‹ Recueil général des sotties (volume 3)Chapitre 74 sur 96 · Jbid., p · texte numérisé non relu

Jbid., p

les familles genevoises, I, p. 46; [A. Roget], Biographies genevoises du sei:{ième siècle, V, Claude Baud, dans le journal La Démocratie suisse du 2 janvier 1867.

BoNNATiER (Jehan), jouait en i524 le rôle du Médecin.

Bron (Jehan), n" XV (i523), v. 64.

Gallion, jouait un rôle en i523 (n° XV).

Gaudefroid, jouait également en i523 (no XV).

Grand Mattey, n" XV, v. 21,

Grand Pierre, jouait un rôle en i523 (n» XV).

Hector, était mort en i523 (n" XV, v. 21).

Jacques (Maistre) était mort en i523 (n« XV, v. 20). — Ce personnage se confond peut-être avec Jacques Frojon, dit le Grand Jacques, conseiller de la ville, dont le fils reçut, le 4 mai i5io, 4 florins, pour avoir récité des vers lors de l'entrée de l'évêque Charles de Seyssel (Coindet et Chaponnière, dans les Mémoires et Documents publiés dans la Soc. d'Iiist. et d'archéol. de Genève, I, 1841, I, p. 144) et dont la fille « la Nycolarde », porta une enseigne, le 4 août i523, lors de l'entrée de la duchesse de Savoie, Béatrix de Portugal {ibid., p. 190). « Jacobus Frojonis, filius quondam Pétri, de Treffbrcio, appothecarius, par. B'" Magdalenes », avait été admis, le 28 octobre 1494, à la bourgeoisie de Genève; il avait payé une taxe de 8 florins {Le Livre des bourgeois, 1897, p. i23).

Ladrex (Michel de), n" XV (i523), v. 61.

L'Arpe (Jehan de), n° XV (i523), v. 64.

Le D1AMANTIER (Guillaume), cité en i523 (n" XV, v. Sg) avait été chargé, trente ans auparavant, au mois de mai 1493, de représenter, avec Rolet Nicolas, Jehan de Sucx et Jacques Neveu, quatre histoires pour l'entrée de l'évêque Antoine Champion (Coindet et Chaponnière, loc. cit., Il, p. 143).

Le Dorier (Antoine), représente Le Monde dans la sottie de 1624 (n» XVII).

Mulet (Frère) de Palude, c'est-à-dire de La Palud, ou Du Marais, joue dans les deux sotties, en i523 et en 1524 (n"^ XV et XVII).

Nicolas (Rolet). Voy. Rolet (Nicolas).

Perrotin, cité en i523 parmi les morts (n° XV, v. 19), avait reçu un Horin en i5io pour avoir composé des joyeusetés {dicta jocosa) lors de l'entrée de l'évêque Charles de Seyssel (Coindet et Chaponnière, loc. cit., I, i, p. 144).

Petit Jehan, cité de même parmi les morts en i323 (n"" XV, v. 20), était en iSiy au service d'Ame de Gingins, abbé de Bonmont. Petit Jehan, « au petit pied », fut alors en butte à des poursuites pour avoir pris part au charivari contre le docteur Gros. Voy. ci-dessus, p. 266.

Petremand, « grand joueur d'espee », figure dans la sottie de i523 (n» XV) et remplit le rôle principal dans celle de 1624 (n" XVII) . Il est probable que Petremand n'était qu'un pronom ; mais alors nous ignorons le nom du personnage.

Philippe (Jehan), qui fait « la plus part des despens » de la sottie représentée en 1624 (n" XVII), était un riche bourgeois de Genève. Au mois de juillet i523, au moment où Ton préparait l'entrée de la duchesse de Savoie, il avait eu une querelle avec Jehan Malbuisson, conducteur des dames, parce que l'un voulait surpasser l'autre par la splendeur de son costume. Après avoir importuné le conseil de cette singulière affaire, Jehan Philippe l'emporta. Il se fit faire un habit de satin, doublé de taffetas, avec une casaque de velours tanné, doublée de toile d'argent blanche. Le tout lui coûta la somme énorme de 48 écus sol (voy. Coindet et Chaponnière, loc. cit., I, i, p. 147). Philippe avait épousé la fille de noble Perrin de La Mare, seigneur de Vanzier [ibid., p. 181, note).

Rolet (Claude), qui joue un rôle en i523 (n" XV), avait été admis le 17 février 1495 à la bourgeoisie de Genève. « Glaudius Rolet, de Anton., tonsor, par. B'" Magdalenes », porte le rôle des bourgeois. Il avait payé alors 8 florins {Le Livre des bourgeois, 1897, p. 124).

Rolet (Nicolas), toujours appelé « Rolet Nicolas », à la mode savoyarde ', avait dû jouer un rôle important dans la confrérie.

I. Nous croyons du moins que plusieurs personnages de Genève avaient alors l'usage d'énoncer leur prénom après leur nonij comme les Savoyards le font souvent encore aujourd'hui. Il en était ainsi, par exemple^ de Bezanson Hugues, qui joua un rôle politique à la même époque.

