‹ Recueil des travaux scientifiques de Léon FoucaultChapitre 144 sur 162 · SUR L'ACTION EXERCÉE PAR LE MOUVEMENT DE LA TERRE · texte numérisé non relu

SUR L'ACTION EXERCÉE PAR LE MOUVEMENT DE LA TERRE

sua LES PHÉNOMÈNES LUMINEUX.

Nous avons trouvé dans les papiers de L. Foucault les lignes suivantes, qui sont le commencement d'une note ou d'un mémoire dont l'objet ne nous était pas connu, et qui par elles-mêmes ne présentaient pas assez d'inlérét pour figurer dans le cours de cet ouvrage. M. A. Cornu, professeur à TÉcole polytechnique, qui avait été en relations intimes avec L. Foucault et à qui nous avons montré ces lignes, s'est rappelé une conversation qu'il avait eue avec ce savant et dont il nous a donné la substance que nous reproduisons ci-dessous, quelque incomplète qu'elle soit; nous donnons d'abord le texte de L. Foucault :

(( Dans toutes les expériences qui ont été proposées jusqu'ici pour comparer le « mouvement de la terre avec la vitesse de la lumière, on découvre après coup des « causes de compensation qui rendent le phénomène insensible. En sorte que le résultat (( négatif peut recevoir deux explications différentes, l'une fondée sur les causes de (( compensation et l'autre qui se tire tout naturellement de la supposition que tous les « phénomènes se passent entre milieux placés dans les conditions du repos relatif.

« Mais s'il était possible d'instituer une expérience à l'abri des causes de compen- « sation , cette expérience porterait conclusion lors même que le résultat en serait « franchement négatif. Or, voici le cas qui s'est présenté à mon esprit :

« Les milieux transparents employés à réfiéchir la lumière sont caractérisés par (( Taugle de polarisation maximum qui est en relation définie avec l'indice de réfraction.

(( Dans rétat de repos les angles observés sont les angles réels, mais si Ton fait « intervenir le mouvement planétaire et qu'on adopte l'hypothèse de Fresnel, on trouve « que les angles réels sont changés et que les angles apparents restent sensiblement les « mêmes.

(I On reconoalt effectivement que dans aucune circonstance le mouvement de la (I terre ne diïplace limage au foyer des lunelles. Pour ce qui «st de l'iïlat de polarituiliou, ■• coinmo l'action du milieu dépend des angles réels, il semble au premier abord qu'il " devrait y avoir une inHuencfi sensible sur les rayons réfléchis et réfractés. Mais, en n restant fidèle à l'hypothèse de Fresnel , ou trouve qu'il existe une cause de compen- <t salioD qui détruit l'effet de la variation d'incidence : elle provient de ce que la vitesse « de la lumière dans le milieu absolu diminue en même temps que l'incidence à la 11 surface d'entrée. Si donc ou observait un phénomène sensible, le résultat serait en Il désaccord avec l'hypothèse de Fresnel. »

« Si uiainteiiant on ei^amine ce qui en revient au rayon réfféchi on trouve un ré- (1 sullat bien différent, n

Voici, d'après H. A. Cornu, l'idée de l'eipérience qui parait se rapporter am lignes précédentes ;

On sait que l'angle de polarisation, par réflexion sur une surface transparente, varie avec l'indice de n^fraclion des radiations employées pour satisfaire à la loi de Breivstpr, tang I = n. Il en résulte un phénomène bien connu de ceux qui ont déterminé l'aDgle de polarisation moyen d'un faisceau de lumière blanche en éteignant le faisceau réQéclri par le passage à travers un prisme de Nicol convenablement orienté : l'e-ïtinction n'a pas lieu pour toutes les couleurs simultanément ; il en résulte une frange irisée sur laquelle les pointés sont très-incertains.

Ou peut rendre, paratt-il, les pointés beaucoup plus exacts eu achromatisant la frange, c'est-â-dire en supprimant l'irisation de ses bords. On y parvient à l'aide d'un prisme d'angle convenable calculé pour ramener au parallélisme les directions que la dispeistou sépare augulairemeut. Par raison de symétrie on peut faire porter la correction moitié sur le faisceau incident, moitié sur le faisceau réfléchi, à l'aide de deux prismes d'angle moitié moiudre.

L'appareil était destiné à observer la variation hypothétique de l'indice de réfraction avec la direction du mouvement de la terre; un dispositif que L. Foucault n'a pas indiqué â M. Cornu lui permettait de mettre en évidence un dèpoinumeni de la frange égal â quelques secondes d'arc.

Le résultat de l'observation fut négatif, parall-il, bien que la sensibilité de l'appareil fill trés-supérionre ù la quantité à mesurci'.

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