‹ Recueil des travaux chimiquesChapitre 18 sur 40 · CARBONE · texte numérisé non relu

CARBONE

Différence entre n. 3 et n. 1 .... = 7,908

Id. entre n. 3 et n. 2 = 3,958

Id. entre n. I et n. 2 = 3,950

Il suffit de ce contrôle mutuel entre les résultats fournis par l’analyse élémentaire pour démontrer d'une manière évidente la nature complexe de la péreirine du commerce.

Les résultats de l’analyse immédiate, déjà exposés plus haut confirment cette vérité.

Pour faire l’analyse élémentaire de l’alcaloïde luimême, j'ai préparé exprès un sel de péreirine (le sulfate) et j’en ai précipité l’alcoloïde, lequel s’est présenté, après lavage et dessication, sous la forme de petits fragments, bien moins jaunes que la péreirine du commerce, très-légers, resemblant à des morceaux de liège, et représentant l’alcaloïde dépourvu le plus possible de la matière colorante. J'ai trouvé pour ce corps la composition centésimale

suivante :

Carbone 30,215

Hydrogène 7,749

Azote 5,059

Oxygène 56,977

Le poids moléculaire de la péreirine, déduit de la combinaison du chlorhydrate avec le chlorure de platine, est 279.

Combinant ce résultat à ceux.de l’analyse centésimale n. 3, ont trouverait la formule C5HnAz012.

Mais il faut rejeter cette formule, de même que celles qui se rapportent aux analyses n. 1 et 2.

Recherchant la formule d’après les résultats de l’analyse de la péreirine précipitée de son sulfate, les seuls qui doivent mériter confiance, nous avons trouvé la formule suivante:

CrH21AzOl0

Combinaison de la péreirine avec les acides . — La péreirine s’unit aisément aux acides en donnant des sels bien caractérisés. Elle est une hase capable de donner non seulement des sels neutres mais encore des sels acides. Ainsi, nous avons constaté qu’elle forme avec l’acide chorhydrique un chlorhydrate acide, quand elle est traitée par le même acide étendu et en excès. Le chlorhydrate acide qu'on obtient par l’évaporation est un produit brun, qui desséché à l’étuve à 100°, présente l’aspect d'un corps presque noir, sous forme de grains cristallins brillants, qui examinés sous le microscope, montrent des tables quadrangulaires, quelques unes, étant des losanges, ou bien des aiguilles tabulaires allongées.

Ce sel est soluble dans l’eau en toutes proportions, et la solution prend la nuance verdâtre. Cette solution précipite par -la potasse en flocons jaunâtres, et parle nitrate d’argent addittionné d’ammoniaque

donne un précipité jaunâtre, ne tardant pas à se redissoudre par l’agitation.

Lorsque la péreirine se dissout dans de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique, de façon à obtenir une solution neutre, et que Ton soumet cette solution à l’évaporation, on obtient une masse brune, d’une consistance d’extrait mou, soluble dans l’eau qu’elle colore en jaune ; celui-ci est le chlorhydrate neutre de péreirine, qui séché â l’etuve vers 100° devient dur, friable, d’une couleur rouge très-foncé et d’un éclat vitreux.

Le chlorhydrate neutre offre au microscope des prismes quadrangulaires, terminés par sommets pyramidaux et des masses elliptiques entourées d’une pénombre, jaunâtres et claires vers le milieu. Plusieurs de ces masses se réunissent ou se soudent entre elles en donnant des configurations étoilées ou pourvues de deux ou plusieurs prolongements.

Le sulfate de péreirine se présente au microscope sous forme de masses amorphes. Mais, si l’on en dissout dans l’alcool une petite quantité dans un verre de montre, le microscope révèle des cristaux volumineux sous forme de tables rectangulaires, transparentes.

Cette observation a été faite par M. Felicissimo Fernandes, préparateur de chimie organique â la Faculté.

Les tables, selon le même chimiste, sont souvent soudées entre elles, arête contre arête ; parfois elles sont superposées, formant des marches, (scalariformes) .

La péreirine se combine aussi à l'anhydride sulfureux, en donnant un sulfite. Le sulfite de péreirine, signalé par M. Felicissimo Fernandes, est jaunâtre. Dissous dans l’alcool dans un verre de montre, évaporé etporté sous le microscope, il montre des cristaux sous forme de tables rhomboïdes allongées, groupées autour d’un centre commun, comme des rayons, et perdues, comme enfoncées dans une masse de matière colorante jaune.

M. Fernandes, qui a remarqué cette forme cristalline, a observé que le sulfite de péreirine préparé avec la péreirine du commerce laisse un résidu minéral, d’une saveur alcaline, lorsqu’ il est soumis à la calcination.

Nous avons préparé encore d’autres sels de péreirine, tels que le formiate, l’acétate, le butyrate, le valérate, etc.

Le butyrate et le valérate de péreirine exécutent des movements ratatoires, lorsqu’ils sont jetés à la surface de l’eau.

La péreirine donne sous l’influence de la potasse une magnifique matière colorante. On procède de la

manière suivante: On dissout la péreirine dans une solation alcoolique de potasse, on chauffe et on évapore. On obtient ainsi une masse rouge brun, glutineuse, extensible, douée d'une consistance de résine molle. Cette matière traitée par beau, jusqu’à ce que celle-ci ne présente plus une réaction alcaline et séchée à 100° constitue une poudre d’un beau rouge vif, sous forme de grains cristallins très-brillants.

Action cle la chaleur. — La péreirine à 100° perd de l'eau, à 110° elle s’altère prenant une coloration rougeâtre, à des températures plus élevées elle se décompose, dégageant des vapeurs épaisses, jaunâtres, et aromatiques; il reste à la fin un charbon boursouflé très léger.

Page 1