GÉNÉRALES
Il doit être expressément délendu aux ouviders qui pénètrent dans les mines ou quartiers grisouteux d'y liimer et meme d’y porter des pipes, du tabac à lumei*, des allumettes ou tous auti*es engins et matières ‘ pouvant produire de la (lamine, aussi bien que tout outil pouvant servir à ouvrir les lampes (i).
observations très sérieuses soient de nature à infirmer le rôle, parfois exagéré, qui leur a été attribué, il a paru à la Commission (jue les précaufions contre les poussières énumérées dans le 39 étaient de nature à être recommandées ; outre qu’elles sont d’une application généralement facile, elles auraient toujours leur utilité, toute question d’explosion mise à part, pour purifier l’atmosphère de la mine et l’empêcher d’être nuisible à la santé des ouvriers.
I^’arrosage doit être à tous égards jiréféré, en principe, à l’enlèvement des poussières; l’enlèvement, en chargeant l’atmosphère de poussières, aurait plus <l’inconvénients que d’avantages si Ton n’y procè<le pas seulement alors que, par une injection suffisante d’eau, les poussières ont été transformées en l)oues .
Un rapport spécial de MM. Mallard et l^e Chatclier rappelle les dangers <le diverse nature que les poussières peuvent produire; on se bornera à faire remarquer ici que ces dangers sont dilVérents suivant qu’il s’agit des chantiers ou points de travail et <les galeries de circulation. Aux chantiers, les poussières peuvent être allumées directement par un coup de mine; dans les galeries, les poussières soulevées i)euvent contribuer à propager une inllammation d’un point à l’autre, et étendre l’explosion survenue dans un quartier grisouteux à un autre (juartier également grisouteux, mais séparé du premier X)ar un intervalle tel que l’exi^losion, à <léfaut de poussières, n’aurait pas • exercé d’action scnsil)le directe dans le second.
Le danger des poussières ne dépend jias seulement de la nature plus ou moins inllammable des charbons, mais encore de leur degré de siccité et de ténuité. Des poussières extrêmement ténues, de matières non inflammables, peuvent jirojiager l’inflammation dans une atmosi^hère troj) peu grisouteuse X)our s’enflammer sans cela, par suite de l’élévation de température que détermine leur présence.
I^es poussières de charbons inflammables seront, toutes choses égales d’ailleurs, plus dangereuses. Sous ce rapport, les charbons paraissent être d’autant plus dangereux qu’ils se rap^irochent des houilles sèches à longue flamme et des lignites.
(i) Ces dispositions se trouvent reproduites dans le j>rojet de décret du 25 juillet 1895.
Les niaitres-inîiieurs devraient être autorisés à visiter les vêtements des ouvriers qu ils soupçonnent, sans ([ue ceux-ci puissent s’y opposer.
Les ouvriers ne peuvent, sous aucun prétexte, sans une permission s[)éciale, parcourir d’autres voies que celles qu’ils ont à parcourir pour se rendre à leurs chantiers.
Tout ouvrier, et spécialement tout rouleur, qui s’aperçoit de quelque défectuosité dans la ventilation, de quelque accident aux portes ou cloisons d aérag*e, doit en avei'tir immédiatement le maître-mineur ou le surveillant spécial.
Il en est de même pour toute disposition résultant d’infraction au règlement qui pourrait tenir la mine en danger.
Toute personne qui franchit une porte doit s’assurer qu’elle se referme exactement d’elle-même; au cas contraire, 011 doit avertir immédiatement le maitre-mineur, comme aussi lorsqu’on rencontre une porte ouverte sans qu’elle soit sortie de ses gonds.
Toute injonction faite dans l’intérêt de la sûreté, telle que celle d’évacuer un chantier reconnu dangereux, doit être obéie sur-le-champ.
Cette mesure est admise dans les hôtels de [monnaie et les poudreries. Elle ligure déjà dans quelques règlements particuliers, celui des mines de Blanzy par exemple.
Par le dernier alinéa de ce paragraphe on ne veut pas ériger en principe la dénonciation des intractions, en vue de faire punir le coupable : on entend seulement qu’on donne aux maîtres -mineurs ou surveillants un avis utile à la sécurité de la mine dans le cas d’infraction qui X30urrait constituer un danger sérieux.
L’application de ce paragraphe demande que Ton suive'scrupuleusement les règles indiquées au paragraphe i2, que toute porte soit posée de manière à se refermer d’ elle-même et que toute jjorte qui n’est pas en service soit enlevée de ses gonds.
Le règlement particulier des mines de Bessèges contient la disposition suivante qui mérite d’attirer l’attention :
(c Tout ouvrier occupé à-prix fait qui se retire d’un ouvrage par suite de la a constatation du grisou a droit à sa journée, si la présence du gaz n’est pas
UKCUKII. M1:TII<)1>IQUE
Des dispositious devront ôtre prises autant que possible pour que ces injonctions ne portent pas préjudice aux ouvriers.
Aucune personne étrangère à l’exploitation ne peut être admise dans les travaux souterrains sans la permission de l’ingénieur de la mine, qui l’accompagnera ou la fera accompagner.
Chaque mine doit être pourvue d’appareils respiratoires permettant de pénétrer et séjourner dans les milieux délétères ou explosifs, soit en cas de sauvetage, soit en cas de travail dans des milieux de ce genre demandés pour la sûreté de Texploitation.
Il conviendra d’avoir à la fois des apj>areils puisant l’air pur à de petites distances, ou des réservoirs portatifs simples, et des appareils spéciaux, tels que ceux à air comprimé, pour des trav-aux à exécuter à grandes distances et demandant un séjour prolongé.
Les appareils respiratoires munis de lampes de sûreté qu’ils alimenmentent eux-mémes, pourront aussi servir à la visite de points écartés, éminemment grisouteux, dont l’accès ne serait pas possible avec la lampe de sûreté ordinaire.
Ces appareils seront tenus constamment en bon état de fonctionnement, et des compagnies spéciales d’ouvriers seront exercées périodiquement à s’en servir.
