DU ROY DES SOTS COQUIBUS
Pour vous ne nous en irons pas.
Le Roy.
Si ferez, plus tost que le pas ; C'est raison d'obéir aux maistres.
SOTTINET.
Coulées sont, voys tu? tes guestres;
Tirez les, si cherront a terre. 345
Le Roy.
Allez, allez, tirez grand erre; Nous n'avons cure de telz foulx.
Triboulet.
Ha ! les follastres.
SOTTINET-
Sont ilz doux Les varletz?
GUIPPELLIN.
v» Hz sont plus pesneux
Que s'on leur donnoit a tous deux 35o
Par les joues d'une vessye.
Le Roy. Guippellin, je vous remercye Dont si bien gouvernez ma court.
Guippellin.
Il fault penser au temps qui court, Qui bien veult son estât conduyre, 355
Et getter ceulx dont peult produyre Et sourdre débat et envie, Comme j'ay faict, dont vous supplie.
Puis que les maulvais sont hors mys '.
340 // manque un vers rimant en ier.
I. Ce passage contient vraisemblablement une allusion à quelque changement survenu à la cour ou au sein de quelque con-
230 XXVIl. — SOTTin NOUVELLE
Et nous qui sommes bons amys 36o
Et frères, tous soiz, se me semble,
Maintenons nous tousjours ensemble
En nostrc grand fraternité
De sottie et en unité.
Nous buvons irestous d'ung accord, 365
Chantant a haulte voix et fort :
Ecce quayn bonum et quam jocundum Habitare fratrcs in iinum.
Le Roy.
Versez de ce bonum vinum Et m'en baillez, j'en tasteray. 370
Tous ensemble chantent :
Ecce quam bonum et quam jocundum. . .
Quand j'avray beu Je chanteray.
En chantant :
Ecce quam bonum et quam jocundum.. .
Triboulet.
Il est bon.
S0TTINET.
Par ma foy ! c'est mon .
Guippellin.
Chantez tousjours et je bevray, 375
Adonc il^ chantent tous ensemble :
Ecce quam bonum et quam jocundum Habitare fratres in unum.
366 forts.
frérie, peut-être de la basoche, si la pièce a été représentée par des basochiens.
SOTTINET.
Or Je vous requier de cueur fin Attendez vous au tabourin.
Pour l'honneur de la compaignie, Qu'ilz nous pardonnent no folie, Vous plaise de dire une notte.
Adieu vous dy, trestous et toute.
Cy fine la Sottie du Roy des sot\ Et aussi de ses suppôt^.