‹ Recueil dramatique;Chapitre 83 sur 106 · Scène V · texte numérisé non relu

Scène V

' GsRCT, VsRSAC..

Gsrct. — Félicitez-vous, monsieur Vente! Vous devez être bien satisfait de vous-même ? C'était peu de n'avoir mis dans la nécessité de commettre une action honteuse. Grâces à vos soins, elle va recevoir toute la publicité que vous lui avez souhaitée.

Vxrsac. — Est-ce qu'il faut s'épouvanter pour ma peu de bruit ? H semblerait, à vous entendre, que cela ne lût jamais arrivé qu'à vous seuL Regardez la moitié de nos camarades ! a

Gibct.— Je ne croyais pas mériter d'être jamais associé à leur renommée.

Vbbsac. — Il ne tiendrait qu'à moi de vous faire, au nom du corps, une querelle sur cette épigramme. Mais je veux vous apprendre, par mon exemple, comment il dut savoir se mettre au-dessus de tous les propos.

Gebct.— Non, monsieur, gardez vos leçons, je, m'en reconnais indigne. Je vous avais déjà témoigné que • je désirais être seul. Vous m'auriez épargné bien des chagrins par un peu de complaisance.

VxBs.ic.~A la bonne heure. Je ne prétends point vous gêner. De, bons amis doivent se pardonner entre - eux de petits accès d'humeur. Adieu» Gercy : je viendrai vous revoir quand la vôtre sera passée.

Gibct.— Je vous serais obligé de vouloir bien attendre que je vous en fasse avertir. (Vxrsag » y éloigne en hauuant le* épaules, et en ricanant.}

JT2 LES JEUNES OTFICIÇRtf

Sc&NeVI.

Gxb.cy, seuf, G*kcy.— Va, malheureux ! que tout soit rompu entre nous! C'est toi qui m'as précipité dans cet abîme effroyable. * Le lâche ! malgré ma froideur, mes dédains, et mes reproches, il m'adressait encore les expressions de la bienveillance et de la familiarité ! Je lui en ai dit assez pour exciter le plus vif ressentiment dans une âme élevée ; et il n'y a répondu que par d'indignes plaisanteries. Ouj, je le vois à présent, il n'aspirait qu'à me rendre aussi méprisable que lui-même. Avec qui donc pourrai-je vivre désormais ! Entouré de gens corrompus» je me fais autant d'horreur qu'ils m'en inspirent. Du moins, avant mon crime, j'avais un ami plein d'honneur. Aujourd'hui, je me trouve réduit à le fuir, comme le plus terrible instrument de mon supplice. Ciel! n'estce ,pas lui que je vois 1 (H s'éloigne, et se cache la tète dans les mains.)

ScfeNE VIL M r . Vebheuu., Gebct.

M* Verkeuil.— Eh bien! Gerey, pourquoi vous détournez-vous à mon aspect î -- .

Gerct.— Ah ! monsieur, n'abaisse» point vos regards jusqu'à moi. Je suis indigne de paraître à vos yeux. Si vous saviez, ...

H r . VsairKui*.— Je sais tout ; je. ne viens point wus accabler de votre faute. Elle est assez grande pour que vous en sentiez v de vous-même toute l'énormité; Je ne

À LA OÀRWMOW. 27$

▼0118 fois qu'un reproche, c'est de me l'avoir laissé apprendre par un autre que tous, et de n'avoir pas témoigné plus de confiance à votre ami

Geecy.— Eh ! devais-je .espérer que vous daigneriez encore vous intéresser à moi ?

M r . Vb»hbuil. — Ne vous avais-je pas dit que j'étais tout à vous? Ce n'est sûrement pas dans la position où vous êtes, que je l'oublierai

Gebxy.— Ah, de grâce ! n'ajoutez pas à mes tourmens, en me comblant de ces témoignages de votre tendresse.

W. Vimtettii.— Vous ne la connaissez pas encore,. Je voulais vous devoir le plaisir de vous en voir faire l'épreuve. Instruit de votre faute, je vous attendais. Vous n'êtes pas venu, me voici

Gkbcy.— O mon généreux protecteur !

M r . ViRNEuit. — J'aurais craint de vous compromettre, en retardant plus long-temps. Je viens vous sauver ' la honte de rougir devant vos créanciers.

GiBXT.— Hélas ! il est trop tard, et je ne peux plus profiter de vos grâces.

M? VniTEuix. — Comment donc? Achevés de m'apprendre. • . '•

Gebct.— Ils sont venus. Un de mes camarades s'est trouvé ici à leur arrivée. Il les a maltraités. Ils sont allés se plaindre au colonel ; et ils l'auront sûrement instruit de ce qui me regarde moi-même.

M^ VimiriuiL.— Oh ! quemedhes-vous? (S va M jeter dans un fauteuil sur un cité de la sedne.)

Soit» vin.

M r . VeRKEUIL, GERCT, GÈRXAIir.

Germai*, à Gerct, sans apertevoir M! Veriteito. — Je n'ai pu trouver Martial. U n'est rentré chez lui que pour un moment, et sa femme ignore ce qu'y est devenu. Mais, mon cher maître, que s'est-il donc passé en mon absence ? En traversant la place d'armes, j'ai vu de loin le colonel entouré de vos créanciers. D leur parlait très-vivement II est entré chez l'un d'eux, qui demeure sur la place. Il a signé des ordres. Un soldat en est chargé ; et le voici oui vient sur mes pas. (On voit entrer un soldat.)

ScEtfE IX.

M* Verwecil, Gerct, Girx aiit, un soldat.

Le Soldat. — Monsieur Gercy, je vous apporte un ordre du colonel pour garder les arrêts. Il viendra luimême vous parler ici dans une heure.

ÇrSRÇY.— OCiel!

Le Soldat.— En voici d'autres que je vais porter à m Neuville, à M? Versac, et à M r . Saint-Alban.

M r . Vernecil. — C'en est assez. . M r . Gercy obéira. Allez, mon ami, laissez-nous, (Le soldat se retire.)

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