« la conséquence d’une négligence de sa part, ou si le maître-mineur ne lui Ij « fournit pas, en temps opportun, du trav ail pour le dé<lomniager. » fl
Il ne faut pas, en elfet, placer l’ouvrier entre son intérêt et sa sécurité : fl
il hésitera rarement, dans ce cas, à opter pour son intérêt. U
Il v^a de soi que l’agent ou l’ouvrier qui accompagnera un étranger doit f avoir la connaissance de la mine et l’expérience nécessaires.
I^es appareils dont il est question dans ce paragraphe peuv^ent rendre et ont rendu de réels serv ices pour certains trav aux, d’une nature pour ainsi dire courante dans certaines mines, comme ceux, par exemple, nécessaires pour combattre <les fiuix. Mais si ces appareils ne sont employés qu’exceptionnellement, à de rares intervalles, en cas d’accidents et surtout d’accidents de ])ersonnes, il est bon de ne les cmi)loyer qu’avec jji’udence et circonspection. Leur emploi est toujours dangereux pour peu surtout qu’il faille aller loin ou rester longtemps.
La Commission espère d’ailleurs être en mesure de faire connaître incessamment des perfectionnements apportés aux appareils anciens, de nature à rendre moins graves, sinon à faire disparaître, les inconvénients signalés dans ces appareils.
UE EKGISEATION MINÉRALE
La première apparition du grisou dans une mine ou dans un quartier de mine doit être portée à la connaissance de l’Administration, qui doit être également informée sans délai de toute inllammation de gaz, môme non suivie d’accident de personne.
Le règlement et les ordres de service généraux ou spéciaux qui en foi'meront le complément seront afiicliés dans les bureaux de la mine et sur les puits.
11 sera remis aux employés et ouvriers des diverses catégories, des extraits de ces réglements, ordres de service et instructions, portant les dispositions qui les concernent particuliérement et qui tracent leurs devoirs.
11 convient, en outre, de tenir sur la mine un registi'e spécial pour les ordres de service ou instructions, circonstanciels et temporaires, intéressant la sûreté. Des extraits de ce registre seront eux-mêmes, s’il y a lieu, aflicliés en des points où les ouvriers doivent passer pour se rendre à leur travail, et il en sera de même des tableaux où doivent être consignés les résultats des visites de surveillance.
CJblAP>ITRE VI. — EUrsTITlONS.
Les punitions disciplinaires que pourront encourir les ouvriers, pour infraction au réglement ou aux ordres -de service, sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourraient être exercées contre les contrevenants, seront indiquées par les exploitants, dans un ordre de service spécial ou dans un chapitre distinct de leur réglement particulier.
Des punitions disciplinaires générales pourront être imposées aux ouvriers d’un chantier où l’on aurait commis une infraction, telle que celle de fumer, à moins que les coupables ne se déclarent.
L^Administration, en liomologuant les règlements particuliers pour leur donner, le cas échéant, une sanction pénale, en dehors de tout accident de personne, n’a pas à intervenir dans cette question des punitions disciplinaires : de là la distinction faite par le présent paragraphe.
Dans les exploitations où il y aurait un chef de chantier, ce serait évidemment lui qui devrait être responsable dans les cas prévus par ce paragraphe.
33o UECUKII- MÉTHODIQUE
Les causes des punitions et particulièrement de celles qui se rapportent à des fautes g*raves devraient être notées sur le registre de contrôle des ouvriers.
H aïoùt tHHO.
Circulaire. — Lampes de sûreté.
L’instruction à laquelle il a etc procédé à la suite de l’explosion de grisou, arrivée le 3 novembre 1888 aux houillères de Gampagnac (Aveyron), a démontré les graves tlangers pouvant résulter de l'emploi de lampes à cheminée et diaphragme, qui, par le raccourcissement et l’évasement de la cheminée, s’écartent notablement du type Mueseler belge, réglementaire, recommandé par le paragraphe 129 (note, pages ,48) des Pr*incipes à consulter, qui ont été distribués, en i88r, aux exploitants des mines à grisou.
Le Conseil général des mines a été d’avis que des lampes k cheminée et diaphragme, présentant de pareilles conditions d’établissement, devaient être réputées insullisantes dans les milieux grisouteux et, qu’en conséquence, MM. les ingénieurs des mines devaient, conformément aux recommandations contenues dans l’instruction ministérielle du G décembre i87î2, en provoquer l’abandon et, au besoin, l’interdiction, par arreté préfectoral, en vertu des afticles 3 et 4 décret du 3 janvier i8i3.
L’avis du (Conseil m’a j>aru fondé, et il conviendra que MM. les ingénieurs des mines se conforment aux instructions qui précèdent. A'ous voudrez bien, de votre côté, donner k leurs propositions, le cas échéant, telle suite qu’il appartiendra.
B août IBOO.
Circulaire. — Mines g‘risouteuses. — Règ^lementation de la fermeture des lampes de sûreté.
Monsieur le Préfet, il est de principe, pour toutes les mines k grisou, que les lampes de sûreté ne doivent être remises aux ouvriers que fermées. Mais cette fermeture est souvent réalisée par un système k vis,
DE EKGISEATION MINKKAEE
qui n’empêche pas des ouvertures intempestives. En ces derniers temps, divers modes de fermeture ont été essayés, qui paraissent devoir mettre obstacle, d’une façon plus ou moins complète, à de pareils abus et aux graves dangers qui peuvent en être la conséquence. Avec certains dispositifs, tels que ceux de la fermeture électromagnétique Yilliers, ou de la fermeture hydraulique Cuvelicr, on a voulu constituer un système qui rende impossible une ouverture fortuite ou par la main de 1 homme, et ne permette l’ouvertui’c (ju’au moyen d’appareils spéciaux. Ailleurs, on se contente de fermer la lampe par un rivet de plomb, dûment poinçonné, avec des signes que l’t)!! change inopinément. Diverses modifications ont été réalisées pour faire disparaître les inconvénients de la fermeture ordinaire au simple rivet de plomb ; telles sont les modifications résultant des dispositifs de MM. Viala et Catrice ou de M. Dinoire.
