CONCLUSIONS
De cette étude sur la péreirine nous croyons pouvoir tirer les conclusions suivantes :
1. ° La péreirine du commerce est un mélange de divers principes immédiats.
2. ° L’alcaloïde est l’un de ces principes et la matière colorante s’y trouve intimement attachée de sorte qu'on ne parvient pas à l’isoler totalement.
3. ° Les autres principes, outre l’alcaloïde et la matière colorante sont :
Matière amylacée, glucose, un autre hydrate de carbone et une substance qui semble être un glucoside.
4. ° Le poids moléculaire de la péreirine précipitée du sulfate est 279, sa formule est C7 H21 AzO10.
5. ° La péreirine forme avec les acides des sels, non seulement neutres, mais encore acides ; ces sels présentent à l’examen microscopique des formes cristallines déterminées.
6. ° La matière colorante de la péreirine paraît se former en vertu d’une oxydation de la matière cristalline qui présente le caractère d’un glucoside et qui existe dans la péreirine du commerce et probablement dans l’écorce du végétal.
7. ° La péreirine du commerce forme avec la solution alcoolique de potasse une matière colorante rouge, sans doute par suite d’une action oxydante. Peut-être l’alcool lui-même joue un rôle dans la réaction. C’est ce que nous n’avons pas encore recherché.
8. ° Pour obtenir la péreirine cristallisée, il faudrait employer un dissolvant tel qu’il fût capable de s’emparer de l’alcaloïde sans se charger de la matière colorante qui l’accompagne. On n’est pas encore jusqu'ici arrivé à ce résultat. Tous les agents qui dérobent la matière colorante entament aussi avec eux la totalité de l’alcaloïde.
C’est ce qu’a produit la potasse et l’acétate de plomb. Mais ne désespérons pas. Les ressources de la science sont inépuisables.
Ce desideratum >, sera un jour atteint, si on multiplie les recherches sur un corps si intéressant et qui doit mériter l’attention des chimistes brésiliens d’autant plus qu’il est d’une origine tout nationale, soit par le terrain où croît la plante où il est naturellement élaboré, soit par la circonstance d’avoir été extrait pour la première fois par un de nos compatriotes.
9.° Il résulte de tous les faits énumérés qu’il faut ne pas avoir beaucoup de confiance dans la péreirine du commerce dans les usages thérapeutiques. La graduation des doses, la constatation des effets physiologiques, ne sauraient suivre des règles fixes, en présence d’une matière sans aucune garantie de pureté chimique. Cette impureté a certes contribué à perpétuer l’abandon où est tombé ce médicament. Nous sommes bien persuadé que si l’on établissait une péreirine officinale, d’une pureté normale, qui fût seule employée avec exclusion absolue de celle du commerce, on parviendrait à régénérer la renommée autrefois acquise par l’alcaloïde, pendant les temps heureux de son introduction dans la matière médicale.