‹ Recueil méthodique de législation minéraleChapitre 67 sur 134 · RECIIKRCIIES INTÉRESSANT OIHECTEMENT EA PRATIQ1:E · texte numérisé non relu

RECIIKRCIIES INTÉRESSANT OIHECTEMENT EA PRATIQ1:E

Ces recherches se rapportent à cinq ordres de sujets différents:

La ventilation des mines;

2^ L’éclairage ;

3"^ La constatation de la présence du grisou ;

4® Le tirage des coups de mine ;

5® L’influence des poussières de houille sur les explosions ;

6^ Les soins à donner aux blessés après les explosions.

/o Ventilation des mines.

Mode de ventilation.

Des expériences comparées sur les divers modes de ventilation s’éloignaient trop de l’objet propre des travaux de la Commission pour qu’elle pût songer à en entreprendre. De semblables expériences exigent au reste un ensemble de conditions qu’il eût été diflicile de remplir.

La comparaison raisonnée entre les différents systèmes de ventilateurs n"est d’ailleurs plus à faire. Klle se trouve résumée dans les excellents travaux de M. Murgue. MM. Pernolet et Aguillon ont, de leur côté, dans leurs rapports de mission, condensé, sous une forme méthodique, les nombreuses observations faites sur ce sujet à l’étranger.

Appareils servant au contrôle de l'aérage.

La Commission s’est principalement préoccupée des appareils pouvant servir au contrôle de l’aérage, si important pour assurer la sécurité.

Elle a été, à ce point de vue, heureuse de recueillir les observations de MM. Murgue et Aguillon, ainsi que celles de M. Jutier, sur la loi de la répartition de la vitesse dans les différents points d’une même section de galerie.

Quant aux instruments mesureurs de la vitesse de l’air dans une galerie, on a expérimenté un appareil de M. Vicaire^ qui consiste en une palette verticale mobile autour d’un axe horizontal. La palette, élevée

KKCUKIL MKTIIOOIQUE

plus OU moins par le courant d’air, vient, lorsque ce courant est troj> peu intense, actionner une sonnerie électrique. On a ainsi un véritable avertisseur du danger au(juel expose la trop grande diminution de la ventilation.

Des expériences ont également été laites sur divers appareils imaginés par ruii des membres de la Commission, pour mesurer la vitesse du courant en un point quelconque d’une galerie.

De premier de ces appareils est destiné à mesurer la hauteur génératrice du mouvement de l’air, de laquelle on peut déduire la vitesse. Tj’appareil est un véritable tube de Pitot; la dilliculté de mesurer les dilFérences si faibles produites dans la hauteur liquide par la pression qu’il s’agit d’observer, est résolue de la façon suivante : on mesure, par un piston plongeur que meut une vis à très faible pas, la quantité d’eau qu’il faut retirer à la colonne dénivelée pour amener le niveau à aflleurcr la pointe supérieure d'une aiguille verticale. Kn observant le ménisque produit par la pointe lorsqu’elle traverse la surface, on peut apprécier avec une grande approximation le moment exact de l’aineurement.

Les expériences faites ont montré qu'on pouvait ainsi mesurer la dillércnce de niveau des^deux colonnes du manomètre à moins de i millième de millimètre. Mallieureusement, cet appareil délicat, et qui pourra trouver ailleurs son application, ne parait pas pouvoir être facilement employé dans l'intérieur d’une mine.

Un autre anémomètre expérimenté consiste en une boule légère d’assez grand diamètre placée à l’extrémité d’une baguette, à l’autre bout de laquelle une petite balle métallique vient placer au milieu le centre de gravité de l’ensemble. La baguette est suspendue horizontalement au moyen d’une suspension bifilaire. L’appareil étant placé dans un courant d’air, la baguette tourne sous l’action du vent qui vient choquer la boule ; le centre de gravité s’élevant en vertu de ce mouvement de rotation, une force antagoniste se développe pour ramener la baguette dans la direction première. L’angle qu’a décrit celle-ci au moment de l’équilibre peut servir de mesure à la vitesse du vent. Cet équilibre n’est en général obtenu qii’après de nombreuses oscillations ; comme elles seraient très gênantes, on les amortit au moyen de palettes plongeant dans l’eau. Cet appareil est très sensible et peut mesurer de très faibles vitesses du courant d’air ; malheureusement, l’emploi en 2:>résente encore quelques difïicultés, au moins dans l’intérieur des mines où l’on ne peut porter que des appareils d’une extrême simplicité.