En l’état de la question, une fermeture plus effective que celle de la clef à vis me paraît s’imposer aujourd’hui dans toutes les mines à grisou ; au reste, on ne fera ainsi que généraliser une règle imposée par l’Administration, depuis quelques années déjà, dans les exploitations du bassin du Nord, malgré les difficultés que présente le parcours des galeries de ces exploitations.
D’autre part, l’Administration peut et doit s’abstenir d’imposer un type déterminé de fermetui’e. Il suffit d’indiquer le but à atteindre, le résultat à obtenir. Faire choix officiellement d’un type, ce serait risquer d’empêcher tout progrès.
On doit donc se borner à pi’escrire aux exploitants :
« De ne remettre aux ouviâers, avant leur entrée dans la mine, que des lampes de sûreté, fermées au préalable de telle sorte que leur ouverture en service ne puisse avoir lieu sans rompre ou fausser tout ou partie des organes, et sans en laisser des traces apparentes et aisément discernables. »
En conséquence, au reçu de la présente circulaire, vous voudrez bien, Monsieur le Préfet, inviter les ingénieurs des mines à vous présenter des projets d’arretés individuels, mettant en demeure chaque exploitant de mines à grisou de produire .ses observations, pour l’application de la réglementation ci-dessus énoncée, au moyen de tel système qu’il aura à vous indiquer. Les ingénieurs des mines devront apprécier, dans chaque cas, si le système proposé satisfait aux conditions du paragraphe précédent. Dans le cas où ce système paraîtrait admissible, vous approuveriez, par un arrêté définitif, avec les modifications proposées par les ingénieurs des mines, la réglementation que l’exploitant vous aurait soumise. Si le système paraissait défectueux ou incomplet, l’exploitant devrait être mis en demeure d’en proposer un nouveau.
Vous aurez à apprécier, d’après l’avis des ingénieurs des mines, le délai maximum à accorder à chaque exploitant pour l’application intégrale de votre arrêté; il convient de lui laisser le temps nécessaire pom* transformer ou l'enouveler son outillage.
HKCUKII. MKTlIOniQUK
25 avril 1»03.
Circulaire. — Emploi des indicateurs de g^risou dans les mines grisouteuses.
Monsieur le Préfet,
A la suite des recherches qui ont été poursuivies sous ses auspices,
et dont il a été rendu compte dans des rapports et notices de M. l’ingé-
nieur des mines Chesneau, insérés dans les Annales des Mines et dis-
tribués aux ingénieurs des mines et aux exploitants, la Commission du
grisou a appelé mon attention sur les indicateurs de grisou et les dosages
grisouinétiâques que des indicateurs de cette nature, bien choisis, permettent désormais de faire dans des conditions faciles et rapides, aussi
bien qu’exactes et si'ires.
Déjà, dans certains districts, les dosages grisoumétriques ont été rendus obligatoires par des ai*rétés préfectoraux; vous aurez à apprécier éventuellement, sur les pro[)ositions des ingénieurs des mines, les exploitants entendus, si, et dans quelles conditions, cette obligation devrait être étendue à certaines mines à grisou de votre déj)artement.
Les indicateurs qui pourront être utilisés doivent satisfaire à deux conditions essentielles : ils doivent être sûrs, en^ce sens que leui' emploj ne doit pas exposer à des dangers plus sérieux que ceux pouvant résulter des meilleurs types de lampes actuellemeut pratiqués; ils doivent être exacts dans les indications qu’ils donnent, et la Gôinmission du grisou estime, à cet égard, que les indicateurs doivent pouvoir déceler une teneur d'un quart pour cent de gaz, et que l’erreur sur la teneur indiquée ne doit pas dépasser deux millièmes du volume total. La Commission m’a indiqué la lampe à alcool, construite et employée d’après les indications de M. l’ingénieur Chesneau, comme constituant un indicateur qui, lorsqu’il est en bon état d’entretien, remplit, d’une façon satis-
faisante, les conditions de sécurité et de précision ci-dessus énumérées.
Il vous appartiendrait d’interdire l’emploi d’indicateurs qui paraîtraient de nature à faire courir quelques dangers ; les ingénieurs devront
notamment provoquer l’interdiction des lampes grisoumétriques du système Pieler, à un seul tamis, avec ou sans cuirasse, qui, d’après la Commission du grisou, présentent de très sérieux dangers et qu’on ne peut, suivant elle, tolérer dans les mines grisouteuses.
Si les ingénieurs des mines éprovivaient quelques doutes sur le degré
de sécurité ou de précision d’un indicateur que, sous sa responsabilité, l’exploitant aurait mis en service dans sa mine, je m’empresserais, à
leur demande, de le faire examiner par la Commission du grisou. Vous
apprécierez si, en attendant l’avis de cette Commission, il y a lieu de suspendre provisoirement l’emploi d’un pareil instrument.
UE EÉtllSI.ATK»’ MINÉKAEE
Emploi des explosifs dans les mines grisoiiteiises (i).
33 mars
Circulaire. — Emploi des explosifs. — Demande
de renseig^nements.
tO novembre 1.8 SH.
Rapport de la Commission nommée pour l'étude de l’emploi des explosifs dans les mines à grisou.
Monsieur le Ministre, par dépOche du a8 décembre dernier, monsieur A'otre prédécesseur a bien voulu autoriser la Commission instituée sous ma présidence pour l’étude de l’emploi des explosifs dans les mines à grisou, à ne présenter ses propositions qu’après l’achèvement des expéi'iences poursuivies à Sevran-Livry par la Commission des substances explosives, à laquelle ont été adjoints à cet eflèt trois des membres de notre Commission. Ces expériences peuvent être aujourd’hui considérées comme terminées. Dans ses séances des 5 juillet et 8 novembre 1888, la Commission des substances explosives a approuvé les rapports qui ont été rédigés par M. l’inspecteur général des mines Mallard, au nom de la sous-commission constituée sous sa présidence pour poursui-
(r) Consulter le chapitre consacré à remploi des explosifs, eeliii concernant la réglementation dans les mines à grisou, notamment les « Principes à consulter », §§ 21 et suivants et le projet de Règlement- type du 25 juillet 1896 (section III du titre X).
