‹ Recueil dramatique;Chapitre 102 sur 106 · Scène XV · texte numérisé non relu

Scène XV

Lb Pbibcb, M?* de Dstmord, le Page, un Vixet-

BS-CHA.MBBE.

Lb Valbt-db-cbaxbbb.— Monseigneur ! monsieur le Directeur.

Ls Pbiwce.— -Qu'il entre ! J'espère, madame, qu'il suffira que vous soyez instruite de mes intentions pour les approuver.

Scènk XVI.

Lb Pbibcb, M?* di Dbtmovd, lb Page, le Dibzo

TEVB.

Lb Dibbcteub, findinant*— Je me rends à vos ordres, monseigneur.

Lb Pbijtcb.— Bonjour, monsieur. Je suis charmé

de vous voir. De combien est la pension des enfans de la première qualité ?

Le Directeur. — De douze cents 1 livres, monseigneur.

Le Prince. — Bon. J'ai ici un enfant que je veux vous envoyer. Je prétends, en lui servant de père, faire autant pour lui que les meilleurs gentilshommes pour leurs fils. Mais, dites-moi, qui est chargé de veiller sur ces jeunes gens ? car c'est le point essentiel.

Le Directeur. — Monseigneur, ce sont des maîtres.

Le Prince. — Dignes, sans doute, de l'emploi qu'on leur donne ? Mais je né les connais pas. C'est à vous seul, monsieur, que je veux m'en rapporter. Vous avez gagné ma confiance. Voudriez-vous bien vous charger vous-même du soin particulier d'élever cet enfant 1

Le Directeur. — C'est mon devoir, monseigneur.

Le Prince.— Je ne prétends pas vous en faire un devoir. Y consentirez-voùs avez plaisir î

Le Directeur.— Je trouve mon plaisir dans mon devoir.

Le Prince. — Fort bien ï Vous pouvez compter sur ma reconnaissance. (Au page, en le prenant par la main,) Viens, mon ami: tu vois bien monsieur; il est bon et doux. Voudrais-tu aller vivre avec hii ?

Le Page, après avoir regardé un moment le direc* teurj-^Ouif monseigneur.

Le Prince. — Mais aussi, apprends comment il faut regarder monsieur: comme ton maître, comme ton bien~ feiteur. Tu auras pour lui la plus grande obéissance.

le respect le plus tendre. Et si jamais il avait à se plaindre de toi.' ...

Le Page. — Ah ! monseigneur, jamais !

Ls Prince. — Tu as vu que je sais être aussi sévère que je suis bon. Ainsi, à la moindre plainte. ...

Le Page, au directeur, en lui baisant respectueuse* ment la main.— Non, monsieur, non, jamais vous n'aurez À vous plaindre de moi.

Le Prince.— Comment trûuve&vous cet enfant ?

Le Directeur. — Il suffit, monseigneur, que je le reçoive de vos mains, pour qu'il me soie déjà cher comme mon propre fil&

Le Pmzice. — Il peut donc aller avec vous. Y tonsentez-vous, madame 1

M?* a» ï>ETMOirn,— Dieu f si j'y consens.

Le PRivcE.-*-¥a donc, ne t'écarte jamais du chemin de l'honneur et de la vertu. Pour ce qui est dm reste, sois sans inquiétude, tu ne manqueras jamais de rien. . . . (Le regardant.) Mais pourquoi \set air triste 7

Le Page, prenant la main du prince^-Vivez heureux, monseigneur.

Le Prince, ému. Et toi aussi, mon petit ami.

Mon fils, sois heureux. Comme son cœur est déjà reconnaissant! Je vous laisse, monsieur. Et vous, madame, suivez-le, et voyez où va votre enfant

M? e he Dstxoztd, se jetant à ses genoux.— Monseigneur, puis-je me retirer sans que mon cœur. . . .

Le Prince, la relevant. — Que faites-vous, madame ! Je ne puis souffrir que Ton se mette à mes genoux.

M? de Detmond.— Eh bien? je Vous obéis; et je

me retire. . . . (Levant les mains au ciel) C'est devant Dieu que je me prosternerai, pour le prier de conserver à jamais un prince si généreux.

Le Pbiïtce, raccompagnant quelques pas avec bonté. —Adieu, madame, soyez heureuse.

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