Biblioth. de VÉcole des Chartes, V" sér., V, pp
LES MENUS PROPOS 5l
Deable Roget, deable Guycgart,
Et ou sont tous ces semenaulx (ou seminiaulx) ?
L'auteur se tourne vers ses deux compagnons et leur demande que sont devenus les gâteaux. La suppression de ce passage dans les éditions postérieures nous confirme dans l'idée que Roget et Guycgart ont pu être les acteurs primitifs.
Nous avons dit que notre sottie était dépourvue d'action ; ce n'est en effet qu'une parade, mais nous sommes portés à croire que cette parade était mêlée de « soubresauts ». Les comédiens devaient accompagner de quelque culbute des couplets comme les suivants :
C'est ung grant tour d'abileté
Que faire bien le soubre sault (v. 121-122).
Quant je danse, je saulx, je tripes ; J'ay toujours le cul ortie (v. 2o5-2o6).
Nous avons fait remarquer dans notre introduction que les sots ou badins devaient posséder les talents de nos clowns modernes.
Les menus Propos, malgré certaines allusions que le temps devait vite rendre inintelligibles, restèrent au répertoire des joueurs de farces ; ce qui le prouve, ce ne sont pas seulement les diverses éditions imprimées au xvi® siècle, ce sont encore les emprunts faits à la sottie, vers i5oo, par l'auteur du Sermon joyeulx d'un g fiancé qui emprunte ung pain sur la fournée. (Voy. ciaprès les notes sur les v. 417 et 457.)
BIBLIOGRAPHIE
Les menus Propos, dont nous ne connaissons aucun manuscrit, furent sans doute imprimés d'abord en Normandie; cependant, des six éditions que nous avons vues ou qui sont citées par les bibliographes, une seule est normande; les cinq autres sortent d'officines parisiennes. Toutes sont de la plus grande rareté ; aussi avons-nous cru devoir en donner des descriptions minutieuses.
a. Les menus propos. — Cyfinent les menus propos Im \\ primes nouuellement a paris par le \\ han ireperel demourrant sur le pontWnostre dame a lymaige satct Laurés. S. d. [vers 1495], in-4 goth. de 12 ff. de 38 lignes à la page, sign. X-5 par 6.
54 ni. — LES MENUS PROPOS -"=^^=îs=»
Au titre, la grande marque de Jehan Trepperel (Silvestre, n» 74)
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Nous reproduisons également le r° du dernier f.
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fe feconb î> jtre ^ta^tmmt ie fui6 cc(Vi|>; qui piend fed ntottci^ed a fenghs
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quefquelûug noue bouta fa hipus ie quop i€ fuie mouft te(îoup»
fcfeconb 2>oue tou6 qui noue druee oup pout bien ne noue enctifedj)aa;
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fe piemier :Cucifetfepcfurtnoup.
puie ttoie toute cefî ^u^ pitew^? cas
fcfeconb £)oif e foue qui noue aut} oup* pour bieu ne noue encwfee pajii
Cî> ftnenf fce mcmxe pzopoe 5[fft piimee nouueffentent a parie pat^e ^ai) ttcpcteî î)C»noutrant fat fe pont
Le verso du dernier f. est blanc.
Cette édition est probablement postérieure à 1491, date audelà de laquelle M. Ph. Renouard n'a pu faire remonter l'exercice de Jehan Trepperel; mais elle est antérieure à i5oo, puisque le pont Notre-Dame s'écroula le 25 novembre 1499. L'édition suivante doit être du même temps, et donne le même texte. Il est impossible de dire laquelle de ces deux impressions a été exécutée la première. Les autres éditions que nous avons eues sous les yeux offrent une lacune et des transpositions qui indiquent des remaniements postérieurs.