Kn revanche, on a obtenu d’assez bons résultats avec un appareil qui j^araît presque enfantin. Il consi.ste en effet en une simple feuille de papier à lettre ordinaire dont la partie supérieure est pincée entre deux lames métalliques horizontales. L’extrémité inférieure de la feuille recourbée se meut sur un quart de cercle grossièrement divisé. La feuille est exposée au courant d’air, de manière que celui-ci vienne la frapper du côté de la convexité qu’elle forme vers le haut.

Elle est plus ou moins déviée de la verticale, suivant que le courant

1>K I.li0ISI>ATlON MliVliUALK

est plvis ou moins fort, et la grandeur de la déviation permet de se rendre compte de la vitesse de l’air. L’appareil est tenu à la main ; les indications n’en sont qu’approximatives, mais elles ont ce grand avantage d’être obtenues très aisément et de montrer les plus légères et les plus subites variations du courant, contrairement à ce qui a lieu pour les anémomètres à moulinet, qui ne donnent qu’une certaine vitesse comprise entre toutes celles qui ont agi sur l’instrument pendant l’observation.

Un appareil imaginé depuis assez longtemps par M. Bourdon, auquel on doit tant d’inventions ingénieuses, permet de mesurer aisément les vitesses d’un courant d’air, surtout lorsqu’elles sont assez fortes, ainsi qu’il arrive dans le couloir où vient déboucher l’air lancé par un ventilateur.

L’appareil consiste essentiellement en une série de tubes tronconiques placés concentriquement les uns dans les autres avec un certain écartement mutuel, et d’autant plus nombreux qu’on veut obtenir plus de sensibilité. On le place dans le courant d’air, en tommant contre le vent les sommets des cônes.

Chaque tube fait l’elfet d’un ajutage tronconique qui augmente la vitesse de l’air dans la .section rétrécie. La vitesse dans la section l'étrécie du tube intérieur arrive donc à dépasser celle du courant général.

La hauteur génératrice de la première vitesse se trouve ainsi beaucoup plus grande que celle de la seconde, et la difï’érence entre ces deux hauteurs génératrices peut d’ailleurs être liée à la vitesse dvi courant général par une relation empirique déterminée une fois pour toutes.

On mesure cette différence en faisant communiquer, au moyen de tubes en caoutchouc, les parties supérieures des deux colonnes d’un manomètre à eau, d’une part avec un orifice recevant le choc du courant d’air traversant la paidie rétrécie du tube tronconique intérieur, de l’autre avec un second orifice recevant le choc de l’air à sa sortie de l’appareil.

Cet appareil, qui se prête très bien à une installation à poste fixe, et qu’on pourrait rendre assez aisément enregistreur, a été expérimenté à l’Ecole des mines. Il l’a été aussi, par l’un de nous, aux mines d’Anzin ; enfin MM. Aguillon et Murgue l’ont fait fonctionner avec succès à Bessèges. Il nous semble appelé à rendre de grands services pour contrôler la marche des ventilateurs.

Nous croyons qu’on doit recommander aux exploitants d’ajouter au manomètre qui mesure ordinairement la pression ou la dépression engendrée par le ventilateur, un appareil Bourdon, ou tout autre atteignant le même but. Les indications comparées de ces deux appareils permettent, en effet, d’apprécier à chaque instant l’état de la mine, non-seulement au point de vue de la quantité d’air qui la traverse, mais encore à celui des résistances que cet air rencontre en parcourant les galeries.

KECUKir. METIIOÜIQUE

M. Miirgue a, de son côté, imaginé nn appareil Ibrt ingénieux, qui atteint le même but que l’appareil de M. Jiourdon. et qui est installé, depxiis un certain temps, aux mines de lîessèges où l’on s’en montre satisfait. Il ne se prête pas à renregistrement des résultats.

Comme elle l’a fait sur toutes les (juestions importantes qui se rattachaient à sa mission, la Commission a pul>lié nn travail de M, Aguillon, dans lequel est exposé avec détail tout ce <pii se rapporte au contrôle de l’aérage dans les mines.

Influence du vent.

Un savant ing'éiiieur belge, M. Cornet, a émis récemment une idée nouvelle (jui intéresse la ventilation et, par suite, la sécurité des mines.

