Scène XI
LuXE, PSHBEZ, TaLOOI»
Pembil, à Talgol. — Qu'en dites-vous, camarade, n'êtes-vous pas bien aise à présent de vous trouver illuminé ?
Lu**.— Voyez s'il manque quelque choie aux enfans du Seigneur. Tout ce qui se trouve sur la terre noua appartient de bonne prise.
Talool.— Je ne croyais pas qu'il fût permis à des élus de prendre leurs repas dans la maison des promîtes.
Lvks. — C'est que tous ne savez pas encore interpréter nos principes. Os nous ordonnent de nous mire tout, le bien que nous pouvons, aux dépens des enfans des ténèbres ; et rien assurément ne remplit mieux cet objet, que de leur couper les vivres à la boaebe, et de les gober à leur place.
Talgol.— Voilà qui me paraît fort bien expliqué.
Lus!.-— Quand pouirez*vous connaître les avantages infinis que le Seigneur accorde à ses élus. Tous les engagements que nous prenons avec les profanes, même quand 3s seraient appuyés d'un serment, sont nuls de plein droit, dès qu'ils tournent à notre préjudice. Aussi voyez quelle fut notre conduite devant le château de Pendennis ! Ne reçûmes-nous pas l'ordre exprès de Dieu de passer les assiégés au fil de l'épée, malgré les asstoke de la capitulation 1
Pembbl.— D ne s'agit que de bien entendre le point fondamental de notre doctrine. C'est que nous sommes amis du Ciel, et que tout doit être en notre faveur contre ses ennemis ; et ce serait l'outrager, que de refuser les dons qu'il nous accorde ; et que toutes nos actions sont légitimes et saintes, puisque nous n'agissons que par le secours de sa grâce. N'est-ce pas lui qui inspirait aux femmes même un zèle tout divin pour la bonne
cause t N'a-t-on pas tu les plus distinguées se défaire avec transport de leurs joyaux les plus précieux, et jusqu'aux simples domestiques nous apporter le prix de leurs gages, pour lever des troupes à la gloire du Ciel, et forcer l'Angleterre entière à marcher dans tes ▼oies du sahit ! N'entendons-nous pas tous les jours le Seigneur nous déclarer sa volonté sacrée dan» nos révélations.
Taloou— Cependant les Écossais' en «valent eu, disaientrtla, à Dumbar, qui prophétisaient que s'ils descendaient de leurs montagnes, ils battraient Cronv» well.
Pbmbel.— Il est vrai ; mais Cgemwell eut aussi les siennes, qui lui prophétisaient qu'il battrait les Écossais, s'ils -descendaient de leurs montagnes. Les prières des <deux partis étaient un appel au jugement de Die», qui déclara,) par la victoire, celui qu'il jugeait digne de prospérer, comme il vient de le témoigner encore par de nouvelles bénédictions.
Luxi.— Allons, c'en est assez.. Buvons, me» amis. (Ils boivent,)
Pskbxl. — Mon capitaine, irons-nous.voir maintenant si l'on a traité nos chevaux comme il convient T
Luke.— Oui, mon enfant; et nous irons ensuite visiter tous les coins du château, pour voir s'il n'est rien qui puisse y convenir aux favoris du Seigneur.
CHARLS8 SECOND. 179