Le grammairien dans l'antiquité
Un grammairien devait apprendre à ses élèves à écrire et à parler correctement, et à connaître le» règles de la versilicaliun, ce qui est à peu près la seule chose qui soit aujourd'hui du ressort de la grammaire, mais il devait êtte encore ce qu'on appelle proprement, parmi les gens de lettres, un critique; ce qui ne signifiait pas, comme de nos jours, un homme qui, dans une feuille ou dans une affiche, s'établit juge de tous les ouvrages nouveaux, sans être obligé de savoir un mot de ce qu'il dit, ni même de savoir sa langue. Un critique, un grammairien, un philologue (ce? trois mots sont àpeu près synonymes), était un homme particulièrement occupé de l'étude des langues et de la lecture des poètes, de la connaissance exacte des manuscrits, qui, avant l'imprimerie, étaient les seuls livres; il devait en offrir aux jeunes gens le texte épuré, les initier •dans tous les secrets de la versification et de l'harmonie ; et, comme alors la poésie lyrique était toujours accompagnée d'instruments, et la poésie dramatique toujours mêlée au chant, il ne pouvait enseigner le rhythme, si essentiel à la poésie, sans savoir ce qu'on savait alors de musique.
(Laharpe.)