XXX. — FARCE DU PELERIN
» Mais quelque jour, par providence, 65
» j'en avray belle délivrance P. I2Ù » De ce fantastique coqu,
)) En te donnant du pied au cul. »
En usant de ce beau langage,
Tu maudiras le mariage 70
Et le premier qui t'y a mis,
Et te plaindras a tes amis;
Mais, las! il ne sera plus Tlieure.
Cependant qu'icy je demeure,
Mon voyage ne se faict pas ; 75
Si vois je venir a grands pas
Une friande pèlerine,
Portant assez joyeuse mine,
Et deux pèlerins avec elle;
Je recevray quelque nouvelle, 80
Si Dieu veut qu'ils parlent a moy.
La Pèlerine. Helas! Je suis en grand esmoy De trouver quelque personnage.
Qui m'enseigne le droit passage ; Mais icy s'approche quelqu'un ; 85
Je voys bien qu'il n'y en a qu'un.
Dieu gard, amy! Quel vent nous meine.
Le Pèlerin.
P. I2J Pour vray, je suis en ceste plaine Bien estonné ; voicy comment :
J'ay enduré si grand tourment 90
Au chemin que je viens de faire Que, s'il estoit plus a refaire, Par moy ne seroit entreprins.