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ENQUÊTES OUVERTES EAR LA COMMISSION

Statistique des accidents.

Toute étude des moyens propres à diminuer le nombre des explosions de grisou, ou à en atténuer les efléts, comprend nécessairement celle des diverses circonstances qui donnent lieu à ces accidents ou qui les aggravent.

La statistique des coups de grisou, faisant connaître pour chacun d’eux les causes générales et accidentelles, ainsi que les conséquences plus ou moins graves qu’ils ont entraînées, présente donc le plus vif intérêt. Ce travail, possible chez nous, grâce aux procès-verbaux rédigés par les ingénieurs des mines, mais long et pénible par la masse même des documents à dépouiller, a été successivement poursuivi par MM. Petitdidier et Lallemand, ingénieurs des mines. La publication de ce travail considérable a été retardée par des nécessités de service. Mais nous pouvons espérer qu’elle est prochaine (i).

(i) Voir l’analyse synoptique des rapports oflieiels sur les accidents de grisou en France de 1817 u 1881, dressée par MM. Petitdidier et Lallemand (A. d/., 18812, 293).

DK KKr.ISKATION MIXKHAKE

L’élude attentive de ce document important ne manquera pas sans doute <le conduire à d’intéressantes conclusions.

D’après les communications sommaires que M. Lallemand nous a faites dans tliverses séances, l’une de ces conclusions sera vraisemblablement (pic l inflammation du jj^az par les coups de mine est de beaucoup la cause occasionnelle la plus fréquente des explosions de g-risou.

Knquête ouverte parmi les ing^énieurs.

Outre celte enquête rétrospective dans les documents que nous a bîgués le passé, la Commission a ouvert sur toutes les (juestions (jui se rattachent à l’objet de sa mission l’enquête la plus large et la plus complète.

Elle a fait appel à tout le monde sans exception, et tout particulièrement aux ingénieurs (jui dirig’ent nos houillères ou à ceux qui, au nom de TKtat, en surveillent l'exploitation. Les appréciations émises devant elle par ces hommes compétents ont été insérées dans ses procèsverbaux avec les discussions auxquelles elles ont donné lieu en séance.

Les mémoires écrits qu’on lui a adressés, ont trouvé place dans les pièces annexées aux procès-verbaux des séances. Parmi les ingénieurs qui ont répondu à l’appel de la Commission, nous citerons les noms de •NIM. lîaretta. Castel, Chansselle, Chavatte, Clermont, Dumont, Denis, Delafond, Domage, Doinbre, Fumât, Grand’Kury, Guibal, Lévy, Mathet, Marsaut, Massieu, INIirc, Murgue, Olry, Petitjean, Place, de lleydelet, Reynier, Ruggieri, Soulary. A ces noms il faut ajouter ceux de MM. Carnot, Dupont, Parran, Tournaire, (jui ont bien voulu assister à un grand nombre des séances de la Gommission, et lui ont apporté le plus précieux concours ; enlin ceux de MM. Aguillon, Lallemand, Petitdidier, Regnard, Sauvage, Tresca et Vicaire, (jui ont eu une grande part dans les travaux des sous-commissions.

Au cours de cette laborieuse enquête, de nombreuses inventions et de nombreux projets ont été soumis à l’examen de la Commission. Tous ont été l’objet d’un examen attentif; malheureusement, un bien petit nombre de ces propositions ont présenté un véritable intérêt, et les soixante et quelques rapports présentés à leur sujet à la Commission et discutés par elle, n’ont guère pu signaler que l’appareil d’analyse de M. Coquillon qui peut rendre de très réels services, et l’idée qu’ont eue MM. Delon frères de cacher par un écran la flamme de la lampe du mineur pour mieux distinguer l’auréole bleue produite par le grisou.

Rapport de M. du Souich sur la régrl©Da®ntatlon des mines à. grisou.

A l’enquête si largement ouverte parmi les ingénieurs de notre pays, la Commission a jugé nécessaire d’en ajouter une autre sur les pratiques suivies à l’étranger. M. l’inspecteur général du Souich, dans un travail très complet, avait pris le soin d’analyser avec détail les règle-

RKCUKir. MKTIIOniQUK

ineiitations soit d’ordre pulilic, soit d’ordre intérieur, auxquelles sont assujetties les mines à jçrisou en France et au dehors. Cette étude des réjçlenientations étrangères n’eùtpas été complète si l’on n’eut pas étudié sur les lieux mêmes la manière dont elles sont appliquées.

