SCÈNE PREMIÈRE
Gerct, Germain.
Germais*. — Vous mé permettez* donci monsieur, d'aller à présent porter ces deux louis au brave Mar*tialî
Gerct. — Je te l'ai déjà dit ; c'est avec grand plaisir* Mais ne va pas autrioins lui confier qu'ils me viennent du jeu. -
' Germain.— Je m'en serais bien gardé*, sans que vous eussiez besoin dé m'en avertir. Je le connais ; il nfen aurait pas voulu plus que moi.
Gerct. — Eh bien ! va donc Que tardes-tu maintenant 1 ,
Germai*. — Je n'ose voua le dire; mais si voua daignez m'accorder une grâce 1
Gerc t.— Voyons» Que veux-tu de moi î
Germain, d'un air suppliant.— Ne sortez pas, mon cher maître, je tous en conjure, pour suivre ce M r . Ver* sac. . J'ai de tristes pressentimens dans l'esprit II vous arrivera quelque malheur.
Gerct. — Quoi ! pour aller voir une partie où je ne suis pas intéressé. w
-Germain.— Qu'importe t Tenez, voici vos livres. Occupez-vous un peu. Vous savez bien que c'est le " temps que vous donnez ordinairement au travail, et qui vous semble toujours passer si vite.
Gerct. — Je me sens la tête trop pesante pour travailler. Il faut que je prenne un peu l'air.
Germain. — C'est Fair du jeu que vous voulez prendre.
Gerct. — Quelle folie !
Germain.— Voua en prendrez aussi la fureur, je vous le prédis. - %
Gerct, avec impatience. — Allons, pars. Ne m'importune plus.
Germain. — Pourquoi faut-41 que je vous obéisse! Non, je ne puis vous le cacher ; je ne m'éloigne qu'avec regret A quoi me réduisez*vous 1 Hélas ï c'est la première fois que les pas me coûtent pour aller au secours d'un honnête komme.
A LA GAfUÎISON* £29
SdtNClI.
GïRCT.
Gbbct. — Enfin m'en voilà heureusement délivré. L'attachement de cet homme commence à me devenir insupportable. Il voudrait, je pense, me clouer sur mes livres. Oh ! oui, je saurais bien travailler en ce moment ! J'ai l'esprit dans une inquiétude. . . . (Jltire sa bourse,) Vingt louis d'or gagnés dans une nuit ! Voilà ce qui s'appelle un joli commencement de fortune ! Pour peu* que le sort continue à me bien traiter, je me vois en passe* d'éclabousser tous mes camarades ; oui, Neuville lui-même. Des bijoux, de beaux chevaux, une voiture élégante ! Versac avait raison. Tout cela vaut mieux que ces plaisirs monotones de l'étude. On ne connaît guère le monde en restant enseveli dans son cabinet. Je suis jeune. Eh bien ! il faut faire comme ceux de mon âge. J'étudierai, s'il le faut, quand la saison des plaisirs sera passée. Allons, allons. ( // est prêt à partir. On frappe, La parte s'ouvre.) (-4 parU) Ciel! M r .VerneuiL