]M. Coimet pense que les vents intenses peuvent exercer sur Torifice des puits de sortie d’air une pression capable de modifier considérablement la circulation de Tair dans les galeries.

Il est clair que cette action ne peut s'exercer utilement qu’à la condition que la direction de la vitesse du vent soit plongeante et fasse un angle assez grand avec l’horizontale. Ce fait ne paraît se produire que tout à fait exceptionnellement, dans des circonstances locales particulières, et pendant un court espace de temps.

M. Cornet s’appuie, il est vrai, pour établir le contraire, sur Tinclinaison qu’on donne habituellement à l’axe des moulins à vent. Il suppose que cet axe est dirigé suivant la dii'ection générale du vent. Mais c’est par des conditions de bon rendement, tout à fait indépendantes de la direction du vent, (pie celle de cet axe a été fixée empiriquement, et il n’y a rien à en conclure relativement à la question soulevée parM. Cornet, L’inclinaison de l’axe des moulins à vent est d’ailleurs trop faillie pour que la direction du vent, même quand elle lui serait parallèle, pùt produire un effet important sur les courants d’air engendrés par la ventilation mécanique.

Enfin nous ajouterons que quelques expériences entreprises sur ce sujet ont montré que les changements de pression dus aux coups de vent ne dépassent pas quelques millimètres d’eau.

En résumé, nous ne pensons pas que l’influence signalée par AI. Cornet soit assez vraisemblable et puisse avoir une importance assez grande pour qu’il soit indispensable d’entreprendre sur ce point une série particulière d’observations. Il nous parait suflisant que la question soit signalée aux ingénieurs par les publications de la Commission.

12^ Eclairage.

Expériences sur les lampes de sûreté.

De nombreuses expériences ont été faites sur les lampes de sûreté par la sous-commission chargée de ce soin. — Grâce à un appareil, établi

L>K I.ÉGISI.ATION MINÉUAF.K

dans un local dépendant de l’Kcole des mines, et k demeure pour qu’il pût servir k expérimenter dans l’avenir tous les modèles de lampes qui pourraient être imag-inés, on a comparé au point de vue de la sécurité tous les systèmes connus.

On est arrivé k des résultats Tort analogues k ceux qui avaient antérieurement été obtenus par diverses commissions d’ingénieurs anglais, par la commission instituée jadis k Saint-Etienne, et par la commission belge de 1868.

Les lampes, protégées par une simple toile métallique, laissent passer très aisément la llainine sous rinduence d’un courant gazeux animé d’une vitesse qui peut ne pas dépasser mètres pour le gaz d’éclairage* Les lampes de la plupart des autres systèmes laissent aussi passer la flamme, lorsqu’elles sont placées dans les conditions ordinaires de leur emploi, et elles ne dillérent entre elles que par la vitesse plus ou moins grande que l’on est obligé de donner k l’air pour produire ce résultat.

(pliant k la lampe Mueseler du type règlementaire belge, on n’est parvenu qu’avec une assez grande dillicullé k en faire sortir la flamme. On y est arrivé cependant d’une façon régulière, en projetant sur la lampe un très fort courant dirigé presque suivant la hauteur de la lampe et de haut en bas. La lampe Mueseler n’est donc pas un préservatif certain contre les explosions, mais elle présente une sécurité incomparablement plus grande que toutes les autres. 11 n’y a guère k craindre avec cet appareil d’éclairage que les courants dirigés de haut en bas.

La projection de la flamme hors de la lampe Mueseler avait déjk été observée par la commission belge, mais elle n’avait pas donné une définition précise des conditions dans lesquelles cet eflét pouvait se produire,

La sous-commission a fait de nombreuses expériences et de nombreux essais pour construire une lampe possédant, avec la sécurité de la lampe Mueseler, l’avantage de ne pas s’éteindre lorsqu’on l’incline* Ces essais ne l’ont point satisfaite, et, tout bien examiné, c’est encore la lampe Mueseler dont elle a cru pouvoir recommander vivement l’emploi k tous les exploitants.