Le 18 octobre 1485, il avait joué avec ses compagnons une n:\oraIite intitulée Le Miroir de justice, pour laquelle messieurs du conseil allouèrent une indemnité de 6 florins (Coindet et Chaponnière, loc. cit., p. 142). Au mois de mai 1493 il avait été chargé, avec Jehan de Suex, Jacques Neveu, et Guillaume Le Diamantier, de faire quatre histoires pour l'entrée d'Antoine Champion {ibid.). Au mois de décembre i5oi, il avait été chargé de composer des histoires pour l'entrée de Marguerite d'Autriche [ibid., p. 143). Rolet Nicolas fut élu membre du conseil; mais, en i5o6, François Bonivard l'accuse d'avoir révélé au duc de Savoie ce qui se passait au sein de cette Assemblée (voy. J. A. Gautier, Hist. de Genève, II (1896, gr. in-8), p. 26). Il est cité parmi les morts en i52 3 (n" XV, v. 19).

RoussET (Claude), qui remplit des rôles, en i523 et i524, était sellier de son état. Il fut admis à la bourgeoisie le 3i décembre i523. Il est dit alors : « Glaudius Rosseti, filius quondam Pétri de Annesiaco, sellerius, par. B*" Mari Nove ». Il paie 8 florins {Livre des bourgeois, i8g6, p. 198).

SoBRET (Anthoine), joue un rôle en i523 (voy. n" XV, v. 60). Il était mort en 1524 (no XVII, v. 120).

Stéphane, no XV, V, 19.

T. II. t8

BIBLIOGRAPHIE

a. Sottie a dix personnages iouee a Geneue en la place du Molard le dimanche des Bordes lan i523. — Sottie iouee le dimanche après les Bordes, en 024, en la Justice. S. l. n. d., pet. in-8 de 20 ff.

Nous n'avons pu retrouver cette édition citée par les auteurs de la Bibliothèque du Théâtre français (I, p. 91); nous ne sommes même pas sûr qu'elle ait jamais existé. La « copie figurée » que possédait M. de Soleinne {Catal. n° 725) avait pu être exécutée soit sur le ms. de Grenoble, soit sur l'édition du xviu* siècle.

b. Bibl. de Grenoble, ms. n° 916 (1408 du Catalogue imprimé), in-fol. sur papier (fin du xvi» ou commencement du xviie siècle), fol. 3o7-3i5.

Ce manuscrit, dont notre ami M. Henri Hauvette a bien voulu nous envoyer la collation, est le seul texte ancien que nous ayons pu découvrir; nous l'avons pris pour base de notre édition.

c. Sottie, Il à dix personnages, || Jouëe à Genève, en la Place || du Molard, le Dimanche || des Bordes, l'an

1 523. Il A Lyon^ ||Par Pierre Rigaud. S. d. [vers 1750], pet. in-8 de 41 pp. et i f. blanc.

Au titre, une petite marque représenlant sainte Catherine, debout près d'une roue brisée et appuyée sur une épée.

Le nom de Pierre Rigaud est une fausse rubrique.

Au v du titre est placée la liste des personnages de la Sottie de i523.

A la page 21 commence la Sottie de 1524 qui occupe la fin du volume.

Cette édition a probablement été exécutée d'après le ms. de Grenoble. Ce qui le prouve, c'est que, après le v. io3 de la sottie de i524, le copiste du ms. a sauté deux vers, qu'il a rétablis dans la marge d'après son original, mais que le couteau du relieur a en partie fait disparaître; or ces deux vers ont été omis par l'éditeur du xviii<i siècle, qui n'a pas cherché à réparer la bévue du scribe.

Les variantes de c n'étant guère que des fautes modernes, nous avons cru inutile de les relever.

Bibl. nat., Yf. 2938 Rés. — Bibl. de l'Arsenal, B. L. 9682. — British Muséum, G. 17891.

d. Collection de différens ouvrages anciens, poésies et facéties, [publiée par Pierre-Siméon Caron]. [Paris, 1798- 1808, 1 1 parties in-8), n° 2 (48 pp.)

e. Mémoires et Documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, I (1841, in-8), I, pp. i53-i63.

Le texte présente ici plusieurs coupures.

/. Deux Sotties jouées à Genève, l'une en i523, sur la Place du Molard, dite Sottie à dix personnages, et l'autre en 1524, en la Justice, dite Sottie à dix personnages, avec une Notice historique par F.-N. Le Roy. Genève, che\ J. Gay et jïls^ éditeurs, [imprimerie A. Blanchard], 1868. In-i6 de i f. blanc, x et 45 pp.< plus I f. pour la Table.

Tiré à 102 exemplaires, savoir : 96 sur papier de Hollande, 4 sur papier de Chine, 2 sur vélin.

Sur cette édition, voy. un article publié dans la Revue critique, 1868, I, p. 223.

g. F.-N. Le Roy, Les anciennes Fêtes genevoises (Genève, 1868, in-8), pp. 79-99.

h. Éd. Fournier, Le Théâtre français avant la Renaissance, pp. 392-398, sous le titre de : Sottie des Béguins.

