de nouveau le sel formé et répéter à plusieurs

reprises cette opération jusqu’à ee qu’on ait obtenu un produit le plus possible incolore.

Quelques chimistes nationaux se sont appliqués à des recherches sur la péreirine, mais leurs expériences n’ont été jusqu’ici publiées. Dernièrement, un élève distingué de l’école polytechnique de Rio, M. Henninger, a commencé quelques études sur le même corps, lesquelles ont été insérées dans différents numéros de la — Révue médicale do Rio de Janeiro— Ces études portent principalement sur la préparation et les propriétés de divers sels de l’alcaloïde. Quant à la composition centésimale de l’alcaloïde et sa formule il n’y a rien de fait à cet égard; je suis parvenu à réaliser ces déterminations.

Sur l’action physiologique de la péreirine, il a paru récemment un écrit intéressant dû à notre compatriote, M. le Dr. Cypriano de Freitas, en collaboration avec M. Bocliafontaine. Le titre de ce travail est — Note sur V action physiologique du pdo pereira , (j geissos-permum lœve, Bâillon) 1877.

Les expériences ont été faites à Paris sur des grenouilles, des chiens et d’autres animaux, à l’aide d’injections hypodermiques. Chez les chiens on a eu aussi recours à des injections intra-veineuses et on a fait des tracés hémodynamométriques. Dans l'impossibilité de faire ici la description complète

de telles expériences, nous dirons en résumé ce que pensent les auteurs de l’action physiologique de la péreirine, c’est-à-dire que la péreirine n’a pas une action locale irritante et jouit du pouvoir d’abolir les propriétés physiologiques de la substance grise nerveuse centrale et particulièrement de l’axe gris bulbo- médullaire.

Pour donner une idée de l'activité de l’alcaloïde, nous citerons l’expérience où deux milligrammes seulement introduits sous la peau d’une grenouille ont déterminé la mort.

J’entrerai maintenant dans l’exposition de ce que j'ai trouvé sur quelques réactions intéressantes de l'alcaloïde dont nous traitons. Comme la généralité des alcaloïdes, la péreirine manifeste, sous des influences les plus variées, des colorations diverses persistantes on bien fugaces.

On agit très-convenablement en mettant une petite parcelle de l’alcaloïde sur un verre de montre placé sur une feuille à papier blanc et en faisant réagir une on plusieurs gouttes du réactif.

Ainsi, sous l'influence de l’acide sulfurique la péreirine manifeste une couleur jaune et puis roug’e sale.

Les actions oxydantes qui suivent sont trèscurieuses.

En effet, si on mêle de l’acide sulfurique et du chlorate de potassium, ce qui dégage du peroxyde de chlore naissant, et si on y verse ensuite de ln péreirine, on note des détonations très-vives, et il se montre une belle coloration écarlate de sang, passant quelque temps après vers le rose et le jaune.

Par l’acide azotique, couleur pourpre passant au rose et puis au jaune. Si pendant que la couleur est pourpre on ajoute quelques gouttes d’une solution de proto-chlorure d’étain, la coloration vire immédiatement vers le jaune.

Par l’acide sulfurique et peroxyde de manganèse, il se manifeste en quelques moments une coloration violette qui peut servir à caractériser l’alcaloïde.

Par l’acide sulfurique et le bichromate de potassium, coloration noire, qui vire peu à peu au rouge sombre .

L’acide chromique agissant à froid sur la péreirine la rend noire.

Chauffée avec de l’acide iodique, la péreirine devient rouge, puis noire, et enfin elle déflagre avec production de belles étincelles rouges, dégageant des vapeurs d’iode.

Le bichromate de potassium chauffé avec la péreirine donne une couleur noire avec dégagement de fumées qui exhalent une odeur aromatique sui generis.

Si Ton chauffe du chlorate de potassium avec de la péreirine, on note une coloration rougeâtre, puis noire, et à la fin il y a une crépitation accompagnée de belles flammes blanches, exhalant une odeur aromatique. Probablement il se forme pendant ces deux dernières reactions des corps de la série aromatique à laquelle appartient peut-être la péreirine elle-même, supposition applicable également à la généralité dos alcaloïdes naturels.

La péreirine traitée par l’acide azotique devient rouge, ainsi que nous l’avons déjà dit ; mais par l’addition de la potasse, il se précipite une matière rouge pulvérulente. Si l’on ajoute de l’eau à la matière formée sous l’action de l’acide azotique, il se dépose une poudre d’une couleur jaune sale.

Sous l’influence des vapeurs de brome, la péreirine prend la coloration verte.

Broyée avec Piode elle fournit une poudre d’une couleur semblable à celle du café moulu.

La solution du proto-chlorure d’étain ne pro* duit rien à froid. A chaud, il se dégage des fumées d’une odeur irritante, qui rougissent le tournesol,

la péreirine se dissolvant dans le liquide devenu jaune d’or ; ce liquide se trouble par le refroidissement.

