‹ Recueil dramatique;Chapitre 5 sur 106 · ACTE L · texte numérisé non relu

ACTE L

8CKNE PRJtMlÈRK.

Séraphike, seule»

Sébaphinx. — Ah ! ma chère Diane ! Je ne i plus, sans toi, faire un seul point de broderie. C'était là, dans cette petite. corbeille, que tu étais couchée à mon côté! , pendant mon travail. Quelle joie pour nous deux, lorsque tu te réveillais l Tu. courais, en secouant ton grelot, sous le sofa, sous les chaises, et sous la table; puis tu sautais de fauteuil en fauteuil. Combien tu paraissais heureuse, quand je te prenais dans mes bras ! Comme tu me léchais les mains et les joues ! Commet tu me caressais ! Oh ! quel chagrin ce serait pour moi de ne plus te revoir ! Ce n'est pas ma faute ; c'est ce* étourdi. ...

ScÈNl IL 8ÉBAFHIX&, EuSTACBK.

Êustachk, qui a entendu les derniers moto.— Je vois qu'il est ici question de mou

SÉBAPHiirs. — Et de qui serait-ce doncl Si vous ne vous étiez pas obstiné à k prendre hier en sortant, elle ne serait pas perdue.;

Bustache. — Cela est vrai, et j'en souffre bien autant que vous. Mais que puis-je y faire à présent

Sbbaphibb. — Ne vous avaifl-je pas prié de me la laisser ? mais vous ne pouviez faire un pas sans l'avoir sur vos talons.

Eustachs.— J'en conviens; j'avais tant de plaisir lorsqu'elle m'accompagnait, quand je la voyais aller tantôt devant, tantôt derrière moi! Quelquefois elle s'échappait, comme si je la poursuivais ; puis elle revenait de toutes ses jamles se jeter, en caracolant, dans les miennes.

Séraphis b^— Vous deviez donc y faire plus d'attention.

Eustachk. — Oui, je l'aurais dû. Mais comme elle était accoutumée à s'éloigner -et à revenir d'eUe-méme, sans que f eusse besoin de l'appeler, je croyais. • . .

Séraphins. — Vous croyiez ! . . . .Vous ne ■ doutes jamais de rien, et voilà pourquoi Diane est perdue.

EusTACfls. — Une autre fois, ma sœur, je vous promets. ...

SxBAPHixrz.— Oui, une autre fois, quand nous n'avons plus rien à perdre. Je n'ai pu dormir un quart d'heure

LA LEVRETTM ET LA BAGUZ. 45

tranquille toute la nuit Je n'ai fait que rêver d'elle. Il me semblait l'entendre m'appeler de loin, en jappant. Je courais du coté d'où paraissaient venir ses cris. Je me réveillais, et je me trouvais seule. Ah ! je suis sûre qu'elle est aussi bien triste de son, coté.

Eustache. — Cela me fait doublement de la peine, ma petite sœur, en voyant vos regrets.. Si je pouvais la ravoir pour tout ce que je possède ......

Séraphins. — "Vous m'affligez encore plus. Mais ne savez vous pas an moins dans quel endroit vous l'avez égarée 1 On pourrait s'informer chez toutes les personnes du quartier.

Eubtachï.— Je parierais qu'elle n»'a suivi jusque dans notre rue, et même tout près de la maison. Gomme elle va furetant dans toute» les allées, il faut qu'on l'ait retenue, en fermant la porte sur elle.

Séraphins;— Oui, je crois que cela est comme vous dites-; car elle serait revenue à son gîte. Elle en sait bien le chemin.

Eustachs. — Léon, qui était alors avec moi, m'a protesté qu'il l'avait vue un instant avant qu'elle ne se perdit C'est lui qui en est cause. Il faisait de si drôles de polissonneries- que j'ai oublié un moment de prendre garde à Diane.

Séraphixe. — Il aurait dû au moins vous aider à la chercher.

Eustache. — C'est ce qu'il a fait aussi tout hier au soir, et encore aujourd'hui de bonne heure. Nous avons parcouru toutes les places et tous les carrefours. Nous avons visité la halle et tous les marchés. Nous

sommes allés chez tous nos Amis, chez tous les gens de notre connaissance, nous n'en avens eu aucune nouvelle. Je n'ose tous regarder ma soeur, Vous devez être en colère contre moi !

SÉiuraiNE, lui tendant la main. — Je ne suis plus . fâchée ; votre intention n'était pas de me faire de la peine, et vous êtes vous-même si affligé! Mais j'entends quelqu'un sur l'escalier. Voyez qui c'est

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