Cependant, un ingénieur distingué, M. Marsaut, a soumis dans ces derniers temps k l’examen de la Commission une lampe, de construction simple, qui ne s’éteint pas lorsqu’on l’incline, qui s’éteint dans le gaz et qui s’est très bien .comportée dans toutes les épreuves auxquelles on l’a soumise, ne laissant pas passer la flamme sous l’influence de courants gazeux animés de fortes vitesses et dirigés d'une façon quelconque. Il y aura lieu d’essayer la lampe de M. Marsaut dans un certain nombre d’exploitations. On ne peut dès k présent lui adresser qu’un seul reproche, c’est que la toile métallique est cachée par un écran, ce qui empêche de constater d’un simple coup d’œil la l’absence de cet élément essentiel de la sécurité*

KKCUKIT. MliTIloniQUK

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Elclairag^e électrique.

On a dit souvent que ce mode d’éclairage ne pourrait donner lieu à aucun accidenl dans les mines à j^risou. llien ({ue celte assertion ne soit pas exacte, il est certain que, dans (piehpies cas, l’éclairafçe électrique rendrait au mineur de réels services. La Goinniission s’est préoccupée de cette question.

Elle fut tout d'abord amenée à conclure (jue les lampes à incandescence étaient seules susceptibles de résoudre le problème; mais, après avoir étudié les lampes du système Reynier, elle n’avait pas trouvé que ces appareils pussent être considérés comme une solution du problème.

Dans ces derniers temps, l’exposition d’électricité a fait connaître les lampes à incandescence des systèmes Swann, Maxim, Edison. Ces appareils se rapprochent certainement du but, et il n’est pas douteux qu’ils ne puissent être emi>loyés avec avantage par les mineurs dans certains cas particuliers. Mais, outre la difliculté d’installation, il restera toujours à faire entrer en ligne île compte, dans les mines à grisou, les dangers qu’entraîneraient les courants à forte tension nécessaires pour le fonctionnement de ces lampes. Aussi la Commission n’a-t elle pas cru devoir recommander remploi de ces appareils, et elle est heureuse de s’être rencontrée sur ce point avec un éminent électricien, M. Siemens, qui, devant la Commission anglaise, n’a pas hésité à regarder comme dangereuse rintroduction des lampes à incandescence dans les mines à grisou.

La sous-commission chargée de la question des lampes a rédigé sur tout ce c|ui se rapporte à cette question un rapport très détaillé qui est en ce moment sous presse et cjui sera publié dans un bref délai.

Lampes éternelles.

Dn a souvent proposé de brûler, au moyen de lampes éternelles, le grisou au fur et a mesure de son dégagement. Ce procédé a même été sérieusement pratiqué dans certaines ex])loitations, malgré les dangers redoutables auxquels il expose la mine.

T^a sous-cornmission a constaté qu’une lampe ordinaire de mine, dans un air tenant 5 p. loo de grisou et placé par conséquent près de la limite de combustibilité, ne bn'ile guère que 5 centimètres cubes de grisou par seconde ou i8 litres par heure, c’est-à-dire une quantité tout à fait insignihante. I^’emploi des lampes éternelles n’est donc pas seulement des plus périlleux : l’effet utile en est encore absolument illusoire.

Indicateurs du grisou.

Kxpériences sur les indicateurs du g^risou.

Tous les moyens imaginés pour indiquer au mineur la présence du grisou ont été étudiés et, lorsque cela a paru nécessaire, expérimentés par la Commission*

DK T.KOISLATION MINKRALK

C’est ainsi que la Commission a pul)lie une note sur l’appareil dû à M. (^o([uiIlon, et qui peut rendre de très réels services en permettant l’analyse rapide d’un air giûsouteux.

De tous les indicateurs de grisou, le meilleur est encore jusqu’ici celui qui est fourni par les modifications que la présence du gaz dans l’air fait subir à la llamme d’une lampe. La sous-commission chargée de ce soin a étudié ce phénomène avec la plus grande attention.

Tous les mineurs savent que l’iniluence du grisou sur une flamme se traduit par deux phénomènes distincts :

I® La formation autour de la flamme d’une auréole bleuâtre due à la combustion du gaz;

L’allongement de la flamme.

Les conditions de la formation de l’auréole ont été précisées avec netteté. On a constaté que la hauteur de cette auréole dépend nonseulement de la proportion de grisou contenue dans l’air, mais encore de la dimension de la (lamine. Dans un air contenants p. 100 de grisou, la flamme d’une lampe de mine ordinaire donne une auréole dont la hauteur est de plus de o*",i. Cette hauteur descend à o‘”,o2 ouo^’joS si l’on diminue la flamme jusqu’au point extrême oii une diminution plus forte en amènerait l’extinction.