UKCUKII. MKTIIOUIQUK
vre ses recherches. Saisie à son tour do ces rapports, qui sont en votre possession depuis quelque temps, la Commission que je préside, et qui n’a jamais cessé de se tenir pas à pas au courant des progrès de la question, a ilù se préoccuper des propositions qu’elle avait maintenant à vous soumettre. Mais, avant de vous les indiquer, et pour les justifier, je vous demande la permission de rap[)eler, en les résumant, les renseignements qui découlent, au point de vue de la piMtique, des savants travaux dans les(]uels M. l’inspecteur général Mallard a consigné les résultats de ses recherches.
On a d'abord établi encore une fois le danger résultant de l’emploi de la poudre noire dans les milieux grisouteux ; ce danger subsiste même en recourant aux cartouclies à eau les plus pei‘fectionnées. Il existe non seulement pour la poudre de mine dans sa composition actuelle, mais pour toute |)oudre nitratée, de composition plus ou moins dillérente, qui ne constituerait pas un ex})losif détonant.
Parmi ces derniers, il faut parler en ])remier lieu de ceux qui sont encore seuls aujourd’hui à la disposition de l’industrie française, c’est-àdire des diverses dynamites. Bien (jiie ces explosifs soient tous susceptibles d’endaminer le grisou à l’air libre, ils sont dans les milieux grisouteux d’un emploi incomj)arablement plus siir que la poudre noire. Les expériences de Sevran-Livry ont établi, conformément aux vues théoriques présentées par MM. Mallard et Le Ghàtelier, que si l’on fait détoner ces explosifs en les obligeant à accomplir un travail dynamique suflisant, ils n’enflamment pas un milieu grisouteux. Mais, pour obtenir sûrement ce résultat, il faut que l’explosif détone dans certaines conditions de tassage et de bourrage sulïisants, conditions dont on ne peut jamais être certain à priori. Il en résulte que l’emploi de ces explosifs, bien qu’offrant une sécurité relative, dont Pemploi de la poudre noire est totalement dénué, ne peut être réputé donner une sécurité complète.
Parmi les diverses dynamites, il y a lieu d’ailleurs de faire des distinctions. La dynamite-gomme est notamment plus dangereuse que la dynamite ordinaire à la silice, parce que sa température de détonation est beaucoup plus élevée que celle de cette dernière.
Les différences que peuvent présenter les diverses dynamites donnent donc encore plus d’intérêt au choix que doi vent faire les exploitants parmi celles qui sont dans le commerce. Lorsque de pareils produits ne sont pas monopolisés par l’Etat, qui peut alors en quelque sorte en garantir la bonne composition, il est utile que la concvirrence donne à findustrie des moyens de bon approvisionnnement.
Les vues théoriques de MM. Mallard et Le Ghàtelier n’ont pas seulement permis d’expliquer rationnellement les faits observés lors de f éxplosion des dynamites dans les milieux grisouteux : elles ont conduit à déterminer la composition que devrait avoir un explosif détonant pour présenter le maximum de sécurité auquel on peut espérer atteindre. On peut obtenir ce résultat avec des mélanges binaires formés par des proportions d’aziotate d'aininonîaque, soit avec d’autres explosifs*
1>K 1Æ01SI.AT10N M1NKUAL.K
comme la dynamite, détonant à haute température, mais donnant des produits incombustibles, soit avec une substance combustible par ellemême, ou donnant en détonant des produits combustibles comme l’azotate cupro-animonique, la naphtaline, la mononitronaphtaline, la binitrobenzine, le coton octonitrique.
Ges mélang-es, avec leurs dosag^es i3articuliers, constitueraient des explosifs nouveaux présentant dans la pratique les plus sérieuses garanties de sécurité, dont la Gommission des substances explosives sera ainsi parvenue à doter l’industrie des mines.
Il peut ne pas être sans intérêt de faire remarquer que les mélanges de la première catégorie sont essentiellement différents des explosifs connus et vendus aujourd’hui, sous le nom de dynamite à l’ammoniaque.
Ges dynamites sont, en effet, caractérisées par l’addition à l’azotate d’ammoniaque d’une substance charbonneuse qui a pour effet d’augmenter la force explosive du mélange formé par la seule addition de l’azotate d’ammoniaque à la dynamite ; dans les nouveaux explosifs, au contraire, le nitrate d’ammoniaque employé seul a pour eflét d'abaisser suffisamment la température de détonation pour que, môme lorsqu’elle a lieu à l’air libre, cette détonation ne puisse enflammer qu’exceptionnellementles milieux grisouteux les plus dangereux.
Encore plus que pour les dynamites, il sera essentiel pour ces nouveaux explosifs que les exploitants puissent être assurés de l’exacte composition sur laquelle reposera en majeure partie la sécurité.
Les expériences de Sevran-Livry semblent d’ailleurs montrer que les dangers toujours inhérents à l’emploi des explosifs croissent avec la grandeur des charges ; il pourra y avoir lieu dans la pratique de ne pas les augmenter au delà d’une certaine limite.
Mais il ne’suffit pas de se préoccuper d’avoir à sa disposition l’explosif qui puisse être réputé sinon absolument sûr (jamais on ne pourra l’aflirmer avec des matières aussi délicates, donnant des réactions toujours complexes et obscures en certains cas), mais qui, tout au moins, présente la securité la plus grande. Il faut encore se prémunir contre les dangers qui peuvent résulter, même avec de pareils explosifs, de leur mode d’inflammation.
A cet égard, les rapports de M. Mallard font ressortir les dangers spéciaux de la mèche de sûreté. Gette mèche est à redouter, non pas tant pour la flamme qu’elle peut donner lorsqu’on l’allume, ou lorsque son enveloppe présente quelque solution de continuité, mais surtout parce que si, par suite d’un mauvais amorçage, elle se trouve en contact direct avec T’explosif, elle peut provoquer son inflammation, en détonant ensuite, sous l’influence de l’amorce ; l’explosif peut projeter dans le milieu grisouteux des flammes susceptibles de déterminer l’inflammation de celui-ci. La mèche de sûreté ne peut donc être employée qu’avec des précautions méticuleuses, de la réussite desquelles on ne peut jamais être assuré, et il vaudrait mievix la rejeter tout à fait. On ne devrait employer
KKCUEIL METHODIQUE
que des amorces à friction, telles, par exemple, que celles qui paraissent être entrées déjà dans la pratique des mines autrichiennes, ou recourir à l’électricité de la pile ou à des courants d’une assez faible tension pour ne pas avoir à craindre l’effet de l’étincelle électrique. On peut également espérer, peut-être obtenir de lions résultats par l’emploi de cordeaux détonants analogues à ceux usités pour les services de la Guerre, dés que l’on pourra mettre ces engins à la disposition de l’industrie.