Bibl. du musée Condé à Chantilly (Cat. Cigongne, n" 690). — Biblioth. de M. le baron Henri de Rothschild (Cat. I^ n» 583). — Cat. de Ruble.
b. Les menus propos composes || nouuellement. — Cy jinent les menus props [sic] Im\\primes nouuellement a paris, pour || guillaume gyon. S. d. [v. 1495 ?], pet. in-4 goth. de 12 ff. non chiffr. de 38 lignes à la page, sign. a-b.
Cette édition n'est ornée d'aucun bois. Le r* du premier f. ne contient que les deux lignes de l'intitulé :
]ledmemtéptd)^^mpdfcâ tioutidCmimt*
Nous reproduisons également le r° du dernier f., dont le t° est blanc :
ou tf^ mmxoiwitnî pzom^emcitf 5 7
tout fû) 9ioit a quatiboctii
te fccon}), IDoire ^lapement te fuie (ttixy <ivd piene tta moucÇee a fenç(ftt
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(e fécond ^6 affemarw et Ces f6m0<ire font ^oufetirtre ^ng pou ^âuft«tn«
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fc feconl) " ^oué f 006 qui noue aœ^ oup.
9>ouc Steu ne nouQ cncufcetKie.
fe ftex0 4Sf>arc9e6 onffre f t picefoap ^ue toue qui noue ciues oup
fe picmter ^ctfrt fcfl efuanoup ouïe trote toure ceft^ng ptteus> <^^
fe feconO:
£>oae toae qut noite aot; oup POftr bteu ne noue ettcnfee pae:
4Zp finmt fee menue piope 3(m ptimte nouocfrcmciitatp^e. poi»^ QmttautmQfçn
Guillaume Guyon, appelé ici Gyon, était libraire et relieur. Il
est cité en 1488. Il acheta, le i3 mai 1494, la maison du Chaperon, située rue des Ecoufles, et revendit cette maison le jour même à Gilles Hardouin, libraire. On ne sait rien de lui après 1494. Voy. Ph. Renouard, Documents sur les imprimeurs, libraires, etc., 1901, p. 1 19.
Biblioth. nat., Rés. p. Ye. 266.
c. Les menus propos. — Cyfinent les menus propos. S. l. n. d. [Caen., v. i5oo], pet. in-4 goth. de 12 ff. de 36 lignes à la page, sign. A-B.
Au titre, la marque de Robinet Mace', imprimeur à Caen de 1498 à i5o6 (Silvestre, n° i34j ;
Au verso du titre est une grande figure en bois représentant un clerc assis dans un fauteuil, la main gauche levée; devant le clerc est agenouillé un personnage qui paraît écrire sous sa dictée.
Nous ne reproduisons pas ce boisj mais nous reproduisons le r" du dernier f. ;
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^deSouf^frsSner pou ^Qutalf
£ee 05^w pxxît cômc baiti^tf tJefi pittc que t>tt^e fentit ïi ttera
fb# çattam/^antf^ut ta ^atCtt, ^ur(^Sn$nou0 bdia fa Ufnet, iDr (|t!op tefm0 montt ttfiouf
ïcpiemîft }Doa# ^ons 4|ut noss0 aue^ otif f>oisr bim M tiou0 mcufr; pâf*
t(((cont> ^«irtÇf^ dttfn-e ff ptrrtotty :
ii^w tone qm noisd oni^ ouj»
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itudfetftfitfnmovf pnie trope tour« crflSn^ pttos^^ feptcmter i;a#
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6o III. — LES MENUS PROPOS
Cette édition donne les vers dans l'ordre suivant: 1-160; 181- 238; 161-180; 239-284; 325-571. Elle présente une lacune de 20 vers (v. 2o5-324) que viennent heureusement combler les éditions a et b,
Biblioth. de feu M. le baron James de Rothschild (Cat., I, n° 584). Cet exemplaire, qui a fait partie d'un des recueils du duc de La Vallière (Cat. de De Bure, n" 2904), a figuré à la vente Pichon en 1869 (Cat,, n" 463).
d. Les menus propos. — Cy finissent les menus propos. S. l. n. d. [Paris, vers i5oo], pet. in-4 goth de 6 ff., impr. à 2 col.
