‹ Recueil général des sotties (volume 4)Chapitre 47 sur 97 · XII. — LES SOTZ KOTIVEAtILX> FARCEZ, C0OTE · texte numérisé non relu

XII. — LES SOTZ KOTIVEAtILX> FARCEZ, C0OTE

ai Ton ne cdnsîdérah que la forme extérieure des Sot^ nouveduîx:, on devrait les attribuer a Pierre' Grlngore.' La seule éditioa dont nbiis ayons pu dëcou- ■vrîr un exemplaire complet porte,' en effet, siirW titre la marque des Trois Sots, marqué qui n'était pÉi'côUfc d'un inipriiiieù^, ni d'uii libraire, mais celle diffroitt: lui-même';" '■' • ..,.,■..::..-..-. ,■■-..

1. NoiJs pouvons' citer' d'usez nombreux exemples de/cé^mirquet employées par certalni auteurs pour diftaàre Jean OfoiU'. JehiQ Le Maire en possédsit oue sur laquelle il avait Inscrit ses .annes et les débites iDeftu Mie{, S{ non utile est qtioâ fucimas, ttâlta ett gloria, Gatlit aeternum dtcus, Favus distillans laiia mea (Voy. Catal. Rochscbild, II, n* 1007). Celle d'Huberi Susan- 'neau se composait de mâme de ses armes ci d'une deviac (Ph. Reponard, BiUiogràphit dis édifions de Simon de Coïiuea, l8(Ht P- 365, iouie iS^i). La marque de Jacques Gohory ne portait pas moins de cioq devises : Aisi te abaxen los grandes, Virtutia borna odor 9 quolibet. Ainsi ie liaticeiit les petiCj, /,'in- S''à"p forja (Jomtf, Kiv»iiji«( ittov (voy. Le premier Livre des Discourt ...de ... îfiçol«^ Mdccliiavégli. .. surla première Décade de Tite Lille, 154^, in-lbl. : Biblioih. cai., lar. Rés. E. 40- Celle de Clgude Colet ne contenait que ses armes et la devise ; Coït a eoîei ÏCatal. Rothschild, t, 'n- 65]). Huberi Philippe de Villiers ae servait, lui aussi, d'un bois portant cette devise : Diffiailtate aut injuria pulchra sepiri (Baudrier, Bibliographie lyonnaise, m, 1897, p. i3i}> Arnaud Sorbin, dit Saincte Foy, n'avait qu'un emblème avec son nom et cette devise : Ecce inpace «hmrituio mea amariuima (voy. Catal. Rothschild, II, B* 3oift). Jacques Mondot, du Pny, employait une marque ponant •■ devise : Non moriar, sed vivam (voy. Les cinq Livret des Oda de P. Horace Flacie, i579,in-8). .

En 1573, l'escrimenr Henry de Salnct bidicr, gentilhomme pr»ven;al, aime mieux ligner et parapher lui-mCme ses livres que de recourir à une marque (voy> Catal. Rothschild, I, n* agi). Pendant tout le XVI* aiicle,leaaairologuesd&orent leur* ouvrages de leurs portraits accompagnas de signes caballstlquei [voy.Catal. Rothschild, I, n« an, ai5; IH, n* 3565); cependant Frager Rivitre, vers i56o, se contente d'une simple griffe {ibid., I, n> Ji3).

Au xvH' siècle, l'usage des marques personnellea est encore pratiqué. On peut citer celle qu'emploie Bemier do La Brouu* an foi 98 de «es Œuvra poêti^utt, t6i8, en y joignant ces dmix

1^0 %IU^^ LES SOTZ NOUVEAULX^ PARCBZt COUVEZ

Nous croyons pourtant qu'ici .k bols de Mère sotte a jSt^ ;mduement usurpé» en : raisQQ; d|a sujet, comme il ^paraît Travoir été sur Jle titre d'ujtje ; pièce qui n>st certainejnent pas^ de Gxixigore; : Ze Monologue des Sof\ jqyeulx de la, nouvelle bande '. ÎRien dans notre sottie .nfr^ppêlle ni le style,.ni la langue de Gringore» Peutêtre est-ce à cause de l'emploi abusif qui avait été fait de son emblème, que le poète fit graver une seconde ^iparque,, encore. plus personnelle, celle qui est reproduite âraprè^ln^ XI JI,.p* 2o5). :. .^

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;â(çyÏ8ès'-.^J*?^ife è constanJijà [sic], Tuffo dél liïc] ^/tf. Théophraste llenaudôt'àf'fecburs. à un signe particulier ,pour empêcher les contrefaçons de Iti' Gà jette (voy. notamment Tanhéc' i*6Sï, '|p:'6Çf,,i6S4, 688^^7^^^^ ' ... " .

'"^^iisâgè des marques personnelles existé aussi en 'Italie. %, L^/Àirngohi' à réproduit' la belle marque de Fi^^ncissCo' Alttnnô, itiàt^i'éàiSbô {Ff-dncéscôAlùnno da.Ferrarà, abbacHista^ caîli" ëtàfo% jliôiofo, gramptaticOf matematico, orâtoréy ]poèta^ délèetoto '!yyf^'ï^irerize,; i885;^ gr. în-S^p-^Si). L^MfolOguê AntiibÀlc Ràîmdïido avait pour emblème la Prudence éhassant la iPortùhé, atèc cette devise ': Prudentta negocium, non 'Fortiina duCat: , ï. mojoX^^ton^'Ré'cueîtde'f^o III, p. ""

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BIBLIOGRAPHIE

a. ([ Les sotz nou||ueaiilz farcez couuez.|[|ainus nen furent de plus folz || Si le deduict veoiif vous voulez [[Baillez argent Hz seroai voz—^Fiitis. S. l. fi. d. [Paris, en la maison de Jehan Trepjpertl {^, vers i5i5],pet. in-8goth. de 8 S. de 35 lignes à la' page, sign.jl.