On a constaté que, pour donner à l’auréole son maximum de visibilité, il fallait, en baissant la mèche, rendre aussi peu éclairante que possible la flamme de la lampe. Dans les conditions exceptionnellement favorables du laboratoire, on peut ainsi constater la présence de 0,02 de grisou dans l’atmosphère. Ce n’est guère que pour une proportion de

o, o3 que le phénomène devient assez net pour qu’on puisse espérer l’observer avec sûreté dans la mine.

L’autre eflet produit par le grisou sur la flamme d’une lampe, c’est l’allongement de celle-là. On conçoit, en effet, que la flamme s’entourant d’une auréole dans la([uelle le grisou entre en combustion, l’air n’arrive plus à la flamme que très désoxygéné et qu’elle doit augmenter de surface pour rencontrer l’oxygène nécessaire à la combustion des produits de la mèche.

Les expériences de la sous-commission ont montré quelle était la délicatesse de cette indication ; elles ont fait voir qu’il suffit de trois millièmes de grisou dans l’air pour produire un allongement de la flamme appréciable, au moins dans les conditions exceptionnellement favorables du laboratoire. On peut admettre que, dans la mine, l’allongement deviendrait appréciable pour une proportion de grisou, égale à i 1/2

Une proportion de 4 à. 5 p. 100 de gaz étranger, tel que l’acide carbonique, dans l’air de la mine, modifie à peine ce phénomène.

A la suite de ses observations, la sous-commission a été conduite à expérimenter un système très simple d’écrans qui permet d’augmenter très notablement la sensibilité des indications que fournit l’auréole sur la quantité de grisou contenue dans l’air. On arrive ainsi à constater la

UKCUKTT. MKTTIOniQUE

présence d’iine proportion de fçaz inférieure à i. p. loo. Cet indicateur de grisou a été expérimenté avec succès dans un cei'tain nombre d’exploitations.

La question des indicateurs de grisou a été exposée avec détail dans un travail* de la sous-commission qui a été porté à la connaissance du public.

4*® Tiraf>'e à la jioudre.

Le tirage à la poudre joue un rôle si considérable dans les accidents de grisou qu'il serait désirable qu'on connût le moyen d’empêcher un coup de mine d’enilammer le grisou. La Commission, pour tacher de résoudre cette question, s'est adressée aux personnes les plus compétentes. Elle a fait appel aux lumières de M. Sarrau, directeur des poudres et salpêtres, et de M. Iluggieri. Elle s’est adressée à la Commission des explosifs qui a bien voulu lui donner, dans un rapport publié parmi les documents de la (Commission, son avis détaillé.

Des expériences ont été faites sur une cartouche spéciale présentée par M. Mac Nab. hClles ont été malheureusement peu satisfaisantes, mais il est peut-être permis d'espérer cpie le dernier mot n’est j)as dit, et que les expériences de la Commission mettront sur'la voie d’autres procédés donnant de meilleurs résultats.

Dans l’état actuel de la question, il n’y a qu’à souhaiter que les machines déjà imaginées pour abattre la houille sans le secours de la poudre arrivent à un état de perfection assez grand pour que le tirage des coups de mine puisse être définitivement abandonné, au moins dans l’abatage.

5® Influence des poussièr es,

La question si controversée du rôle des poussières dans les explosions de mines n’a pas cessé de préoccuper la Commission. Des expériences ont été entreprises par elle en vue d’y porter un peu plus de lumière. Nous avons résumé dans un travail étendules expériences de la Commission, celles qui sont dues à divers auteurs, ainsi que l’état de la question, et nous avons formulé nettement nos propres conclusions. Nous croyons avoir établi :

I® Que certaines poussières de houille maintenues en suspension dans l’air peuvent y être ennaminées, sans qu’il soitnécessaire que l’air tienne préalablement une quantité plus ou moins grande d’un gaz combustible ;

(^ue les combustibles minéraux sont sous ce rapport extrêmement différents les uns des autres. Quelques-uns donnent des poussières incombustibles dans les conditions précitées, tandis que les poussières formées par d’autres présentent une combustion plus ou moins facile. En général, les houilles donnent des poussières d'autant plus indammables que la proportion des matières volatiles y est plus considérable . L’inflammabilité des poussières de lignite, qui sont placées sous ce