Je ne parle pas des amorces ou détonateurs, nécessaires pour provoquer Texplosion de tous ces explosifs, parce que l’expérience, d’accord avec la théorie, a montré qu’il était très facile d’en avoir qui donnassent dans la pratique une sécurité suffisante.
Ce résumé des résultats obtenus par les expériences de Sevran- Livry est de nature à montrer, Monsieur le Ministre, que la question de l’emploi des explosifs dans les mines à grisou peut être considérée aujourd’hui comme ayant fait dans le domaine de la théorie un pas très important, sinon décisif. Mais il faut, d’autre part, reconnaître que, sur le terrain de la pratique, il reste encore plus d’une difliculté. On ne peut songer à imposer immédiatement à l’industrie l’emploi d’explosifs ou d’engins qu’elle ne pourrait se procurer nulle part aujourd’hui, et dont la fabrication en grand demande à être étudiée. Puis, dès que leur fabrication courante aura commencé, il restera à étudier les conditions pratiques de leur emploi dans les mines, soit au rocher, soit au charbon, ce qui ne pourra se faire que par leur usage dans diverses exploitations sous les auspices de la Commission ; des essais se poursuivent actuellement à cet effet dans plusieurs mines ; la Commission vous en signalera les résultats dès qu’elle les aura reçus.
Dans ces conditions, en présence, d’autre part, du respect généralement si grand en France des prescriptions réglementaires qui, même avec l’emploi de la poudre noire (l’expérience l’a montré) donnent déjà une grande sécurité, la Commission a pensé qu’il serait prématuré de vous proposer d’entrer dès aujourd’hui dans la voie de dispositions impératives ; il lui a paru qu’il fallait attendre ce complément d’instruction sur le terrain de la pratique, et qu’il suffisait pour l’instant, en agissant simplement par voie de recommandation, de donner la plus large publicité possible aux expériences qui viennent d’être poursuivies.
A cet effet, la Commission a l’honneur de vous proposer d’ordonner l’insertion immédiate des rapports de la Commission dans les Annales des mines, et d’émettre une circulaire conforme au projet ci-joint. Cette circulaire, destinée à accompagner les rapports de M. Mallard, serait, avec ces rapports, dont un tirage à part sufîisant devrait être fait en conséquence, transmise par les soins des préfets et des ingénieurs des mines à tous les exploitants de mines grisouteuses ou susceptibles de le devenir.
D’autre part, il importe que l’industrie française puisse avoir le plus tôt possible à sa disposition les nouveaux explosifs, pour que des essais en grand puissent être faits avant qu’on arrête un choix définitif entre eux.
UE EÈGISEATION MIXÉUAEK
Dans rétat actuel de la législation sur les explosifs, la Commission a donc rhonneur de vous prier de vouloir hien faire des démarches pressantes auprès M. le ministre de la Guerre pour que radministration des poudres et salpêtres, cjui nous a donné déjà tant de preuves de son bon vouloir, puisse fournir à Tindustrie le plus tôt possible les nouveaux explosifs ([ui ont été ai)prouvés par la Commission des substances explosives.
11 me reste. Monsieur le Ministre, un devoir à remplir en attirant tout s[>écialenient votre attention sur le nouveau travail de MM. Mallard et Le Chàtelicr, qui complète si brillamment les premières recherches sur le grisou, déjà si remar([uées, que nous devons à leur association féconde.
ITne connaissance approfondie des lois les plus délicates et les plus récemment connues de la physique et de la chimie, une habile ingéniosité dans la préparation et la poursuite des expériences, une intuition pénétrante pour élucider les phénomènes les plus complexes, ont conduit ces ingénieurs à des découvertes d’une haute portée scientifique qui, tout porte à l’espérer, auront les conséquences pratiques les plus importantes. On entrevoit, grâce à elles, la possibilité d’atténuer, jusqu’à le faire disparaître de l’exploitation des mines grisoutcuses, le danger, à coup siir le plus grave, tout en laissant aux exploitants l’avantage de remploi des explosifs. Le mérite de ces ingénieurs s’augmente encore, si l’on tient compte du désintéressement et du dévouement avec lesquels ils ont poursuivi sans relâche des expériences qui n’étaient pas sans danger, assez loin de Paris, dans des circonstances matérielles qui ne laissaient pas d’être incommodes et môme pénibles.
Je me plais à espérer. Monsieur le Ministre, que vous voudrez bien reconnaître les services exceptionnels qui viennent d’être rendus par MM. Mallard et Le Ghàtelier en leur donnant dès maintenant un témoignage de votre satisfaction qui puisse être joint à leur dossier.
A^otre administration. Monsieur le Ministre, devra également remei'cier l’administration de la Guerre qui, en nous permettant de recourir à la Commission des substances explosives, nous a assuré le concours ddngénieurs et de savants dont la science et l’expérience nous étaient indispensables, et nous a donné, avec la plus grande et la plus fructueuse libéralité, les moyens matériels de réaliser notre programme sans x'eculer devant aucune dépense.
Je vous demanderai en particulier, Monsieur le Ministre, de vouloir bien adresser des remerciements personnels à M. Lambert, ingénieur en chef des poudres et salpêtres, directeur de la poudrerie de Sevran-Livry, et à M. Bruneau, ingénieur de ce même établissement, qui ont prêté leur I concours le plus assidu et le plus persévérant dans l’installation et la I poursuite des expériences. Les connaissances techniques de ces savants
I ingénieurs étaient indispensables pour assurer le succès de ces longues I recherches auxquelles M. Bruneau n’a cessé un instant de prendre la part la plus active et la plus importante.