Les réactions suivantes ont été obtenues en se servant d’une solution aqueuse de chlorhydrate de péreirine.

Bichlorure de platine.. — Précipité en flocons jaunâtres, augmentant considérablement par une élévation de température.

Chlorure d’or. — Belle coloration rouge grenat, avec abondant précipité floconneux . Par le repos on voit que la couleur grenat, est communiquée par les flocons car il surnag e au dessus d’eux une couche liquide jaunâtre.

Iodure de potassium. — Précipité sous forme de flocons jaunâtres. L’addition d’une goutte de teinture d’iode rend le précipité plus abondant.

Cyano ferrure de potassium. — Précipité en flocons jaunes.

Acide sulfurique et sucre. — Coloration rouge presque noire ; le liquide prend une odeur cyanhydrique ; ou mieux il sent la punaise.

La péreirine est très-peu soluble dans l’eau, assez toutefois pour lui communiquer une saveur amère. Elle est très-soluble dans l’éther. Ses solutions,

ainsi que celles de ses sels ont la propriété de produire de l’écume comme le savon.

Les solutions de ses sels sont fluorescentes. Parla transmission ils se montrent plus ou moins jaunâtres ; par réflexion ils offrent des reflets opalins.

Nous abordons maintenant une question importante, à savoir : la péreirine, telle quelle qu’on la livre au commerce est loin de représenter un principe immédiat, un corps chimiquement défini. La poudre jaune, sèche, sans le moindre vestige de cristallisation, qui se trouve sur le marché sous le nom de l’alcaloïde, n'est qu’un mélange assez complexe. Pour résoudre cette question nous avons tenté un bon nombre d’expériences, dont le résultat tend à confirmer cette assertion.

En effet, des traitements auxquels nous avous soumis la péreirine du commerce, il résulte en résumé que cette substance est un mélange de cinq corps, que nous avons isolés et dont nons p ossédons des échantillons dans le laboratoire de la Faculté. Ces corps sont:

l.° Matière amylacée; 2° matière colorante amère, retenant l'alcaloïde ; 3° matière d’une apparence cristalline mal définie, présentant la composition

centésimale de la glucose, insoluble dans l’eau. Voici le résultat de l’analyse de ce corps :

Carbone 36,210

Hydrogène 6,556

Oxygène 57,234

4° matière ayant la composition d’un hydrate de carbone different du précédent ; 5° matière cristalline, incolore, offrant les caractères d’un glucoside, sans garantie de pureté chimique absolue.

Cela dit, exposons la méthode que nous avons suivie pour' pouvoir parvenir à telles cenclusions.

La péreirine étant qresque insoluble dans l’eau, est au contraire très-soluble daus une lessive de potasse caustique. Nous l’y avons dissoute et filtrée ensuite sur du noir animal. La liqueur qui a passé a été dépourvue ainsi de la matière colorante jaune et s’est présentée incolore. On ne parvient pas, à ce résultat en filtrant par exemple une solution alcoolique de péreirine ou une autre quelconque du même alcaloïde. La potasse jouit donc du privilège de dégager la matière colorante qui retient la péreirine.

Ensuite, nous avons neutralisé le liquide par l’acide acétique crjstalisable. Il s’est formé, au moment même où on a obtenu la saturation, un précipité floconneux, Ce précipité est devenu amorphe, après

dessication, et après avoir été bouilli avec de l’eau et avoir été traité par la teinture d’iode en petite quantité, il a pris une belle coloration bleu indiquant la présence de la matière amylacée.

Ce résultat nous porte à penser que l'alcaloïde se trouve intimement uni â la matière colorante et à l’amidon, et que la potasse a la propriété de détruire cette liaison et d’isoler les principes étroitement associés.

Le liquide étant filtré, nous l’avons soumis à l’action de l’acide sulfuriqne, afin de former du sulfate de potassium et séparer l’acide acétique, Alors nous l'avons traité par l’alcool à 90, qui a éthérifié l’acide acétique et précipité le sulfate de potassium. Il faut ajouter l’alcool jusqu’à ce qu’il ne se produise plus de précipité. Nous avons filtré pour séparer le sulfate de potassium. Nous avons évaporé pour éliminer l'éther acétique formé. Nous avons ensuite précipité par la baryte le liquide filtré, contenant un excès d’acide sulfurique.

Nous avons encore filtré de nouveau sur du charbon animal pour séparer un reste de matière colorante. Puis on a évaporé et abandonné à la cristallisation. On purifie les cristaux au moyen de nouvelles cristallisations.

A l’œil nu cristaux se présentent comme petits i grains , très-fins, soyeux et brillants, présentant une

apparence semblable à celle de l’acide benzoïque. Nous les avons examinés sons le microscope et nous les avons trouvés sous la forme de lamelles allongées, quadrangulaires. Ces cristaux, traités à cliaud par de l’acide chlorhydrique étendu d’eau et puis par la liqueur cupro-potassique, ont la propriété de réduire cette liqueur, en précipitant l’oxyde de cuivre. Il s’agit donc d’un glucoside, ainsi que semble l’indiquer cette dernière réaction.