OK I.KGISI.ATION MINKUATÆ

rapport à l’extrémité de la série, est telle qu’elles donnent lieu a de petites détonations qui ne se produisent jamais avec les poussières de liouille ;

3° Que la quantité de poussières qui doit être mélangée à l’air pour que rinllainination se produise et se propage à quelque distance du point enllammé, est très considérable et telle qu’elle ne peut être mise en suspension dans l’atmosphère que sous l’inlluence d’une cause mécanique très violente, ni se maintenir ([uc j^endant un temps extrêmement court après la cessation de cette cause ;

4® Que, dans tous les cas, et sauf pour les poussières de lignite, la vitesse de propagation de rinllainmation, dans un air chargé de poussières, est extrêmement faible et pour ainsi dire nulle;

5® Knfin, que rinllaniination ne peut être communiquée aux poussières en suspension, sur une étendue un peu notable, que par des flammes très larges.

Il résulte de ces faits que les poussières de houille mélangées à l’air ne peuvent jamais donner lieu qu’à des explosions locales et très limitées.

Ces explosions elles-mêmes ne peuvent guère être provoquées que par un coup de mine débourrant ou par un coup de grisou. Kn l’absence du grisou, le rôle des poussières est donc extrêmement limité, et il semble que, l’attention étant éveillée sur ce point, il soit extrêmement facile de le rendre tout à fait nul.

Dans une mine à grisou, au contraire, les poussières, en s’enflammant à la flamme du gaz, peuvent aider à la propagation de l’explosion et modifier d’une façon très funeste les produits de la combustion en donnant lieu à de l’oxyde de carbone. Dans ces mines, il convient donc d’éviter de grandes accumulations de poussière au sol des galeries ; mais il ne faut pas perdre de vue que la vraie cause du danger est le grisou, et que c’est contre cet ennemi que l’attention du mineur doit être principalement et sans cesse éveillée.

6^ Soins à donner aux blessés après les explosions.

Ce sujet s’éloignait trop des études habituelles de la plupart des membres delà Commission pour qu’il pût être suivi par eux. Heureusement, la Commission comptait parmi ses membres un physiologiste éminent, M. Paul Bert, qui a bien voulu se charger de ce travail, secondé ou suppléé par un de ses collaborateurs habituels, M. le docteur Regnard, professeur à l’Institut agronomique.

Grâce à ces savants, la Commission est en mesure :

I® De signaler à l’attention des mineurs un appareil nouveau permettant de séjourner pendant un certain temps dans un milieu irrespirable ;

qP De publier un manuel de soins à donner aux blessés après une explosion, destiné à être mis dans les mains de tous les ingénieurs et même de tous les maîtres-mineurs.

RKGUEir. MKTHOÏIIQUK

Dans l’appareil imagine par M. llcgnard, le gaz respiré, est, à chaque expiration, débarrassé, par une dissolution de potasse, de l’acide carbonique produit, en même temps qu’un volume d’oxygène égal au volume d’acide carbonique disparu vient remplacer l’oxygène absorbé par l’acte de la respiration. D’air qui arrive aux poumons de l’homme renferme toujours ainsi les memes proportions relatives d’oxygène et d’azote.

L’oxygène est contenu dans un sac en caoutchouc enfermé dans une boîte en fer blanc qui contient aussi la dissolution potassique. L’appareil, placé sur le dos, est peu encombrant ; il ne pèse que i3 kilog. Il sullit à entretenir la respiration pendant plus d’une heure. L’essai qui en a été fait devant la Commission, dans une des caves de l’Ecole des mines, a pleinement réussi et démontré que l’ingénieux appareil de M. llegnard pouvait rendre au mineur, dans des cas fort nombreux, des services importants.

Le manuel rédigé par M. llegnard est très clair et très net ; il indique avec précision les premiers soins à donner aux victimes d’un accident de grisou en attendant l’arrivée du médecin, ainsi que les appareils et les médicaments, réduits à un très petit nombre, qu’il convient de mettre à la portée de tous pour (ju’on puisse utilement s’en servir au moment nécessaire.

L’auteur de ce manuel, dont les ingénieurs apprécieront certainement très haut la valeur, conseille avec beaucoup de raison l’organisation, parmi les ouvriers de la mine, d’une brigade de sauveteurs exercés à manier les appareils de sauvetage et à donner aux blessés les premiers pansements. Il indique les exercices j)rati([ues auxquels il conviendrait de soumettre les membres de cette brigade.

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