Au titre la marque de Trepperel.
Nous n'avons pas vu cette édition; mais, comme la justification en est plus serrée que celle de l'édition a, elle est évidemment postérieure.
Brunet, III, i638.
e. Les menus (| propos Auec [| le temps qui court. — [A la fin :] •[ Imprime nouuellement a paris p || Alain Lotrian Imprimeur et librai-\\re demeurant en la rue neufue nostre |j dame a lenseigne de lescu de France. S. d. [vers i525], pet. in-8 goth. de 16 ff. de 27 lignes à la page, sign. A-B.
Édition publiée par un des successeurs de Jehan Trepperel,
m. — LES MENUS PROPOS Au titre, un bois dont voici la reproduction :
C tts mentis
Uttmpequiiomt»
Le même bois se trouve en tête d'une des éditions du Dialogue du Fol et du Sage, et c'est pour cette dernière pièce qu'il a dû 6tre gravé.
62' m. — LES MENUS PÎÎOPOS
Nous donnons également le fac-similé de la souscription
}£>Unttt(tttmp9^f nattant noM« Srrffie iDitnnt tf frttitf 5f 6ieiie «i>n6onSantf
iDitnnt (t f<mp« 5ce rtidu^ noç fmtUUt iCiitnnt (tttnipB èe Sice#<|)trfct }S)itnnt tt fépaquefû ^ecrc (cnr moift
^uD *5«iff fnafr< 5</ro6<t e; fouif er ^(«6'éd d<iufruf 09 5f 9(i/irfr frâfpotfe purqiiof f« f ^p« e^ (\Mino^ fdufr «(Ter
C^*?to2fH)efioifaffffmrfit it pdii^s»
re drmoutdnt en fd ru< ftcufuf nc/irt daim a fe:&(ngfw ^ re(<tt ^ jfcMCt*
Cette édition donne les vers dans l'ordre suivant : 1-160; 181- 228 ; 267-284 ; 325 ; 170-180 ; 239-266; 229-238; 161-170 ; 327- 571 (les vers 285-324 et 326 manquent).
Alain Lotrian exerça de i5i8 à i545.
Bibl. nat., Y. Rés. Ye. 3019.— Biblioth. de M. le baron Henri de Rothschild (Cat., I, n° 585.)
/. Les menus propos. H Auec le temps qui court. — [A la fin :] •! Imprime a paris. || îl Qui en vouldra auoir si se transporte \\ Au palays a la première porte . S. d.
[vers i525], pet. in-8 goth. de i6 fî. non chiffr. de 27 lignes à la page, sign. A-B.
Voici le fac-similé du titre
ic0mettuôp:opos»
&aec fc ttmf^ qut coûte*
Le bois qui vient d'être fepfoduît est celui qui fîgurê eur le titre des Moyens d'éviter merencolye de d'Adonville et que Guillaume Nyverd a placé au recto du dernier f. d'une de ses éditions de Pathelin ', l'adresse rimée qui termine l'édition est celle de ce même libraire.
Guillaume Nyverd exerça de i5i6 à i55o.
Cette édition offre les vers dans l'ordre suivant ' 1-160, 267»
284, 325, 326, 171-180, 239-266, 229-238, 161-170,327-571. Les vers 285-324 manquent comme dans c et dans e. Cat. La Roche Lacarelle, 1888, n» 167.
g. Montaiglon et Rothschild, Recueil de Poésies françaises y XI, pp. 343-396.
aFol.Aiv° Le Premier.
Se je vousdoy, jevous payeray; Cesont les gaîges de Trevieres.
Le Second.
Faictes moy voye ; si me serray.
Le Tiers.
Se jevous d o y, je vous p a i e r a y.
Le Premier.
Il sera jour quand je verray De beurre frez faire chivieres *.
Le Second.
Sejevousdoy, jevous payeray; Ce sont les gages de Trevieres'.
I a payeraye — b a varray — 6 c e civierres — y a paieras