‹ Recueil dramatique;Chapitre 24 sur 106 · Scène XL M r . Vbrtbuik, LÉoiron, Didisr · texte numérisé non relu

Scène XL M r . Vbrtbuik, LÉoiron, Didisr

Mï Vbbtbuix.— -Eh bien ? mon cher Didier, est-os coûtent de vous dans votre pension ?

DiniBR*— C'est à mon maître de vous le dire. Je no me crois pourtant pas mal dans son amitié. M* Vbrtbuil. — Quelles sont à présent vos étude*? Didieb*— Le grec et le latin, d'abord; ensuite la géographie, l'histoire et les mathématiques.

l'éducation a Là HOD?. 113

Léoitôr, à part.-^VoÛà. bien des choses dont je savais à peine le nom.

Mî Verteuïl.— -Et y faites-vous quelques progrès 1

Dimerv— Oh ! plus j'apprends, plus je vois que j'ai encore à m'instruire. Je ne suis pas le dernier de mes camarades, cependant

M* VittTEuiL.— Et le dessin, la danse, la musique !

l)ii)iER. — De tout cela un peu aussi. Je m'applique davantage dans cette saison à la musique et au dessin, parce que notre maître dit qu'il ne faut pas faire trop d'exercice dans l'été. En revanche, pendant l'hiver, je pousse plus vigoureusement la danse, parce que l'exercice convient mieux alors.

&£ Verteuil. — Voilà qui me paraît fort bien entendu.

DroiER. — D'ailleurs je ne peux pas y donner beaucoup de temps. Je ne m'en occupe guère que dans mes heures de récréation, ou après «Voir nui mes devoirs* L'essentiel, selon notre maître, est 4e former mon cœur et d'enrichir mon esprit de belles connaissances, pour vivre honorablement dans le monde, me rendre utile à mon pays et à mes semblables, et devenir heureux moimême par ce moyen.

M* Verteuil, le prenant dans ses bras* — Embrassezmoi, mon cher Didier.

Léokor, à part.— Si c'est là l'essentiel, ma tante l'a

Didier. — Oh ! mon cher M r . Verteuil, je ne suis pas tout-à-fait si bon que vous l'imaginez peut-être. M.*. Verteuil.— Comment cela, mon ami, 10*

114 l'éducation A LA tfOBÉ.

DiDisft. — Je suis- «a peu éteuidi, un peu dissipé. Par exemple, je brouille quelquefois mes heures,. «I Je &i* dans Pane ce que j'enraie dû finie dans rentre. J'ai de la peine à ne corriger de quelques mauvaises nabhudes ; et je retombe par légèreté dans de* frotte qui m'ont caueé dix fois du repentir.

M* VxRTitrtLv— Et y retomWes-vons encore?

Didier. — Vraiment non, si fy pense ; maie j'oublie presque toujours mes bonnes résolutions.

M r . Verteuil. — Je suis fort aise, mon ami, que tous remarquiez vous-même vos défauts. Reconnaître aee défauts est te premier pas yen le bien. Qu'en pensesvous Léonor 1

Léoror. — Je pense que je ne suis ni étourdie ni dissipée ; et que je n'ai pas les défauts de mon frère.

M? Vbrteuii*— D'autres, peut-être î

LÉowoa. — Ma tante ne m'en a jamais rien dit

*M' Verteuil^— Elle devrait être la première à les apercevoir. Mais la tendresse nous aveugle quelquefois sur les imperfections de nos amis. Je ne dis pas cela pour vous fBcher.

Léo won, à part,— Quel homme détestable! il flatte mon frère ; et il n'a que des choses désagréables à me erre.

M? Verteuil.— Restez ici, mes enfans, je vais voir ai mon domestique a tiré mes effets de la valise. J'ai quelque chose pour vous, et je serai bientôt de retour. (ffêert.)

Didier. — Oui, oui, nous voua attendrons. Ne tardes pas long-temps.

L'&WCAtaON k LÀ MODI. 115

Page 1