UKCUKII. MKTIIOJJIQUK
J’aurai enfin à vous demander également. Monsieur le Ministre, de vouloir bien adresser des remerciements tout spéciaux à M. Sarran, ingénieur en chef des poudres et salpêtres, ineml>re de l’Institut, qui a bien voulu accepter d’être membre de la Commission constituée sous ma présidence et a fait profiter la Commission de ses connaissances pro- Tondes sur les explosifs, matière dans laquelle il est à juste titre considéré comme un des maîtres.
Parmi les meinbi'es de la Commission <£uî sont directement placés sous vos ordres. Monsieur le Ministre, je vous demanderai pour M. Aguillon la même faveur que pour MM. Mallard et Le Chàtelier ; cet ingénieur en chef, qui a été mêlé dans une certaine mesure aux recherches expérimentales, nous a en outre apporté le concours le plus dévoué et le plus précieux sous le rapport administratif, à diverses i*eprises, el notamment [)()ur le tlépouilleinent et le i*ésumé de l’enquête de rannée dernière.
Je ne saurais d'ailleurs, sur ce terrain, omettre sans injustice de vous dire coml)ien ont été précieux poui* la Commission les avis sages et éclairés par une grande exi)érience, de M. l’inspecteur général des mines Lorieux.
lO novomlire IH8H.
Circulaire. — Envoi du rapport relatif a l’emploi
des explosifs.
iVIonsieur le Préfet, par sa circulaire du mars 1887, l’un de mes prédécesseurs, en vous invitant à procéder, avec le concours des ingénieurs des mines, à une enquête sur l’emploi des explosifs dans les mines h grisou, vous faisait connaître (|u’une Commission spéciale avait été instituée, sous la présidence de M. l’Inspecteur général des mines Haton de la Goupillière, à l’effet d’étudier toutes les questions se rapportant à cet important sujet et, notamment, le rôle des divers explosifs en présence d’atmosphères plus ou moins grisouteuses.
A la suite d’un accord entre mon Administration et celle de la Guerre, la Commission spéciale s’est entendue avec celle des substances explosives, que préside M. Berthelot ; et, par les soins de celle-ci, à laquelle avaient été adjoints trois des membres de la Commission instituée par mon département, de nombreuses et importantes expériences ont été entreprises et poursuivies dans des conditions absolument nouvelles, par une Sous-Commission spécialement constituée en vue de ce travail. Le Président de cette Sous^Commission, M. l’inspecteur général des mines Mallard, vient de présenter les résultats de ces
DK lÆOlSLATlON MIXKAAKK
recherches dans deux rapports qui ont été adoptés par la Commission des substances explosives, et insérés dans la 5® livraison des Annales des mines pour 1S8S. Je vous adresse un certain nombre d’exemplaires du tirage à part de ces documents.
Voici, en résumé, les renseignements qui décojilent des expériences qui viennent d’être faites et des travaux dans lesquels elles sont relatées.
On a tout d’abord établi, encore une fois, le danger résidtant de l’emploi de la poudre noire dans les milieux grisouteux, danger qui subsistera quels que soient les procédés de tirage auxquels on pourrait recourir, notamment les carlouclies à eau réputées les plus perfectionnées. Les explosifs détonants sont les seuls avec Temploi desquels on pourrait espérer trouver des conditions satisfaisantes de sécurité, sinon absolue, tout au moins relative.
Les seuls de ces explosifs que l’industrie française puisse aujourd’hui se procurer sont les diverses dynamites. A l’air libre, toutes sont susceptibles d’enflaininer le grisou. Mais le danger est atténué et peut même théoriquement disparaître si les dynamites détonent dans certaines conditions. Pour se rapprocher le plus possible de ces dernières, il convient que la dynamite soit tassée au fond du trou de mine aussi fortement que le permettent les précautions élémentaires qu’il est essentiel d’observer dans son maniement, et qu’elle soit bourrée aussi soigneusement et sur une aussi grande hauteur que possible. D’une part, en ellet, on doit éviter que, par suite de vides laissés au fond de la chambre de chargement, les gaz de l’explosion puissent se dilater librement avant d’agir sur la roclie, et, d’autre part, on doit chercher à faire produire à ces gaz, avant qu’ils ne puissent être en contact avec le milieu grisouteux, le maximum de travail dynamique. Dans le cas de roches üssurées ou crevassées, il ne serait pas inutile d’aveugler au préalable les fissures et crevasses par un premier bourrage à l’argile, dans lequel le trou de mine serait ensuite reformé.
Parmi les diverses sortes de dynamites actuellement livrées à l’industrie, et de la bonne qualité desquelles on devra toujours soigneusement se préoccuper, celle qui, au point de vue dont on traite ici, parait la moins dangereuse est la dynamite ordinaire, c’est-à-dire à la nitroglycérine avec absorbant siliceux. La dynaniite-gomine, mélange de nitroglycérine et de fulmi-coton, doit être considérée comme la plus dangereuse.
Au demeurant, comme on ne peut jamais être assuré d’avoir réalisé les conditions qui fassent disparaître les dangers inhérents à l’emploi des dynamites dans des milieux qui peuvent être grisouteux, il y avait un intérêt capital à chercher un explosif détonàïit qui présentât des garanties de sécurité, sinon absolues (on ne doit jamais l’espérer avec les explosifs), du moins beaucoup plus satisfaisantes que celles des dynamites.
La Commission des substances explosives a établi expérimentalement, d'accord avec les vues théoriques de MM. Mallard et Le Ghâtelier,
UKGUEII. MÉTHODIQUE
([u’oii pouvait obtenir de tels explosils par des iiiélang*cs appropriés d’azotate d’ammoniaque, soit avec la dynamite, soit avec certaines autres substances.
Ce sera à des explosifs de ce genre, aussitôt qu’ils pourront être livrés à l’industrie, que l’on devra donner la préférence dans les mines grisouteuses, dès que la pratique aura fait connaître les conditions dans lesquelles il convient de les employer.
