‹ Recueil général des sotties (volume 2)Chapitre 101 sur 181 · I. On lit dans la Farce d'un Cliauldronnier · texte numérisé non relu

I. On lit dans la Farce d'un Cliauldronnier

Je veulx qu'on m'appelle Huet Se de moy il a ja tournoys.

(VioUet-lc-Duc, .<4«cje>i Théâtre français , t. Il, p. 126.)

Huet, comme Genin, ou Jenin. était un nom donné au mari trompé, ou en général à un niais.

T. III. i5

226 XXVII, — SOTTIH NOUVELLE

Je fcray bruyt en ccst esté

De bien parler et de bien dire;

Ung tas de pierres fcray rire.

A force de bien flageoUcr, 270

De bien chanter, saillir, voiler,

Je seray bon maistre tenu.

Le Roy.

Tusoyesdoncques le bien venu.

GUIPPELLIN.

Je feray bruict de bien dancer,

Mieulx que vous ne sçavriez penser. 2-5

Vous verrez bien que ce sera.

SOTTINET.

Par Nostrc Dame! non fera.

V* GuiPPELLIN.

Je suis homme, quant est a moy,

Pour gouverner tout seul un roy,

Sans y avoir aucun desroy, 280

Et son peuple gros et menu.

Le Rov.

Tu soyes doncques le bien venu.

GuiPPELLIN.

Je feray bruict, je feray raige ;

Je feray d'un pot une caige

D'argent, quand bon me semblera. 285

S0TTINET.

Par Nostre Dame! non fera.

GuiPPELLIN.

Je suis si grant et saige sot

Que j'entens bien tout a ung mot

D'ung sermon tout le contenu.

373, 282, 290, 298 // faut prononcer soyes en une seule syllabe ou écrire donc. — 280 Ce vers est probablement interpolé. Il semble que, dans ce couplet, il ne doive y avoir que trois vers entre les refrains.

Le Roy, Tu soy es d oncques le bien venu. 290

GUIPPELLIN.

Je farderay bien une femme D'ung fart qui n'est ort ne infâme, Et jamais ne se deffera .

SOTTINET.

ParNostre Dame! non fera.

GuiPPELLIN.

Je cours aussi tost comme vent; 295

Nul ne sçavroit partir devant Que je ne soye revenu.

Le Roy.

Tu soyesdoncques le bien venu.

Je te retiens mon gouverneur.

SOTTINET.

Nenny, mais vostre gros veneur; 3oo

Je cuyde qu'il le doibi bien estre.

Le Roy des sotz.

Je te faictz seigneur et grand maistre Sus les sotz de ma court notable, Et si te faictz mon connestable Pour le baston de la frairie 3o5

Porter devant moy, Sotterie, Et régir mes gens que voicy.

GuiPPELLIN.

Grand mercy, sire, grand mercy.

Je me gouverneray saigement ;

Mais sçavoir vueii planicrement 3 10

Les noms et Testât de voz gens.

SOTTINET.

Je suis ung des loyaulx sergens Du roy, qui ay nom Sottinet,

3oo venur — Sog II faut prononcer gouvern'ray.

•2 28 XXVll. — SOTllH NOUVliLl.E

J'Ol. Bij Qui suis si mignon ci si ncct

Qu'il m'a retenu pour son cœur ; 3 i 5

Vous le pouez vcoir, monseigneur, Car a tout faire suis habile.

Triboulet.

El je suis le sens de la ville; Je conseille lout ce qu'on faict. Triboulet est mon nom par faict, 3 20

Qui ne se mcsle point d'abus.

COQUIBUS.

Chascun m'appelle Coquibus, Qui chargé mon col de ratz porte.

GUIPPELLIN.

Telz gens doibvent vuider la porte,

Car nulz biens n'y a ou ilz sont 325

Pour les maulvais raporiz qu'ilz font.

Toy, scès lu lire ne chanter?

MïTTOUFKLET.

Je ne sers moy que de vanter, Et me nomme l'on Mittoufflet.

GUIPPELLIN.

N'ay que faire de mittoufflet, 33o

Car en court le feu n'estaint point.

Il vous fault jouer d'aulire point

Que j'ay sur vostre cas songié.

Empoignez vous deux se congié

Et demandez. Ibo mictum. 335

Coquibus.

Quel congié? Ce n'est qu'ung baston De seur, qui est ainsi tortu.

SOTTINET.

Par bieu ! c'est ung congié, voy tu? Qu'on porte quand on va chier.

323 rat — 329 l'on est suppléé. — 33o le nay

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