‹ Recueil dramatique;Chapitre 38 sur 106 · Scène VI · texte numérisé non relu

Scène VI

Chablis, Début, Wixdhax, Ladt Maris, Ladt Sophie, Hskri, Elisabeth^ Popi.

Ladt Marib. — Mon fils, pour quel sujet si pressant nous avex-vous Ait appeler 1

Wiksham , au roi, en lui présentant ea fitmUêe^- Veûà ma mère, voici mon épouse, cette jeune personne est ma fille ; j'ai l'honneur de vous les présenter. Elles pensent toutes comme moi. Votre majesté n'a pas de cœurs plus fidèles.

Ladt Marie.— Sa majesté! Qu'entendsje 1

Ladt Sovrtb et Elisabeth.— -Ciel !

WutwLLM, ks yeux baignés de larme*ï-~Qm, c'est votre rot

Ladt Maris, se précipitent à ses pieds.— Ah ! sire, lnisfwrr moi embrasser vos genoux, laissez-moi m'assurer que vous respirez encore. . . . Mes en&ns, il est toujours notre souverain sous ces habits. Suivez mon exemple recevez-le selon sa royauté ; tombez à ses pieds pour lui jurer le respect, l'obéissance, et le dévouement

Chabxm.— Reievez-vpus, mes amiàç ces ho mma g e s

ne conviennent guère à ma situation. Je suis bien loin

de mon troHe. (U relève ladt Maris, et les autres

, se relèvent.) Windham, est-ce là toute votre famille 1

Wimdham.— Oui, sire. Je la voudrais plus nom-

154 CHARLES 8ECONP.

bieuse, pour avoir un plus grand nombre de partisans a vous offrit.

Charles, se plaçant entre lad* Marie et iadt Sophie, et leur prenant la main, — Milord et son fils viennent dé me promettre leurs services, mais c'est sous votre protection particulière que je veux être. La joie qui se peint dans vos yeux me persuade que je n'aurai pas beaucoup de peine à l'obtenir.

Labt Marie.— Nous serions trop heureuses de pouvoir signaler notre attachement à votre couronne, en des circonstances moins triâtes. J'ai perdu, dans la défense de votre parti, trois fils et un petit-fils ; mais leur mort ne m'a point fait rougir de mes regrets, puisqu'ils font , reçue en faisant leur devoir. Vous voyez, à l'exception d'une fille que j'ai encore, tout ce qui reste de notre maison. Il n'est aucun de nous qui ne soit prêt à donner sa vie pour défendre la vôtre. Nous brûlons tous à l'envi du zèle de vous servir. Vos malheurs et ceux de votre père ont fait le tourment de ma vieillesse; il Bernois que le ciel veuille en adoucir la rigueur» en of- . frant à mes yeux l'objet de mes plus tendres alarmes, et en me donnant les, moyens de conserver ses jours sacrés.

Charles, lui terrant la main entre le» siennes» — Je ne suis point étonné de voir régner 4e si nobles vertus dans votre famille ; mais j'admire que vous ayez conservé tant de constance, et que les disgrâces, qui m'ont fait perdre mes derniers amis, n'aient pat abattu votre fermeté.

Wimdham.— Sire, nous avons hérité ces sentiment

de nos ancêtres. Peu de jours avant » mort, mon père nous fit venir devant lui, et d'une voix que sa faiblesse rendait plus frappante, il nous dit, u Mesenfans, l'Angleterre a vu luire pendant les trois derniers règnes des jours tranquilles et sereins ; mais je vois de tous côtés s'élever des nuages qui nous annoncent de violentes tempêtes. Préparez-vous à les soutenir. Tout le royaume en sera ébranlé. Demeurez fermes au milieu des orages ; aimez toujours votre pays-; soyez fidèles au prince, et' supportez sa- couronne* le plus sûr appui de la liberté." Ces paroles firent sur nos esprits une impression sf profonde, que tous 'les bouleversemens dont nous avons- été témoins n'ont pu l'en effacer.

Chablis; — Windham, vous êtes digne de posséder Fhéritage de vertu que vous a laissé votre père.

Lad* Sophie.— Mon époux aurait perdu mon estime, s'A ne l'avait cultivé pour ses enrans.

Hevri. — Pour moi, je ferai ma gloire de le transmettre à tous lés miens;

Elisabeth. — Sire, je ne suis rien encore dans le monde ; mais, à l'exemple de mes pàrens, je me sens capable dé tout entreprendre pour votre service.

Charlss.— Respectable faraille,'quels doux transports j f éprouve au milieu de vous ! Après avoir essuyé tant d'ingratitude et de perfidies, mon cœur respire ici en liberté en recevant les tendres témoignages de votre attachement

Debbt. — Maintenant, mes amis, il est temps de •^occuper de la sûreté du roi. La prudence nous défend

196 CHARLES SECONB.

de prolonger ici notre séjour. Toute la eootoée «et remplie de soldats dû parlement Je no sais même s'il est urt seul coin dans les trois royaumes qui puisse nous offrir une retraite assurée, danè la fermentation générale où sont tes esprits. Il s'agit donc de délibérer sur les moyens de quitter l'Angleterre par la .voie la moins périlleuse.

CHAni.Bg.— Mon dessein est dé m'embarquer pour la France dans le' premier Vaisseau. Windham, vous connaissez le pays; il vous est facile de favoriser ce projet*

Windha*.— Le ciel parait avoir tout disposé pour le faire réussir. Un messager que j'avais envoyé chez ma sœur à Shoreham, m'a rapporté que demain, des le point du jour, un vaisseau doit partir de ce port, et faire voile pour la Normandie. Le colonel Lane, attaché à vos intérêts, profite de cette occasion pour échapper aux poursuites de Cromweil.

Derbt. — Ce moyen me parait assez favorable.

Charles. — Je suis prêt a le saisir, pourvu que nous puissions nous rendre au port sans danger»

Wikdham. — C'est à quoi je me charge de pourvoir. J'ai des gens affidés qui sont prêts à vous suivre.

Derby.-^Nos chevaux ont souffert sur la route. Nous en aurons besoin cette nuit Milord voudra-t^il bien ordonner qu'on en prenne le plus grand soin ?

Wihdham. — Pope, allez les visiter, et veillez à tout ce qui leur sera nécessaire. *

Pope. — Je vous obéis, milord.

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