‹ Recueil méthodique de législation minéraleChapitre 62 sur 134 · II. — LAlvtr>ES DE SÛRETÉ · texte numérisé non relu

II. — LAlvtr>ES DE SÛRETÉ

Malgré tous les soins apportés à l’aérage, on ne peut espérer l’amener, sur tous les points, au degré de perfection qui permettrait l’emploi des lampes à feu nu, en réduisant à 3 ou 4 p. 100 la proportion de gaz inflammable dilué dans l’air atmosphérique. Il faut, d’ailleurs, même dans les exploitations les mieux aérées, faire la part des irruptions subites de grisou provenant d’écrasements de ciel ou de parois, de percements dans de vieux travaux, d’accidents de couche, d abaissements de pression barométrique, de ralentissement ou d’interruptions momen-

KECUKIÏ- MÉTHODIQUE

tanées d’acrage, etc. Kn outre, les galeries voisines de la sortie d’air, nécessairement chargées de tout le gaz balayé par le courant, les vides abandonnés, les cloches d’éboulement, sont autant de points dangereux qui, pour être interdits aux ouvriers, n’en doivent pas moins être l’objet* de fréquentes visites. De là la nécessité des lam[)es de sûreté.

On n’a longtemps connu que la lampe Davy, à treillis métallique. Une circulaire ministérielle d’avril 1824 (i), signalant les avantages de cet appareil, en a minutieusement décrit ta construction et la manœuvre. Mais l’expérience a, depuis lors, fait voir qu’on ne peut entièrement compter sur les lampes conformes au type primitif, ni, à plus forte raison, sur celles où, s'écartant de ce type, on a, pour augmenter le pouvoir éclairant, exagéré le diamètre des mailles du treillis et agrandi l’ouverture de ces mailles. On sait, en effet, que, dans un mélange fortement explosible, le treillis rougit et laisse j)asser la flamme; que le même effet se produit dans un courant moins chargé de grisou, mais animé d’une vitesse dépassant i"’,70. De nombreuses tentatives ont été faites pour corriger ces imperfections et, dans ces derniers temps, la lampe connue sous le nom de son inventeur, M. Museler, s’est rapidement propagée en Belgique, oii elle a pris naissance, et bientôt après dans les grands centres houillers de la France. Cet appareil réalise une manifeste amélioration. A côté de quelques inconvénients, la lampe Museler réunit l’avantage de mieux éclairer et celui de s’éteindre dans les mélanges explosibles ( Uoi/* /e de /'Industrie minérale, 6' 6^). L’Admi-

nistration belge l’a jugée assez parfaite pour en rendre l’usage obligatoire. Sans aller aussi loin, l’Administration française n’a pas manqué de signaler aux exploitants, à -la suite de plusieurs explosions, l’insuflisance de la lampe à simple treillis, mais elle laisse à leur responsabilité le choix des types qu’ils croient devoir adopter. Les ingénieurs ne doivent pas hésiter à intervenir auprès des concessionnaires, pour provoquer l’abandon des lampes qui ofïrent de trop faibles garanties ; au besoin même, ils doivent proposer aux préfets l’interdiction, partielle ou totale, de ces lampes, dans les travaux où le grisou se montrerait avec une dangereuse abondance.

Un point important, dans l’usage des lampes de si'ireté, est le mode de fermeture. De nombreuses tentatives ont été faites pour déjouer, à cet égard, l’imprudence des ouvriers (a) ; il n’en est malheureusement aucune qui ait encore atteint complètement son but. Les lampes disposées de manière à s’éteindre lorsqu’on veut les ouvrir, ne donnent elles-mêmes qu’une incomplète solution : les ouvriers les rallument avec les allumettes qu’ils dissimulent dans leurs vêtements. On a récemment proposé une fermeture électro-magnétique ; l’expérience n’a pas encore sanctionné cet essai En attendant la découverte d’un système

(1) Du 10 mai 1824 (Z.. F., i, SaS.)

(2) Voir les cire, du 14 août 1882 (A. M., 1882, 1, 459)» du 19 janvier 1874 (^* 1874, 23), et du 8 août 1890 (A. M., 1890, 879).

I>K I-ÉGISLATION MINKIIAI.K

vraiment ellicace, on ne peut l'ecourir qu’à une surveillance infatigable. L’usage des lampes de sûreté doit être, sur chaque mine, soumis à des règles tracées avec détail et précision, et toujours applùjuées avec sévérité.

Page 1