Les mêmes cristaux sont azotés, neutres aux papiers réactifs et dépourvus de saveur amère. Cette, saveur paraît siéger exclusivement dans la matière colorante.

La matière colorante, préalablement desséchée, est une poudre d’un jaune très-foncé, laquelle dissoute dans l’alcool y produit une belle coloration jaune clair. La matière colorante accompagne toujours l’alcaloïde; elle forme un corps commun avec lui, peut-être fait elle-même partie intégrante de sa molécule ; quoiqu'il en soit, l’une et l’autre substance sont inséparables et résistent à toutes les tentatives d’isolement.

En outre, il semble que la matière colorante se forme aux dépens du corps que nous avons vu se comportant comme un glucoside ; car, étant décoloré par le noir animal, par le procédé déjà exposé, le liquide

qui renferme ce glucoside se recolore par lelévation de température et l’exposition à l'air. Ce fait dénote que la matière colorante se constitue par oxydation, à la faveur probablement de la matière cristalline.

La péreirine dissoute dans une solution concentrée de potasse dégage après un certain laps de temps une odeur ammoniacale.

Lorsqu'on sature la péreirine du commerce par un acide, il y en a toujours une portion qui refuse de se combiner. Cette portion qui reste sur le filtre prend à l’air une coloration rouge sombre ; elle ne possède aucune réaction.

Une portion qui a resté restée de l’action de l'acide valérique sur la péréirine, a offert après dessication, une couleur jaune sale; elle s’est présentée sous l'apparence d’une matière amorphe, d’une couleur jaune sombre.

La matière dont nous parlons est aussi incomplètement soluble dans l’alcool. La partie soluble communique à la liqueur une coloration jaune rougeâtre. Ceci indique qu’une semblable matière n’est pas composé d’un seul principe, mais d’un mélange de deux principes au moins.

La partie insoluble dans l’alcool ayant été lavée à l’aide du même liquide, s’est présentée, après dessication, comme une substance amorphe, d’une couleur jaune brun.

L’analyse de cette substance a donné la composition centésimale d’une variété d’hydrate de carbone, que nous avons représenté par la formule empirique CH80h S’agirait’il d’un analogue de la cel-

lulose ? Cette formule se

divise-nettement en C(H'0 1

y d rate p rotocarboné

Voici les chiffres bres ronds:

donnés par l’analyse en

Carbone 14,000

Hydrogène 8,000

Oxygène 78,000

La partie soluble dans l’alcool, étant concentrée à une douce chaleur jusqu’à la consistance sirupeuse, a donné après déssication, en présence du chlorure de calcium, une masse rouge, d’une apparence diverse de celle de la substance précédente. Cette masse est confusément cristalline, brillante, amère,

— réduisant le nitrate d’argent ammoniacal avec production d’un miroir métallique, réduisant incomplètement la liqueur cupro-potassique avec une nuance vert. Sa composition centésimale est la même que celle de la glucose. !

La péreirine se trouvant étroitement unie à tant de principes différentes, sur tout à la matière colo-

ran te, et offrant aussi une grande résistance à cristalliser, on conçoit qu’il est bien difficile, et peut-être impossible, de l’obtenir à état de pureté absolue.

Quelque soit le procédé employé pour décolorer la péreirine, celle-ci est retenue avec la matière colorante et le liquide incolore qui en résulte est dépourvu de l’alcaloïde.

Il en a été ainsi, lorsque la péreirine étant combinée avec l’acide sulfurique, le sulfate décomposé par la potasse et l’excès de potasse éliminé par l’eau, a été traitée par le sous acétate de plomb. La liqueur a offert une coloration plus faible. Additionnée d’eau de baryte et filtrée sur du noir animal elle a passé toutà-fait limpide et incolore. J'ai retiré l'excès de baryte par l'acide sulfurique et j’ai filtré. J’ai mis à cristalliser. On n’a rien obtenu, parce que la solution ne contenait rien. La péreirine avait été retenue avec la matière colorante dans le charbon animal.

La composition centésimale de la péreirine du commerce n’est pas fixe, ainsiqu’ on pouvait le prévoir.

Le résultat de deux des analyses que nous avons faites a été le suivant pour le carbone et l’hydrogène.

Carbone. . .

Hydrogène

Carbone 17.120 °/0

Hydrogène 7,908 °/0

Ces résultats, on le voit bien, diffèrent beaucoup entre eux.

Une autre analyse, l’azote et l’oxygéne compris, a

fourni les chiffres suivants:

Carbone 21,078

Hydrogène 3,897

Azote..., 5,928

Oxygène (par différence) 69,097

En comparant les taux pour cent de carbone et d’hydrogène de cette dernière analyse à ceux des analyses ns. 1 et 2, on constate les différences suivantes:

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