Il va de soi, en raison des incertitudes qui régneront toujours sur ce sujet, que l’on ne devra jamais compter sur une sécuiûté absolue, et que le tirage, meme avec ces nouveaux explosifs, ne devra être permis que sous l’observation des prescriptions réglementaires actuellement consacrées.
Il n’est pas inutile de rappeler en outre que les dangers qui resteront inhérents à l’emploi de ces explosifs peuvent être accrus, toutes choses égales d’ailleurs, par l’augmentation des charges.
Ce n’est pas seulement de l’explosif en lui-même qu’il faut se préoccuper, mais encore du mode suivant lequel on le fait détoner. A cet égard, on ne saurait assez insister sur les dangers inhérents à la mèche de sûreté qui est encore le plus communément employée. Un premier danger consiste dans la projection de llainines qu’elle donne à Textrémité allumée; à vrai dire, on y peut parer, dans une certaine mesure, en tenant|^cette extrémité tout au bas du chantier en un point où, avec une attention des ])lus ordinaires, on puisse être assuré de ne pas avoir un mélange inflammable. Un second danger est à redouter au cas où, l’enveloppe étant déchirée, il se ferait, lors de la propagation de l’inflammation, des projections de llainmes en d’autres points placés dans des conditions plus défavorables. Le plus grave enfin résulterait peut-être du contact direct de la mèche avec des explosifs tels<jue les dynamites ou le fulmi-coton, purs ou mélangés : l’explosif peut commencer à brûler avant de détoner sous l’action de l’amorce, et la détonation peut alors projeter des flammes susceptibles d’enflammer le grisou; il est donc essentiel, si l’on emploie la mèche de sûreté, de s’assurer que l’amorce coiffant le bout intérieur de la mèche n’est pas entièrement plongée dans Texplosif.
Ces inconvénients de la mèche sont tels que le mieux serait d’y renoncer pour recourir à un autre mode d’allumage. On pourrait employer des étoupilles de friction disposées de telle sorte qu’elles soient au contact même de l’explosif, en évitant de les mettre a l’orifice du trou, comme dans certains modèles qui ont été proposés à l’industrie. On pourra également recourir à l’électricité, en ayant soin de n’employer que celle de la pile, ou des courants de tension assez faibles j>our que l’étincelle qu’ils peuvent produire, en quelque point que ce soit, ne puisse enflammer le grisou. Les cordeaux détonants, dès qu’ils pourront être livrés a l’industrie française, pourront égaiement constituer peutêtre une solution avantageuse.
J’ai pensé. Monsieur le Préfet, qu’il suffirait aujourd’hui de faire
1>E EKOISLATION MINÉKAT.E
connaître tous ces faits aux exploitants et d’attirer sur ces sujets leur plus sérieuse attention, sans sonp;-er à entrer encore dans la voie d’une réglementation ollicielle. Si, en ertet, la question peut être considérée comme ayant fait un pas très important au point de vue théorique, il reste encore plus d’un point à étudier dans le domaine de la pratique ; il m’a paru convenable notamment d’attendre que l’industrie pût avoir à sa disposition les nouveaux explosifs ou engins, et qu’on fût mieux lixé sur leur maniement et les conditions ])ratiqucs de leur emploi.
Dès aujourd’hui, toutefois, les exploitants, d’une part, et l’Administration, de l'autre, trouveront dans les rapports rédigés par M. Mallard, au nom de la Commission des substances explosives, et dans le résumé que je viens d’en donner au point de vue pratique, les indications les plus utiles pour les divers cas qui peuvent se présenter dans l’exploitation. Suivant les conditions dans lesquelles un travail devra être poursuivi, les exploitants doivent, d’eux-iiiômes et sous leur responsabilité, adopter, et l’Admiiiistration, le cas échéant, doit leur imposer l’emploi des moyens reconnus comme jirésentaiit les moindres dangers. On interdira, s'il le faut, l’emploi de la poudre noire; et, si l’on ne peut se passer d’explosifs, on n’emploiera que ceux qui peuvent être considérés comme lesmoins dangereux, en ne lesutilisaiit que dans des conditions d’emploi considérées comme les plus sûres.
Je vous prie de vouloir bien, avec le concours de MM. les ingénieurs des mines, faire remettre à tout enploitant de mine grisouteuse ou susceptible de le devenii*, un exemplaire de la présente circulaire et des ra[)ports de la Commission des substances explosives. Je vous en adresse à cet effet le nombre nécessaire.
août 1800.
Circulaire. — Rég'lementation des explosifs à employer dans les mines à g‘risou et dans les mines poussiéreuses dont les poussières sont inflammables.
Monsieur le Préfet, par une circulaire du 19 novembre 1888, qui a été insérée au Journal Officiel du 127 du même mois, mon prédécesseur vous a fait connaître les résultats obtenus par une commission spéciale, qu’il avait constituée pour l’étude des questions se rattachant à 1 emploi des explosifs dans les mines à grisou. A la suite d’expériences poursuivies sous les auspices de la Commission des substances explosives, on avait reconnu la possibilité de procurer à l’industrie des mines des ex-
HKCUKir. MKTIIODIQUK
plosifs qui, s’ils ne sont pas susceptibles de donner une sécurité absolue, qu’on ne peut jamais espérer obtenir en ces matières, permettaient d’atteindre un degré de sécurité auquel on n’aurait pas cru jusqu’ici ijouvoir arriver.
Tous les exploitants de mines ont été mis, à cette époque, au courant de la question, parla communication, que vous avez dû leur faire, des rapports rédigés par M. l’inspecteur général Mallard, au nom de la Commission des substances explosives.
Depuis cette époque, les principaux explosifs recommandés psiv la Commission des substances explosives ont fait l’objet d’essais en grand, dans plusieurs mines, et notamment aux mines d’Anzin, où ils sont d’un usage pour ainsi dire courant. Ces essais ont montré que la question pouvait être tenue pour résolue dans le domaine de la pratique, comme elle avait paru résolue théoriquement dès l’origine.
