XII.^^ LBS SOTZ KOUVEAULXy FARCEZ^ COUVEZ
Se favoys au col iing chevestre, 45
Je m'en yrois paistre du fain.
Le Tiers.
Je viens droit dû fleuve Jourdain, De la fontaine de Jouvence \ Ou j^ay rapporté a mon sain Une beste de grant essence 5o
Qui hk sçaVdir, thascun dimenchCt Tout <krque 1^ femmes ont faict.
N'est ce pas une grant science ? Qu'en dictes vous a ce cornet ?
Lé Premier.
Paix la t paix la ! Que de caquet t 55
Laissez moy mon compte achever De nia tiruye qui mengea le lait' '" Après qu'ici voulut pouleher :
N'estoît ce pas pour enrager ?
Si estotïy par sainct Couilkbault. 60
A Dieu, car il m'en fault aller, Fol Aiij Pour quérir sainct Àlivergauli *.
49 b sein. — 58 ab quelle
1. Il est question de la fontaine de iouvence dans une farce, composée vers 1 525 ou 1 5 Souque nous avons publiée d'après un manuscrit découvert dans les archives de la Nièvre par M. de Flamare {Bulletin du Bibliophile^ 1900, p. ayS, et à part). Nous avons ici le.plua tinci^n exemple de là fàrmé Jùupienei, au lieu de jùuvtnte^ que le DicU général ne fait remonter qu'à Ronsard.
2. Qu'était-ce que saint Aliverg%ttU.? Sans doute quelque ipomon • grotesque porté au bout d'un bAton. L'obscénité de la
. sottie fait, penser au trop célèbre £a/ef des andouilles- porté en
.. ^we,rfe; mâmon» 1628 (voy, Bruniçt, I, col. 626).
La première épître de Marot « Du coq a Tasne « contient ce
passage :
Le roy va souvent a la chasse
'" •■■'* l'amolli! fault descendre la chasse
Sainct McfVMii pour faire pleavoir. .
ifid» Quilffeyf IH, pv 341.)
Or, dans le recueU intitulé : Les Opuscules et petitif Traittei^Je
î88 Xn. --r^ LES SOTZ NOVVBAULX, FARGBZ, COOVB2
yo
Le Sbcônd.
Je suis venu tout en jergault De la contrée de Pampelune Et ay volé du premier sault Jusques cy par roe de Fortune,
Lb Tiers* N'y a il point cean^ qu^l^^mie Qui fiât plaisir au compaignon ?
Ce n'est d'argent ne de pecune, Entendes vous^ bien ma leçon ?
Par Dieu, se j'eusses eu uog :€09, Comme ces femmes ça et la, Il n*y eust eu haye ne buisson Ou je n'eusse faict la fanfa '.
Le I., en tenant sainct Alivergault.
De par le dyable. Alléluia l
Sang bieu ! que vous estes terrible t
Par les dens Dieu ! il s'enfuyra
S'on ne le lie le possible.
Je vouldrois tenir une Bible, ... ;
Ou TEvangille de sainct Jehan ;
Je sçavroys s'il est imposible
De l'avoir ; c'est ung droit Sathan.
Le Tiers.
As tu point de Therbe sainct Jehan* ?
Donne m'en, tu verras beau jeu«
67 a qnelqune — 69 a pecuue
Clément Marot de Cahars..,. (Lyon, Olivîier; Amôullet, 6. d., in-8 goth.), recueil dont feu M. de Marchéville possédaitun exem* plaire probablement unique, on lit sans respect pour la mesure du vers :
De saint Alivargo pour faire pleuvoir.
1 . Nous n'avons pas rencontré allleyrs cette. locution dont le sens évident est fomicari.
2. Sur les diverses herbes appelées herbes de saint Jean, voy. Littré, v" ffer^e.
XU»-^ LBS.80TZ NOmriAVLZ, FARCSZ, COUVBZ 189
Le Psxmibk; Non, )> y«is fairç veu n Dieu ; 85
Je le Iflirray en cest.estat.
Le Tiers..
Les deas Di^u, c'est ung appsw , .
Qui est venu d'ung a.ustrelin '^ Je veulz qu'on m'appelle Mymîn *, Se ne luy fais bien ses raisons • 90
La Pkbmibr.
Gardons lay pour les rouaysons ^ Puis le mènerons a Rouen.
Le. Seconp» .
Se trouvasse quelque jouen % Je sceusse bien qu'on en fera. .
Lé Tiers.
Par les dens Dieu, qui me croira, " ô5
Nous yrons'a dame Folie Qui nous dira toute sa vie ; ' Si sçavrons tout le tu àutem ^.
85 faire est suppléé -^^t h rouutyMMis -^ 94 4 le sceussent
I. « Qui est descendu d\tt ivrogne, d*on mstre ». Austrelin parait être le même mot ^n'estMin^ que Cotgrav^e traduit ainsi : n An Easterling, one of the East parts^or of the Hant8<»*towne8 of Germanie (cf. Rabelais, I^ ch. 33 ; prologue du Quart Livre et Prognostication^ ch. VI); also, a drunken hufP-sirafie, swaggerer, swash-buckler ».
a. Maître Mymin est le filsjdela Lubine citée plus haut (▼. 33)« Voy» la Farce de Maistre Afimin {Ane. Jli.franç.y II, p. 338).