Voy. t. J, pp. 198, 23o
2. Allusion au médecin juif Bonnet de Lates qui était, croyaiton alors, le conseiller le plus écouté du pape. Gringore le nomme expressément au v. 38 1 de la sottie.
! ro XI. — SOTTIE CONTRE LE PAPE JULES II
gurée par les Vénitiens ; que Peuple François porte le poids de ses péchés. Pugnicion les somme une dernière fois de s'amender, et tous font un retour sur eux-mêmes et s'exhortent à la pénitence ; seul l'Homme obstiné persévère dans son erreur et dans ses fautes.
Les deux pièces de Gringore ne confirment pas moins que la Sottie de TAstrolo^ue ce que Jean Bouchet dit de la liberté laissée aux joueurs de farces par Louis XII '. Brantôme a recueilli la même tradition, tout en faisant observer que l'indulgence du roi ne s'étendait pas aux attaques auxquelles la reine Anne de Bretagne aurait pu être en butte : « Le roy l'honoroit de telle sorte », dit-il, « que lui estant raporté un jour que les clercs de la basoche du Palais et les escolliers aussi avoient joué des jeux où ils parloient du roy, de sa court et de tous les grandz, il n'en fist autre semblant, sinon dédire qu'il falloit qu'ilz passassent leur temps et qu'il leur permettoit qu'ilz parlassent de luy et de sa court, non pourtant desreglément, mais surtout qu'ils ne parlassent de la reyne sa femme en façon quelconque, autrement qu'il les feroit tous pendre ^. » Ici le poète n'a pas à se prévaloir d'une simple tolérance, il obéit évidemment à un mot d'ordre.
Pierre Gringore, qui nous apparaît ici comme un agent de la politique royale, était né, probablement en Normandie \ vers 1475. Son premier ouvrage, Le