Voy. notre note sur le v
Si l'on ne considérait que la forme extérieure des Sot:{ nouveaulx, on devrait les attribuer a Pierre Gringore. La seule édition dont nous ayons pu découvrir un exemplaire complet porte, en effet, sur le titre la marque des Trois Sots, marque qui n'était pas celle d'un imprimeur, ni d'un libraire, mais celle du poète lui-même ',
I. Nous pouvons citer d'assez nombreux exemples de ces marques employées par certains auteurs pour défendre leurs droits, Jehan Le Maire en possédait une sur laquelle il avait inscrit ses armes et les devises : De peu asse^. Si non utile est quod facimus, stulta est gloria, Gallis aetermtyn decus, Favus distillans labia mea (Voy. Catal. Rothschild, II, n» 2007). Celle d'Hubert Susanneau se composait de même de ses armes et d'une devise (Ph. Renouard, Bibliographie des éditions de Simon de Colines, 1894, p. 365, année 1542). La marque de Jacques Gohory ne portait pas moins de cinq devises : Assi se abaxen los grandes, Virtutis bonus odor e quolibet. Ainsi se haitcent les petit-{, L'îngegno for:;a doma, KdvBapo; àsTOv (^'oy- -^^ premier Livre des Discours. . . de . . .Nicolas Macchiavegli... sur la première Décade de Tite Live, 044, in-fol. : Biblioth. nat., Inv. Rés. E. 41}. Celle de Claude Colet ne contenait que ses armes et la devise : Colet a colet (Catal. Rothschild, I, n* 65i). Hubert Philippe de Villiers se servait, lui aussi, d'un bois portant cette devise : Dijîcultate aut injuria pulchra sepiri (Baudrier, Bibliographie lyonnaise, 111, 1897, p. i3i). Arnaud Sorbin, dit Saincte Foy, n'avait qu'un emblème avec son nom et cette devise : Ecce inpace amaritudo mea amarissima (voy. Catal. Rothschild, II, n* 2028). Jacques Mondot, du Puy, employait une marque portant sa devise : Non moriav, sed vivam (voy. Les cinq Livres des Odes de P. Horace Flacie, ibyg, in-8\
En 1573, l'escrimeur Henry de Sainct Didier, gentilhomme provençal, aime mieux signer et parapher lui-même ses livres que de recourir à une marque (voy. Catal. Rothschild, I. no 292). Pendant tout le XVI" siècle, les astrologues décorent leurs ouvrages de leurs portraits accompagnés designescabalistiques (voy. Catal. Rothschild, I, n"^ 212, 2i5; III, n' 2565); cependant Frager Rivière, vers i56o, se contente d'une simple griffe (ibid., I, n» 21 3).
Au xvu' siècle, l'usage des marques personnelles est encore pratiqué. On peut citer celle qu'emploie Bernier de La Brousse au fol. 98 de ses Œuvres poétiques, 1618, en y joignant ces deux
l8o XII. — LES SOTZ NOUVEAULX, FARCEZ, COUVEZ
Nous croyons pourtant qu'ici le bois de Mère sotte a été induement usurpé, en raison du sujet, comme il paraît l'avoir été sur le titre d'une pièce qui n'est certainement pas de Gringore : Le Monologue des Sot\ joyeiilx de la nouvelle bande '. Rien dans notre sottie ne rappelle ni le style, ni la langue de Gringore. Peutêtre est-ce à cause de l'emploi abusif qui avait été fait de son emblème, que le poète fit graver une seconde marque, encore plus personnelle, celle qui est reproduite ci-après (n° XIII, p. 2o5).
devises : Fede e constan\:[a [sic], Tutto del [sic] spe. Théophraste Renaudot a recours à un signe particulier pour empêcher les contrefaçons de la Galette (voy. notamment Tannée i65i, pp. 664, 684, 688, 708, 712, etc., etc.).
L'usage des marques personnelles existe aussi en Italie. M. L. Arrigoni a reproduit la belle marque de Francesco Alunno, mort en i356 [Francesco Alunno da Ferrara, abbachista, calligrafo, filosofo, grammatico, matematico, oratore, poeta, del secolo XV; Firenze, i885, gr. in-8, p. 5i). L'astrologue Annibale Raimondo avait pour emblème la Prudence chassant la Fortune, avec cette devise : Prudentia negochim, non Fortuna ducat.