‹ Recueil dramatique;Chapitre 47 sur 106 · Scène VI · texte numérisé non relu

Scène VI

WlïTDHAM, LADT MARIE, LADT SoPHII.

Laby Maris. — Mon fils, vous me voyez agitée d'une nquiétude mortelle. Une foule de paysans et d'étrangers est attroupée devant le château. Je tremble que Ton n'ait découvert la retraite du roi

Windham.— Rassurez-vous, ma mère. Vous savez que dans ces jours de trouble, le peuple abandonne son travail, et se rassemble sur les chemins pour s'entretenir des nouvelles publiques. Le bruit le plus confus suffit pour l'agiter. A-ton recueilli quelque chose de leurs discours.

Ladt Marie.— Rien de fâcheux encore. Ils se contentent de regarder stupidement les murailles ; mais ils branlent la tête d'un air mystérieux, comme s'ils soupçonnaient ici quelque événement extraordinaire.

Wihbhay. — S'ils avaient le moindre soupçon, ils auraient déjà franchi l'entrée. Cette populace aveugle

est livrée à toute sorte de caprices. Il lui plaît aujourd'hui de s'assembler en cet endroit plutôt que dans, un autre. , r

Ladt Sophie. — Mais, mon cher époux, lie peut-on pas nous avoir trahis 1

Windhax.— La trahison ne pourrait venir que de nos gens ' r et c'est leur faire injure que de les soupçonner* Us sont tous aussi dévoués à leur prince. que nous-

Ladt Marie.— Ah ! mon fils, si nous étions assex malheureux pour avoir rendu cet asile plus funeste à la vie du roi que les périls mêmes de sa fuite ! ce serait le dernier coup que la douleur pût porter à ma vieillesse.

Wisdh am. — Non, ma mère, épargnez-vous ces vaines terreurs. Encore quelques heures et le roi est sauvé. Il faut qu'à l'entrée de la nuit vous vous mettiez en route avec lui. On sait, depuis quelques jours, que la santé de ma sœur est dérangée. J'ai fait répandre aujourd'hui le bruit qu'elle demandait instamment à vous voir. Votre visite est assez naturelle pour n'inspirer aucun soupçon ;. et j'esfipre que, sous la garde du Ciel, vous arriverez en sûreté à Sho*eham.

ScÈNls V.

Charles, Debbt, Wistdham, hast Maeie, eadt Sophie, Hkhbi, Elisabeth, Pope.

Charles. — Milord, je viens de reprendre mes forces. Grâces à vos soins, je n'ai jamais si bien goûté les douceurs du repos. A' mon réveil j'ai trouvé votre fils en sentinelle à ma porte; Je le remercie, de son attention.

CHARLES SECOND. lfl

Lui et moi sommes a-peu-près-du même Âge ; je n'oublierai de ma vie cette garde officieuse.

Wikdham. — Mon fils n'a fait que remplir son devoir envers votre majesté. -■

Charles. — Un devoir, dans la situation où je suis, a tout le mérite d'un service ; et c'est sous ces couleurs que je me plais à l'envisager.

Hehbi.— Ah ! sire, je suis si fier d'avoir commencé près de votre personne sacrée le premier apprentissage de mon état!

Ladt Sophie, voyant Pops qui s'avance pour annoncer le dtn*r.— L'ardeur de vous témoigner nos sentimens nous fait oublier que vous devez avoir une faim pressante à satisfaire. Votre majesté veut-elle être servie?

Chablis. — Milady, vous prévenez toujours ma demande.

Pope.— -Nous voici tout prêts à l'exécuter. (On apporte une table avec deux couverts. Hehri veut les arranger. Pops le retenant par le bras.) Mon jeune maître, pardonnez; mais chacun son service. Je ne vous céderais pas aujourd'hui le mien pour toute votre fortune.

Elisabeth, courant se saisir d'un flacon de vin et d'une coupe. — Sire, mon frère a eu l'honneur d'être votre capitaine des gardes ; permettez-moi d'être votre échanson.

Chablxs, avec un sourire. — Vous voulez donc me traiter comme Jupiter dans l'Olympe?

Wi5dha*. — Sire, tous nos désirs, en ce moment,

seraient de tous former une cour moins indigne de Vous. t

Charlesv— Le sort, au comble dé ses faveurs, ne pourra jamais m'en offrir une sur laquelle mes yeux se reposent avec une plus vive satisfaction. Au milieu de la pompe du trône, les hommages Çue je reçois sont le fruit de l'ambition ou de l'intérêt; ici, pauvre et abandonné, je ne les dois qu'aux sentimens personnels que j'inspire. (Il les regarde tour à tour avec des yeux baignés de larmes; et s' efforçant tout-à-coup de les tacher.) Allons, mon cher Derby, savourons bien les douceurs du seul instant de calme que nous ayons pu goûter depuis trois jours. (Us vont se mettre à table. Thomas rentre brusquement et oVun air effaré.)

Sckn* VI.

Chaules, Derbt; Windham, ladt Marie, ladt Sophie, Henri, Elisabeth, Pope, Thomas.

Thomas.— Alarme! alarme! le capitaine Luke, avec deux soldats. Us viennent tout droit au château. A peine ai-je pu les devancer. Ils sont sur mes pas.

Ladt Marie et ladt Sophie. — Ciel !

Elisabeth, — Nous sommes perdus. Dieu puissant, daigne nous secourir !

Henri* — Us ne sont que trois hommes. Nous pouvons leur tenir tête*.

Derbt, avec feu, — Windham, sauvez d'abord le roi : qu'il s'éloigne. Nous soutiendrons ici la première attaque pour favoriser sa retraite.

Wutdham.— Non, Derby, ne quittez pas un moment sa personne. Henri, conduisez-les par cette porte secrète.

Hev&i. — Oui, sire, daignez vous confier à moi ; tant qu'il me restera une goutte de sang, ils ne tous enlèveront pas de mes mains.

Wiitdham. — Elisabeth, suivez-les avec votre mère. (2& sortent par une parte dérobée.)

. Scène VII.

WnrsHAX, iady Mabix, Pope, Thomas.

Wimdham. — Ma mère, je vous en conjure, gardez-vous de vous trahir par quelques signes de trouble et d'agitation. Peut-être est-ce le hasard seul qui les amène ici Mettons-nous à table, pour prévenir leur curiosité sur la destination de ces deux couverts. Je les entends dans la cour. Thomas, courez à leur rencontre, pour les amener directement devant moi.

Thomas.— H suffit, milord.

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