‹ Recueil gradué de thèmes latinsChapitre 50 sur 194 · CiVit · texte numérisé non relu

CiVit

Bonté de Fénelon.

Fénelon vit un paysan qui paraissait profondément affligé. Il vint s'asseoir à ses côtés pour le distraire; il lui dit qu'on attendait des -troupes le lendemain, qu'on repousserait les ennemis et qu'il retournerait bientôt dans son village. « Je n'y retrouverai plus ma vache, répondit le paysan; ce pauvre animal me donnait beaucoup de lait et nourrissait mon père, ma femme et mes enfants. » Fénelon promit alors de lui donner une autre vache si les soldats enlevaient la sienne1; mais, après* avoir fait d'inutiles efforts pour le consoler, il voulut avoir uno indication précise de la chaumière qu'habitait ce paysan à une lieue de Cambrai; il partit ensuite à dix heures du soir, à pied, avec un seul domestique; il se rendit à ce village, ramena lui-même la vache à Cambrai vers le milieu de la nuit, alla sur-le-champendonner avis àce pauvre laboureur, et dut goûter un bien doux repos après une si bonne action. C'est peut-être le plus beau trait * de sa vie. (Maury.)

Page 1