I . Voir C. R. de VAc, des Se, t. XXXV, p
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seulemenl, et que dans toute autrejituation à la surface du globe elle est seulement relative à la verticale dcmtJa directloix change incessaminent dansJL'iôspace.
C'est faute d*avoir compris dans son acception véritable la fixité du plan ^ d'oscillation, que beaucoup de personnes se sont fait de la déviation une / idée inexacte et ont méconnu la valeur de son uniformité.
Il est pourtant bien évident que le plan d'oscillation physiquement astreint à contenir toujours la verticale du lieu ne peut pas conserveV une direction invariable dans l'espace absolu tandis que cette verticale elle-même se meut incessamment sur la surface d'un cône droit à base circulaire.
Mais si au plan d'oscillation du pendule on substitue le plan de rotation d'un corps librement suspendu par son centre de gravité et tournant autour d'un de ses axes principaux, on a à considérer un plan physiquement défini et qui possède réellement une fixité de direction absolue. C'est pour réaliser cette conception et en obtenir de nouveaux signes de la rotation de la terre que j'ai composé et fait exécuter l'appareil que je puis mettre dès aujourd'hui sous les yeux de l'Académie.
Le corps que j'ai choisi préférablement à tant autre pour lui communiquer un mouvement de rotation rapide et durable est un tore circulaire en bronze monté à l'intérieur d'un cercle métallique dont un diamètre est figuré par l'axe d'acier qui traverse le mobile; le diamètre perpendiculaire est représenté par les tranchants de deux couteaux implantés dans le même alignement sur le contour extérieur du même cercle. Les couteaux sont dirigés de telle sorte que les tranchants regardant en bas, le plan du cercle et l'axe du tore y compris soient horizontalement situés. C'est dans cette position et après avoir imprimé au mobile une grande vitesse qu'on introduit le système dans un cercle extérieur où les couteaux trouvent à reposer sur des plans horizontaux. Ce second cercle est suspendu à un fil vertical sans torsion et guidé en même temps par des pivots qui préviennent tout mouvement oscillatoire.
Si l'axe du tore est très-mobile sur ses tourillons, si son cercle enveloppant est soutenu par ses couteaux dans un état d'équilibre indifférent, si le fil qui supporte le tore est réellement sans torsion, il est clair que le tore
jouit lui-même d'une entière liberté et qu'il peut pirouetter en tous sens autour de son centre de gravité. Telle est en efifet la mobilité de ces différentes pièces dans l'appareil construit par M. Froment, qu'elles s'agitent au moindre souffle et qu'il faut quelque précaution pour les amener sans vitesse dans une position déterminée. Toutefois cette extrême mobilité qui témoigne de l'habileté du constructeur n'apparaît qu'autant que le corps révolutif reste en repos. Car dès que le tore est mis en mouvement et déposé en sa place, le système tout entier se consolide dans l'espace avec une énergie remarquable. Dans cet état, le corps ne peut plus participer au mouvement diurne qui anime notre globe; et en effet, bien que son axe, en raison de sa brièveté, semble conserver sa direction première relativement aux objets terrestres, il suffit d'approcher un microscope pour constater un mouvement apparent uniforme et continu qui lui fait suivre exactement le mouvement de la sphère céleste. Cet axe se meut relativement à l'axe du monde comme une lunette parallactique que l'on aurait pointée dans la même direction sur le ciel. Et comme on dispose arbitrairement de la direction primitive de cet axe dans tous les azimuts autour de la verticale, on peut à volonté donner aux déviations observées toutes les valeurs comprises entre celle de la déviation totale et celle réduite par le sinus de la latitude. Quand à l'origine on place l'axe dans le premier vertical, on a une déviation parallèle au plan de l'équateur et qui augmente proportionnellement au temps à raison d'un tour entier en vingt-quatre heures.
Quand, au contraire, on part du plan du méridien, la déviation se fait suivant les premiers éléments d'un cône semblable au cône tangent au parallèle terrestre.
Toutefois, cette manière d'observer n'est pas celle que j'ai définitivement adoptée; profitant de la construction de l'instrument qui permet de décomposer la déviation en deux mouvements partagés entre les deux cercles qui supportent le tore, j'ai préféré observer isolément la composante horizontale qui seule déplace un cercle extérieur mobile autour de la suspension verticale.
Comme l'observation ne peut être prolongée au delà de huit ou dix
minutes, il arrive que pourvu qu'à Torigine Taxe de rotation soit horizontalement dirigé, la déviation observée sur le cercle vertical prend une valeur indépendante de l'azimut où l'on est placé; cette valeur est précisément celle qui est donnée par la loi du sinus de la latitude. Pour s'en convaincre, il suffit d'assimiler la marche de l'axe de rotation à celle d'une ligne menée vers une étoile quelconque passant à l'horizon. Or il est facile de démontrer qu'à tout instant les mouvements en azimut de toutes les étoiles observées très-près de l'horizon sont sensiblement égaux entre eux et mesurés par le mouvement de la terre compté en sens inverse et multiplié par le sinus de la latitude.
Si donc, au lieu de viser sur l'axe même du corps tournant, on dirige le microscope sur le cercle des mouvements horizontaux, on doit s'attendre, dans les premiers instants qui suivent la mise en train, à les voir se déplacer conformément à la loi énoncée. Cette loi, il est vrai, ne s'applique en toute rigueur qu'à une déviation infiniment petite, mais au bout de cinq minutes l'erreur commise est encore fort petite et insaisissable à ce genre d'expérimentation. Si d'ailleurs on tenait à élever la méthode à un degré supérieur d'approximation, il suffirait d'exécuter, dans deux directions rectangulaires, deux observations de même durée et de prendre la moyenne; comme alors les erreurs se produisent en sens inverses, elles s'élimineraient en grande partie et le résidu persistant deviendrait tout à fait négligeable en raison de son extrême petitesse.
On est donc par là complètement affranchi de la nécessité d'opérer dans un azimut déterminé, on est seulement astreint à partir du plan horizontal; aussi pour satisfaire à cette indication a-t-on monté au centre du tore une glace parallèle au plan de rotation et qui, avec le concours d'une mire et d'une lunette à niveau, permet de satisfaire très-promptement à cette dernière indication.
Lors donc qu'on opère avec toutes les précautions requises que je ne puis indiquer dans cette note, quel que soit le sens de la rotation imprimée au mobile, on obtient à coup sûr avec une déviation dans le sens voulu un nouveau signe de la rotation de la terre, et on l'obtient avec un instrument réduit à de petites dimensions, aisément transportable, et qui donne l'image
du mouvement continu de la terre elle-même. Vous n'avez plus seulement sous les yeux, comme avec le pendule, le déplacement progressif d'un plan idéal plus ou moins bien défini par la trajectoire d'une masse oscillante, vous possédez des pièces matérielles réellement soustraites à Tentralnement du mouvement diurne; et c'est, je crois, un desideratum qu'un des plus illustres membres de cette académie, M. Poinsot, signalait dans la science, même après avoir connu l'expérience du pendule.