‹ Recueil dramatique;Chapitre 82 sur 106 · Scène IV · texte numérisé non relu

Scène IV

Gïbct, Vbbsac, M' Dubois, HK D**is r et M r . Dujbé.

Vbbsac, s'avonçmt ver» eux, malgré Gbbcx qui le retient— *Eh bien, messieurs, que voulez-vous ! A peine avez-vous livré vos dernières fournitures, que vous voilà déjà prêts à nous rompre la tête de vos importunités !

M? Dubois.— Nous n'avons pas affaire à vous, monsieur, Dieu merci.

Vïbsac— Qu'entendex-vous par-là 1 Est-ce que vous n'avez pas été payés de tout ce que vous m'avei fournil N N

, - M? Divisa— Ce n'a pas été sans avoir attendu assez long-temps.

Vebsac— Vous êtes faits pour cela.

M^Dupbé. — Nous n'ayons pas cette crainte avec M! Gerey. Il est aussi exact que son digne père. AT. Verneuil vient de régler nos mémoires ; et il nous a prévenus que nous pouvions en venir recevoir le montant

Gebct, avec embarras» — Vous me voyez au désespoir, messieurs. Mais dans ce moment, par malheur. . . .

W. Défis.— Eh bien î ... .

Gebct.— Il me serait impossible de vous satisfaire.

M* Dubois. — Et pourquoi donc 1 M T . Verneuil ne vous a4-il pas remis ce matin une lettre dp change ?

Gbrcï.— Il est vrai.

M r . Dubois.— Est ce que vous ne l'avei pas encore envoyée recevoir 1

GïRCT.-^Je vous demande pardon.

M r . Dubois. — On a donc refusé de l'acquitter?

Gibct.— Elle a été payée tout de suite.

M*. Dubois.— En ce cas, qu'est-ce qui vous empêche de nous payer nous-mêmes ?

< Versac. — Mais voilà des gens bien curieux !

GxBOT«r-*-Non t monsieur Versac, leurs questions sont justes; je dois y satisfaire ; et quelque honte qu'il m'en coûte, je n'aurai d'autre réponse que la vérité. Oui, messieurs, cette lettre de change vous était destinée;. et je suis assez malheureux pour en avoir fiât l'usage le plus criminel

- M' Dibis. — Quoi ! monsieur, tous l'auriez perdue au jeu t

Gbbct. — Je ne puis en disconvenir. En jouant hier pour la première fois au pharaon, j'avais gagné quelques louis à M r . Veisac et à ses amis. Ils m'ont demandé ee matin leur revanche. Mon dessein n'était pas de hasarder cette somme. Elle était restée entre les maûis de mon valet de chambre. La fureur du jeu m'a emporté malgré moi, et je l'ai perdue sur parole.

M r . Dubois. — Qu'importe, monsieur ! Vous noua deviez au moins la préférence, pour le paiement

Y sa sac — Doucement, s'il vous plaît ! Si vous aviei été un peu mieux élevés, vous sauriez que les dettes d'honneur, telles que celles du jeu, doivent toujours être payées les premières.

M T . Dbbib, à Gbbct. — >Mats puisque M r . Yersac est un de ceux qui vous ont gagné, et qu'il est dé vos amis, ne pourrait-il pas attendre quelque temps, et vous laisser solder nos mémoires 1

Vïrsac— Voilà une fort belle idée, en vérité ! Je ne paierais pas avec cet argent mes propres dettes ; et vous voulez que je paie les siennes ?, Allons donc, voua n'y pensez pas !

M r Ddboisv— Je me doutais de la réponse. Dans le temps même où M r . Yersac était cousu d'or, n'avonsnous pas été obliges d'avoir recours à son père pour être payés?

Vbbbac— Eh bien! que ne vous adressez-vous de même au père de Gercy 1

Gibct. — Cette démarche serait inutile, messieurs.

Je viens de lui écrire, pour l'instruire 4e ma faute. Le courrier part demain. Je ne tous demande que d'attendre son retour.

M r . Dupré. — A quoi bon ce délai ! Puisque Mï Verneuil -a répondu pour voua, il noua paiera sur-le-

Gzrct. — Oh ! messieurs, je vous en conjure, ne tous adressez point à lui Je aérais trop honteux qu'il fût obligé de remplir un engagement qu'il n'a contracté que par une juste confiance en mon père, et dont j'ai ai criminellement abusé.

M T . Dubois. — Que voulez-vous, monsieur 1 Noua avons pris nous-mêmes des engagemens sur sa parole. Nous aurons demain à payer, et nous avons compté sur cette rentrée.

Obbct.— Oh ! messieurs ! voulez-vous me réduire au désespoir!

M^ Dubois.— Nous >em sommes bien fâchés ; mais M r . Verneuil pourrait nous faire 3e reproche de ne l'avoir pas averti. Il pourrait se croire libre à notre égard ; ou du moins, croyant la dette acquittée, il pourrait disposer d'une autre manière de la somme qu'il aurait mise en réserve pour nous payer à Totre défaut Il ne faut pas compromettre notre créance ; et d'ailleurs, ' je vous t'ai dit, nous sommes pressés, et nous ne pouvons pas attendre.

Gerct. — Quoi! vous seriez assez cruels! et je me serais abaissé vainement à vous supplier !

1 Vbrsac— En vérité, j'admire votre patience, Gercy. 23*

Vont êtes trop bon. Il nous faut jeter ces drôles-là par la fenêtre.

M 1 : Dubois. — Que dites-vous, monsieur 1 et de quel droit osez-vous nous insulter ?

Gbb.ct.— Monsieur Versac, vous devriez considérer ' que vous êtes chez moi, et que vous n'y devez offenser personne. '

Vxbsac. — Yous croyez donc; par des ménagemens, ' obtenir quelque chose de leur duveté 1

Gebct. — Non, monsieur, je ne leur demande plus rien. Ils sont libres d'user de tous leurs droits. Mais ni vous, ni moi, n'avon» celui de leur faire des outrages.

Vxbsac. — C'est bien avec ces gens-là qu'il faut se piquer de délicatesse! Si ce n'étaii par considération . pour vous, je leur aurais déjà coupé les oreilles.

M! Dubois.— Je ne m'épouvante point de cette bravade. Mais elle ne restera pas impunie ; et je vais de ce pas en porter mes plaintes à votre colonel.

Versac— Eh bien ! allez»

Girct. — Eh! messieurs, que prétendez- vous faire!

Mt Dubois. — Nous n'avons déjà que trop* supporté ses hauteurs. Si nous étions encore insensibles à cet ' affront, nous en recevrions tous les jours de pareils de ses camarades. Il faut qu'ils apprennent «'ils doivent traiter avec indignité des gens qui n'ont d'autre tort que de leur avoir fait des avances, (à TA* Dxhis et à M r . Durai.) Venez, messieurs, suivez-moi.

M' Denis. — Oui, allons chez le colonel»

M r . Dupbé.^— C'est un homme de bien, qui saura nous faire rendre justice. (Us sortent.)

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