D’autre part, le gouvernement, désireux d’aider l’exploitation des mines et de faciliter remi)loi des nouveaux explosifs, a, par des décrets du lu juin 1890, abaissé, dans des proj)ortions considérables, l’impôt sur les explosifs. Enfin, par un décret du tiG juillet 1890, qui astreint les fabricants d’explosifs à inscrire sur les cartouches mises en vente la composition de leurs |)roduits, sous une forme permettant le calcul de la température de détonation, le gouvernement a donné aux exploitants de mines le moyen d’obliger les fabricants, sous la sanction des peines correctionnelles jjrévues par la loi du 8 mars 1876, à ne leur livrer que des matières oflrant les garanties nécessaires, au point de vue de la sécurité de leur cm})loi.
Dans ces conditions, il est devenu possible de passer de la j^ériode de recommandation à celle de la règlementation. Il y a lieu, d’ailleurs, d’étendre l’emploi obligatoire des nouveaux explosifs non seulement aux mines a grisou, mais encore aux mines poussiéreuses, dont les poussières sont infiammables.
J’ai donc décidé, conformément a l’avis du Conseil général des mines, que dans les deux catégories de mines de combustibles qui viennent d’etre indiquées, l’emploi des explosifs serait désormais soumis aux règles prescrites dans le modèle d’arrêté préfectoral ci-annexé.
Dès la réception de la présente circulaire, vous voudrez donc bien. Monsieur le préfet, inviter les ingénieurs des mines a vous présenter, pour chaque exploitation de mines a grisou et de mines poussiéreuses, dont les poussières sont inllammables, les propositions nécessaires pour arriver à l’application desdites règles ; les ingénieurs devront indiquer, dans ces propositions, le délai maximum dans lequel l’arrêté à rendre devra être exécuté. Ces propositions devront être notifiées à l’exploitant dans votre arrêté préalable de mise en demeure.
Ee classement d’une exploitation dans une des deux catégories précitées est une appréciation de fait a posteriori, relativement facile pour des ingénieurs compétents, mais qui échaj3pe, comme on l’a reconnu depuis longtemps, dans tous les pays, à une définition didactique a
DE I.É<;iSEATION MIN'ÉIVAEK
priori. Vous remarquerez, en ce qui concerne les poussières, qu’en l’état actuel lie nos connaissances, il laut, pour qu’une mine soit réglementée au point tle vue qui nous occupe, d’une part, qu’elle soit poussiéreuse, et, d’autre part, que les poussières provenant des combustildes qu’elle rournit, soient inilammables.
Si, du l'este, un exploitant contestait la classification projetée de sa mine, en ce qui concerne notamment les poussières, vous auriez à m’en rétercr.
Vous aurez à statuer, s'il y a lieu, par des arretés spéciaux, siinultanés ou postérieurs, (jui pourront être toujours modifiés, sur les dérogations dont le )>rincij)e est prévu dans l’article 7.
Ces dérogations ont pour objet de pernndtre Temploi, soit d’explosifs détonants plus forts, mais moins sûrs que ceux recommandés par la Commission des substances exi)losives, soit d'un bourrage moindre cpie celui indiqué a 1 article 5 ; cette diminution du bourrage diminue également la sécurité. On ne devra donc accorder ees déi*ogations que quand elles seront justifiées par l’état du chantier, au point de vue du dégagement éventuel du grisou, et, s’il v a lieu, moyennant le recours à des mesures de })rotcction spéciales : surveillants particuliei’s, circuit d’aérage distinct, tirage en l’absence de tout personnel, etc.
Vous ai)précierez, dans chaque cas, le temps qui peut être laissé à l’exploitant pour l'exécution intégrale de l’arrêté ; il est désirable que ces nouvelles régies soient appliquées le plus tôt [)ossible, mais il est nécessaire de laisser à l’exploitant le temps de sc munir des nouveaux explosifs.
L’Administration entend, [)our n’entraver aucun progrès dans l’avenir, laisser, sous leur responsabilité, toute latitude aux ex})loitants dans le choix des explosifs. Le rôle de rAdministration est rempli (juand elle a indicpié, avec toute la précision désirable, les conditions techniques auxquelles les ex[)losifs doivent satisfaire. Si, par suite de leur composition, certaines données manquaient dans les tableaux de l’annexe ci-après, pour le calcul de la température de détonation, il y aurait lieu de m’en référer, pour que je les complète.
Je ne crois pas inutile de vous signaler, en l’état de la question, que le Conseil général des mines m’a indiqué, parmi les explosifs actuellement connus, qui satisfont aux conditions indiquées par l’article 2 :
Les mélanges de dynamite n® i (à ^5 p. 100 de nitroglycérine et 125 p. 100 de silice) et d’azotate d’ammoniaque, dans lesquels la proportion de dynamite ne dépasse jias 4o p. 100 pour les travaux au rocher, et 20 p. 100 pour les travaux dans la couche ;
2® Les mélanges de dynamite-gomme (à 917 p. i.ooo de nitroglycérine, et 83 p. i.ooo de coton ennéanitrique) et d’azotate d’ammoniaque, dans lesquels la proportion de dynamite-gomme ne dépasse pas 3o p. 100 pour les travaux au rocher, et 12 p. 100 pour les travaux dans lajcouche ;
3° Les mélanges de coton octonitrique avec l’azotate d’ammoniaque.
KKCUEIL MÉTIU>I>IQUE
dans lesquels la proportion de coton-poudre ne dépasse pas 20 p. 100 ])our les ti'avaux au rocher, et 9,5 p, 100 pour les travaux dans la couche ;
4"^ Les mélanges de binitrobenzine et d’azotate d’ammoniaque, dans lesquels la proportion de binitrobenzine ne dépasse pas 10 p. 100 j)our les travaux au rocher.
Les ex])losifs constitués par des mélanges de dynamite ou de dynamite-gomme avec Tazotate d’ammoniaque devront être demandés à rindustrie j>rivée.
Les mélanges de coton octonitrique avec Tazotate d’ammoniaque rentrent dans le monopole de l’Ktat ; ils ne peuvent être livrés que par ses représentants ; mon collègue, le ministre de la Guerre, m’a fait connaître que les poudreries nationales étaient en mesure de répondre aux demandes qui seraient faites.