i grande — 241 qun homme estes — 234 ja est suppléé
340 XXXI. — FARCF NOUVELLE
Li: .II*. Galant.
Par saint Jehan, bien je le vouldroys Que fussiés Dieu.
Le Badin.
Et de la guerre, Jamais ne seroyt sur la terre, 260
Fol. 225 Car les canons et les bombardes, Les piques et les halebardes Seroyent tout de sucre scandis '.
Le .111*. Galant.
Je me resjouys a ses dis ;
En tresbel estât nous en sommes. 265
Le Badin.
Je feroys venir les vies hommes A Tage de vingt et deulx ans, Qui seroyent corporus et grans.
Le premyer Galant.
Et vicies femmes !
Le Badin.
Droict a quinze.
Et sy tourneroyent comme un singe 270
Et ausy douces c'un aigneau.
Le .IP. Galant. Se cas la seroyt ja fort beau; Bien en priseroys les fasons.
258 bien est suppléé. — 269 Tout droict — 271 douce — 272 ja est suppléé. — 273 bien en presentroys Cf. v. 3i5.
1. Edouard Fournier, commentant ce passage {Le Théâtre français avant la Renaissance, p. 434), en rapproche les vers suivants de Béranger, dans son Voyage au pays de Cocagne :
Je vois de gros gardes
Cuirassés de bardes, Portant hallebardes De sucre candi.
DES TROIS GALANS :)4l
Le Badin.
Je feroys que tous les buissons
Et arbres qui sont par tropeaulx 275
Aporteroyent de beaulx chapeaulx,
Les aubépines, des souliers;
Pareillement les groiseliers
Porteroyent pourpoinctz de velours.
Le .IIP'. Galant.
Nos habis ne seroyent pas lours, 280
Ne nosadvantures trop faulces.
Le premyer Galant.
Quel remède d'avoir des chaulses?
Cela me semble fort estrange.
Va toy mectre dedans la fange Jusques au cul.
Le .II*. Galant.
Qui le feroyt, 285
Certes on les aporteroyt, Comment il est dict, toutes faictes.
v° Le .III". Galant.
Comme avroyt on des eguilletes?
Voylla de quoy il me souvient.
Le Badin.
L'erbe qui dedens les prés vient 290
Seroyent eguilletes ferrées.
Le premyer Galant.
Et quant y seroyent defferees, Du fer en demourroyt un boult?
Le .II*. Galant.
Encores ne dis tu pas tout.
Et que mengeroyent les chevaulx? 2g5
274 tous est suppléé. — 284 dans la fange — 287 comment il dict — 292 defFeres — 293 demouroyt
342 XXXI. — FARCE NOUVRl.1.1':
Lk Raoin.
Y prcndroycnt peines et travaulx Sans menger et sans se lasser,
Lk .IIP. Galant.
Naudin nous faict le temps passer ; Il ncdict pas chosscs infammes.
Le Badin.
Je permetroys changer les femmes 3oo
Comme les chcvaulx elles mules.
Lk Prkmyer Galant.
On voyeroyt beaucoup de cedules En plusieurs pays despecer.
Le Badin, Affin de tout sagrin casser, On seroyt franc dans les tavernes, 3o5
Je feroys de vesics lanternes, Et, pour mieulx venir a mon esme, Jamais il ne seroyt karesme, C'en est autant de despesché.
Ce seroyt aussy grand péché 3 10
De jeusner que tuer un homme, J'asouldroys sans aller a Rome ; Entendes bien que je propose.
Le .1 1", Galant.
Se ne seroyt pas peu de chosse ; Bien en priseroys les fasons. 3i5
Le Badin, Fol. 226 ie feroys que tous les glassons Seroyent formage d'Engleterre, Et s'on vouloit faire la guerre, On combatroyt a coup de poing ; Je permetroys rompre le poing 320
Sur le genouil sans nulz cousteaulx.
3 14 chosses — 3 18 en son vouloir faire
Y ne fauldroict poinct de courteaulx Pour s'en fuir sans nul besoing.
Jamais homme n'yroyt si loing; Gombastre aulx maisons se viendroyt. 325
Le .II*. Galant.
Vigne jamais ne geleroyt ?
Non, par ma foy, sy j'estoys Dieu.
Y me fault partir de ce lieu, Pour aler dire mon sçavoir
A ma mère, et pour sçavoir 33o
Sy seray Dieu.
Le premyer Galant.
Et sy vous Testes ?
Le Badin.
Voz besognes sont toutes faictes; Jamais ne serés malureux.
Mais tous trois serés sy heureulx Qu'on ne vit onques le semblable. 335
Le .il. Galant.
Que vous nous soyez profitable, Naudin !
Lk Badin.
Je vous feray des biens Tant que jamais n'en voyerez riens; A vous viendront tous endormys.
Le .III®. Galant.
Adieu, Naudin.
Le Badin.
Adieu, amys. 340
322 cousteaulx — 33i sy ie seray — 335 les semblables — 336 profitables — 340 mes amys
.■>44 x^M- — ! Akci-: Noi;vi:i.i.K iihs trois galans
Lk trkmikr Galant.
y>° Mais conclues.
Lk Badin.
Pour conséquence Et du sens avoir la sentence, Plusieurs sos de tel propos sont.
Si pouer avoyent plus qu'i n'ont, Y feroyent chosscs imposiblcs 345
Qui ne sont pas a eulx posibles, Comme avés veu en cestc place.
Or chantons tous de bonne grâce.
En prenant congé de ce lieu, Nous vous disons a tous adieu. 35o
Finis.
iH"^- iiij^^ ix lignes
345 chosse — 348 tous est suppléé.