Nom donnoiu d'anue part la rcpnidiKtioii du liirc.

^8s XU.— ut» SOTZlfeUVU{JLX,FARCEZ, COUVEZ

3aaMfe fwç fticrm &r iiAts fot^

Le bois de Mère sotte, que noi» avons iéji vu mr le titre de la pièce précédente \yoj. pp. 134 et iî5), se trouve en tête de dirers ouvraget de Gringore : Les follet Entrepriies (Parii, Pierre Le Dm, i5o5), Let Fantaisies de JHere sotte (Paria, i5i6), La mettusPropos de Mère lotte (Paria, Philippe LeNoir, iSsS], etc. La devise : Raison par tout a été employée par le mËme poète à la fin de plusieurs de ses productions, notamment k la fin de ses Heures de Nostre Dame; elle se retrouve sur sa seconde marque personnelle (voy. ci-après, n* XIII, p. aob). Nous avons dit ci-desBus que l'imprimeur s'était sans doute servi abusivement la marque de Gringore.

Xn. — LES SOTZ NOUVEAULX, FARCEZ, COUVEZ 1 83 Voici la reproduction du f. Ai v*:

Tlftlt^ WtfgUttWi fCRNlC^O}

iBtat gocS (Mff lid cofi«ai(pitt Afflcfp«8c(Erni|bm

£Mf9ii(%tiMtefiff(iidrfe 'SoittioiiMmil^imNiiis^ffi^

f e fcconS frtcoifnnMic^ 3i^f(mC|ifti8to6qtt^€mcaffof$

(wpotimV&miiMiHaïKÇr 3(n cMpem ihtneefpciic 8fiiiic0^

Crf(fitfcfi'for< m fm mi cflig

Au V* du 7* f., au-dessous du mot Finir, est un bois qui représente six t^es de personnages dans des attitudes diverses; au-dessous de ce bois est un fragment de bordure.

Le 8* f. contient, au r* et au v*, le bois du Fol et du Sage que nous avons reproduit précédemment (t. I, p. 6i) arec le titre d*une édition des Menus Propos^ imprimée par Alain Lotrian, successeur de Trepperel.

British Muséum, C. 33, a. so.

184 in. — LES SOTZ NOUVKAtJLX, FARCEZi COUVEZ

fr. Un exemplaire incomplet d'une autre édition des Sot^f^ nouveaulx faisait partie d'un recueil acquis par M. le duc d'Aumale en 1890* Cet exemplaire est imprimé avec les mêmes caractères que celui de Londres, d'après lequel nous l'avons nous-méme fait compléter, mais il offre quelques variantes résultant d'une nouvelle composition.

Le volume se collationne comme a mais il y manque le f. de titre* et le f • Avj est lacéré. Voy. É. Picot, Catalogue du Cabinet des livres de Chantilly^ Spécimen (Paris, D. Morgand, 1890, in-8), n* 23.

LkS SOTZ HÔDVEADLX, FUtCBZ,. CbDVBZ :

Jâhais n'en fukekt de plus folz.

Si ls dxdcict veo» voos vaoïsz.

Baillez AkOBNT, ilz sbront toz .

De trois fol\ Le Premier commence.

Je suis venu a la huée»

Comme Riz de dame Follye,

Qui m'a faict, enclos et couvée.

Dieu gard toute la compaigoie!

N'est ce pas belle rusterie 5

De quatre corbeillees de folz

Qui soat venus d'une saillye

Tous nouveeulx ponnus et esclos ?

Le second Fol commence.

Ilz sont plus drus que corcaillotz *

Nouveaulz nez ; mais faictes silence, lo

Et TOUS verrez des plus fins sotz

Que vous ouystes puis djmenche.

Je fus ponnu dedans ma manche

Et couvé en une corbeille,

Au coupeau d'une espine blanche, i S

. Et si suis si sot que merveille.

[. CaUletetnz; c« mot minque dans Nicot etdani Cotgrave. '

XH, — LES SOTZ NOUVKAULX, FARGEZ, COUVEZ

FoUAij Je n'avojs ne pîed ne oreille, Et si ne sçajr comme j'ay nom, Si non le filz de la corbeille ; Je n'avray jamais d'aultre nom. 20

Le tiers Fol primo, J'ay esté couvé au pignon Du four a ma mère Lubine, Plus estourdy qu'ung haneton :

Dy, hau, Jaquet ou Guillemine !

Et me ponneut une geline, 25

Et si fus couvé d'ung maillard ' Qui venoit dedans la cuysine ; Veez en la encor le plumart.

Dieu soit céans, ou Dieu nous gart, Ou nous mette tous en mal an ! 3o

Je n'en puis avoir que ma part, Autant a Paris qu'a Rouen.

L'autre hier j'avoys une jument Qui cochonna quinze thoriaulz, De quoy je feîs du corduen 35

De leur cuir, et de bons houseaulx ; Et si vêla six vingtz chevaulx Et vingt asnes trestous bastés.

Adevinez combien les veaulx V* Que la jument a cochonnez, 40

Quantes oreilles et quans piedz Avoit une chascune beste.

Le Second.

Comment ! je viens encor de naistre, Et si suis enragé de faim ?

34 b loquet — 34 h thoreaox — 55 d cordaan i. Canard mâle; voy. RoUand, Faune pop., VI, p. 178. Cotgrave ne connaît que la forme màttarti notre texte donne aussi maliard.

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