Mission remplie à, l’étranger par MM. Pernolet et Aguillon.

Deux meml^res de la Commission (car M. Aguillon a trop prodigué à la Coniinission son temps et sa connaissance approfondie de l’art des mines jiour (ju’il se refuse a ce (pi’elle le considère comme sien) ont bien voulu accepter la laborieuse mission de visiter les principales mines de rAlleinagne, de la Jîelgique et de l’Angleterre, alin de les étudier au point de vue spécial des mesures (ju’on y prend pour parer aux dangers du grisou.

(Iràce aux trois volumes dans les(juels MM. Pernolet et Aguillon ont condensé les nombreuses et importantes observations qu’ils ont recueillies, les ingénieurs et l’Adininislration des mines pourront acquérir aisément une connaissance exacte de tous les moyens auxquels on a recours dans les pays qui nous environnent, pour conjurer les accidents ile grisou ou pour en atténuer les conséquences.

La Commission espère que la comparaison entre les pratiques suivies dans les diverses contrées étrangères et dans notre pays ne man- (piera pas d’utilité pour améliorer encore les conditions de sécurité de nos exploitations.

File a constaté d’ailleurs, avec une satisfaction bien légitime, que le rapprochement entre ce (jui se fait au delà et en deçà de nos frontières est bien loin, en somme, d’être désavantageux à nos ingénieurs.

Tous les travaux de la Commission ont d’ailleurs été portés, au fur et à mesure de leur achèvement, à la connaissance du public, et la Commission a pris soin de provoquer, parmi les ingénieurs compétents, la discussion sur chacun des points examinés par elle.

§ 3. — F»RINCIF»ES A CONSULTER DANS L’EXELOIT ATION

DES JMINES A GRISOU.

C^omme conclusion naturelle de toutes ses études, la Commission a pensé qu’elle devait réunir sous une forme méthodique et concise toutes les mesures de précaution qui lui paraissaient dignes d’être prises en considération par les exploitants de mines.

C’est ainsi qu’elle a été amenée à discuter et à arrêter, dans de nombreuses et laborieuses séances, la rédaction du travail qu’elle a intitulé : « Principes à consulter dans l’exploitation des mines à grisou. »

Fidèle à la règle qu’elle a toujours suivie, la Commission n’a arrêté cette rédaction qu’après en avoir distribué un premier projet à toutes Jles personnes qui dirigent l’exploitation de nos houillères ou qui les

nK T.KOIST.ATION MINKUAI-F.

surveillent au nom de l’Etat, en provoquant de leur part des critiques dont elle a tenu graïul compte.

Comme elle le dit elle-même dans le préambule qu’elle a placé en tête des Principes à consulter, la Commission, en le rédigeant, n’a pas eu Pidée de préparer un modèle ou un projet de règlement qui dût, avec le sens légal attribué à ce mot, être appliqué dans son entier à toute mine contenant du grisou. I^es mines à grisou diflèi'ent trop entre elles pour qu’une même règlementation puisse leur être indistinctement appliquée. Mais elle j)eut espérer que, dans chaque cas particulier, la tâche des exploitants et de l’administration <les mines pourra être rendue plus aisée par l’étude des Principes qu’elle a formulés.

Nous terminerons cet exposé sommaire des travaux de la Commission en exprimant l’avis qu’après leur pul)lication complète, (jui ne saurait tarder, la Commission pourra regarder sa tâche comme accomplie. Elle n'aura pas sans doute dit le dernier mot sur toutes les questions qu’elle a étvidiées, mais nous espérons qu’on voudra bien lui accorder au moins qu’elle n’a rien négligé pour les éclairer davantage et pour remplir dignement la mission qui lui était confiée.

Lk Cuatki.ikh, Ingénieur ordinaire des mines.

MaI-I.-MU),

Ingénieur en chef <les mines.

Commission du grisou. — Principes à consulter dans l’exploitation des minesk à grisou <>).

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