SOTTIE

JOUEE A GENEVE EN LA PLACE DU MOLARD LE DIMANCHE DES BORDES, L'AN i523

Folie,

Le Poste [Printemps],

Antoine [Sobret],

Gallion,

Grand Pierre, 5

Claude Rousset, Pettremand, Gaudefroyd, Mulet [de Palude], L'Enfant. io

■ m/ibcrn a

b Fol. 3oj Mère Folie, vestue de noir, commence :

Par mon ame, quoy que on die,

Encore me fait il bon voir.

Enfants, je suis Mère Folie,

Qui, pour passer melancholie, --in^^'-l

Viens vous voir vestue de noir.

J'ay matière de desespoir,

Je suis vefve de fort long temps,

C'est, comme devez bien sçavoir.

Titre : Le ms. {b) porte : Première moralité, jouée, etc., quon die — 26 encor

De vostre bon père Bon Temps.

Bon Temps, tu laisses tes enfants lo

Et ta femme bien désolée !

Que maudite soit la journée

Que nous laissas ainsi dolents,

Parmi tant de malheurs volants !

A la maie heure suis je vefve. i5

Au vinaigre ! Le cœur me crevé

Quand je repense aux trespassez.

Stéphane, Rolet Nicolas,

Petit Jehan, maistre Jacques, helas ! 20

Grand Mattey, Perrotin, Hectores,

Et vous, tous mes amis encores.

Ou estes vous ? Ha ! faulce Mort,

Qui le povre et riche remords,

Tu prens tousjours ce qui vault mieux 25

Le Poste Printemps, a cheval.

Laissez moy passer, car je veulx Donner en toute diligence Lettre missive et de créance A madame Mère Folie.

Folie.

Paix la, paix ! Qu'est ce qui me crie ? 3o

Je suis Folie : qui es tu ?

Le Poste.

Printemps, dame, de verd vestu, Qui viens en poste d'Italie.

Folie.

Et dits?

9 h écrit partout Bontemps {en un mot) — 17 /> Quand je pense — 2'S b faulccment — 25 6 ce qui mieux vault — 28 6 Lettres niissiucs et de créance

xv. — sottie des beguins 251

Le Poste.

Que je vous feray lie Par lettres que je porte icy. 35

Folie.

Si tu me fais de joy vestir, Poste, tu en boiras ta part.

Sus, sus, tirez vous a l'escart !

Fol. 3 08 Laissez le venir, qu'on le voye.

Le Poste.

Honneur, dame, santé et joye ! 40

Or tenez, voycy des nouvelles. '»-'

Folie. ^.^^"^"^

Quelles sont elles ?

Poste.

Bonnes, belles.

Folie.

De qui ?

Poste.

D'un qui vous ayme bien.

Folie.

Et son nom ?

Poste.

. Bon Temps, qui revient

Mais qu'on le veulle entretenir, 45

Folie.

Il est mort.

Poste.

Je veux maintenir Que non : lisez son escripture.

36 b vessir — Cette leçon a passé dans les éditions modernes, qui toutes dérivent de b. — 3^ b le ioye — 42 bonnes et belles

Folie.

Par la passion que j'endure, vo II est vray, je cognoy sa main.

Vrayment tu viens bien au besoing ; 5o

Sans ceci j'estoys abolie.

Or sus, mes enfants, je vous prye.

Venez tous, venez vistement,

Venez, et si voyez comment

Bon Temps n'est pas encores mort. 55

Venez vous? Ha! vous avez tort,

Guillaume Le Diamantier,

Antoine Sobret, Gaudefroid, 60

Claude Baud, Michel de Ladrex,

Maistre Pettremand, Gallion,

Jehan de L'Arpe, venez, Jehan Bron ;

Ça, Grand Pierre, Claude Rolet,

Prestre d'honneur, frère Mulet ! 65

VeneZ; et vous orrez nouvelles

De Bon Temps.

Antoine, estant parmi la troupe.

Tendez les eschelles, Mare, et nous vous irons voir.

Puis, quand ils sont tous monte j,

Gallion.

Si nous pouvons BonTemps ravoir, 70 Si jouerons nous, quoy qu'on die.

Grand Pierre.

Demain nous poserons le noir Si nous pouvons Bon Temps ravoir.

Claude Rolet.

Fol.Sog De tout nostre petit pouvoir

5o b Vrayement

Avecques vous, Mère Folie. 7 5

Si nous pouvons Bon Temps ravoir, Si jouerons nous, quoy qu'on die.

Pettremand.

Voyons ces lettres, je vous prie, Premier qu'en parler plus avant.

Gaudefroid.

Qui lira?

Mulet.

Qui? le plus sçavant. 80

Gallion.

Anthoine est docte en tels affaires.

Grand Pierre.

Ouy, car je l'ay veu souvent, Cet an, parmi les secrétaires.

Antoine.

J'ay tant fréquenté ces notaires Que j'en suis clerc jusques aux dents. 85

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